dimanche 24 avril 2016

La stratégie des as de Damien Snyers

Année d'édition : 2016
Édition : Actu SF
Nombre de pages : 328
Public visé : Young-Adult
Quatrième de couverture : Pour vivre, certains choisissent la facilité. Un boulot peinard, un quotidien pépère. Humains, elfes, demis... Tous les mêmes. Mais très peu pour moi. Alors quand on m'a proposé ce contrat juteux, je n'avais aucune raison de refuser. Même si je me doutais que ce n'était pas qu'une simple pierre précieuse à dérober. Même si le montant de la récompense était plus que louche. Même si le bracelet qu'on m'a gentiment offert de force risque bien de m'éparpiller dans toute la ville. Comme un bleu, j'ai sauté à pieds joints dans le piège. L'amour du risque, je vous dis. Enfin... c'est pas tout ça, mais j'ai une vie à sauver. La mienne.
Damien Snyers est un jeune auteur belge. Il signe avec La Stratégie des as un premier roman nerveux, mélange réussi de fantasy et de steampunk, dans la plus pure tradition des films de casse.



Le début du roman s'ouvre sur une escroquerie où trois comparses, délestent les clients d'un bar par l'intermédiaire d'un pari illogique que l'elfe sera à même, dans un temps imparti, de boire plus de bières que le troll. Contre toute attente, un bourgeois binoclard parie sur l'elfe. Un humain qui ne tarde pas a proposer à James l'elfe, de taire l'escroquerie s'il accepte de lui rendre un service grassement rémunéré. L' homme un intermédiaire, leur fait rencontrer le réel commanditaire qui leur demande de voler un artefact pouvant le soigner, le Rein d'Isis un rubis. Commence alors pour les trois compères une course poursuite contre la montre et le début de leurs ennuis.

Juste après avoir poser le contexte de l'histoire, l'auteur effectue un flash-back qui fait se rencontrer les trois quidams, un an plus tôt dans une prison où l'on fait plus ample connaissance avec ces trois personnages. Puis l'on revient dans le présent où l'on suit les trois comparses dans la préparation de leur mission.

Avec pour postulat de départ, le vol d'un bijou, l'auteur l'auteur a fait le choix d'une intrigue tout ce qu'il y a de plus simple. Si l'histoire est très rythmée avec de nombreux rebondissements, le point fort du récit en l’occurrence, l'auteur va à l'essentiel et ne nous présente pas d'intrigues subsidiaires ce qui aurait évité la linéarité du récit. Le fait que l'histoire soit narrée à la première personne par le protagoniste principal, cette narration renforce encore la sensation évoquée ci-avant. Avec le rythme le deuxième point fort c'est l'humour percutant, cynique omniprésent distillé par James. Avec comme personnages une bande de voleurs issus de quartiers disons modestes l'on aurait pu craindre de tomber dans la vulgarité, mais l'auteur évite de tomber dans cette ornière. On notera également un clin d’œil intéressant fait à Poe, avec le titre d'un chapitre Double assassinat dans la rue Morne. Le côté light-fantasy est très bien dosé, juste ce qu'il faut pour nous faire rire sans tomber dans l’excès. L'auteur a savamment placé dans on récit des thématiques, des pensées intéressantes qui nous font réfléchir sur des sujets de la vie quotidienne. Ces thèmes sont très légèrement distillés afin de ne pas prendre le dessus sur l'intrigue elle-même.

L'auteur situe son histoire, dans une ville imaginaire, Nowy-Krakow, en Nouvelle- Pologne. Chronologiquement parlant le récit se situe dans un XIXéme siècle plutôt évolué où la magie prend une place importante de par l'emploi qui en est fait, à savoir une utilisation dans les domaines techniques. Une technique qui fait référence à des utilisations effectuées plus tardives  : l'évocation des calèches à vapeur et le chauffage collectif d'habitations. Certes si la touche Steampunk est bien présente comme annoncé, elle est plus évoquée que réellement présente dans le récit . Il en va de même pour la magie dont on ne peut constater réellement de leur impact sur le monde présenté par l'auteur. L'univers présenté par l'auteur nous laissait à même d'envisager un monde plus travaillé où certains éléments annoncés ne répondent pas pleinement à nos attentes. Ces éléments, tout comme les races protagonistes principaux ne servent, en fait que de décor et n'apportent pas un plus à l'histoire qui aurait pu ses situer dans un univers plus classique généralement utilisé pour les thrillers. Ce qui s'avère dommage pour le lecteur car l'auteur avait maintes idées intéressantes qu'il n'a pas suffisamment développées. On aurait aimé voir par exemple les mages dans l’exercice dans l’exercice de leur fonction...

Le personnage de James est intéressant à suivre avec sa verve particulière, son passé trouble, un chrisme assez marqué, les autres personnages manquent de profondeur. La demi-elfe présente un côté quelque peu caricatural, le personnage ambivalent du troll, entre puissance et finesse, n'est pas assez mis en valeur. En effet, on a la nette impression que le personnage prend trop la scène par rapport à ses complices, c'est là un problème assez récurrent lors d'un récit à la première personne. Le personnage de la jeune humaine qui rejoint le trio en cours de récit s’avère très intéressant mais on en apprend peu sur elle-même. A l'instar de l'univers, dans ce domaine là on peut noter un manque de travail. Les idées sont bonnes mais l'auteur ne les développent pas assez.

Le style direct et l'écriture simple de l'auteur permet une certes une excellente dynamique de lecture. Mais dans sa manière de rédiger l'auteur s'adresse plus à un lectorat Young-adult voire même pré-adolescent. On ressent la encore un manque de travail.

Le dénouement, a l'instar du récit n'apporte aucune surprise. En effet depuis la découverte du sarcophage, on s'attendait à ce final.

En fin de livre, une courte nouvelle s'attarde sur l'un des personnages.

Au final, on se retrouve avec une histoire de voleurs, certes divertissante et au scénario solide qui aurait gagné à posséder une centaine de pages supplémentaires. Il est dommage que l'auteur n'a pas fait l'étalage du potentiel dont il dispose. Une bonne lecture distrayante qui fait passer un moment sans prise de tête, qui ne restera pas ancré dans nos mémoires, mais qui permet tout de même de revoir l'auteur dans un récit plus conséquent. 

Chronique de Goupilpm

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