samedi 2 janvier 2016

Les Daces, tome 1 : Le Prince d'Ombre de Kresley Cole

Année d'édition : 2015
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 535
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Surnommé le prince d'Ombre, Trehan Daciano est le protecteur du royaume secret de Dacie. Froid, discipliné, le vampire accomplit depuis un millénaire son devoir sacré : poursuivre et éliminer tous ceux qui fuient le territoire. Une mission qu'il a toujours fait passer avant ses propres désirs. Or, son univers bascule lorsqu'il rencontre la sublime Bettina. Princesse destinée au trône, Trehan voit en elle son âme sœur. Mais la jeune sorcière est déjà promise au vainqueur d'un sanglant tournoi qui fera s'affronter tous ses prétendants. Qu'importe ! Trehan se mesurera aux créatures les plus monstrueuses qui soient si cela signifie que Bettina sera sienne pour l'éternité...


http://www.jailu.com/

Je n'ai lu que le premier tome des Ombres de la nuit, mais ça ne m'a pas du tout empêché d'apprécier l'histoire de cette nouvelle série dans son ensemble. Ouf! J'adore! Et ça me donne envie de lire le tome 2 des Ombres.

Mais voila mon avis complet.

En me proposant pour lire ce partenariat via Mort-Sure, je m'attendais à lire une "banale" histoire de bit-lit, mais, et je ne sais pas si c'est parce que ça fait un petit moment que je ne m'était pas plongé dans ce genre d'univers, ce roman est un petit coup de coeur. Alors merci au forum Mort-Sure et aux Editions J'ai lu qui m'ont permis de découvrir cette nouvelle série de Kresley Cole.

La romance peut paraître assez classique, je suis d'accord : un triangle amoureux avec ses jalousies maladives, ses quiproquos inévitables, ses prises de bec régulières, ses rapprochements inopinés rapidement accompagnés de remords... mais Bettina, Trehan et Caspion réservent néanmoins de belles surprises. J'ai franchement aimé l'évolution de leur relation du début à la fin. Et le gros plus vient de l'univers particulièrement riche imaginé par l'auteur. Je ne me risquerai pas à décrire toutes les races de créatures magiques et les différents royaumes du Mythos au risque d'en oublier, mais sachez seulement que ce n'est pas du tout indigeste. Bien au contraire! C'est ce tournois de combats à mort pour gagner la main de Bettina qui donne toute l'ampleur à l'intrigue, comme les tortures qu'a subi la princesse quelques semaines plus tôt hantant ses jours et ses nuits d'angoisses insoutenables. Les démons qu'elle doit affronter dans ses songes sont tous aussi horribles que ceux qui entrechoquent leurs armes dans le ring d'Abaddon. Beurk et Brrr! Comment ne pas compatir à ses souffrances? Pauvre Bettina...

La princesse est un personnage que j'ai beaucoup aimé parce que l'auteur teinte sa profonde fragilité d'un coté battant à travers les joailleries qu'elle adore fabriquer dans son atelier avant de s'en parer avec ses robes sexy et somptueuses qu'elle accommode de masques lors de ses sorties en public. Trehan est mon coup de coeur Razz Romantique, protecteur, résistant à la tentation, vengeur et qui ose prendre des risques qui chamboulent totalement sa vie. Impossible de lui résister ^_^ Caspion est celui qui m'a le plus agacé... je n'ai pas apprécié la manière dont il agit et parle parfois avec Bettina, mais ce personnage est clairement là pour "gêner" l’idylle naissante entre le vampire et la princesse.

Le style d'écriture de Kresley Cole est franchement fluide et agréable à lire. Aucune fausse note à signaler tant elle maîtrise son univers et ses personnages au point de savoir à quel moment il est judicieux de changer de narrateur (Bettina ou Trehan). Et puis les passages érotiques sont assez bien écrits, non répétitifs comme c'est souvent le cas dans ce genre de littérature, et au final bien moins nombreux que dans mes souvenirs de lecture du premier tome des Ombres de la nuit. Un point très positif donc puisque c'est l'émotion de nos héros qui est mise en avant. J'aime!

Les derniers chapitres sont surprenants et concluent bien ce premier tome des Daces. J'aurai aimé retrouver les personnages dans la suite de la série, mais j'imagine bien que les cousins de Trehan seront les héros des prochaines histoires. A voir!

chronique de Yezahel

Arena 13 de Joseph Delaney

Année d'édition : 2015
Edition : Bayard
Nombre de pages : 400
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture : Les temps sont funestes pour l’humanité qui a presque disparu de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entourés par une infranchissable barrière de brouillard. Dans une citadelle vit une sinistre créature, Hob, qui exerce une tyrannie sanglante sur la population. Des arènes de combat ont été ouvertes… La plus populaire et terrifiante est l’Arena 13 : c’est là où combat Hob. Un jeune garçon de 16 ans, Leif, décide alors de l’affronter. Pour cela, il va alors convaincre le meilleur des entraîneurs, Tyron, de le former au combat…






Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Bayard, ainsi que le forum Mort-sûre, de m'avoir permis de découvrir ce merveilleux petit bijou qu'est Arena 13. J'avais déjà lu l'auteur avec sa saga de l'Épouvanteur, que j'avais fortement appréciée, de par son côté sombre et original. J'ai donc été plus que ravie d'avoir l'occasion de retrouver sa plume avec ce roman.

J'avoue avoir eu un peu peur en lisant les premiers chapitres car j'ai eu une petite touche de déjà-vu. Même si l'univers est complètement différent de l'Épouvanteur, l'auteur garde cette obscurité tant efficace et nous retrouvons un duo maître-élève avec les personnages principaux. Mais c'est là toute la ressemblance entre les deux sagas ! En effet Joseph Delaney a su se démarquer radicalement de sa première série avec un monde post-apocalyptique et dystopique efficace et extrêmement crédible. Les créatures inhumaines qui y sont proposées sont intéressantes et intrigantes. Un glossaire est même proposé à la fin pour mieux comprendre les termes employés. Mais, en toute franchise, il ne m'a pas été utile car l'auteur a très bien su les expliquer au cours de l'histoire qu'il fait vivre à son lecteur.

Les personnages, même si j'ai eu du mal à m'y attacher dès le début tant le monde est dur et cruel autour d'eux, sont vraiment bien travaillés et plaisants à suivre. Leif est un garçon plein de surprises et on tremble avec lui lorsqu'il prend trop de risques. Même Deinon et l'infecte Palm (les autres apprentis de Tyron) arrivent à nous toucher à leur manière. J'ai trouvé Kwin un peu pénible par moment, mais l'action serait bien moins intense et l'histoire plus plate sans elle. J'attends d'en découvrir un peu plus sur Tyron et ses projets qui promettent beaucoup dans la suite !

J'ai vraiment adoré ce livre même si quelques petites choses m'ont un peu dérangée par moment, mais rien de grave et ma lecture n'en a pas été entâchée. Par exemple, on se doute fortement de ce qui allait se produire lors de la venue de Hob dans l'arène. Je pense (j'espère) que ce n'était cependant pas le but de l'auteur de surprendre à ce moment-là mais que c'était l'occasion à la fois d'en apprendre plus sur Hob mais aussi sur Tyron.

Enfin, l'histoire évolue beaucoup dans ce tome et ne prend pas la tournure que je croyais au départ. C'est une bonne nouvelle car elle va permettre de lui donner un côté plus épique auquel je ne m'attendais pas.

Pour conclure, je dirai que ce premier tome est surprenant et plein de promesses. C'est un véritable coup de coeur pour moi ! J'ai vraiment hâte de lire la suite et de connaître mieux les Genthai, de voir ce que va devenir tout ce petit monde.

Chronique de ML

dimanche 13 décembre 2015

Je suis un monstre de Keren Nott

Année d'édition : 2015
Edition : Underground
Nombre de pages : 350
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Je suis un monstre. C’est le nom qu’on me donne, l’étiquette qu’on me colle. Le mot qu’on me jette
à la figure chaque fois qu’on me voit. Et on me voit beaucoup, on me voit partout. Télé, radio, journaux, on ne parle plus que de moi.

On ne pense qu’à moi. Un monstre... étymologiquement, celui qu’on montre. Mon visage hante vos consciences. Peut-être bientôt sera-t-il présent dans le dictionnaire, parfaite illustration du mot cruauté. Ou du mot souffrance. Car les monstres naissent dans la douleur et de la douleur, c’est bien connu. Les psychanalystes diront que c’est la faute de Maman ou encore des jeux vidéo.

Ils se trompent. Tout est de votre faute. Pourrez-vous l’assumer ?



Ce livre a été vraiment très troublant pour moi car il exerce une sorte de fascination et d'empathie vis à vis d'un "monstre".

Keren Nott, nous emmène dans notre monde, mais du côté sombre de celui-ci: un quartier mal famé, une famille dont le père n'est pas là et où la mère est une prostituée, camée. L'histoire aurait pu s'arrêter là et nous faire larmoyer sur le pauvre petit Edselias. Mais Keren Nott souhaite nous montrer ce qu'il peut arriver de pire (de mon point de vue). Edselias vit donc dans cette famille monoparentale , il est petit maigrichon, pas spécialement beau, homosexuel et se trouve être le souffre douleur, celui que l'on couvre de coup à l'école comme chez lui. C'est à cause de cette souffrance que va naître 'le monstre'. C'est grâce (ou à cause) de sa rencontre avec Aiden qu'il va réellement prendre conscience de sa puissance, de son pouvoir de vie et de mort sur les autres. Mais au départ c'est de notre faute pourquoi ne l'avons nous pas sauvé ?

Ce qui m'a le plus troublé est cette empathie que j'ai pu ressentir vis à vis d'Edselias, il a une enfance horrible, il a une mère qui ne l'aime pas ou très peu, n'a pas d'amis et continue quand même son chemin. Il survit plus qu'il ne vit pour ensuite découvrir ce pouvoir qu'il détient entre ses mains. Ce pouvoir de vie et de mort qui fait de lui ce 'monstre'. J'ai eu mal pour lui, j'ai pleuré pour lui mais je pense que si je l'avais connu il ne se serait pas soucié de moi ou m'aurait tué pour son plaisir. Mais le pire c'est que malgré tous ces faits, toutes ces morts, il reste un enfant brisé à mes yeux, et j'ai du mal à avoir peur de lui (il en serait peut être autrement si je l'avais devant moi?)

Ce fut très troublant et montre à quel point l'auteur nous pousse à nous poser des questions sur tout cela: n'a -t-on jamais connu (ou été) ce pauvre gamin qui se faisait taper dessus ou insulter pour rien? Avons nous laissé faire ? Qu'est-il devenu ?.
J'avoue m'être aussi demandé si l'auteure n'étais pas cet Edselias.

Ce livre est un beau coup de cœur.
 
Chronique de Bfanny213

Moi, Benjamin V., 33 ans, l’âge du Christ, et toujours pas de miracle en vue... de Laurent Moreau

Année d'édition : 2015
Edition : La bourdonnaye
Nombre de pages : 144
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Benjamin est un grand adolescent d’un peu plus de 30 ans qui semble n’avoir qu’un but dans l’existence : défendre son titre âprement gagné de « roi de la lose ». À son âge, il ne sait toujours pas quoi faire de sa peau de vieil enfant ou de jeune grande personne, c’est selon. Il se nourrit toujours de junk food, passe son temps devant les séries télé et collectionne méticuleusement faux plans et galères. Il fait le désespoir de ses parents, d’autant que même son jeune frère est déjà casé, avec la déjà chiante Marie-Clémentine, et déjà bientôt père.

L’heure de l’ultime remise en question a donc sonné. Bardé de sa bonne humeur et de son inoxydable foi en la vie, Benjamin le Bordelais part ouvrir un bar à vins… en Laponie. Ah ! la Laponie ! Le pays des rennes, du froid, du Père Noël et de Lotta, jeune femme volage et incertaine de ses choix, mais belle comme le diable. Autant d’embrouilles au centimètre carré, c’est un appel à la gourmandise !

 
 
RAFRAÎCHISSANT!!! Voilà le premier mot qui me vient en tête une fois cette lecture terminée. J'ai ADORÉ du début à la fin... Voici une belle romance contemporaine empreinte d'une dose d'humour et d'autodérision comme je les aime. Je n'ai pas eu la chance de lire souvent des "chick-lit" écrient par des hommes, mais je dois dire que ces romans sont juste de véritables bonbons en bouche. Pétillants, drôles, tendres et imaginatifs, ces personnages masculins méritent amplement à être connus ainsi que leurs créateurs.

Quel beau personnage, ce Benjamin! Il a tellement évolué au fil des pages que je me suis surprise à verser quelques larmes à plusieurs endroits dans ce roman. Tantôt, il est funny, drôle et immature et quelques pages plus tard, on le voit déterminé, rêveur et pris d'une belle maturité. Il nous fait voyager dans ce monde froid et glacial qu'est la Finlande en compagnie de son ami Simon. Partis pour s'amuser et prendre du bon temps... et beaucoup d'alcool, nos deux amis partent pour le pays des rennes et des neiges. Direction chez le Père Noël !!! Chose certaine, ce voyage permettra à nos deux éternels adolescents de se rendre compte que la vie n'est pas juste une histoire de jeux, de sexe, d'alcool et de "feignardise". On dit que les voyages changent une personne et bien je peux vous le garantir, dans le cas de Simon et Benjamin, le voyage frappera fort. En pleine gueule et ce, lorsqu'ils ne s'y attendront pas. Un nouveau destin s'ouvrira pour l'un d'eux... Est-ce l'amour qui est au rendez-vous? Des projets d'avenir? Un boulot d'enfer? Un coup de foudre avec le Père Noël? À vous de le découvrir grâce à nos deux comparses. Mais vous ne serez pas déçu, c'est certain!

Benjamin est juste attachant. Loin d'être parfait, c'est justement cette imperfection qui fait son charme. On se laisse séduire par ce jeune trentenaire qui ne demande qu'une chose : trouver sa place dans ce monde. L'auteur Laurent Moreau a su donner un côté très adulescent à son personnage tout en le faisant évoluer afin de retrouver un jeune homme en pleine possession de son destin et de sa vie. La plume de Laurent est magique! Elle m'a séduite dès les premiers mots couchés sur la page... D'ailleurs, j'ai décoré ce dernier! Avec le titre, je m'attendais à ce que l'histoire tourne un peu autour de l'histoire du Christ puisque nous nous retrouvons dans la période des fêtes en Finlande où les rennes sont rois. Il ne faut pas oublier qu'il vient d'avoir l'âge du Christ! Bref, ce livre n'a rien à voir avec la religion à mon grand bonheur! C'est plutôt une belle leçon de vie. Un message d'espoir en quelque sorte pour tous les jeunes hommes qui se cherchent, qui ne savent pas où est leur place dans ce monde enivrant.

Si vous avez lu cette chronique, vous comprendrez que j'ai été sous le charme de ce roman dès le départ et que je ne peux que vous le recommander. Drôle, rafraîchissant, tendre par moment, il saura vous faire rire aux larmes et l'instant d'après, vous faire verser des larmes parce que vous êtes empathique aux événements de notre héros. N'hésitez surtout pas à mettre cette pépite à sourire dans votre liste du Père Noël, je suis certaine que notre beau Benjamin la remettra en main propre au Père Noël et à ses lutins!

Chronique de Froggy 80


Absyrialle de Fabrice Chauliac

Année d'édition : 2015
Edition : Voy'[el]
Nombre de pages : 265
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Europe, fin du XVIIIe siècle.

L’éruption du volcan islandais Laki en 1783 plonge le monde dans l’obscurité et l’obscurantisme. Le nuage de soufre qui recouvre une partie de l’Europe dévaste les cultures, entraîne la famine, fait tomber les pouvoirs en place, et remet en perspective toutes les croyances établies. Beaucoup y voient la trace d’un châtiment surnaturel, que tout le monde désigne sous le nom de Fléau.

L’Église vacille d’autant plus que l’éruption du Laki révèle l’existence d’une cité enfouie, Absyrialle. Mais cette cité, son architecture, sa richesse, ses moeurs et ses occupants ne sont pas les vestiges d’une civilisation ancienne et oubliée. Bien au contraire, Absyrialle est toute puissante et ses origines restent mystérieuses, tout comme les desseins des princes démons qu’on y vénère.

Théodule, écrivain public et philosophe ne se doute pas combien sa rencontre avec Galoire de Montbrun, envoyé du Vatican au passé trouble, va l’entraîner au cœur des complots les plus sombres de la Cité.



Un roman uchronique atypique et intelligent qui réserve quelques scènes perverses à ne pas mettre entre toutes les mains !

1783, l’éruption du Laki, volcan Islandais, fut violente et non dénuée de conséquence. Un nuage de cendres a traversé l’Europe plongeant le continent dans les saisons rigoureuses aux phénomènes météorologiques extrêmes et la famine. Cet événement appelé le Fléau sonne le glas de certains systèmes politiques, des croyances et la révolution du peuple. Mise à l’épreuve divine ou acte diabolique ? La catastrophe a mis à jour la ville d’Absyrialle, citée à l’architecture magnifique et prospère, attirant les plus démunis qui aspirent à se reconstruire.  Théodule, érudit sur le chemin d’Absyrialle y croise Galoire de Montbrun, énigmatique bretteur, qui le sauve d’une énième menace. Ensemble, ils poursuivent leur route jusqu’à la citée mystérieuse. Cependant, Absyrialle aussi belle soit-elle cache des choses bien sombres dans ses bas fonds.

Voilà une uchronie pour le moins originale ! On y retrouve des faits historiques avérés ; l’éruption du volcan Laki en Islande en 1783, le contexte politique sensible en Europe de la fin du XVIIIème (révolution française en 1789) et les croyances remises en cause. L’auteur use donc de ce contexte historique en y ajoutant un événement surnaturel ; l’apparition de la ville d’Absyrialle dans le cratère du volcan. Cette citée majestueuse et mystérieuse a vu le jour suite à l’éruption sans le moindre dégât, elle présente une architecture originale et volcanique, elle a l’indécence de prospérer alors qu’ailleurs en Europe, la famine et la pauvreté font des ravages. Absyrialle est donc un joyau convoité et attractif par de nombreuses personnes qui y voient une chance de retrouver une vie plus lucrative.

Theodule, écrivain public, fait partie de ces êtres attirés par la magnificence d’Absyrialle. Sur le chemin de la citée, habillé pauvrement et paré d’un sac jaune rempli d’œuvres littéraires, il se retrouve comme souvent menacer par des individus, « Les Vautours », voleurs violents qui n’hésitent pas à tuer pour obtenir ce qu’ils veulent. Théodule est donc le personnage naïf, rêveur, philosophe et un peu maladroit qui sombre souvent dans les ennuis mais s’en sort avec une facilité déconcertante de l’histoire. C’est là que le jeune Galoire de Montbrun, personnage séduisant, mystérieux et fort, et bretteur de talent, intervient et sauve Théodule. Les deux hommes sympathisent et décident de poursuivre leur chemin ensemble. Arrivés à Absyrialle, Théodule est déconcerté par la réalité de la ville, une couronne de pauvreté et d’immondices encerclent la citée imprenable et inaccessible sans fortune. Galoire lui propose d’y pénétrer rapidement moyennant qu’il se comporte comme son valet personnel. Théodule accepte, se posant toutefois quelques questions sur Galoire et ses entrées personnelles dans la ville. Théodule découvre donc une enclave de la ville n’ayant pas d’accès ailleurs et se retrouve rapidement mêlés aux angoissants complots de la ville où Galoire semble avoir un rôle important à y jouer.

La ville aussi magnifique soit-elle renferme dans ses bas fonds des êtres sombres, violents et l’horreur n’est jamais très loin ; des pratiques chirurgicales incroyables et inhumaines aux tortures savamment réfléchies et poussées. Par ailleurs, les mœurs obscures de la ville sont teintés d’un érotisme pervers, vicieux, décadent et parfois dérangeant, le contraste entre le reflet merveilleux de la ville aux étrangers et  les actes immondes qui sont perpétrés dans l’ombre est saisissant et surprenant. Le peuple Absyrien voue un culte à des créatures assoiffées de sexe et de sang, des succubes ou incubes appelés Byssithaar, une sorte de connivence entre les humains et ces créatures régit le passage à l’âge adulte des enfants appelé « initiation », rite où la survie de l’enfant n’est pas certaine. Dans ce contexte, la religion prend ici aussi une part importante avec l’envoi de prêtres ou d’autres êtres par le Vatican afin de surveiller la ville et d’en comprendre le fonctionnement et surtout d’y maintenir ou transmettre une croyance plus « civilisée » que celle envoyée par le diable et retenue par les Absyriens. Par ailleurs, la ville est armée d’une légion Opale, intransigeante et violente. Les complots, les meurtres, les sévices sont donc monnaie courante dans la ville. Elle est aussi le berceau de bretteurs excellents où l’art du combat à l’épée est poussé et jamais égalé par un étranger face aux Absyriens, pourtant Galoire se démarque et les combats d’honneur à mort foisonnent au cœur de la citée.

Le roman est riche et dense dans ses personnages et son intrigue de fond réfléchie et intelligemment menée, il y a une bonne idée de départ et un contexte travaillé. Le style de l’auteur est soutenu, un effort de concentration est nécessaire pour suivre les subtilités de l’intrigue sinon l’ensemble se lit plutôt bien. Le livre souffre cependant de certaines longueurs et l’auteur « s’éparpille » un peu dans sa façon d’agencer ses chapitres ce qui a eu pour effet de ralentir énormément ma lecture. Par ailleurs, certaines scènes dérangeantes paraissaient gratuites et pas forcément indispensables à l’histoire. Cet aspect avait quelque chose de dérangeant dans sa perversité et son horreur, on approuve ou pas, personnellement c’est surtout que je n’y voyais pas trop d’intérêt chaque fois.

Il parait aussi important de souligner le travail de Camille Alquier sur la couverture qui représente parfaitement un des personnages phare du roman : Ruthimel et ses deux paons aux sers acérés.

En bref, un roman qui ne laisse pas indifférent, la perversité et l’horreur prennent un sens érotique déstabilisant, c’est dense et réfléchi avec une intrigue rondement menée mais les trop nombreuses longueurs ont entachées une lecture prometteuse. Un avis en demi-teinte donc !

Je remercie Louve du Forum Mort Sure et les éditions Voy'[El] pour ce partenariat.

Chronique de Walkyrie

Gospel de Jean-Christophe Chaumette

Année d'édition : 2015
Edition : Voy[el]
Nombre de pages : 266
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
A la mort de son père, médecin dans le Delta du Mississipi, un riche chirurgien hérite d'une valise remplie de notes et de bandes magnétiques, qui constituent divers témoignages sur l'existence des Noirs dans le Sud des Etats-Unis juste avant la Grande Dépression. De ces documents émerge la geste d'un chanteur et guitariste itinérant, interprète de blues et de spirituals. Trois hommes, un musicien, un pasteur et un talent scout employé par une maison de disques, racontent chacun à leur manière son histoire, que le chirurgien complétera lui-même en allant écouter une vieille femme noire dans une maison de retraite. Ainsi prend forme la vie de Manson, songster touché par la grâce, faiseur de miracles et ennemi des bien-pensants, dont nul ne sait rien avant la battle of songs qu'il remporte contre John le Baptiste. Autour de lui s'agrège un orchestre disparate qui sillonne les routes du Delta. Certains de ses membres essaient simplement de survivre, d'autres rêvent de gloire, et l'un d'entre eux voudrait bouleverser la société. Mais aucun ne comprend qui est réellement Manson, ou ne distingue la voie sur laquelle il cherche à les guider ; du moins jusqu'à l'achèvement de son destin.



Avant tout, je souhaite remercier les éditions Voy’[el], mais aussi Louve du forum Mort-Sûre pour la découverte de ce texte.

Je ne vais pas mentir, je ne savais pas trop à quoi m’attendre et je n’avais que des a priori pas forcément positifs. Le résumé ne m’emballait pas et la couverture ne m’engageait pas vraiment à le lire. Mais en bonne musicienne, toutes les références à la musique ne pouvaient que me parler et un tel roman ne pouvait que receler de belles choses. Alors, j’ai mis mes appréhensions de côté, et je me suis lancée.

Au final, dès le prologue, j’ai été prise dans le roman. Le style est agréable, simple à suivre. Le personnage principal nous explique qu’il va nous rapporter des témoignages de quatre personnes, liées, sans se connaître, par le biais d’un personnage principal qui a changé leur vision de la vie, et qui les a touchées au plus profond d’eux-mêmes. Le style change à mesure que l’on change de protagoniste, mais nous ne sommes jamais perdus, et le texte reste très fluide tout le long.

Le contexte et l’atmosphère du roman ne sont pas en reste. Le récit prend place dans les années 20, en Amérique, en pleine période de ségrégation. On y voit les Noirs persécutés par les Blancs, des plus viles façons, mais qui ripostent à leur manière : grâce à leur musique, le blues, leur compassion, et leur foi en l’être humain. Ils sont notamment dirigés par Manson, un homme généreux, dans le don de lui-même, qui est assimilé à un prophète ou un messie, ou même au fils de Jésus dans les anecdotes les plus folles. En tout cas, tous s’accordent à dire qu’il distribue la bonne parole de Dieu pour que chacun vive en harmonie, quelle que soit la couleur de leur peau.

La bonté et la beauté qui se dégagent de ce texte me l’ont fait lire en un rien de temps et j’avais du mal à quitter cette époque un peu invraisemblable où les pires des actions chez les persécuteurs pouvaient mener aux plus beaux des sentiments chez les persécutés. C’est une belle leçon de vie, même si parfois un peu édulcorée en ce qui concerne Manson, qui nous montre toute l’horreur et la beauté de l’être humain. Je suis très heureuse d’avoir pu lire ce roman.

Chronique de merryfantasy

Le Code Turing de Corinne Guitteaud

Année d'édition : 2015
Edition : Voy'[el]
Nombre de pages : 42
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Et si les Britanniques signaient la paix avec les Nazis ?

Peu de temps après la signature du traité entre l'Allemagne et le Royaume-Uni, le professeur Turing embarque à bord d'un navire qui doit le conduire aux États-Unis, où il espère mettre sa machine à l'abri. Au cours de la traversée, il fait la connaissance du mystérieux Ulysse. Ce dernier lui révèle que la princesse Elizabeth, la fille du roi déchu George VI, est en danger. Entraîné dans une course contre la montre, Turing risque sa vie pour empêcher que ce drame ne se produise.



http://editions-voyel.fr/
C'est encore une chronique difficile que je vais écrire !
Tout d'abord je ne suis pas fan du format nouvelle que je trouve toujours beaucoup trop court pour pouvoir s'attacher aux personnages ou réellement rentrer dans l'histoire... De plus je n'avais jamais lu d'uchronies mais j'avais envie de tenter l'expérience !

Autant dire que je n'ai pas été convaincu par l'essai, ce n'est pas le genre qui me déplaît c'est cette nouvelle qui ne m'a pas convaincu.

C'est Turing que l'on suit dans cette nouvelle, il va rencontrer un personnage énigmatique : Ulysse, qui n'a pas de nom de famille et semble en savoir beaucoup plus qu'il ne le dit sur la guerre, sur Hitler et même sur le futur. Il réussit à convaincre Turing que le roi d'Angleterre est en danger sur le bateau et qu'il risque sa vie, les deux comparses vont donc tout faire pour le protéger et découvrir qui en veut à sa vie !

J'ai beaucoup aimé l'idée de base : Un changement minime dans le passé, qui cause un effet papillon et risque de faire perdre la guerre en perdant le roi d'Angleterre et la machine Enigma.
Mais à nouveau j'ai eu l'impression, sûrement dû au format "nouvelle" que tout était trop court, tout était survolé et qu'on avait pas le temps de croire à cette histoire. Tout s'enchaîne et rien ne nous permet de rentrer dans cette aventure qui aurait pu être passionnante !

Les personnages m'ont semblé creux, simplement parce que la seule chose qu'on sait de Turing dans cette nouvelle c'est qu'il aime sa machine autant qu'il aime les hommes. Pour le reste on apprend pas vraiment à le connaître. Pour Ulysse, c'est un personnage très mystérieux mais qui ne nous permet pas de nous attacher à lui, alors lorsqu'on comprend qui il est, on est certes surpris mais on ne se sent pas concerné. On sait simplement que cette révélation indique la fin de ce roman et donc notre libération !

Je tiens tout de même à remercier les éditions Voy'[el] et le forum Mort Sûre !

En bref, une percée dans les uchronies qui ne m'a pas convaincu, sûrement plus à cause du format de nouvelle que du genre en lui même. Je n'ai pas eu le temps de m'attacher aux personnages ni même de les connaître, on apprend si peu de choses d'eux. L'histoire partait d'une bonne idée mais m'a semblé trop survolé et trop peu creusé pour être convaincante.
Je ne conseille donc pas vraiment cette nouvelle, simplement parce que je me suis ennuyée du premier au dernier mot et que la seule chose qui m'a poussé à le terminer était qu'il faisait moins de 50 pages. 

Chronique de Ferilou