lundi 20 mars 2017

Chute de Christophe Nicolas

Année d'édition : 2017
Edition : Fleuve Noir
Nombre de pages : 368 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Thomas Cahin a déjà écrit deux romans à l’accueil critique discret et mitigé. Mais avec Chute, il est immédiatement passé dans la cour des grands. Publié par la grande maison Foissard, en course pour le prestigieux prix Novela.

Sauf que Chute, il ne l’a pas écrit. C’est sa femme qui l’a trouvé dans ses affaires d’étudiant et l’a envoyé aux éditeurs parisiens. C’est Christophe, son ami d’enfance, son colocataire à l’université, qui, comme pris de fièvre, a couché ces mots sur le papier avant de se suicider. Et depuis 10 ans, Thomas en était le gardien. En se les appropriant, il a gagné la gloire et l’argent. Mais ces mots contiennent bien plus qu’une histoire... et en les usurpant, Thomas a franchi la ligne.


Lien vers Chute sur le site de l'éditeur

Christophe Nicolas est un auteur que j'apprécie énormément. Le camp ou un autre avait été tous deux d'excellentes lectures. Du coup, je savais d'avance que l'auteur allait jouer avec mes nerfs et me proposer un thriller détonnant et ultra addictif. Prévision qui s'est révélée exacte puisque c'est un coup de coeur. Même sans teinter de fantastique ou de science fiction ses romans, l'auteur nous en fout plein la vue et joue avec nous. Un régal.

Dès les dix premières pages, j'ai eu la sensation qu'on me happait déjà dans l'histoire. Faut dire que la plume de l'auteur est vivante, imagée et assez méticuleuse dans les détails. J'aime quand les auteurs prennent le temps de nous poser un décor, un contexte, un physique. Ca me permet de me sentir davantage ancrée dans une histoire. J'avais vraiment la sensation d'être un personnage de l'histoire, cette voix qui vient d'on ne sait où et qui semble tellement en savoir sur notre héros Thomas.

J'ai très vite senti cette ambiance très oppressante que l'auteur instaure petit à petit. Folie ou non ? Culpabilité ou pas ? Thomas perd-il vraiment la tête ? On se pose un tas de questions et certaines réponses semblent assez prévisibles tandis que d'autres prennent leur temps pour se révéler. Le thriller est efficace, maîtrisé du début à la fin et l'auteur frappe un grand coup. On reste dans un flou constant et on doute des événements et de la fragilité psychologique de Thomas. Ce dernier se sent épié, menacé par un détraqué qui l'accuse d'avoir volé son histoire pour la publier sous son nom.

L'univers du roman tourne autour de l'édition. On y parle de la célébrité trop rapide des auteurs, celle qui vous propulse sur le devant de la scène bien trop vite, vous obligeant à accepter d'être interviewé, épié, mis à nu. Parfois submergés de demandes, ils peuvent perdre pied et sombrer dans une sorte de dépression liée à leur trop forte popularité. L'auteur semble maîtriser son sujet et n'hésite pas à y mettre un peu de lui, on le sent. On y évoque le milieu de l'édition, des salons littéraires, l'écriture même d'un roman. Cela donne une dimension très réaliste et très intéressante pour les lecteurs. Perso, j'ai beaucoup aimé les passages sur la thématique de l'écriture et de l'édition.

C'est un véritable puzzle que nous offre Christophe Nicolas via son anti-héros, Thomas. Un auteur médiocre qui, en partie à cause de son épouse, voit le roman de son meilleur ami décédé publié à son nom. Commence pour lui un véritable raz de marrée de critiques élogieuses, de possibilité de se voir offrir un prix prestigieux. Thomas profite dès le début de cette célébrité alors qu'on sait dès le départ qu'il ne la mérite pas. Et puis tandis qu'une voix s'élève doucement dans sa tête, Thomas devient la cible d'un lecteur furieux de voir qu'on lui a volé son histoire. Menace, intrusion dans sa vie, appels anonymes, photos troublantes et violentes, voilà Thomas qui perd pied, qui n'en dort plus... La folie est proche, elle le guette. Vraiment ?

Pendant que Thomas lutte contre ses démons, on fait la connaissance de Joseph, un policier à la retraite qui tombe par hasard sur le roman de Thomas et qui y découvre une histoire sombre et qui n'a rien d'inventé. Trop de similitudes avec une affaire qu'il a lui-même menée et qui n'a jamais abouti à l'arrestation du ou des meurtriers. Et voilà que dans le roman Chute, l'auteur y décrit tout le calvaire enduré par Willy ! Joseph est persuadé que Thomas est l'auteur de cet assassinat morbide et violent et dès lors il n'aura plus qu'une idée en tête : obtenir les aveux de l'auteur et empêcher l'enquête d'être classée puisque la prescription est proche. Un duel déroutant se met en place entre un auteur qui sombre dans la folie, traqué comme une bête, à bout de nerf et un ancien flic prêt à tout pour clore cette vieille enquête. L'un qui ignore que son roman est la description exacte d'un effroyable meurtre tandis que l'autre ignore que son auteur a volé le manuscrit. Et nous, nous sommes entre les deux à tenter de relier les points pour la conclusion finale.Thomas reste un personnage énigmatique, il semble avoir un lourd secret qu'il a totalement occulté de sa mémoire et qui le plombe. Malgré cela, il ne peut s'empêcher de se positionner en victime quand toutes les preuves sont contre lui. J'ai adoré son épouse, qui jusqu'au bout le soutient, croit en lui et va jusqu'à le protéger envers et contre tous.

Et que dire de l'histoire de Willy, ce pauvre mec qui avait une vie merdique et qui devient le jouet vivant de véritables ordures ? Le roman Chute dans le roman est horrible de cruauté !

J'ai eu du mal à poser ce roman lorsque je n'avais pas le choix et je dois bien avouer que les 150 dernières pages, je les ai lu d'une traite, dévoré même ! Prise de passion pour cette histoire étonnante et surprenante où les faux semblants sont de mises. Dans Chute, chaque rebondissement étonne et apporte son lot de surprises. Même le final est grandiose !

Beaucoup moins trash que ses précédents ouvrages, plus sobre et tout en finesse, Chute est un thriller comme j'aime en lire. Pointilleux, bien amené, bien contrôlé et surtout très addictif, il nous prouve une fois de plus le talent énorme de l'auteur. (Bravo à un certain clin d’œil concernant les début de Stephen King page 46-47!). En bref, c'est un thriller que je recommande avec beaucoup de vivacité parce qu'il vaut le détour !

Vous y trouverez :
- une histoire dans l'histoire
- deux anti-héros que tout oppose et qui vont se livrer à un vrai jeu du chat et de la souris
- Une thématique du monde de l'édition très intéressante.

Vous n'y trouverez pas :
- de sexe
- de passage sanglant
- de fantastique

Chronique de Louve
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Soul Breakers de Christophe Lambert

Année d'édition : 2017
Edition : Bayard
Nombre de pages : 600
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture : USA, 1936. Persuadé qu'un groupe de forains maléfiques a volé l'âme de sa petite soeur Amy lors d'un mystérieux spectacle de marionnettes, le jeune Teddy Gentliz, 15 ans, se lance à leur poursuite à travers les Etats-Unis : entre les petits boulots difficiles dans la mine de charbon de Grover's Mills ou aux abattoirs de Chicago, les rencontres inoubliables avec le jeune poète Duca ou la jolie Mary Jane, et les menaces orchestrées par le terrible Sirius, à la tête des forains... Teddy va faire l'apprentissage intense de sa propre âme.







Dans les années 30, la misère a touché une grande partie de la population américaine en quête d’un ailleurs plus prolifique et d’un travail notamment en Californie, terre promise pour beaucoup. C’est le cas de la famille Gentliz. Teddy, son père et sa petite sœur Amy aspire à un avenir meilleur, jusqu’au jour où un groupe de forains dirigé par l’énigmatique Sirius Huntington, l’homme en noir, entre dans leur vie. Lors d’une séance de marionnettes, Amy aux anges est sollicitée, le lendemain la petite fille se retrouve dans un état catatonique. Un état que les médecins ne comprennent pas, mais Teddy est certain que les forains y sont pour quelque chose. Il se décide donc à les poursuivre pour guérir sa sœur, c’est le début d’une quête qui s’annonce difficile.

On suit donc Teddy Gentliz, un jeune garçon d’une quinzaine d’année, courageux, téméraire et tenace pour l’amour qu’il porte à sa petite sœur Amy, le héros du roman avance dans son périple grâce aux personnages secondaires qui gravitent autour de lui ;  Duca, l’écrivain et poète grand amateur de fille, joli cœur aux belles paroles et au trait d’humour très prononcé qui deviendra très vite un ami fidèle et sincère, Mary – Jane, la jolie petite blonde muette au passé trouble qui viendra émoustiller les émois et le cœur de notre jeune héros, la bande des femmes célibataires, mêlant bonté et courage, Chef, l’Indien aux forts pouvoirs chamaniques, homme massif, puissant et mystérieux. Du côté des méchants, Sirius l’homme en Noir, avide de pouvoir et sans scrupule manipule ses troupes sans vergogne dont la belle Edna, la bohémienne aux sombres pouvoirs et aux tatouages mouvants est un des membres importants. On retrouve donc un héros auquel le lecteur pourra s’identifier, des personnages secondaires aux traits personnalisés mais non caricaturés et des sombres méchants bien vilains et sans pitié, un cocktail qui devrait faire mouche auprès du jeune lecteur.

A travers son récit, l’auteur en profite pour véhiculer quelques idées et propose une richesse des thématiques propres aux années 30 : la misère américaine et la quête d’un avenir meilleur à l’image de la famille de Teddy ; son père ancien propriétaire agricole qui a tout perdu et file vers la Californie en quête d’un travail, les thérapies psychologiques contestables et heureusement bannies aujourd’hui des protocoles, une partie du récit se passe dans un hôpital psychiatrique et elle fait froid dans le dos, l’Amérique face aux pouvoirs des armes, où sans en faire l’apologie, chaque action semble en nécessiter l’usage et plus vous êtes équipés, mieux vous pourrez vous défendre, l’ère industrielle : les exploitations minières ou encore les abattoirs de Chicago, des lieux où les emplois prolifèrent autant que l’abus des mains d’œuvre sous-payés mais aussi, de manière plus subtile, l’aube des horreurs de la guerre en Europe avec l’évocation du IIIème Reich.

Il y a aussi des thématiques humaines qui parleront certainement au public visé à savoir un public jeunesse et adolescent : l’amitié, l’amour, le courage, la quête et le dépassement de soi, la famille, la tolérance avec l’introduction de personnage atypique et bien d’autres, des éléments récurrents dans la vie des jeunes et adolescents qui aiment aussi tant s’enfuir dans leur imaginaire. Il y a ici et là quelques facilités, notamment quand on imagine ce jeune garçon de quinze ans et les mésaventures qui l’attendent, mais cela passe et reste relativement modéré.

Tout cela est mêlé à une aventure épique qui ne manque ni de mordant ni de rythme, offrant un voyage au travers des États-Unis, Chicago, Albuquerque, Nouvelle Orléans, autant de villes et régions traversées, au cœur des tornades dévastatrices, des déserts assoiffant, de ses croyances puritaines et  profondes, de ses enfants indiens, peuples du passé et de toute cette Amérique en profonde mutation au cours des années 30. Une aventure au cœur des croyances et des mythes, où la magie noire côtoie le chamanisme et où les âmes humaines sont pillées de leur pouvoir. Une agréable touche de fantastique au cœur d’un contexte historique et fictif réaliste.

L’auteur a donc un certain talent pour créer une ambiance et un contexte qui plonge le lecteur dans cette Amérique unique, il est bien dommage qu’il m’aura fallu une centaine de pages avant d’y entrer et de me plonger dans l’histoire, le début est un peu difficile à démarrer mais il faut s’accrocher car une fois que cela décolle, ça ne s’arrête pas, ça bouge, c’est vivant, dynamique, sans répit pour les personnages et malgré quelques passages impromptus qui peuvent casser le rythme (je pense notamment à la partie au sein de l’hôpital psychiatrique), l’histoire est plutôt prenante et originale.

En bref, le roman offre une chouette aventure au cœur des USA des années 30 et de son contexte économique difficile et industriel effervescent, l’Amérique est en pleine métamorphose. Une aventure pleine de magie et de courage menée tambour battant par un personnage jeune et néanmoins mature accompagné d’une indispensable ribambelle de protagonistes secondaires. Le genre d’histoire divertissante et consistante qui plaira aux plus grand nombre.

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire les éditions Bayard pour cet envoi.
 
Chronique de Walkyrie
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vendredi 17 mars 2017

A toute berzingue de Kenneth Cook

Année d'édition : 2017
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 185
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Shaw, paysagiste, traverse en voiture le désert australien lorsque surgit Katie, jeune fille affolée qui vient d'échapper à une effrayante créature, mi-bête mi-homme. Sans eau et sans armes, dans une voiture inadaptée à la piste, poursuivis par l'agresseur de Katie qui a volé son 4x4, ils ont le choix entre fuir dans le désert brûlant et risquer la panne, ou retourner affronter l'assaillant.









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En toute franchise, en voyant cette couverture, j'ignorais totalement dans quoi j'allais m'embarquer. C'est bien parce que j'avais déjà pu lire l'avis d'une blogueuse et la quatrième de couverture que je savais que ce roman était susceptible d'être pour moi. J'ai bien fait de me souvenir donc de ce roman et de sa thématique : une course-poursuite en plein désert d'Australie entre un couple qui ne se connait pas et un homme effrayant et violent dont on ignore l'identité et les raisons de sa folie meurtrière. Malgré son format plutôt court, avec A toute Berzingue, j'ai passé un chouette moment.

On fait la connaissance de Shaw, un homme lambda, sans histoire et qui traverse le désert australien. Il prend plaisir à découvrir les lieux et très vite il fait la connaissance d'une jeune femme, Katie qui est ici pour visiter des grottes. Le courant semble bien passer et Shaw regrette son manque de courage parce que l'air de rien, Katie lui a bien plu. Après avoir repris sa route cependant, il retrouve une Katie affolée sur le bord de la route. Ni une ni deux, elle fonce vers son véhicule et lui demande d'appuyer sur le champignon parce qu'un dangereux psychopathe a tenté de lui faire la peau (entre autre).

Ce qu'il y a de bien avec ce roman c'est que vu sa taille, on démarre très vite dans le vif du sujet. Ce n'est pas comme si l'auteur ne nous prévenait pas au début, que la traversée était dangereuse et qu'un flic serait prêt à venir le chercher si son absence était remarqué. D'emblée, on se dit que les choses vont forcément mal se passer. L'auteur nous prépare psychologiquement, et il fait bien. Le style est vif et assez imagé. On sent l'inspiration australienne derrière tout le travail d'écriture. On a la sensation de transpirer et de crever de chaud comme nos héros, mais rien à voir avec la survie ou ce psychopathe qui veut les tuer. La chaleur est tellement décrite dans ses moindres détails qu'on se croirait vraiment en train de suer et de chercher de la fraîcheur.

On est ici dans une véritable course contre la montre. Soit nos héros se font assassinés par un mec complètement fou et qui sent le cadavre en putréfaction, soit ils meurent à cause de la chaleur du désert. Du coup, nos héros vont devoir deux fois plus se surpasser pour survivre alors qu'ils n'ont absolument rien demandé à personne et qu'ils ne se connaissent même pas. Nos deux héros m'ont plu. Ils sont assez charismatique et font preuves d'une certaine intelligence pour s'en sortir. Je ne vous cache pas que par moment Katie perd complètement la boule, traumatisée et en état de choc face à un psychopathe qui ne veut en faire qu'une bouchée. Et puis il y a certaines scènes qui vont froid dans le dos, en particulier celle du motard ou encore du vieux couple de l'hôtel... digne des grands films d'horreur.

Et puis il y a ce psychopathe. Humain ? Monstre ? Mirage ? Franchement ? On l'ignore du début à la fin. Ca donne un côté assez mystérieux au roman parce que du bourreau on ne saura que très peu de chose : il est grand, fort, il sent mauvais, et il est rusé, ne lâchant jamais ses proies, même s'il leur laisse penser le contraire. On ne sait vraiment rien de son passé, de son présent, ni de sa personnalité. Il reste un mystère complet jusqu'au bout.

Finalement, à toute Berzingue est une sacrée surprise. C'est rapide, intense, bien mené et jusqu'au bout on est là, spectateur d'une course poursuite dévastatrice où le désir de survie prime sur tout le reste. Bouquin vraiment original !

Vous y trouverez
- De la chaleur
- Une course-poursuite
- Un tueur sans pitié aussi mystérieux que silencieux

Vous n'y trouverez pas :
- De romance
- D'explication

Chronique de Louve
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dimanche 12 mars 2017

Les Chroniques de la Terre d'Airain, tome 1 : Les Poisons de Katharz de Audrey Alwett

Année d'édition : 2016
Edition : Actu SF
Nombre de pages : 410 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Le Prince Alastor n’apprécie pas qu’on l’appelle « l’Indolent » (vraiment, les gens sont méchants). Pour régler la question, le Sénateur Mâton le persuade de détruire Katharz. Voilà une guerre qui sera vite gagnée !

À Katharz, la ville-prison où la Trisalliance déverse chaque année ses indésirables, la situation est intenable. Ténia Harsnik, la tyranne en place, est obsédée par un nombre, celui des habitants qui vivent entre ses murs. En aucun cas, il ne faut dépasser les cent mille, car alors CE qui dort sous la ville SE réveillerait. Si cela se produisait, rien ne pourrait L’arrêter, sauf peut-être Dame Carasse… Mais la sorcière la plus puissante de la Terre d’Airain, à ce qu’elle raconte, semble bien plus préoccupée par son bizarre apprenti que par le destin du monde. D’ailleurs, la ville ne compte que 99 500 habitants. Ce n’est pas comme si l’apocalypse était dans un mois… pas vrai ?


Les poisons de Katharz offre non seulement une sublime couverture, mais en plus le roman peut se vanter d'être hyper addictif. De la fantasy drôle qui comme un bon Pratchett utilise les codes du genre pour nous amuser et nous proposer un roman que Pratchett lui-même aurait pu écrire. C'est drôle, plein de clin d'oeil et très bien mené. On se régale du début à la fin, on adore la palette de personnages complètement loufoques que nous propose l'auteur. Entre une "princesse" un poil nymphomane, une sorcière qui fout la trouille et une tyranne qui surveille au grain qu'on ne dépasse pas le seuil maximum d'âmes vivantes dans sa ville-prison, ya de quoi bien se marrer !

Audrey Alwett possède une plume comme je les aime : drôle et descriptive. Elle manie les mots avec brio et nous propose des séquences hilarantes qu'on garde en mémoire longtemps après lecture. C'est vivant, la plume est fluide et la lecture est très agréable. On a vraiment la sensation de se retrouver à Katharz en compagnie de nos personnages. C'est drôle, parfois complètement barré et on se marre non seulement à cause de certaines scènes, mais surtout à cause de la répartie des personnages.

L'ambiance du roman se veut plutôt sombre. En effet, n'oublions pas qu'une menace règne sur la ville-prison de Katharz. Un démon n'attend qu'une chose : pouvoir s'échapper de sa prison pour dominer la ville. Alors forcément, on sent que les choses commencent à mal tourner, mais le tout est tellement traité avec humour et légèreté qu'on attend plus que ça, nous, que le démon se réveille !

L'univers m'aura beaucoup plu également. On se retrouve bien souvent dans la ville-prison de Katharz où une tyranne fait sa loi. Entre exécutions, meurtres et disparitions, elle veille au grain à ce que jamais, ô grand jamais on ne dépasse les 100 000 vivants dans sa ville. La magie est très présente également grâce à une sorcière et on retrouve un univers de prime abord classique de fantasy avec son royaume, ses tavernes, ses magiciens, guerriers les conspirations et les guerres. Tous les ingrédients d'un univers de fantasy sont bien là et ça nous plaît !

L'histoire est palpitante. On suit une tyranne de père en fille qui veille à ne pas réveiller un démon. Elle est d'ailleurs la seule au courant avec la sorcière Dame Carasse et tente donc d'empêcher la prolifération d'êtres vivants dans sa ville. Elle fait donc exécuter discrètement certaines personnes, en envoie d'autres en prison et surveille de près le nombre de naissance. Si vous vous sentez l'âme d'un chevalier et vouloir mériter ce titre, c'est possible, mais seule Ténia peut décider soit de vous accorder le titre et ainsi de quitter la ville-prison, soit c'est la guillotine si vous n'êtes pas suffisamment original pour elle. A côté de cette histoire, on suit énormément Dame Carasse, la sorcière attitrée de Katharz qui cherche un nouvel apprenti puisque les précédents n'ont pas tenu le choc. Pas loin de ressembler à Mémé Ciredutemps de Pratchett, j'ai adoré ce bout de femme et son tempérament de véritable chieuse qui use et abuse de son grand âge pour faire ce que bon lui semble. Viens ensuite Alastor 1er que le sénateur Mâton tente de diriger en lui faisant épouser sa nièce, afin de lancer une guerre contre Katharz.

L'histoire est donc aussi folle que la plume et on se régale vraiment des péripéties et rebondissements. Et quand en plus c'est drôle, moi j'adhère encore plus ! (ah cette ceinture de chasteté qui tranche des doigts!).

L'auteur nous offre beaucoup de personnages. Des principaux mémorables qu'on adore de suite même s'ils sont pourris. Je pense à Ténia, la dirigeante qui adore sa guillotine et qui maintient l'ordre à sa manière. Mon seul regret, c'est que j'ai tout de même trouvé qu'elle était assez effacée au profit de Dame Carasse, cette sorcière désagréable et qui fout la trouille à tout le monde. Son apprenti Azarel m'a beaucoup plu aussi. Ce pauvre gamin un peu paumé, qui était l'apprenti d'un commerçant de balai en a vu des vertes et des pas mûres, jusqu'à ce qu'il tombe sur Dame Carasse qui voit de suite son potentiel magique. Et que dire du couple Alastor et Grace. Qu'est-ce que j'ai ri avec eux ! Enfin surtout avec elle !

En bref, ce premier tome est plein de promesse et il les tient toutes ! On rit, on s'amuse, on passe un très bon moment en compagnie d'une équipe bancale mais qui nous percute de plein fouet avec leurs vannes, leur humour et leur connerie. Une joyeuse équipe dans un monde pas si joyeux ! J'approuve !

Vous trouverez:
- De l'humour. Beaucoup d'humour.
- Une fausse princesse élevée dans une cave à faire pousser des champignons et qui possède une culotte de chasteté qui tranche des doigts.
- Un très bon scénario !

Vous ne trouverez pas :
- Beaucoup d'originalité. Cela reste un univers somme toute assez classique de fantasy.
- De choses sérieuses sur la fin du monde. 

Chronique de Louve 
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Le fou et l'assassin, tome 4 : Le retour de l'assassin de Robin Hobb

Année d'édition : 2016
Edition : Pygmalion
Nombre de pages : 416 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Affaibli par le poids des années, FitzChevalerie cherche un moyen de secourir la dernière personne qui semble avoir encore besoin de lui en ce monde.
Malgré l’envie du Fou d’aider son vieil ami à poursuivre les ravisseurs d’Abeille, son état de santé lui interdit tout nouveau danger. Et aujourd’hui connu de tous à la cour, le noble lignage de Fitz ne lui permet plus la liberté dont il jouissait autrefois. En dépit de ces difficultés, il lui faudra se conformer aux ordres du roi ou subir les conséquences de ses actes pour mener à bien sa mission, qui sera peut-être la dernière…
Partagé entre tristesse, haine et faiblesse, Fitz doit à nouveau emprunter les piliers d’Art et rattraper coûte que coûte Dwalia et ses sbires. Aura-t-il la force de recouvrer ses anciens talents d’assassin, d’accomplir sa quête, pour son vieil ami et sa fille ?



 
A chaque fois que je termine un roman de Robin Hobb, j'ai la même sensation : un mal de coeur incroyable de quitter mes héros. Je connais la saga l'assassin royal depuis une bonne quinzaine d'année et c'est bien la seule saga que j'ai du relire des dizaines de fois et que je relirais avec le même plaisir. Alors forcément cette nouvelle saga le Fou et l'Assassin avec les mêmes héros que la saga précédente, et avec pour seule différence un bon dans le temps de trente ans, je suis sous le charme. L'impression de retrouver de bons camarades avec qui j'ai fais les quatre cent coups et avec qui j'ai beaucoup de souvenirs. Vraiment, ya que madame Hobb pour me donner cette sensation là et surtout faire en sorte que je ne me lasse absolument pas de sa saga, quémandant des dizaines et des dizaines de tomes supplémentaires. Ca, c'est ce qu'on appelle le talent...

Forcément, si vous n'avez pas lu l'assassin royal ou les trois premiers tomes du fou et de l'assassin, passez vite votre chemin, le spoil y est obligatoire puisque je vais parler d'événements qui ont eu lieu bien avant ce quatrième opus. Tome qui m'a complètement laissé sur le cul parce que l'auteur nous prend par les sentiments et se joue de nous avec un plaisir mal dissimulé. Je l'imagine bien avec un rire démoniaque pendant l'écriture de certaines révélations... On ne va pas se mentir. Si tu as lu les 13 tomes de l'assassin royal et que t'en es à ce quatrième opus de la saga suivante, c'est forcément que t'es un gros fan. Ou masochiste. On va garder la première possibilité. Largement plus plausible.

Bref, dans ce quatrième tome on sait que la fille de Fitz, Abeille, cette fillette pâle comme la mort et particulière a été enlevé par des Blancs. Ces hommes et femmes à la peau très pâle et qui ne vivent que dans l'optique d'utiliser la magie de l'Art et de suivre une voie toute tracée. Fitz n'a donc qu'une envie en tête, retrouver sa fille et la venger comme il se doit. Mais voilà, Fitz a maintenant passé la soixantaine et il se rend bien compte qu'il n'est plus l'assassin d'autrefois. Et lorsqu'il parvient à attraper les soldats qui ont tué, violé et sacagé son domaine, il se montre pourtant très habile pour la torture. C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Et les vieux démons qui ressurgissent donnant envie à Fitz de tuer tout le monde, de les pourchasser comme des proies. Voilà sa fille disparue, perdue pour toujours semble-t-il et un héros qui a du mal à l'accepter parce que voilà, il se tient pour personnellement responsable du sort de sa chère petite Abeille.

L'action n'est pas forcément très présente, mais l'univers et les événements sont tellement intenses qu'on se fiche complètement d'avoir des centaines de combats à l'épée ou à la hache, de voir des hommes s'affronter pour le bien ou le mal. C'est une fantasy intimiste, très douce malgré certaines révélations douloureuses pour nos héros. (Je pense à Pépite et à Lant qui vont découvrir leur lien de sang... atroce !). J'ai surtout adoré retrouver le Fou. Le Mage Gris. Ce héros sans genre dont on ignore toujours s'il est un homme ou une femme. Après 17 tomes le suspense est intact et c'est tellement fort qu'il faut le souligner. Ce personnage étrange, énigmatique, qui paraît parfois ne plus avoir toute sa tête, qui parle d'une façon étrange, incompris des autres sauf de Fitz, son bien-aimé Fitz. J'ai eu le coeur qui palpite à plusieurs reprises tant j'étais ravie et effrayée à la fois de constater à quel point rien n'est jamais acquis dans cet saga.

Et Sir Umbre que dire de lui ? Tellement différent de cet homme dangereux qu'on a connu au début. Un vieillard qui cache ses descendants aux yeux de tous pour mieux les protéger. Un homme qui dépérit, rattrapé par son âge alors qu'on lui refuse de pouvoir toujours utiliser l'Art, cette magie étrange et invisible qui permet de communiquer par la pensée, d'entrer dans la tête des autres ou de soigner des plaies graves. Le Vif, la magie des animaux est moins présent. Fitz ne parvient plus à s'attacher à un animal, toujours touché par la disparition de son loup, Oeil de Nuit. Le chat d'Abeille n'est plus présent, forcément puisque le roman n'est plus qu'écrit du point de vue de Fitz depuis qu'Abeille a été happé par un pillier d'Art avec les Blancs.

Ce quatrième opus ne s'essouffle pas, loin de là. L'auteur nous réserve encore mille et une surprise, je n'en doute pas et c'est chaque fois le même plaisir qui me saisit lorsque j'entame un tome de cette saga si particulière. Si vous ne connaissez pas Fitz, foncez ! C'est le héros de fantasy qui évolue le plus, celui auquel on s'attache le plus, mais aussi et surtout celui qui vit l'histoire la plus incroyable que vous puissiez imaginer. Même passé soixante ans, il est toujours aussi étonnant et attachant. Nul doute qu'il reste le héros le plus abouti que j'ai rencontré dans mes lectures !

Un quatrième tome étonnant, addictif et dont on ressort le coeur plein de palpitations. C'est fort en émotion, intense, l'auteur ne cesse de nous surprendre, de nous rappeler les événements du passé pour mieux comprendre le présent et il me tarde vraiment de lire la suite. J'en meurs d'impatience !

Vous y trouverez :
- Un monde qui semble doux, mais se révèle impitoyable.
- Un héros qu'on ne cesse de malmener et de tenter de briser.
- Des révélations, des rebondissements, une quête de vengeance qui ne s'essoufflera que lorsque le héros estimera avoir vengé son domaine, mais surtout sa fille.

Vous ne trouverez pas :
- De romance
- De combats épiques.

Chronique de Louve
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Marjane, tome 2 : Le serment de Marie Pavlenko

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket Jeunesse
Nombre de pages : 379 pages
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Bouleversée par les révélations de Notre-Dame, Marjane est déterminée à libérer Andras et Ashley. Mais comment forcer les portes de la puissante Résidence ?
Pendant qu'avec Mats, Borvo, Soura et les autres, elle cherche un moyen d'atteindre la crypte, le temps passe. Et le temps presse !
D'autant qu'à force de fouiller le passé, Marjane risque de découvrir des secrets plus dangereux encore...








Ah Marjane ! Ayant adoré le premier volume, j’avais hâte de retrouver les personnages et de les suivre de nouveau dans leurs aventures. Le problème : j’avoue qu’en commençant ma lecture, je n’avais plus le tome 1 totalement en tête. Le petit résumé qui se trouve au début m’a autant rappelé l’histoire qu’embrouillée concernant certains personnages sur le moment. Malgré tout, après quelques chapitres, les souvenirs sont revenus et j’étais de nouveau totalement dedans !

Il se passe assez peu de temps dans le roman et l’histoire se concentre finalement beaucoup sur les sentiments. Marjane est assez apathique et, si je comprend parfaitement Mats qui a envie de la secouer, la manière dont les réflexions de Marjane sont mises en avant m’a poussé à compatir avec elle et à avoir envie de la consoler. D’autant que, comme elle, j’avais très envie qu’ils se dépêchent d’aller chercher Andras. Ah Andras, l’un de mes chouchous du premier tome ! Ici encore, il reste un personnage que j’ai adoré. Son côté paternel et sa loyauté force l’admiration et j’ai souvent grimacé pour ce qui lui arrive tout en croisant les doigts pour la suite des événements.

Le fait de passer d’un personnage à un autre permet d’avoir une vue d’ensemble de l’intrigue et, si j’aime beaucoup Ashley, je suis surtout curieuse de voir ce que les moments qu’elle a vécu dans ce tome vont apporter par la suite. Car, dans ce tome-ci, s’ils amènent des moments plus calmes, ils servent assez peu à l’intrigue générale. J’en déduis donc qu’ils auront une grande incidence pour le prochain opus.

J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur les litomorphes et les balades dans Paris donnent réellement l’impression d’y être. J’ai d’ailleurs frissonné avec les changetons (et ce « keteketeketekete » restera très marquant !). La manière dont Marie Pavlenko nous présente les différents peuples que l’on peut croiser dans ce monde les fait paraître tellement vivants que le lecteur ne serait pas surpris de les croiser au coin d’une rue.

En résumé un second tome qui m’a de nouveau entraîné dans les méandres de Paris mais qui est selon plutôt un tome de transition entre la mise en place du premier et la résolution du troisième. J’ai en tout cas hâte de lire celui-ci !

Merci au forum Mort-Sûre et aux éditions PKJ pour cette lecture ~

Chronique de Rinne
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L'Education de Stony Mayhall de Daryl Gregory

Année d'édition : 2016
Edition : pocket
Nombre de pages : 448 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Stony a trois sœurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l’aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler... Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu’il est. Il n’a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d’autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage...






Lien de l'éducation de Stony Mayhall sur le site de l'éditeur

Ce roman est atypique. Vraiment. La littérature zombie n'a quasiment plus aucun secret pour moi parce que j'en suis fan. Ce roman pourtant, bouleverse les codes du genre et se veut totalement différent des autres ouvrages zombiesques. Ici, il n'est point trop question de zombies qui bouffent tout le monde, c'est beaucoup plus psychologique. Et tellement bien écrit. Oui, j'ai adoré ce roman que je classe dans mes coups de coeur. L'histoire est prenante, l'évolution est surprenante et à aucun moment je n'ai eu le sentiment d'avoir déjà vécu tout ça dans un autre roman.

On débute ce roman dans le futur. Alice revient sur les lieux de son enfance avec Kwang et sa nièce Ruby. On apprend qu'une seconde épidémie a eux lieu et Alice se fait un plaisir de raconter comment ils en sont arrivés là. Lorsqu'Alice était enfant, sa mère a découvert une femme morte de froid sur le bas côté d'une route. La morte tenait fermement dans ses bras un nouveau-né qui paraissait lui aussi mort. Wanda ne pu se résoudre à laisser ainsi un bébé et l'emmena chez elle pour lui offrir une sépulture décente. Mais voilà qu'elle découvre horrifié en compagnie de ses filles que le bébé est un zombie. Son coeur ne bat plus, il n'a plus besoin de sommeil ni de manger et pourtant il se tient là, éveillé à bouger.

On a donc toute une première partie où Stony va évoluer et passer du stade de nouveau-né zombie à celui d'adolescent zombie. Parce que malgré tout, oui Stony grandit et c'est bien la première fois qu'on remarque une telle chose chez un zombie. Mais Stony est caché aux yeux de tous parce que depuis une précédente épidémie de zombie, les autorités et la population sont terrifiées et exterminent à vue le moindre mort-vivant qui traîne dans le coin. Stony ne sera pourtant jamais seul puisque ses trois "soeurs" vont passer du temps en sa compagnie et lui apprendre un tas de choses. Il pourra aussi compter sur Kwang, son voisin avec qui il liera une très forte amitié malgré sa condition de zombie. C'est une belle image pour la tolérance que cette amitié atypique et pourtant si drôle. Parce que oui Kwang et Stony vont faire les quatre cent coups ensemble. l'un s'amusant à planter des flêchettes dans le corps de son ami pour voir s'il ressent la douleur, ou encore lui faisant boire beaucoup d'alcool pour voir s'il peut être saoul. (D'autres passages évoquent aussi la sexualité lorsque Kwang cherche à découvrir si Stony n'a pas là aussi un problème.). Ces passages sont très drôles et touchants et cette petite point d'humour noire omniprésente m'a beaucoup fait de bien. Ce début se veut initiatique où Stony découvre vraiment ses capacités et sa personnalité. il s'affirme petit à petit et se rend compte de la difficulté d'être un zombie.

Cette première partie pose déjà un contexte atypique et qui va de suite prendre le lecteur dans ses filets. On apprécie Stony et on est triste de voir que sa vie n'est pas plus épanouissante. Et lorsque intervient un drame en 1982, alors qu'il n'a que 14 ans, Stony va devoir prendre le large et sa vie va prendre un tournant nouveau. Il ne sera plus seul. Il va alors rencontrer d'autres zombies qui comme lui se cachent et n'en peuvent plus d'être ainsi traité comme des parias alors que ce sont des êtres humains. Toute cette seconde partie utilise des thématiques plus profondes comme la religion, la colère d'une population, le rejet, la peur et bien d'autres choses encore. Mais voilà, on s'en fiche parce qu'on apprécie tellement Stony qu'on suit son histoire et qu'on le voit revêtir un rôle des plus important. Je n'en dirais pas davantage, mais foncé, vous ne le regretterez pas.

Alors oui, c'est un roman zombie avec quelques séquences pleine de tripes et d'hémoglobine, mais il est différent des autres romans. Ici les zombies ont une conscience, parlent, agissent comme des êtres vivants sauf qu'ils n'ont besoin ni de manger, ni de dormir. On ignore également la cause de leur condition et leur attrait pour la viande humaine est présente, mais seulement lors des premiers jours de transformation. Passé un certain temps, ils sont capables de gérer leur faim et de ne même plus la ressentir.

En voilà donc un roman qui mise sur un thème maintes fois utilisé, mais qui l'utilise de manière intelligente. Dès l'instant où j'ai débuté ma lecture, je n'avais de cesse de vouloir y retourner les fois où j'étais forcé de le poser. Stony m'aura fait rêver, voyager et avoir beaucoup de compassion pour un zombie. Une perle de la littérature zombie !

Vous y trouverez :
- des zombies
- de l'humoir noir
- un roman initiatique

Vous n'y trouverez pas :
- de carnage zombies et tout ce qui s'ensuit à fortes doses.
- de lenteurs.  

Chronique de Louve
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