jeudi 7 janvier 2016

Deathless Days de Lucas Legendre

Année d'édition : 2015
Edition : La Bourdonnaye
Nombre de pages : 342
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : D., alias Azraël, est l’archange de la mort. Son job, c’est de séparer l’âme du corps des humains pour leur permettre de rejoindre l’au-delà, au moyen de sa faux. Jusqu’au jour où un mystérieux voleur la lui pique, alors qu’il est encore certainement trop occupé à cuver pour faire attention à ses affaires. Gros problème : sans la Faux, les hommes ne peuvent plus mourir. Et, faute de mieux, des hordes de Deathless, des Sans-Mort, âmes errantes enchaînées à leur corps, sont acheminées jusqu’en enfer. D. est super mal et passe un mauvais quart d’heure au conseil des archanges. Car sans être totalement rabat-joie, Dieu n’est pas non plus le roi de la déconne, à qui on peut expliquer tout de go un truc pareil. De toute façon pas la peine de lui expliquer, il sait déjà tout, non ? Il sait, par exemple, que dans sept jours les Deathless seront trop nombreux pour être tous contenus sous terre et que, si les négociations entre anges et démons tournent court, le paradis déclarera la guerre à l’enfer. Sept jours durant lesquels D., condamné à mort en cas d’échec, tentera par tous les moyens de retrouver celui qui a volé sa faux et de comprendre la raison d’un tel acte. Sept jours avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’équilibre du monde ne vole en éclats et que l’humanité entière ne passe aux mains de Satan. On dit qu’il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints, mais là, pas sûr… Avec Deathless Days, son premier roman, Lucas Legendre signe un thriller biblique haletant, érudit et à l’humour décapant comme de l’acide.


Tout d’abord, merci à Louve du forum Mort-Sûre et aux éditions La Bourdonnaye pour ce partenariat <3

Alors…

A dire vrai, je ne m’attendais pas vraiment à ça. En lisant le résumé, je pensais tomber sur un roman un peu à la Pratchett. Et bien pas vraiment. Ce qui n’est pas un mal puisque le roman possède son univers propre mais qui m’a un peu décontenancé au début. Car je m’attendais à trouver un peu plus d’humour. Il y avait tellement de possibilités pour cela ! D. tout d’abord, qui est totalement parfait pour le second degré. Astaroth et S. bien entendu, qui auraient pu être plus chaud bouillant au niveau humour aussi…

Mais j’ai trouvé que le roman était moins drôle que plein de bons sentiments.

J’ai malgré tout totalement adhéré aux personnages. Qu’il s’agisse des anges ou des démons, ils possèdent tous une personnalité diablement intéressante et leur évolution est prenante. Même les archanges que l’ont voit un peu moins attirent tout de suite et présentent des auras qui donnent envie d’en apprendre plus sur leur personnalité respective.

Au niveau de l’intrigue, celle-ci est tout aussi complexe et on sent que l’auteur sait parfaitement où il va (tout comme Sam en vérité !). La fin m’a pourtant paru assez logique et la résolution sans surprise. Mais l’avancée des personnages, les relations qu’ils créent tout au long de leur quête et les questions qu’ils se posent provoquent de nombreuses discussions prenantes à lire.

Non, en vérité, si j’ai eu un peu de mal à lire ce roman, c’est uniquement dû à mon état de fatigue qui me poussait à me réfugier sous la couette plutôt qu’à réfléchir à des tenants et des aboutissants angéliques ou démoniaques. Un mauvais timing en quelque sorte. Qui ne m’a pas empêcher de trouver l’intrigue poussée mais qui m’a perdu dans les considérations de libre arbitre et de révolution pour changer ce qui est.

En bref, si vous aimez les intrigues complètes, les grandes questions universelles et les personnages complexes : ce roman est fait pour vous !

Chronique de Rinne

Une braise sous la cendre de Sabaa Tahir

Année d'édition : 2015
Edition : Pocket jeunesse
Nombre de pages : 528
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :"Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l'école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t'écraserai."

Autrefois l'Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l'empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d'écrire s'expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d'élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté... et sauver ceux qu'ils aiment. 


Je tiens tout d'abord à remercier Louve du forum Mort Sûre ainsi que les éditions PKJ pour ce partenariat et pour leur confiance.
Pour petit rappel, le dernier livre que j'avais lu en partenariat avec eux, Digitale de Sarah Wagon, n'avait pas vraiment été ma tasse de thé, j'avais donc un peu peur de me lancer dans celui-ci, mais j'avais on ne peut plus tort, ce roman est un coup de coeur, une claque phénoménale que je conseille à tout le monde !

Ce roman je ne peux pas le qualifier en émotion, parce que c'est un maelstrom, un déferlement d'une centaine d'émotions que je n'ai pu réussir à comprendre avant de fermer la dernière page.
Parce qu'Une braise sous la cendre, c'est surtout et avant tout, un monde nouveau, un monde différent qui vous emporte.

On rencontre ici deux personnages on ne peut plus différent : D'un côté on a Laïa, une érudite que l'on rencontre lors de la pire journée de sa vie lors du rapt de ce qui lui reste de famille, ça m'a fendue le coeur dès les premiers chapitres, parce qu'en plus de ça, elle devra abandonner son frère, à un sort pire que la mort, elle n'aura alors plus aucune estime pour elle, elle ne sera plus que la lâche qui a fuit. D'un autre côté, on a Elias, un martial que l'on rencontre lors du jour le plus dangereux mais aussi le plus heureux de sa vie, le jour où enfin son plan pour échapper à sa patrie est mis en place, le jour où il sent presque le goût de la liberté dans sa bouche mais pourtant, il n'aura aucun contrôle sur ce qui suivra. Tout ça à cause d'une prophétie, une prophétie qui prédisait la chute de l'empereur et l'ascension d'un nouveau martial sur le trône après "Les Epreuves". A partir de là, la vie d'Elias, autant que celle de Laïa sera influé par cette prophétie, toute leur vie va changer, et l'un comme l'autre, devront se battre pour avoir ce qui leur tient le plus à coeur.

Les personnages sont complexes, quelques fois même, difficile à suivre, soit parce que Laïa trop enfermé dans sa peur, ne réfléchit plus vraiment, soit parce qu'Elias, trop enfermé dans l'idée que tout le monde va le trahir ne fait plus face à la réalité. L'un comme l'autre, sans vraiment être ensemble, puisqu'ils ne font que se croiser dans ce roman, vont se fourvoyer à maintes reprises sur les gens qui les entourent, ils vont faire de mauvais choix, ce qui ne fera que les rendre plus humains à nos yeux et en même temps, on ne peut que les suivre dans ces choix. Je ne pense pas que quiconque à leur place aurait fait autrement.
J'ai l'impression d'être trop énigmatique, de ne pas assez vous en dire. Mais pour faire simple je vous dirais que Laïa malgré sa peur est une personne forte qui lors des vrais choix saura faire preuve de courage et se relever face à l'adversité, elle fera ce qu'il faut pour son frère, pour la mémoire de sa famille, allant jusqu'au sacrifice de sa liberté. Elias est plus intriguant, plus dur à comprendre pour moi, parce qu'il est trop engoncé dans les principes des Martiaux et leurs idées, il a trop tendance à se soulever face à tout ce qu'ils font, alors que quelques fois, il aurait suffit qu'il se taise juste quelques minutes pour que tout soit plus facile. Je comprend son besoin de se révolter face à ce qui se passait, mais en même temps, je pense qu'il aurait pu prendre un peu de recule, ce qui aurait évité bien des drames.
Il y a beaucoup de personnages secondaires, et chacun mériterait sa place dans cette chronique, autant les membres de la rébellion que les esclaves de la commandante ou alors les amis d'Elias, mais le seul personnage dont je veux vraiment vous parler est Hélène. La partenaire d'Elias. Peut être qu'elle m'a marqué parce que lors du Jeu PKJ sur ce roman, c'était elle qui me correspondait le plus, je ne sais pas. Je sais simplement qu'elle m'a touché plus que les autres, même plus que Laïa. Parce que le plus grand des sacrifices, la plus grande preuve d'amour c'est elle qui l'a donne. Je ne peux pas vraiment vous en dire plus, mais si vous faites bien attention, lors de tout le roman, c'est elle qui en fera le plus pour aider chacun des personnages, c'est elle qui donnera le plus de sa personne, même si elle est sous la coupe de la commandante et tremble à l'idée de désobéir, avec tout ce qu'elle fait et tout ce qu'elle croit, c'est elle qui prend le plus de risque et je ne peux que l'admirer pour ça. Au fond, j'aimerai être comme elle, avoir tellement foi en des idéaux que je ne peux m'en détacher mais en même temps les surmonter lorsque mon meilleur ami, me le demande, sans en récupérer une miette de remerciement.

L'univers développé par Sabaa Tahir est fantastique, dans tous les sens du terme, elle réussit à créer une société qui tient vraiment bien la route, sans réellement entrer dans les détails de leurs histoires, elle réussit à garder assez de mystère, en nous en révélant assez.
En effet, on découvre que les Martiaux ont pris le pouvoir sur les Erudits il y a quelques années/siècles, grâce à des armes Tellumans, réduisant en esclavage ces derniers. Mais que ce ne sont pas les seuls personnes a peuplés leur monde, nous avons aussi les clans, ces êtres nomades qui semblent désorganisés mais ne le sont absolument pas. Tout s'entremêlent et on a l'impression d'être nous même au coeur de ce conflit, d'avoir besoin que la Révolution prenne le pas sur les autres.
De plus, il n'y a pas que les hommes qui peuplent cette terre, d'autres créatures vont faire leur apparition au cours de votre lecture et peut être que comme moi, vous aurez un peu de mal à comprendre qui ils sont et leur imbrication dans cette histoire, mais vous pressentirez autant que moi le danger.

Je ne vous dirai rien sur l'histoire, je vous dirai simplement qu'elle vous happera et que vous ne pourrez absolument plus en sortir avant la toute dernière page, parce qu'elle réussit à mêler originalité et fantastique sous une plume plus qu'addictive ! Alors filez découvrir ça !

En bref, ce roman est un coup de coeur pour moi, simplement parce qu'on ne lit pas Une braise sous la cendre, on le vit, on le ressent et on ne veut plus le quitter, on ne sait pas, en refermant la dernière page, comment on va bien pouvoir survivre d'ici la sortie du tome 2, on espère presque ne jamais l'avoir lu pour ne pas ressentir un tel manque. Tout ça tient à peu de chose, d'un côté on a des personnages extraordinaire qui me hanteront encore longtemps, comme Hélène qui malgré sa place secondaire et pour moi la plus fantastique de toute et puis il y a l'histoire et l'univers qui vous emporteront en quelques pages et ne vous laisseront plus jamais partir. Lorsque vous aurez commencé ce roman, vous ne pourrez simplement plus le lâcher et encore moins vous en sortir le périple de la tête. Je ne peux que vous le conseiller, et même vivement vous le conseiller. 


Chronique de Ferilou

L'école du bien et du mal de Soman Chainani

Année d'édition : 2015
Edition : pocket jeunesse
Nombre de pages : 476
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Kidnappées par une sombre nuit d'orage, Sophie et Agatha intègrent l'École du Bien et du Mal... Un lieu très spécial, où l'on forme les personnages de contes de fées. Pantoufles de verre et chevelure blonde, Sophie est sûre de devenir princesse. Tandis qu'Agatha, cynique et solitaire, toute de noir vêtue, se voit déjà en sorcière. Pourtant, rien ne se passe comme prévu... Et si l'erreur de casting révélait leur vraie nature ?








Sophie et Agatha vivent à Gavaldon. Cette nuit, le Grand Maître va enlever deux enfants qui intégreront l'école du bien et l'école du mal. Sophie est gentille et belle. Elle rêve que d'une chose : intégrer l'école du bien et devenir une princesse. Son amie Agatha est plus sombre, solitaire. Elle cherche plutôt à protéger son amie pour ne pas intégrer l'école et à mener une vie "normale". Mais lorsque le moment est venu, elles sont toutes enlevées et déposées à l'école du bien et du mal, mais cela ne se passe pas comme prévu. Agatha a intégré l'école du Bien et Sophie l'école du Mal ! Comment réparer cette erreur ?

Malheureusement, cet opus contient bien trop de longueurs. La mise en place du décor (intrigue, personnage, lieux) prend beaucoup de temps. L'action est peu présente et il faut bien dire que c'est dans les dernières pages que ça bouge bien. Je trouve que c'est bien dommage car pour un livre jeunesse, l'intrigue est intéressante et les personnages bien développés et construits. Attention, je tiens à préciser que ce livre est destiné à un jeune lectorat.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé l'intrigue sympathique même si au début elle peut paraître simple ! La belle blonde intègre l'école du Mal et Agatha l'école du Bien. Elles ne comprennent pas cela et pensent que c'est une erreur. Peuvent-elles réparer cette erreur ? Peuvent-elles rentrer chez elle ? Peuvent -elles aller voir le Grand Maître pour en discuter ? Au fur et à mesure de la lecture, on obtient des réponses à certaines questions et on se demande s'il a y vraiment eu une erreur.

Pour conclure, dans l'ensemble ce livre jeunesse est agréable à lire mais malheureusement les lenteurs freinent mon enthousiasme. Néanmoins, les personnages peuvent être surprenants. L'intrigue semble classique mais est plus complexe que ce que l'on croit. Enfin, à chaque chapitre est dessinée une jolie illustration. Ce livre devrait plaire aux jeunes lecteurs !

Je remercie Louve, Mort-Sûre ainsi que les éditions Pocket Jeunesse pour cette découverte dans le cadre d’un partenariat.

Chronique de Titisse

Chambre 507 de J. C. Hutchins & Jordan Weisman

Année d'édition : 2015
Edition : pocket
Nombre de pages : 378
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Construit en 1875 à New York dans les profondeurs d’une ancienne mine de grès, l’hôpital Brinkvale renferme les criminels les plus extrêmes : trop dangereux pour l’asile, trop déséquilibrés pour la prison. C’est là que Zachary Talylor, thérapeute, doit analyser la personnalité de Martin Grace, afin de déterminer si celui-ci est suffisamment sain d'esprit pour répondre pénalement des crimes dont on l’accuse. Soupçonné de douze homicides, Grace a annoncé à chaque fois aux victimes leur mort imminente. Et les meurtres ont cessé deux ans plus tôt, lorsqu’il est devenu aveugle. Mais l’affaire est délicate, Grace disposant d’un alibi solide pour chacun des meurtres. Dans la chambre 507 de l’hôpital Brinkvale, l’interrogatoire prend peu à peu l’allure d’un jeu aussi dangereux que passionnant ou un esprit hanté, en proie à des visions prémonitoires, comme il veut le faire croire ? Et surtout, pourquoi sait-il tant de choses sur la vie privée de Zachary ? Est-il vraiment là par hasard
?



Zachary est un thérapeute qui utilise l'art thérapie pour aider ses patients, des gens fous et pour qui il n'y a plus d'espoir. Il travaille à l'hôpital Brinkvale et y voit chaque jour des cas de plus en plus complexes. C'est du moins ce qu'il pensait lorsqu'on lui confie la lourde tâche d'établir un profit psychologique d'un homme aveugle et condamné pour plus d'une dizaine de meurtres qu'il aurait prédit et mis en oeuvre malgré certains de ses alibis en béton. Zachary accepte bien vite le patient, mais très vite, il se rend compte que son père un procureur refuse de le voir s'en charger tentant de l'en dissuader. Mais rien n'y fera et Zachary va découvrir que son patient cache bien des secrets qu'il ne vaut peut-être mieux pas laisser éclater au grand jour.

Chambre 507 est un roman qu'il me tardait de découvrir depuis sa sortie en grand format chez super 8 edition. Du coup, je suis contente de voir que les éditions pocket publient un grand nombre de leur roman en poche afin de permettre à davantage de lecteur de découvrir ces livres si atypiques et troublants qui n'ont pas fini de nous surprendre ! J'ai passé un excellent moment de lecture et encore un roman qui m'aura fait passer une drôle de soirée tant j'étais captivée par Zachary et son enquête. Savoureux mélange entre folie et meurtres, chambre 507 nous laisse plonger dans la tête d'un personnage énigmatique et qui effrayera son lot de lecteurs.

On suit cette histoire via Zachary, Z pour les intimes qui nous donne sa vision des choses et de ceux qui l'entourent. Zachary est altruiste et perfectionniste. Aider les autres c'est sa nature surtout lorsqu'il est persuadé d'aider quelqu'un d'innocent et qui en a besoin. Aussi très vite lorsqu'on découvre Zachary, on s'attache à lui et à sa bonté. Il ne se considère pas comme un héros, mais il a besoin d'aider les autres et d'être fier de pouvoir dire que c'est grâce à lui. Lorsqu'on lui confie le sort de Martin Grace, on le sent sceptique au départ, mais il va tâcher de réussir à dresser un bilan psychologique du criminel en vue de savoir s'il est conscient de ses crimes ou si au contraire c'est l'hôpital psychiatrique qui doit devenir sa prison. Je ne m'attendais pas à un tel personnage avec Grace. Il fait froid dans le dos et on ignore vraiment s'il joue un rôle ou s'il est vraiment fou ou pire encore si ce qu'il pense voir est vrai. Du coup, on reste dans le flou le plus total jusqu'à la fin.

J'ai donc pris beaucoup de plaisir à lire ce roman et à faire connaissance avec une panoplie de personnages tous plus intrigants les uns que les autres. Entre Zachary qui m'a vraiment beaucoup plu et sa petite amie Rachael, une fille très intelligente et amusante, on a également le frère de Zachary qui est un personnage à part entière. Insouciant et futé, il voit le monde différemment, mais il est toujours là pour aider son frère. Le trio est fantastique et nous permet de nous identifier à au moins l'un d'eux. Le père de Zachary m'a par contre beaucoup agacé, mais c'était, je pense le but premier de ce personnage qui fait figure de paternel directif et sur-protecteur qui refuse que ses enfants ne vont pas dans son sens. A plusieurs reprises on aimerait lui mettre une paire de baffe, même si finalement ses réactions sont en partie expliqués par les crimes de Martin Grace et son acharnement à le voir aller en prison et non en hôpital psychiatrique.

On a donc Martin Grace également, flippant et énigmatique qui est accusé de meurtre et c'est tout naturellement que Zachary va le penser innocent. Pourtant,alors qu'on espère que l'enquête va vite se résoudre, on piétine autant que le héros, ne sachant plus sur quel pied danser, surtout lorsque le passé de Zachary est lui aussi révélé sans se douter qu'un lien existe entre les deux. Ce lien, c'est l'homme sombre, une entité effrayante et qui ne disparait pas tant qu'elle n'a pas accompli sa tâche. J'ai eu un peu de mal c'était de voir où l'auteur voulait en venir et quel sort il voulait réserver à notre héros et j'avoue que la fin ne m'a pas convenue. Parce que finalement on ne sait pas ce qui est vraiment à l'origine de tout cela. On découvre qui est ce fameux Homme sombre, mais on reste dans le flou quant à savoir si c'est réel ou iréel. Si c'est la faute à la folie ou au fantastique.

Finalement, il n'en reste pas moins que c'est un bon thriller sur fond d'entité maléfique et dangereuse qui se nourrit de l'obscurité. Si on aurait aimé davantage d'informations sur la conclusion. D'un côté cela permet toutefois de ne pas frustrer les différents lecteurs, amateur de rationalité d'un côté et fan de surnaturel de l'autre. Je valide !

Chronique de Louve

La dernière pluie de Antti Tuomainen

Année d'édition : 2015
Edition : pocket
Nombre de pages : 240
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
À Helsinki, la pluie est si violente que la plupart des habitants ont fui la ville. Tapani Lethinen, lui, est resté : il attend sa femme, Joanna, journaliste d'investigation. Partie enquêter sur une affaire dont elle n'a rien voulu dire, elle n'est toujours pas rentrée. En fouillant dans on ordinateur, il découvre que sa disparition pourrait avoir un lien avec " le Guérisseur ", un serial killer qui sévit en ville, et qu'il ne s'agissait peut-être pas pour Joanna d'une simple enquête... Tandis que la pluie ne cesse de tomber, Tapani va devoir plonger dans l'intimité de celle qu'il aime, quitte à déterrer quelques secrets de son passé.


 

Bienvenue dans notre monde mais après une véritable catastrophe climatique, nous n'avons pas voulu voir que cela arriverait si vite. Des pluies torrentielles s'abattent sur le monde, des inondations partout, un spectacle apocalyptique peu de gens ont encore l'électricité. A Helsinki, beaucoup de personnes ont déjà fuit pour aller plus au nord, les riches principalement qui peuvent faire construire de nouvelles maisons résistante et mettre en place des tours de garde grâce à des agences de sécurité privés.

Tapani Lethinen habite toujours ici, il attends que sa femme, Johanna, rentre. Il n'est jamais resté séparé d'elles sans avoir de ses nouvelles aussi longtemps. Il commence à s'inquiéter surtout que la ville n'est plus aussi sûre qu'avant. Il décide alors de la retrouver va voir toutes les personnes qu'il peut et commence à retracer le parcours de sa femme.

Mais il se rends vite compte que les personnes qu'il connaît ont aussi des secrets autant que Johana.

C'est un livre bien écrit et qui nous alerte autant sur le climat et les conséquences de jouer avec le feu que sur les secrets existants autour de nous sans que nous ne nous en rendions compte.

Chronique de Bfanny

Un dimanche soir en Alaska de Don Rearden

Année d'édition : 2015
Edition : fleuve édition
Nombre de pages : 414
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Quelques baraques bancales posées sur un monde en sursis. Aux confins de l'Amérique et des glaces, le petit village indigène de Salmon Bay vit ses derniers instants. Bientôt, le littoral cédera, la baie l'engloutira. En attendant la barge chargée de les mener au nouveau site, les habitants disent adieu à la terre – cette terre où plane l'esprit des ancêtres, cette boue où les petites filles dessinent des histoires... Adieu à la toundra pelée, à la station de radio locale où Jo-Jo, le DJ, passe sans fin des vieux disques, aux chemins de planches et aux mélopées yupik... Tyler, le premier esquimau de la planète allergique au froid, Dennis dit " l'Embrouille ", Angelic, Panika, Josh, Junior et les autres – tous sentent pourtant que Salmon Bay n'a pas dit son dernier mot. Avant la grande traversée, pour le meilleur peut-être, le village leur réserve un cataclysmique chant du départ.



Un roman magnifique et bouleversant qui raconte l’histoire de ceux qui pourraient bien être les premiers réfugiés climatiques, ceux qui devront subir les effets du réchauffement, ceux qui devront abandonner leur terre ancestrale vouée à disparaître, et dont l’action nous balade dans un Alaska sauvage et traditionnel.

A Salmon Bay, le réchauffement climatique se fait sentir, le pergelisol devient peu à peu une boue odorante, les moustiques se multiplient et les berges fragiles sont de plus en plus grignotées par l’Océan. Dans ce village au paysage froid et boueux bordé d’un lac d’excréments, aux cahutes bancales et fragiles, où les traditions de pêche et de chasse se perdent peu à peu, un peuple indigène aux conditions de vie précaires résiste, originaire des Yupiks, une peuplade esquimau d’Alaska. Pourtant, ces êtres humains attachés à leur village vont devoir tout abandonner et reconstruire ailleurs, Salmon Bay sera un jour ou l’autre engloutie et pour survivre les habitants n’ont pas d’autre choix que de déménager sur le site du nouveau village, Edward Island. Dans ce contexte dramatique, des vies humaines s’entremêlent bercées par la voix et de l’âme de Jo-Jo, le DJ de la radio locale.

Le roman est riche en personnages éclectiques tous plus attachants les uns que les autres, on vit le drame de la disparition du village mais aussi le reflux des consciences collectives face à des us et coutumes qui disparaissent, leurs vies tristes, précaires, monotones souvent blessées davantage par les addictions à l’alcool et à la drogue. Par omission, on ressent pleinement leurs épreuves quotidiennes : un mal étrange, les réminiscences passées, les problème d’adolescence, les ennuis de couple, leur peur, leur doute mais aussi et surtout leur espoir éveillée. Une ribambelle de personnages variés tout aussi importants les uns que les autres raconte la vie difficile à Salmon Bay : Jo-Jo, le DJ de la seule radio locale et passionné de vélo, le personnage central sans être vraiment le principal, tout tourne autour d’un événement qui arrive à ce personnage ; un accident de vélo et de là découlent des allers-retours temporels par rapport à cet événement, l’histoire est étalée principalement sur cette journée fatidique. Les personnages gravitent autour de ça, Josh, un adolescent en colère, Angelic, une jeune fille qui se retrouve face à une grande responsabilité, Valérie, seule et n’assumant pas sa différence, Ray, le trafiquant local, Eli, l’ancien alcoolique, Auggie, le gentil garçon qui n’a jamais eu de petite amie, Happy et sa bonne humeur innocente, Marcy et Ed, un couple en perdition, Tiffany, la maire qui cherche à assumer ses racines face aux autres habitants, Dennis dit l’embrouille accumule les ennuis, Panika, la petite fille qui dessine des histoires dans la boue au couteau,  Tyler, l’esquimau allergique au froid, Junior et sa passion ornithologique, Tim, empathique responsable de l’armée, Underwood, l’antipathique citadin… De tout âge et tout sexe, aussi différents et opposés puissent-ils être, ces personnages se retrouvent malgré tout unis face à cet événement qui approche : le déménagement. L’Etat américain a décidé de confier l’organisation de cette évacuation inévitable à l’armée, voilà des hommes en treillis et costumes de camouflage envahissant le village, étrangers à cette société. En attendant la barge qui scellera l’abandon de leur vie passée, une violente tempête s’approche du village accentuant davantage encore l’érosion des berges.

On parle donc ici des premiers réfugiés climatiques, d’un village de deux cents personnes qui devra être délocalisé, de catastrophe naturelle imminente, de réchauffement climatique, de fonte des glaces, des saumons qui ne remontent plus la Salmon River, de pergelisol devenu boueux et humide, des thèmes très actuels, des conséquences écologiques dramatiques et des êtres humains qui subissent sans pouvoir rien y faire. Des hommes et des femmes qui continuent de vivre normalement malgré un déménagement inévitable. Edward Island est dans toutes les pensées, mais Salmon Bay est dans tous les cœurs. Don Rearden rend hommage à cet Alaska isolé, parfois abandonné, mais profondément ancestrale et traditionnelle, qui malheureusement semble se perdre peu à peu. Il signe là une histoire de nature, mais surtout une histoire d’hommes, des destins, des vies liées, unies dans cette épreuve difficile, abandonner sa terre, son chez soi, pour construire une nouvelle vie à quelques dizaines de kilomètres de là. Et cette nature qui reprend ses droits, effraient, menacent. C’est fort, intense voire même haletant, qui succombera ? Qui survivra ? La mort rôde mais la vie et les croyances n’ont pas dit leur dernier mot… Une écriture rapidement envoûtante, passée les premiers paragraphes pouvant se révéler déroutant, emporté par la vague des mots intenses et si simples de l’auteur, on suit avec rythme et passion ses destins croisés non épargnés. C’est humain et beau.

En bref, un excellent roman humaniste que signe là Don Rearden, une œuvre sur une thématique forte et actuelle qui laisse un frisson d’inquiétude une fois la dernière page tournée mais également une bouffée d’air frais issue des contrées Arctiques.  Et comme disait Michel Fugain « C’est un beau roman, c’est une belle histoire… »

Je remercie Louve du forum Mort Sure et les éditions Fleuve pour ce magnifique partenariat.
 
Chronique de Walkyrie

samedi 2 janvier 2016

Les intrus de Lauren Oliver

Année d'édition : 2015
Édition : Le Livre de poche
Nombre de pages : 384
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Le fortuné Richard Walker vient de mourir et laisse derrière lui un vaste manoir rempli des vestiges de toute une vie. Son ex-femme et ses enfants sont là pour récupérer l’héritage.
Mais les Walker ne sont pas seuls. Alice et Sandra, les anciennes résidentes, mortes depuis longtemps, sont liées à la demeure et s’éternisent dans ses murs. Elles observent la famille et s’expriment ou le clignotement d’une ampoule.
Lorsque le monde des esprits va se heurter à celui des humains, de terribles vérités vont refaire surface et provoquer un véritable cataclysme.

http://www.livredepoche.com/
J’ai déjà eu l’occasion de découvrir le style de Lauren Oliver grâce à sa trilogie Delirium, et ce nouveau sujet me tentait beaucoup car il est rare et original.

Caroline, mère de famille, revient vivre dans la maison de son défunt mari, la maison des Walker, avec ses deux enfants Minna et Trenton. Mais la maison est déjà habitée par Sandra et Alice, deux fantômes qui occupent les lieux depuis de nombreuses années.

On plonge donc dans une histoire de fantômes, mais pas les fantômes qui vous glacent le sang et font peur, non, aux premiers abords Sandra et Alice sont deux jeunes filles comme les autres, elles discutent, se chamaillent, et font même des paris sur les habitants de la maison. Ce sont des personnages à part entière qu’on suit comme si ils étaient vivants.

Le roman est divisé en plusieurs parties qui abordent chacune une partie différente de la maison où il se passe des choses horribles, où des souvenirs refont surface, etc.

L’atmosphère du roman est pesante car tout le roman se déroule dans une maison, chaque partie dans une pièce différente, ce sont des espaces renfermés qui renforcent cette oppression.

Les personnages font une grande partie du roman, mais ils ne sont pas très appréciables. Vraiment proches de la réalité, ils ont chacun un gros défaut, Caroline est alcoolique, Trenton est suicidaire, Minna est nymphomane. Chaque personnage évolue au fil du roman et nous suivons cette évolution à travers les chapitres remplis de souvenirs.

J’ai plutôt apprécié ce livre, il y a un léger suspense qui règne lorsqu’on découvre cette histoire, on se demande ce que vont devenir les personnages que l’ont découvre, comment ils vont vivre avec des fantômes qui ne sont pas prêts à partager leur maison.

Malgré tout j’aurais aimé qu’il y ait un peu plus d’action, j’ai trouvé par moment le temps un peu long, il y a beaucoup de moments plats.

De plus, l’écriture de l’auteur mise à part certaines lenteurs, est agréable et simple, mais l’alternance des chapitres avec les différents points de vue n’est pas un point que j’apprécie dans mes lectures, j’ai tendance à me perdre facilement entre les différents personnages.

En bref, j’ai apprécié ma lecture, c’est un roman plutôt sympathique, le style est fluide malgré quelques lenteurs, mais si vous cherchez donc une histoire de fantôme qui ne fait pas peur, ce livre est fait pour vous !

Chronique de Babynoux