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mercredi 21 mai 2014

Carrousel Funeste tome 1 la marque d’Ysengrin de Fenriss

Année d'édition : 2014
Edition : midgard
Nombre de pages : 360
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Paris, de nos jours. Tandis que l’automne fauche ses dernières feuilles, plusieurs destins, apparemment sans liens entre eux, vont pourtant s’entremêler au travers d’une terrible affaire de meurtre de masse. C’est le cas de deux amis accidentellement impliqués dans le massacre, Samuel et Richard, ainsi que du commissaire Franco et de son ami l’inspecteur Markez, deux vieux routards de la Criminelle en charge de l’enquête et complètement dépassés par les évènements. Mais l’affaire affectera également la jeune et rebelle Esperanza, poursuivie pour une raison qu’elle ignore elle-même, sans parler du baron Lupin, le seul d’entre tous qui soit conscient qu’un plan machiavélique est à l’oeuvre et qu’il met en danger le Monde Ordinaire tout autant que celui de l’Agartha, un monde proche du nôtre perdu entre rêve et imaginaire.
Alors que le carrousel funeste se met en branle, qui survivra à la terrible morsure de l’hiver approchant ?


Un roman fantastique plein de référence littéraire et historique et à l’intrigue intelligemment construite.

XXIème siècle, Monde Ordinaire, une soirée au cœur d’un entrepôt isolé, à laquelle Richard et Samuel participent, tourne au carnage meurtrier ; des corps mutilés et démembrés sont retrouvés. Le Commissaire Franco et son adjoint Marquez sont chargés de l’enquête et suivent la piste d’une nouvelle drogue sur le marché. A l’autre bout de la ville, Espéranza, jeune fille mineure fuit son ancien employeur, Alphonso, mafieux funestement menaçant. Autre temps, Monde imaginaire de l’Agartha, l’ombre de l’ancienne grande guerre plane au dessus du Royaume, complots, trahisons et quête de pouvoirs sont devenus monnaie courante. Le roi Masque de Fer entouré de sa garde personnelle les quatre mousquetaires règne en maître depuis la Bastille et combat les Errants, de plus en plus nombreux et symboles d’un sombre présage. Il voue une haine féroce à Arsène Lupin, Baron de la cour des Miracles, ce dernier enquête et est persuadé que quelque chose se trame. Quasimodo, du haut de Notre Dame, est anéantie depuis la mort d’Esméralda. La Dame Blanche aide les pauvres âmes à sombrer sereinement dans leur trépas funeste. Vidocq, quant à lui, enquête pour le compte du roi. Une terrible menace se fait sentir sur les deux mondes, serait-ce le retour d’Ysengrin ?

L’auteur use magistralement de nombreuses références et met en scène un melting pot de personnages connus historiques ou littéraires. C’est intelligemment et judicieusement fait. Il pourrait par ses multiples références perdre son lectorat et pourtant, il nous happe dans une histoire mêlant personnages Ordinaires et imaginaires. Les humains de notre temps, Ordinaires, restent touchants, vrais et bien individualisés, des flics aux mafieux en passant par les gangs de chaude banlieue, certes un brin clichés mais efficaces. Les protagonistes de l’Agartha sont justes superbes, il faut dire aussi que Fenriss soigne ici une base de qualité qu’il transforme à merveille ; Métamorphe, Vampyres ou encore êtres chimériques aux pouvoirs magiques. Ces derniers sont mis en action dans un Paris, tour à tour actuel, contemporain et connu de tous, puis sombre, dangereux et fantastique. Le tout est soigneusement unifié, au fil de la lecture, les liens entre les personnages et les deux mondes se resserrent et s’épaississent pour aboutir à une seule et unique histoire rondement menée.

Cette diversité de personnage et de monde amène l’auteur à passer subtilement d’un genre littéraire à un autre, globalement fantastique, le roman touche au polar et à la fantasy (urbaine) et frôle parfois l’horreur avec de rares scènes sanglantes.

Que dire de plus ? La plume de l’auteur est parfaite de compréhension, la lecture se fait au fil de l’eau sans embûche et est très agréable. L’originalité de Fenriss réside dans son aisance à manier ces personnages cultes superbement détournés et la création d’une atmosphère gothico-fantastique rarement sanglante mais toujours sombre et pesante.

Un roman unique aux personnages originaux et aux clins d’oeil efficaces. Un premier tome prometteur qui mérite amplement d’être lu !

Je remercie Louve du forum Mort Sûre et Les éditions Midgard pour ce superbe partenariat.
 
Chronique de Walkyrie

lundi 10 mars 2014

La servante de Olivier Gay

Année d'édition : 2014
Edition : Midgard
Nombre de pages : 432
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Rekk le boucher, Rekk le sanguinaire. La légende croupit au fond d’une geôle crasseuse, rongée par sa soif de vengeance. Le meurtre de sa fille restera-t-il impuni?
Shani n’était qu’une simple servante, mais par amour et par amitié, elle va mettre l’Empire à feu et à sang. Plongez dans une aventure où les combats titanesques
croisent les intrigues de cour, où la barbarie côtoie l’amour et où une heroïc-fantasy digne de Gemmell flirte avec le polar.  Voyez comment une simple servante est venue défier un Empire.





Rekk la légende croupit dans une cellule depuis qu'il a été capturé par ses ennemis. Mais en dehors, sa libération est au coeur des discussions et beaucoup espèrent le voir très vite mort plutôt que d'imaginer qu'il pourrait être libre une fois de plus et continuer sa quête de vengeance. Certains en ont décidé autrement et ont pris le risque de l'aider à s'enfuir pour empêcher sa mise à mort.

La servante qui fait suite au roman le boucher du même auteur, est un bon roman de fantasy. L'univers décrit par Olivier Gay m'a beaucoup plu même si je n'ai pas eu l'occasion de lire le précédent tome, je ne me suis pas sentie perdue ou dépassé par les événements puisque l'auteur nous offre des petits rappels via les discussions de personnages pour comprendre ce qui se joue sous nos yeux. On a beaucoup d'actions et dès les premières pages, de sorte qu'on ne se repose pas et qu'on découvre vraiment des personnages vivants et qui se battent pour survivre ou pour leur conviction. Pour le coup, Rekk lui se bat pour venger la mort de sa fille et on le sent très fragile physiquement et psychologiquement depuis qu'il a été torturé et fait prisonnier.

La plume d'Olivier Gay permet de se sentir à l'aise très rapidement. Les descriptions sont judicieusement dosées, de telle sorte qu'on visualise ce qu'on lit sans pour autant être submergé par les détails, chose que l'on peut trouver souvent en fantasy et qui soit fonctionne chez le lecteur, soit le rebute. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est digne des romans de Gemmell, je n'ai pas trouvé ce même punch au niveau des héros masculins d'Olivier Gay, mais je dois bien avouer que son héroïne Shani possède toutes les qualités que j'apprécie chez une héroïne. Shani, cette simple servante qui va très vite devenir une véritable combattante et qui va découvrir les peines de coeurs et la perte douloureuse de personne qu'elle aime. Son changement est perceptible et on voit très vite qu'elle va devenir une mini Rekk.

Certaines séquences sont d'ailleurs assez tristes et la survie de nos héros est au coeur de ce roman. Je regrette juste de ne pas avoir pu vraiment m'attacher aux personnages que j'ai trouvé trop lisses (sauf Shani et Rekk) trop effacé par rapport à ce duo atypique que forme le boucher et la servante. Ce fut tout de même une lecture fort plaisante, que je recommande aux amateurs de fantasy sans souci !

Chronique de Louve
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lundi 20 janvier 2014

Evariste de Olivier Gechter

Année d'édition : 2013
Edition : lokomodo
Nombre de pages : 428
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Diriger une start-up spécialisée dans le conseil est loin d’être facile. Surtout lorsque les conseillers que l’on recherche doivent posséder des pouvoirs paranormaux.
C’est pourtant le métier exercé par Evariste Cosson qui parcourt la capitale afin de dénicher ces perles rares. À mi-chemin entre le polar et le roman fantastique, Evariste nous entraîne dans un monde inquiétant et humoristique, qui porte un regard cynique sur notre existence et la vie parisienne.





Avant tout, j’aimerais remercier le forum Mort Sure ainsi que les éditions Asgard pour m’avoir permis de faire cette découverte.

Le résumé de ce roman m’a tout de suite interpellé quand j’ai lu les mots « phénomènes paranormaux » je n’ai pas hésité une seconde.

J’ai été agréablement surprise par la découverte de l’univers d’Olivier Gechter qui nous propose une lecture sur un thème fantastique, mais un fantastique revisité que nous n’avons pas l’habitude de côtoyer. Dans ce roman, les personnages et leurs vies sont normaux, rien de très fantastique mis à part quelques mentions de forme de magie, mais pas de créatures bizarres. Ce que j’ai trouvé le plus intéressant dans ce roman dit fantastique, c’est le côté « croyance aux phénomènes paranormaux », les gens y croient, en parlent, sans gêne, ce qui ne se passe pas toujours de cette manière dans notre monde.

La plume de l’auteur est fluide et très agréable à lire. Il glisse dans son roman des combats de sortilèges très plaisants à suivre.

Pour ce qui est des personnages, Évariste Cosson, le personnage principal, est un personnage qui m’a au début laissée un peu perplexe. Consultant en occultisme, il a le don de repérer les personnes atteintes de phénomènes paranormaux et il pratique certaines formes de magie. C’est un personnage qu’on apprécie très facilement et que j’ai pris plaisir à suivre tout au long du roman. Quant à son collègue, Gidéon, c’est le personnage que j’ai le plus aimé, assez grognon mais très drôle, il fait forcément sourire et ne peut que plaire à tout le monde. Quand au grand méchant Corlax, forcément celui-là personne ne l’aime !
Quant à Nadine, la propriétaire de l’entreprise, c’est une femme de caractère que l’on remarque. Mais j’ai plus apprécié le personnage de Coralie, jeune médium torturée, obligée de se couper du monde, je l’ai trouvé vraiment très émouvante, elle dégage énormément d’émotions.

Cependant, ce que j’ai le plus apprécié dans l’univers de ce roman, c’est sa touche policier/thriller très bien alliée au côté fantastique/magie du roman. Ce n’est pas un style qu’on peut lire chez beaucoup d’auteurs, ce mélange des genres et très sympathique à découvrir car il a un rendu  mystérieux, et ce côté thriller donne un rythme à l’histoire et donc à notre lecture.
Quant à la fin de l’histoire, elle était très déroutante mais en même temps très originale (comme le roman en entier) et elle m’a beaucoup plu !

En résumé, c’était pour moi une lecture plutôt déroutante du fait que je n’avais jamais lu une histoire avec deux genres aussi bien mélangés, avec des personnages attachants et une écriture très agréable à lire. Je suis contente d’avoir fait cette découverte, c’était une belle histoire que je n’oublierais pas de si tôt et je vous la conseille vivement. 

Chronique de Babynoux

Dies Irae de John C. Patrick

Année d'édition : 2013
Edition : Midgard
Nombre de pages : 224
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
En 1956, dans les Aurès, un commando massacre tout un village.
En 1979, trois policiers maquillent le meurtre de deux jeunes gens.
En 1996, à Angers, trois policiers sont exécutés à peu d’intervalle.
Pour le commissaire Costa Pedritis, il s’agit d’identifier le coupable avant qu’il ne frappe à nouveau. Le passé n’oublie jamais, et la vengeance est un plat qui se mange froid…









Une histoire de vengeance sur fond de polar mêlant politique et terrorisme.

On démarre notre histoire à la fin des années 50 alors que la décolonisation algérienne bat son plein, les soldats français torturent, violent et massacrent un village entier oubliant un enfant survivant apeuré. Puis, on se retrouve à Marseille fin des années 70, une bavure policière laisse deux familles endeuillées. Enfin, de nos jours à Angers, les trois policiers de Marseille se font assassiner les uns après les autres après avoir cité le "Notre Père". Le lieutenant Costa Pedritis est chargé de l’enquête.

Un roman au suspens et aux révélations surprenantes qui brille par ses références géopolitiques maîtrisées et une intrigue qui parfois nous échappe ; un subtil mélange de services secrets, de conspiration, de "non dits", de manipulation sociétaire et de réflexion sur les problèmes géopolitiques actuels.

L’auteur a effectué un beau travail de vocabulaire et de recherche, on sent sa maîtrise. Son écriture est fluide et très agréable à lire. Le texte est recoupé de petits paragraphes narrés par chacun des personnages, ce qui dynamisent le récit. Le tout est agrémenté d’annotations pour nous expliquer les termes et sigles spécifiques. La compréhension du texte n’en est que plus aisée. Par ailleurs, les personnages sont relativement tous bien individualisés et présentent des caractères bien définis ; Costa Pedritis, le lieutenant chargé de l’enquête, est directif, intelligent et a un bon instinct de flic. Gerber, professeur de Philosophie adepte du boudhisme et de la zénitude, maîtrisant les Arts Martiaux est un être froid, méthodique et mystérieux. Karim Ouslemane et Marika, le couple maghrébin ont subi les menaces intégristes pour leur "occidentalité". Enfin les terroristes sont présent sous forme d’un groupuscule infiltré dans la société française. L’œuvre du roman est de lier intimement tous ses protagonistes, qui a première vue n’ont aucun lien, dans l’enquête.

L’histoire n’est pas précipitée mais plutôt bien maîtrisée et bien amenée malgré le faible nombre de pages du roman. Le dénouement est déconcertant et fait appel à notre imagination.

Enfin, un petit mot pour Némo Sandman pour le graphisme de la couverture. Elle est juste sublime et reflète bien l’atmosphère de l’ouvrage.

Bref une lecture originale sans fausses notes et très justement calibrée. A lire tout simplement.
 
Chronique de Walkyrie

lundi 16 décembre 2013

Punk’s Not Dead de Anthelme Hauchecorne

Année d'édition : 2013
Edition : Midgard
Nombre de pages : 480
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ? Qu’adviendrait-il si le QI des français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ?
Une nouvelle Révolution, 1789 version 2.0 ? Est-il sage pour un mortel de tomber amoureux d’un succube ? Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ? Comment se protéger des cadences infernales, de la fatigue et du stress au travail, lorsque l’on a le malheur de s’appeler « La Mort », et d’exercer un métier pour lequel il n’est pas de congés ? Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux.



Découvert dans divers fanzines (ex : Eclats de Rêves n°17), de façon plutôt délectable, je suis Anthelme Hauchecorne d'un peu plus près que d'autres auteurs francophones. Vous pensez donc si j'ai sauté sur l'occasion lorsque Mort Sûre m'a proposé son dernier recueil de nouvelles.

Punks Not Dead est son 2ème recueil de nouvelles, ou plus précisément "cercueil de nouvelles" comme il aime à les appeler. Publié aux éditions Midgard, il a la spécificité de nous donner un aperçu du cheminement ayant mené à la nouvelle en elle-même. Cette vision backstage, présente pour chacun des textes est vraiment très intéressante, car outre l'origine du texte (ex : déjà publié ici ou là dans le cadre de tel AT...), il donne les points de réflexion de l'auteur, son approche, ce qu'il a voulu passer comme message.

Alors, certes, si vous faites partie des aficionados, vous aurez déjà lu certains de ces récits. Mais dans l'ensemble, c'est toujours un plaisir de le lire et le relire. Ce monsieur a une sacrée plume, bien incisive. Je le trouve parfois un peu trop extrémiste dans ses opinions... mais bon, les goûts et les couleurs... n'influent que peu sur la qualité de l'histoire.

Petit plus non négligeable, chaque nouvelle est illustrée par ce dessinateur de talent qu'est Loïc Canavaggia. Même les marques de paragraphes sont personnalisées.

Pour l'aspect punk, il est plus présent dans certains textes. Le regroupement s'est fait plus sur l'idée de la révolte, de l'anti-conformisme ; éléments qu'on retrouve chez les punks, mais un peu insuffisant à mes yeux. La cohérence se fait mieux lorsqu'on sait que son 1er recueil s'appelle Baroque'n'roll. On reste dans le musical.

Décembre aux Cendres
Nouvelle post-apocalyptique teintée de magie élémentaire où notre rebelle est une jeune fille qui veut quitter l'école pour gagner de l'argent. Un contexte bien ficelé et une intrigue assez réaliste dans son cynisme.
Au passage, dommage que Griffe d'Encre n'ait pas publié cette anthologie sur Le Feu. Impossible de la trouver au catalogue et pourtant, l'AT était en 2011.


Sarabande mécanique
Dans un univers mêlant space opera et steampunk, une nouvelle à la fois cynique et romantique (si si, c'est possible). Morale de l'histoire, ne sous-estimez pas les vieux cons !
Nouvelle 2ème prix Alain Le Bussy 2012 (publication dans le fanzine Galaxie)


No future - ou - L'apocalypse selon Johnny Rotten
Un nom bien attribué pour un zombie pourrissant. Le quotidien de merde d'un mort-vivant avec encore un bout de cervelle. Cette nouvelle est bien écrite, mais franchement, tout ça pour rien... hommage à un autre Johnny, dirons-nous. Bah, oui, même les zombies peuvent se rebeller.
Lauréat du prix BienVenus sur Mars 2012 (thème Fin du monde)


C.F.D.T - ou - Les origines de la Confédération des Fantômes, Dragons et Trolls
Joyeux mélange de médiéval fantastique et de caricature de syndicalisme. De belles scènes à se poiler de rire ! Je recommande ! Le titre est peut-être un peu réducteur quant à l'audience.
1ère publication dans le fanzine Eclats de Rêves en 2007 (thème Monstres et Compagnie)


Sale petite peste !
Courte allégorie de la mort et autres pestes. Tout à fait dans le style de personnification demandé initialement. Je n'ai juste pas vraiment accroché à la nouvelle
Publié en 2012 chez Fan 2 Fantasy dans l'Hommage à Sire Terence (Pratchett)


Les Gentlemen à manivelle
Encore dans le style steampunk, mais habile dans un parallèle avec l'oeuvre de Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?. On va plus loin que le simple thème du robot. Une nouvelle très intéressante en plus d'une écriture très agréable.
Publié dans Khimaira en 2006 (thème Robots)


La guerre des Gaules
Sorte de documentaire de politique fiction auquel je n'ai pas du tout accroché. C'est que je ne lis pas de la SFFF pour retomber dans le quotidien. Ca se rebelle certes de partout, mais alors, c'est lourd...

Voodoo Doll
Sorte de polar mâtiné de vaudou. Une sorte d'introspection du flic raté. Le style voulu est parfaitement rendu, mais ça manque un peu d'action... Petite pointe de déception (c'est le problème quand on s'habitue à du très bon, on devient exigeant).
1er prix du concours de nouvelles de Parentis en 2012 (thème le Polar)

De Profundis
Très bon texte mêlant mythologie, révolte et anticipation. Intrigue très bien menée. Je n'ai rien vu venir. La qualité de l'écriture n’enlève rien.
Publié en 2006 dans le HS n°1 de Phénix Mag


La Ballade d'Abrahel
Une ré-interprétation très réussie, bien ancrée dans le folklore local des Flandres. Une plongée entre anges et démons où ne sait plus qui est qui. J'ai beaucoup apprécié, en particulier la cohérence entre les différents plans et époques, la façon de les faire jouer les uns avec les autres.
Publié en 2006 dans l'anthologie Contes et Légendes revisités aux éditions Parchemins et Traverses

Le buto atomique
Un peu de fantastique brut dans ce monde de brutes. Les instants de douceur cachent bien des aspects. La dans de la mort vous envoûtera. Je ne connaissais pas le Buto. Merci pour cette introduction culturelle, très bien utilisée par ailleurs.
Publié en 2012 dans l'Amicale des Jeteurs de Sorts, anthologie de Zone Franche et des éditions Malpertuis

La Grâce du funambule
Pas de fantastique ici, mais une dure réalité. Un abus total du champ lexical de la couture. Cela alourdit énormément le texte. Autrement, personnage très crédible et intrigue bien menée. C'est juste désagréable à lire.


Le Roi d'Automne
Très bon texte, qui laisse présager un très bon roman. De l'intrigue, de l'action, des qui-proquos... on ne s'ennuie pas dans ce monde revisité à la sauce du Petit Peuple (pas si petit d'ailleurs, et pas très gentil du tout).

Publié en 2013 dans l'anthologie En dessous.

Bonne lecture

Chronique d'Alice

samedi 23 novembre 2013

Les contes d'Amy de Frédéric Livyns

Année d'édition : 2013
Edition: lokomodo
Nombre de pages : 193
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Quels secrets se cachent derrière les murs de ce vieil asile abandonné ? Pourquoi ne trouve-t-il pas d'acquéreur après tant d'années ? Quelles horreurs renferment les cellules désertées ? Ce recueil contient douze contes terrifiants magnifiquement illustrés par Kévin Biseau dans lesquels spectres et démons se livrent à une macabre sarabande. Ne soyez pas timide et entrez dans la danse ! Laissez Amy vous conter une petite histoire...






Découvert par pur hasard grâce au Forum Mort Sure et aux Éditions Lokomodo, je peux vous dire que ce mini livre est une pure merveille à mes yeux.

Dès le début on entre dans un prologue écrit par un ami de l'auteur. Rien qu'à ces 4 ou 5 pages, j'ai tout de suite su que ce roman allait me faire rêver (ou devrais-je dire cauchemarder).

Suite à cela nous entamons la lecture avec la nouvelle "Intro." dans laquelle Charles et Coralie visite une maison à vendre, qui fut autrefois un asile psychiatrique.
Dans cette nouvelle nous apprenons l'existence d'Amy et de sa bizarrerie légendaire.

Cependant, en continuant la lecture, je me suis demandé si les nouvelles racontées provenaient du petit carnet qu'Amy tenait à l'asile pour y écrire des nouvelles terrifiantes. Au début j'ai supposé que oui, et puis finalement j'ai encore des doutes.

Pourtant, chaque nouvelles, dans le style glauque, noir et cauchemardesque m'ont fait vibrer tout autant les unes que les autres ! Le style de l'auteur est incomparable à toute écriture horrifique que j'ai eu l'occasion de lire. Les détails de chaque personnage, de chaque décor et de chaque instant se dessinait dans mon esprit pour y donner un sentiment plus réel.

Je tiens à préciser qu’il vaut mieux lire ces histoires la nuit et seule pour avoir plus de frissons et faire plus de cauchemars !

Je dirais que la nouvelle qui m’a le plus plu c’est « Au revoir », une histoire très courte dans laquelle l’esprit d’une mamy décédée vient dire au revoir à sa fille et à sa petite fille. Ce n’était absolument pas la plus effrayante, certainement même la plus simple de toutes ces petites histoires mais elle m’a beaucoup émue.

L’avantage de ce livre, c’est que les nouvelles soient vraiment très courtes, ainsi il y en a beaucoup plus. Toutefois, le fait que ces histoires étaient très courtes n’a gâché en rien le suspense et le plaisir de leur lecture, car l’auteur a le don pour aller à l’essentiel avec le plus de détails utiles possibles, sans nous ennuyer ou nous expédier.

Je trouve juste dommage de ne pas savoir précisément si chaque nouvelle est censée faire partie du petit carnet d’Amy, et de n’avoir qu’une seule histoire qui l’évoque car au vu du titre on en attend beaucoup plus que ça. J’aurais aimé au début que le livre continue sur l’histoire de Charles et Coralie qui trouvent le dossier d’Amy dans l’ancien asile, avoir plus de détails qui été noté dans ce dossier pour pouvoir continuer à en apprendre plus sur elle et le fait qu’elle était si bizarre.

Malgré ce point, je conseille ce livre à tout le monde, il est minuscule et se lit en une soirée tellement on est pris dedans et l’écriture de l’auteur est vraiment extra ! Frissons garantis !

Chronique de Babynoux

lundi 4 novembre 2013

Palace Athéna de Jonas Lenn

Année d'édition : 2013
Edition : Asgard
Nombre de pages : 216
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Paris, 1889, l’Exposition Universelle vient d’ouvrir ses portes. Trois enquêteurs hors normes poursuivent un mystérieux tueur dont les méfaits semblent liés à la mythologie grecque. Tandis qu’ils se lancent sur les traces d’une étrange actrice de cabaret, d’inquiétants phénomènes se multiplient dans la capitale.
Et si tout cela était lié à un retour des dieux antiques ?







C'est avec enthousiasme que j'ai postulé pour ce roman mythique qui me semblait très prometteur et intéressant. Il avait tout pour me plaire! Une sublime couverture d'époque, Avec un côté original (on a juste à penser aux cheveux qui sont représentés par des serpents...), on nous annonçait une lecture entraînante et rempli de suspense dans ce polars/thriller avec une touche de fantasy !!!

Malheureusement, je suis retombée sur terre assez rapidement une fois ma lecture commencé. En fait, ce fut une douche plus que froide. Ça ne m'arrive jamais d'abandonner une lecture. Même si je n'aime pas, je vais me rendre jusqu'au bout, Mais cette fois-ci, impossible d'y arriver malgré ses 204 pages... qui m'ont semblé interminable !!! J'ai donc du me résoudre à abandonner cette dernière environ au cinquième du roman.

Pourquoi cet abandon ?
L'histoire semblait avoir un bon potentiel. Évidemment, je ne me suis pas rendue très loin dans cette dernière pour en savoir assez et me faire une opinion plus ferme, mais je dirais que ce qui a vraiment rendue cette lecture impossible pour moi est sans aucun doute l'écriture de l'auteur. Ce roman est écrit du début à la fin dans un vieux français de France. Bref, après 3-4 pages de lecture, j'avais le cerveau saturé ... Je n'arrivais plus à comprendre l'histoire, ce qui se déroulait dans ce roman. L'écriture était devenue une véritable fixation et un vrai cauchemar pour ma part. Je n'ai véritablement pas accroché au style de l'auteur et j'en suis ressortie plutôt déçu.  Les tournures de phrases n'étaient pas toujours compréhensibles ce qui augmentait encore plus la difficulté. J'ai même discuté avec d'autres blogueurs qui le lisaient, et ils en sont arrivés aux mêmes conclusions que moi!

J'ai donc demandé à Sissi de le lire également afin de voir si elle aussi aurait le même avis que moi... 

Bref, une lecture des plus décevantes dont je n'ai même pas été capable de terminer cette dernière. Je m'en excuse fortement auprès de l'éditeur et de Louve qui m'a sélectionné pour ce roman... Mais ma devise étant la transparence dans mes avis, je ne pouvais aller contre mes valeurs !!! Je ne peux vous recommander de vous lancer à pieds joints dans cette lecture, mais je suis certaine qu'il peut trouver un lectorat. Si vous aimez la mythologie grecque, les dieux et une écriture plus ancienne, ce roman est pour vous !

Chronique de Froggy
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L'histoire débute avec un genre de prologue où le mage Triops désire gagner le monde des Esprits pour devenir un homme de savoir et vaincre sa peur. Grâce à son amie Chichtli, il réussi sont entrée.... On se retrouve alors en 1886 avec nos trois personnages principaux. Le colonel, ancien soldat aussi appelé La Dive, Maurice son protégé et Lucienne journaliste. Maurice est au bar avec le colonel et il lui annonce qu'il a reçu une dent de dragon qui aurait des pouvoirs spéciaux. Cette dent de dragon, lorsque plantée en terre ferait surgir un guerrier grec. Le colonel, trouvant l'idée ridicule somme le garçon à faire un essai en se disant qu'il allait se ridiculiser. Cependant, au grand dam de tout ceux qui se retrouvent dans le bar, un guerrier grec surgit de la terre et fait beaucoup de dégât autour de lui.

Les instincts de combattant du colonel entrent alors en action et il prend sur lui de combattre le grec. Il se lance alors à sa poursuite avec Maurice sur ses talons. Le grec arrive à lui échapper mais le colonel réussi à récupérer un objet. C'est là que Lucienne entre en scène. Amie de Maurice et journaliste de profession, celle-ci a des dons de clairvoyance. Maurice pense qu'elle pourra les aider à découvrir des informations et les aider à retrouver le grec.

Nos trois compagnons commencent donc leur enquête en suivant les visions de Lucienne. Ils découvriront alors des faits tous plus troublants les uns que les autres. En effet, selon leurs découvertes, ils semblent que les dieux grecs soient de retour sur terre et semblent vouloir faire de Paris leur nouvelle demeure. Il en faudra beaucoup au colonel, éternel sceptique pour le convaincre que tout ceci n'est pas un coup monté.

Arriveront-ils à découvrir ce qui cause toute cette folie à Paris? Les dieux grecs sont-ils vraiment de retour sur terre? Est-ce  la dent de dragon qui a causé tout ça? Qu'en est-il du mage du début de l'histoire?

Quelle perte de temps monumentale! Je n'ai absolument rien compris à toute cette histoire. Non seulement l'histoire est tordue mais l'écriture est venue compliquer tout le reste. J'aurais peut-être arrivé à faire le lien, un peu, dans toute cette histoire si ça n'avait pas été de l'écriture de l'auteur. J'ai d'abord cru que c'était une traduction mais non, il semble que ce soit vraiment son écriture. Tout semble écrit dans un vieux français. À mon humble avis, même si l'histoire se déroule en 1886, mis à part les conversations, je ne devrais pas retrouver du vieux français partout dans le livre. On focus tellement sur l'écriture qu'on ne voit plus le reste.

J'ai tenté de passer par dessus ceci pour ne garder que l'essentiel mais apparemment, rendu à la fin du livre, ce ne fut pas un succès car je n'ai pas compris ce qu'il s'est passé. En lisant, à un moment donné nos personnages sont à un endroit et on tourne la page et ils sont rendus ailleurs sans qu'on sache trop comment ils sont arrivés là. Vraiment troublant comme lecture.

C'est dommage car cette histoire avait beaucoup de potentiel. À un moment donné, j'arrivais à suivre un peu leur aventure et quelque chose était en train de se dessiner. J'avais hâte de voir ce qui allait se passer et comment toute cette histoire allait terminer puis tout est devenu très confus pour que finalement je ne comprenne plus rien.

Seul point positif dans  toute cette histoire. J'ai bien aimé l'interaction des trois personnages principaux. Le colonel, un grand sceptique et un vieux bougonneux. Maurice, peureux et très prude qui se retrouve constamment à faire l'arbitre entre le colonel et Julienne. Julienne la journaliste clairvoyante, constamment déguisée en homme, très curieuse et courageuse.

Alors finalement, je vous laisse décider, cependant je ne recommanderai pas cette lecture.

Chronique de Sissy
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lundi 28 octobre 2013

Alterations de Michel Rozenberg

Année d'édition : 2013
Edition : lokomodo
Nombre de pages : 224
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
La peur est substance suprême. Distillée au compte-gouttes, elle devient la plus malicieuse des sangsues et s’insinue dans nos moindres failles. Au départ d’anodines situations, l’auteur nous prend par la main en toute innocence tout au long de ces dix récits mettant en scène des personnages pris au piège de réalités cauchemardesques où la raison n’a plus de prise. À coups de mots simples et justes, de phrases courtes et percutantes, il nous mène sur un terrain miné où il nous lâchera sans scrupules, à l‘endroit de la rupture sans appel avec réalité et rationnel, dans un univers aux règles altérées. Notre mémoire portera désormais une trace indélébile, celle du doute.


Je m'aventure rarement dans le domaine du fantastique sombre. Pour pallier à ce manque dans ma culture générale, et sur proposition du forum Mort Sûre, je me suis donc frottée à cette anthologie de Michel Rozenberg. J'avoue humblement que je ne connaissais pas l'auteur belge. La préface des édtions Lokomodo montre pourtant bien qu'il est comparé aux plus grands dans son pays. Cette édition est, du reste, la troisième (après Le Colibris, et Nuits d'Avril). Il a même reçu le prix Robert Duterme en 2004 (prix récompensant un recueil fantastique dans le cadre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique).

C'est un recueil très cohérent, je dirais même peut-être un peu trop cohérent pour moi. J'ai eu l'impression que l'auteur utilisait toujours les mêmes ficelles. Ce qui m'a laissé une impression de redondance. Les thèmes sont pourtant différents. Mais le style et surtout la progression des récits au sein de chaque nouvelle sont plus que similaires. Le recueil recèle également un vrai problème de vraisemblance des récits.C'est toujours une question de confiance mal placée, qu'elle soit volontaire ou soit-disant incontrôlable. Les personnages n'ont aucune maîtrise sur eux-mêmes. Rozenberg utilise leur naïveté ou leur crédulité alliées à un soupçon de fantastique, pour mener le lecteur dans les recoins de situations toutes plus glauques les unes que les autres. Ce recueil n'est pas vraiment conseillé si vous êtes dans une période de déprime. Il écrase l'humain. J'en suis ressortie avec l'idée de n'être qu'une pauvre chose (pour ne pas employer de terme plus vulgaire).


Desseins :
Un homme cherche du travail. Rozenberg, qui lui donne pourtant une solide éducation, le présente tout de même comme d'une naïveté incroyable. Le personnage principal suit celui qui le mènera à sa perte sans se poser plus de question. On touche ici aux arts, via la peinture, et aux représentations au regard de la réalité. Le thème de la révolte est un peu abordé, mais c'est plutôt celui de la résignation, voir de la connivence qui domine à la fin.


Le visiteur :
Cette nouvelle-ci joue sur la peur et la possibilité d'agir sur elle, peut-être aussi sur le respect que nous devrions avoir envers les contes et légendes. Je vous ai dit à quel point j'abhorre les boucles temporelles...


Le paquet :
Encore une personne éduquée qui accepte un job louche contre toute attente. Ici, c'est de l'horreur pure et dure avec du sang et de la chair plus ou moins fraîche.


Transition :
On s'attaque aux problèmes de l'identité en psychiatrie, aux référentiels sensoriels. Et hop, encore une boucle temporelle... bwarf


Le cadre :
Cette nouvelle m'a fait penser à un mix de Dorian Gray et de vampirisme. Elle est en fait assez réussie.


La rencontre :
Encore un cadre qui ne voit rien venir et agit, contre toute attente, de façon inconsidérée. Encore un personnage hautement improbable.


Flashes :
Et encore un cadre qui réagit comme un benêt. Ces histoires sont pourtant placées dans un contexte contemporain. Il serait tellement facile d'imaginer les réactions qu'il aurait pu avoir. Celle-ci ne fait pas partie des probabilités les plus hautes. Et encore une boucle temporelle !!


Les Parques :
La prédestination, la nouvelle porte bien son titre pour un thème que j'ai l'impression d'avoir déjà lu quinze fois. Rozenberg n'apporte rien au traitement du sujet. La chute donne même l'impression que le personnage était fictif.


La chambre :
Cette nouvelle m'a fait penser à la précédente "Le paquet". C'est redondant et inutilement dégoûtant, toujours sur fond d'invraisemblance.


Le défi :
Cette nouvelle, bien que sur un sujet déjà utilisé par d'autres auteurs, est assez bien menée. Au deuxième ou troisième degré, elle laisse entendre comment on peut se faire dévorer ou consumer par ses activités. Morale de l'histoire : ne pas se laisser obnubiler.


Sur certains aspects, l'écriture de Rozenberg m'a fait penser à Sire Cédric, il utilise le même créneau du fantastique sombre, glauque à souhait. Le manque de vraisemblance des personnages chez Rozenberg me laisse cependant assez froide. Je ne dois à être très réceptive à ce style. 


chronique d'Alice
 

lundi 16 septembre 2013

La résurrection des poulets rotis de Daniel Pasquereau

Année d'édition : 2013
Edition : Lokomodo
Nombre de pages : 254
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :

Fred, trentenaire décavé, n’aurait pas dû accepter l’invitation d’un ami pour assister au vernissage de l’exposition du sulfureux sculpteur Tibor Petak. Certes, il n’aurait pas rencontré la belle Nina, collectionneuse d’art érotique, ni fini la soirée dans son lit. Mais en apprenant le lendemain que les invités au vernissage étaient tous morts congelés, il n’aurait pas compris qu’il restait un témoin gênant : lui. Ce n’est que le début de sa descente aux enfers…




Fred, la trentaine est un peintre. Seulement, il ne parvient pas à obtenir le statut qu'il attend depuis si longtemps, celui de quelqu'un de talentueux. Lorsque son meilleur ami lui propose de venir au vernissage d'une exposition de sculpture, Fred accepte, n'ayant rien de mieux à faire. Sur place il fait la connaissance de Nina une riche femme qui très vite lui propose de partir avec elle pour une nuit torride. Fred accepte et scelle son sort... il ne fera pas partie des victimes de Petak.

La résurrection des poulets rôtis est un roman atypique. Je ne l'ai pas adoré, mais je n'ai pas détesté non plus. J'ai pendant ma lecture nagé entre les deux sentiments. Le style de Daniel Pasquereau est fluide et plaisant. Se retrouver dans la tête de Fred permet de mieux comprendre ce à quoi on est confronté et les aboutissants de cette intrigue étrange.

Fred n'est pas un héros qu'on apprécie forcément. Il est acide, un peu désespéré et sa vie n'a rien de reluisante. S'échapper du quotidien, c'est la seule chose qu'il recherche et c'est ce qui l'amènera à cette exposition meurtrière. Il en viendra à devenir un fugitif, de peur qu'il ne soit la prochaine cible et on ne peut pas forcément dire qu'il se montre courageux. Voguant de défaite en désillusion, Fred est avant tout un homme qui joue de malchance.

Je n'ai pas lu ce roman comme un thriller, mais plutôt comme le parcours d'un homme qui se cache et qui prend les choses comme elles viennent. C'est parfois long et lent et le lecteur pourrait se perdre dans cette continuité de choses anodines. Heureusement, la fin rattrape tout à mes yeux et fait qu'on sort tout de même satisfait de notre lecture.

Chronique de Louve

samedi 7 septembre 2013

Dernière fenêtre sur l'aurore de David Coulon

Année d'édition : 2013
Edition : Asgard
Nombre de pages : 470
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Il y a cet immense bunker isolé où quatre détenus et systématiquement avilis et torturés. Il y a la belle Aurore Boischel, dix-huit ans, jeune fille de bonne famille, qui gît sur son lit, morte. Assassinée.
Il y a ce détective privé embauché par un inconnu pour filer... un policier. Et il y a Bernard Longbey, le flic revenu de tout, qui sait que la petite bourgade de Bois-Joli est devenue une toile de mort et de folie où l'araignée attend sa proie...






Tout d'abord, un gros merci au forum Mort-Sure et aux éditions Asgard pour m'avoir permis de découvrir un nouvel auteur. J'adore les thrillers, mais j'avoue que ce n'est pas le genre littéraire que je lis le plus en ce moment. C'était donc l'occasion idéale de m'y replonger.

Je suis restée surprise par le style d'écriture de l'auteur. Il y avait un rythme constant, des phrases courtes et ponctuées. L'auteur structurait le tout de façon à embrouiller le lecteur afin qu'il ne devine pas sur le coup le coupable. Les chapitres sont courts et le roman se dévore rapidement. Il est difficile à poser, car non seulement l'intrigue nous tient en haleine, mais la façon d'écrire nous pousse à poursuivre notre lecture jusqu'à la toute dernière page. J'ai été agréablement étonnée, car ce n'est pas un style qu'on retrouve souvent dans les thrillers et je crois que c'est un point distinctif de cet auteur par rapport aux autres.

Concernant les personnages, on retrouve très peu de description physique, car ce n'est pas le point culminant de l'histoire. Cependant, le côté psychologique ressort à travers l'action de l'histoire. Le personnage principal est le flic Bernard Longbey qui se retrouve toujours au bon endroit au bon moment. Il peut ne pas être de service, il découvre le meurtre de Aurore Boischel avant ses compatriotes. Le roman nous offre ses réflexions en italique, parfois incompréhensibles, comme des indices aux événements à venir. Un mystère plane toujours sur sa façon d'agir et ses réflexions sont loin d'être évidentes à analyser pour le lecteur. Ce flic est vraiment le personnage central du roman et tous les événements tournent autour de son passé, de son présent et de son boulot d'investigation. On en apprend sur sa vie personnelle, ses valeurs, ses déceptions etc.

L'intrigue est centrée sur la recherche du tueur d'Aurore Boischel. Cependant, au fur et à mesure que l'intrigue avance, d'autres découvertes macabres détourneront l'attention de la police vers des pistes qu'on aurait pu croire quasi improbables. Les indices sont difficiles à percer pour le lecteur. L'auteur nous embrume tellement l'esprit qu'on en vient à prendre l'histoire page par page. Parfois même, on se demande si certains passages sont complètement inutiles. Ce n'est qu'à la fin qu'on se rend compte que l'auteur n'a rien laissé au hasard. Tout est si bien ficelé, complexe, que la fin fut pour moi une surprise totale. Je ne vous en dis pas plus, car si vous le lisez, j'aimerais que vous ayez la chance de profiter du suspense de l'histoire.

Je trouve que c'est un thriller qui se démarque du lot. On a pas affaire à une enquête menée au sens traditionnel du mot. On y retrouve un fort côté psychologique des personnages qui alimente énormément l'intrigue. Vous gagnerez énormément à découvrir cet auteur et pour ceux qui pensent avoir tout lu dans le domaine du roman policier, détrompez-vous, car celui-ci renouvelle le genre de façon étonnante! 

Chronique de Salsera

mercredi 14 août 2013

à un sanglot de moi,tu reposes de Mathieu Guibé

Année d'édition : 2013
Edition : lokomodo
Nombre de pages : 221
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
À un sanglot de moi, tu reposes vous offre des morceaux de vie, réels ou fantasmés, où les protagonistes sont en quête d’eux-mêmes, des autres, mais avant tout à la recherche d’un sens. Une signification sur ce que nous avons, ce que nous perdons, ce que nous ressentons ou bien ce que nous offrons. Une ode triste ou joyeuse à la brièveté d’une existence qui pourtant a compté. Pour soi ou pour les autres. Douze histoires aux allures de dernières lettres ; une ultime page noircie de mots destinée à notre monde, à nos compagnons, aux disparus ou à ceux qui restent et que l’on ne connaît pas encore, comme vous qui lisez ces lignes.



Un gros merci au forum Mort-Sure et aux éditions Lokomodo pour m'avoir permis de découvrir ce recueil de nouvelles. Ce fut une excellente découverte malgré quelques petites choses qui m'ont un peu moins plu.

Mathieu Guibé est un auteur que je ne connaissais pas du tout. C'est notamment une raison pour laquelle j'ai souhaité découvrir ce partenariat. Je suis tombée en amour avec son style d'écriture. Tout est métaphorique et imagé, que ce soit les mots et parfois même les nouvelles au complet comme celle du pigeon, je suis restée littéralement estomaquée. Les nouvelles sont d'une longueur parfaite. On a l'impression que l'auteur est allé au bout de son idée pour chaque texte. Cependant, j'ai trouvé que la couverture du recueil ne convenait pas du tout au contenu des nouvelles. Elle est un peu trop fantastique alors que plusieurs nouvelles sont très réalistes. Cela brise en quelque sorte les attentes du lecteur face aux histoires qui suivent.

Quelques nouvelles m'ont moins plue parce que je ne suis pas parvenue en en tirer l'essence et le message principal. Je doit dire que la science-fiction est un créneau que je ne suis pas encore parvenue à assimiler. Mais j'y travaille. Quant aux nouvelles plus réalistes, elle me sont allées droit au coeur. Beaucoup d'émotions sont véhiculées à travers les personnages et les actions forment un tout très bouleversant. J'ai particulièrement apprécié les nouvelles sur le garçon muet et la jeune fille aveugle ainsi que la première sur le monde du spectacle. J'ai trouvé qu'elles se sont démarquées du lot. Quant à celle que j'ai considéré la plus imagée est celle du pigeon. Toute la nouvelle est une image. Le lecteur a le loisir d'utiliser son imagination pour interpréter le texte à sa manière. Seulement, pour ce type de nouvelle, il faut prendre le temps de la lire tranquillement pour bien en saisir le sens.

En gros, ce recueil de nouvelles est une belle découverte. Même si ce n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais en regardant la couverture plutôt fantaisiste, j'ai été agréablement surprise. Pour ceux qui se passionnent du genre ou encore qui souhaitent le découvrir, ce recueil se lit très bien. Cependant, prenez gare aux avalanches émotionnelles!

Chronique de Salsera

vendredi 2 août 2013

Chroniques d'une magie annoncée de Nicolas Cluzeau

Année d'édition : 2013
Edition : Midgard
Nombre de pages : 427
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Au sein d’un multivers sans limites, on ne peut rien prédire, même la magie. Dans un monde où la magie est à la fois une science et un don, les mystères qui mettent en échec les autorités nécessitent parfois la présence d’un magicien. Et dans ce cadre précis, une thaumaturge et sa fille, dont la réputation grandit d’affaire en affaire, sortent du lot. Au fil des années, Harmelinde et Deirdre, insolentes, gourmandes, lucides et capricieuses, parcourent le continent et démêlent, au risque de leur vie, les énigmes et affaires les plus déroutantes qui soient. Confrontant vampires, fées, dragons, oiseaux de feu, korrigans, spectres et autres créatures soi-disant meurtrières, elles comprendront cependant que des apparences parfois trompeuses peuvent pousser la plus douée des mages à commettre des erreurs.


Je tiens à remercier le forum Mort Sûre et les éditions Midgard pour cette belle découverte reçue en partenariat.

Le titre m'avait intriguée, la couverture m'avait séduite et la quatrième de couverture, qui promet de l'originalité en mêlant fantasy et policier, m'avait convaincue de postuler sur ce partenariat. Je n'ai pas été déçue !

Comme l'indique la quatrième de couverture, cet ouvrage est en fait un recueil de nouvelles, mais toutes se déroulent dans le même univers, et avec les deux mêmes personnages principaux : Harmelinde et Deirdre de Crommlink. Elles sont de plus toutes des nouvelles-enquêtes, avec un mystère (bien souvent des assassinats) magique à résoudre. Je ne chroniquerai pas nouvelle par nouvelle car pour moi elles forment un tout qui est bien homogène (hormis peut-être la toute première). Elles peuvent bien sûr se lire de manière tout à fait indépendantes, mais on peut aussi les lire d'affilé en ayant l'impression de suivre Harmelinde et Deirdre dans leur vie de magiciennes quelques peu accros aux affaires policières magiques. Le style est assez particulier, un peu à l'ancienne, notamment dans les dialogues. Il faut s'y faire, mais ensuite ça ajoute à la saveur des textes.

J'ai beaucoup aimé ce mélange de fantasy et de policier. C'est un mélange assez atypique, et qui pourtant sous la plume de Nicolas Cluzeau fonctionne très bien. Les mystères relèvent vraiment de la magie, tout comme les méthodes d'investigation de nos deux magiciennes. De plus, l'univers riche et travaillé fournit des enquêtes à plusieurs strates, avec une profondeur appréciable pour des histoires conçues sous format court.

L'univers ! C'est l'autre gros point fort de ce recueil. Chaque enquête nous emmène à la découverte de la vérité, mais aussi à la découverte de cet univers. De nouvelle en nouvelle, on en cerne les contours, il nous apparait de plus en plus familier, et en même temps on découvre de nouveaux aspects, de nouvelles richesses. Le tout sans jamais perdre en cohérence. L'auteur nous propose un univers fouillé de fantasy, assez classique par certains côtés (différents plans existent, avec les dieux au-dessus, les hommes au milieu, les démons en dessous par exemple), avec certains aspects qui sonneront familiers aux oreilles du lecteur un peu attentif (notamment parmi les peuples et les religions), mais aussi avec une originalité bienvenue tout en étant discrète (les équations ondilignes pour ne citer qu'elles). Bref, un univers dans lequel il est facile et très agréable de plonger, sans pour autant s'y ennuyer bien au contraire !

Côté personnages, ma préférence va plutôt vers Harmelinde que vers Deirdre. Les nouvelles qui ne concernent que cette dernière sont d'ailleurs celles qui m'ont le moins séduite, sans doute parce que Deirdre a des méthodes d'investigation plus "brutes d'instinct" que sa mère. Je préférais suivre les raisonnements d'Harmelinde pour dévoiler les mystères.

Je connaissais Nicolas Cluzeau de nom, j'ai eu ici le plaisir de découvrir sa plume et son univers. Et j'y retournerais volontiers en me procurant l'un des romans racontant une autre partie de l'histoire des terres foulées par Harmelinde et Deirdre. :) (dès que ma PàL aura un peu baissé...)

En conclusion, une très belle découverte, une très agréable lecture, que je recommande à ceux qui apprécient la fantasy sous un jour nouveau.

Chronique de Sytra

mercredi 3 juillet 2013

La croisade des Carpates de Vanessa et Diana Callico

Année d'édition : 2013
Edition : Asgard
Nombre de pages : 375
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Comment réagiriez-vous si, au lieu de mourir, vous vous trouviez projeté dans le corps d’une jeune aristocrate du XVe siècle promise à Vlad Drakul ?
C’est ce qui arrive, de nos jours, à Eva, étudiante en littérature, qui est poussée dans une faille volcanique par le linguiste qu’elle voulait retrouver. Celui-ci, possédé par l’esprit d’un légat du pape de Drakul, n’a que ce moyen pour sauver les deux époques de l’Apocalypse.
Commence alors pour Eva une étrange quête qui doit la mener à comprendre pourquoi, au XXIe siècle, une étrange maladie ravage le monde et au XVe, de monstrueuses créatures surgissent au cœur de la plaine du Danube. 



Voila, après accumulé les difficultés de lecture pendant plusieurs semaines avec ce livre numérique, je viens de « tourner » la dernière page de La Croisade des Carapates… mais je dois avouer que ce fut assez laborieux. En effet, bien que l’intrigue annoncée dans la quatrième de couverture soit particulièrement alléchante, je n’ai pas entièrement succombée aux idées originales proposées par les auteurs, ni au rythme d’écriture … Dommage car cette histoire avait énormément de potentiel à mes yeux.

Tout d’abord, un point noir pour moi: le style d’écriture. Particulièrement travaillé avec des citations à chaque début de chapitre et du vocabulaire soutenu dans des phrases longues, il est aussi abondant en détails historiques, géographiques mais surtout religieux et anatomiques. A défaut de me transporter dans l’univers fantastique du roman, cette accumulation de descriptions m’a semblé assez lourde. Ce qui donne un récit pas vraiment facile à suivre dans ses différentes péripéties même si on sent que les auteurs ont voulu rendre leur histoire la plus crédible possible. Je salue d’ailleurs le travail de recherche réalisé par Vanessa et Diana Callico sur les théories de l’Apocalypse et leur retranscription dans le roman.

Ensuite j’ai eu des difficultés à apprécier les personnages principaux puisque le découpage du roman nous renvoi d’une époque à l’autre à chaque chapitre. J’ai donc eu bien du mal à vraiment les connaitre en profondeur et a les apprécier puisque de l’appartement moderne d’Eva, on nous emmène dans les territoires dévastés par le fléau gouvernés par Val Dracul, puis au cœur de l’armée décimée de son ennemi juré le Sultan Mehmed II et ainsi de suite jusqu'à ce qu’ils finissent par se rejoindre… pour finalement se séparer afin de poursuivre chacun de leur coté l’enquête sur le mal qui ronge les Carpates.  Au final le roman accumule les longueurs au détriment d’une réelle avancée de l’intrigue.

D’ailleurs, il ne faut pas s’attendre à suivre essentiellement une relation entre Vlad Dracul et Eva puisque les moments où nous les retrouvons ensemble sont assez rares et courts comparer à la taille du roman. C’est pourtant ces passages que j’ai préféré ! Même s’il faut attendre une grosse moitié du livre, le gros point positif est justement la manière dont Eva réagit en découvrant qu’elle a subitement changé d’époque. Incompréhension, angoisse, terreur face à un mari qu’elle n’a absolument pas choisi... Toutes ces réactions restent particulièrement réalistes à mes yeux. D’autant plus quand on connait un peu les échos de l’histoire réelle du Voïvode et de son gout prononcé à verser le sang par les armes. Les auteurs réussissent pourtant à faire évoluer la relation entre les deux protagonistes de manière à maintenir le lecteur en haleine au milieu du chaos. Et puis, ce qui n’est pas pour me déplaire, on nous montre une autre facette du personnage de Dracula en l’encrant dans la réalité plutôt que de construire l’histoire autour du mythe du plus célèbre vampire au monde.

Une lecture assez difficile pour moi au final, mais je ne doute pas que cette histoire réussira à trouver son public dans les semaines à venir. Je remercie encore le forum Mort-Sure et les éditions Asgard pour ce partenariat qui m’a quand même fait découvrir une intrigue différente d’une romance entre un vampire et une humaine.
 
Chronique de Yezahel

lundi 17 juin 2013

Agharta de Arnauld Pontier

Année d'édition : 2013
Edition : Asgard
Nombre de pages : 528
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Deux civilisations se découvrent et oeuvrent ensemble pour tenter de quitter leur monde, avant qu’il ne soit trop tard...
Antarctique, en 2002. La découverte de la civilisation souterraine d’Agharta coïncide avec celle du message effroyable qu’elle détient : la Terre va bientôt être pulvérisée par un astéroïde. Les Aghartiens ont conçu des arches pour rejoindre une exoplanète habitable, mais ils ne peuvent mettre cela en oeuvre sans aide : matières premières, main-d’oeuvre, pilotes… En échange, ils offrent de sauver l’humanité, mais une infime partie seulement. Cette situation serait dramatique, sans l’intervention inattendue des Selkies : d’étranges êtres hybrides, capables d’influer sur le temps, et bien plus encore.
Récit eschatologique, space opera, ce livre est aussi une exploration de notre condition humaine, une réflexion sur la tolérance, et une aventure épique.


Ce partenariat a été un véritable honneur pour moi sur divers points. Je vous explique pourquoi. Tout d'abord il s'agit d'une maison d'édition qu'on ne retrouve pas sur les tablettes au Québec. De plus, Arnauld Pontier est un auteur que je ne connaissais pas et la science-fiction est un genre vers lequel je ne suis pas naturellement portée. On peut donc dire que j'ai plongé vers la découverte sans crainte, tête baissée. Heureusement, je n'ai vraiment pas été déçue et je crois que je m'ouvrirai davantage à l'avenir vers ce genre de littérature.
Concernant le style d'écriture de l'auteur, j'ai tout d'abord pensé que l'univers serait extrêmement difficile à pénétrer. Avec la technologie, le Space Opéra, j'ai vraiment cru que je m'y perdrais, mais cela n'a pas été le cas. L'auteur est bien parvenu à mettre en place l'histoire de façon à ce que le lecteur s'y retrouve aisément. En recherchant sur le web, j'ai d'ailleurs appris que le terme Agharta, le titre du roman, était amérindien. L'écriture est dynamique et entraînante et je n'ai pas vraiment perçu
 de longueur. 

Cette fois, il est difficile de parler des personnages en les dissociant de l'intrigue. Les personnages font face à des enjeux divers qui touchent les relations entre diverses races et l'humanisme. On y aborde le thème de la fin du monde de façon très accessible pour un large public. Il n'y a pas de prise de tête et on a pas besoin d'être expert en science pour comprendre le déroulement des événements. La science-fiction fait souvent appel à des notions scientifiques, dans ce cas-ci il y a un lourd bagage, pour justifier la réalité dans l'histoire. Ce que j'ai trouvé intéressant c'est que l'auteur passe son point de vue sur la nature humaine, la tolérance et l'autre à travers les comportements de ses personnages. C'est très réussi comme passage et surtout très crédible.

J'ai vraiment été satisfaite par la lecture de ce roman. J'étais loin d'imaginer un ouvrage de fiction aussi complet. La technologie, le côté philosophique et réflexif en même temps que de l'action bien menée, définitivement un cocktail appétissant! Je conseille ce roman aux amateurs de science-fiction, mais aussi à tous ceux qui ne connaissent pas vraiment le genre et qui souhaiteraient se familiariser avec un ouvrage bien écrit et une intrigue époustouflante sans clichés!   

Chronique de Salsera15

vendredi 31 mai 2013

Damien Loch de Shan Millan

Année d'édition : 2013
Edition : Midgard
Nombre de pages : 396
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
our Lynn, Damien Loch n’est pas qu’un voisin excentrique, étrange et insupportable. C’est avant tout celui qui vient de tuer un monstre au beau milieu de son salon. Et ça, pour une jeune rêveuse qui attend depuis toute petite qu’on lui prouve que la magie existe, ça n’a pas de prix. Alors tant pis s’il la met en garde, s’il refuse qu’elle se mêle de ses affaires, Lynn veut savoir d’où Damien vient et ce qu’il cache derrière son inquiétant sourire…
Lynn va se retrouver très vite ballottée dans une aventure qui la dépasse, à base d’autre monde qui n’a rien de merveilleux, de méchants qui ont le mauvais goût de ne pas s’habiller en noir, de gentils qui sont de véritables enflures, et de bonne recette de frites.



Je remercie le forum Mort Sûre et les éditions Midgard pour ce partenariat.

En premier lieu, je dois dire que ce livre est magnifique !!! La couverture est juste géniale ! J'adore !! Bon, passons à l'histoire maintenant :
Ce livre est surtout centré sur Lynn, une jeune femme qui concilie étude et travail. Elle a un appartement en ville, mais quand elle peut, elle retourne dans son ancienne maison, dans un petit quartier tranquille, où tout le monde se connait, et où rien ne passe inaperçu des voisins. Et en parlant de voisin, il y en a un qui sort du lot. Damien Loch, lui dont tout le monde sait qu'il est exécrable, fait tout pour entretenir sa réputation ! Pourtant, il a un charme fou, il est très mystérieux, et personne n'est jamais entré chez lui... Bizarrement, il s'acharne en particulier sur Lynn, et ne manque jamais de lui faire une remarque désobligeante. Pourtant un jour, tout va changer et Lynn est bien décidé à découvrir qui est réellement Mr Loch et ce qu'il cache. Pour elle qui ne rêve que de magie, elle va tout faire pour se mêler du monde de Damien.

J'ai aimé le début de ce livre, je me suis très vite plongée dans l'histoire.
La plume de l'auteur est très facile. Le récit est parsemé de référence de films et de livres que j'ai adoré avec une touche d'humour par-ci par-là, qui allège aussi la lecture. Les descriptions sont très précises et ont une part importante dans le roman (un peu trop pour moi parfois). Si j'avais un reproche pour l'écriture ce serait au niveau du « monde magique » j'avoue que pendant une bonne moitié du roman j'ai attendu de connaitre ce monde, mais une fois les explications commencées j'ai eu du mal à les comprendre... et d'ailleurs une fois le roman fini il y a certaines choses qui ne sont toujours pas claires ^^. Si le but est d'embrouiller Lynn, ça marche aussi avec le lecteur, et un peu trop bien...

Dès les premières lignes, j'ai adoré détester Mr Loch ! J'ai senti que l'auteur avait dû beaucoup s'amuser avec ce personnage ! C'est un régal un personnage si antipathique ! J'ai un peu moins accroché avec Lynn, elle est très prévisible, c'est une femme qui cherche de l'aventure de la magie, et qui va en trouver ... rien de très original à mon gout, j'ai trouvé qu'elle manqué de relief. Elle se laisse mener par le bout du nez par Damien tout au long du livre... c'est dommage.

Pour ce qui est de l'intrigue, dans ce livre comme souvent dans les premiers tomes, j'ai vraiment eu le sentiment que l'auteur mettait en place son histoire. Donc, on découvre les personnages importants, ainsi que les grandes lignes de ce monde magique, et des dangers qui l'accompagne, mais ce n'est qu'un aperçu qui promet un second tome avec plus d'action !

Pour conclure, j'ai adoré le début de ce livre, mais au fil des pages je me suis moins sentie happée par cette lecture. J'ai beaucoup attendu que la « magie » se révèle, mais une fois que c'est arrivé j'avoue avoir été déçue. Je lirais la suite, car je pense que le prochain tome sera encore plus additif que le premier ! petit coup de cœur pour Damien !! un personnage très intéressent...

Chronique de Zebuline

mercredi 15 mai 2013

Tomyris et le Labyrinthe de cristal de Oksana & Gil Prou

Année d'édition : 2013
Edition : Asgard
Nombre de pages : 419
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Quand une femme change le cours de l’histoire...
VIe siècle avant J.C., Cyrus le Grand trace les contours d’un empire colossal qui s’étend de la Grèce à l’Inde. Tomyris, la reine des Massagètes, est bien décidée à tenir tête au tyran et s’apprête à combattre la plus puissante armée du monde, celle que l’on surnomme « les Immortels ». Alors que le fracas des armes et les cris des agonisants se font entendre, la magie de l’Ouroboros est sur le point de s’éveiller et, sous les monts du Zagros, un secret enfoui depuis des millénaires pourrait bien régler le sort de la bataille…
Magie, combats titanesques, personnages légendaires et monstres mythiques s’invitent pour une aventure croisant Histoire et héroïc-fantasy !


Je remercie les éditions Asgard et le forum Mort-Sure pour m'avoir permis de découvrir ce roman à travers un partenariat.

Commençons par un petite avertissement : contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre (qui, je trouve, fait très série pour adolescents), ce roman est vraiment pour adultes. Les scènes de bataille y sont violentes, les mœurs de certains peuples particulièrement sanguinaires et sadiques. On ne tombe pas non plus dans l'horreur, mais les auteurs n'ont pas édulcoré la violence de l'époque.

Parlons justement du contexte historique. A mes yeux, il s'agit du plus gros point fort du roman. L'époque choisie, et surtout le lieu (les royaumes frontaliers avec l'empire perse) sont très peu traités en romans historiques. Ils sont encore moins abordés en fantasy historique. J'ai toujours été intriguée par Babylone, la Perse antique et tout ce qui tourne autour, sans pour autant trouver de romans qui me permettrait de plonger dans leur ambiance. C'est pourquoi j'avais hâte de découvrir Tomyris et le Labyrinthe de Cristal. Je n'ai pas été déçue ! Les décors sont au rendez-vous, ainsi que les batailles ou encore la diversité des peuples. Ce qui est très intéressant en choisissant de placer l'intrigue à la fin du règne de Cyrus le Grand, c'est que l'empire perse vient d'unifier de nombreux petits royaumes, des rives de la Méditerranée aux frontières de l'Asie. Les protagonistes de l'histoire sont représentatifs de la diversité de l'empire et des échanges qui existaient à l'époque entre tous ces peuples.

Côté aventure, il y a de quoi faire ! Le groupe de héros (qui évolue au grès des rencontres, mais aussi des décès) n'a guère le temps de se poser entre deux combats. D'abord en fuite devant l'armée de Cyrus, puis en guerre contre elle au côté de Tomyris, la reine des Massagètes, ils partiront ensuite au coeur de montagnes peuplées de tribus sanguinaires à la recherche du Labyrinthe de Cristal (Tomyris est un personnage secondaire, elle ne fait pas partie du groupe de héros). Les monstres enfermés dans celui-ci ne les laisseront pas se reposer avant la toute fin du roman. Les différentes aventures ne recèlent guère de surprises, mais elles n'épargnent pas les héros. Même les plus aguerris et les plus valeureux ne sont pas pour autant prémunis contre la mort.

Les personnages eux-mêmes sont un peu plus décevants. Assez stéréotypés, ils se ressemblent beaucoup entre eux. D'un côté les fiers guerriers sans peurs, de l'autre les fières amazones (comprendre reines guerrières) sans peurs non plus et hardies au combat, et enfin les non combattants. Ce sont sans doute ceux qui montrent le plus de diversité, bien que les psychologies ne soient jamais très creusées. Cependant, je n'ai pas trouvé de personnages exaspérants, ce qui est toujours le risque avec des stéréotypes, ce qui m'amène à dire que les auteurs se sont tout de même assez bien débrouillés avec eux.

Pour ce qui est du scénario, la première partie est bien plus intéressante que la seconde. Le début est plutôt historique, avec la guerre entre Cyrus et Tomyris. Pas de grosses surprises, mais le contexte porte très bien l'histoire. On vibre avec les Massagètes face à l'immense armée de Cyrus. On espère que les héros, dont les royaumes ont été annexés par Cyrus, obtiendront leur vengeance.
Cependant, la deuxième moitié du roman se déroule après la défaite de Cyrus, et on bascule alors dans complètement autre chose. Les héros partent en quête des pouvoirs de l'ouroboros, ça devient beaucoup plus fantasy. Sauf que les péripéties s'enchainent trop à la manière d'une partie de jeu de rôle, c'est à dire que les héros ont un lieu à atteindre et que va se dresser sur leur route une succession d'obstacles/épreuves sans grand rapport les uns avec les autres, et avec encore moins de rapport avec le but final. Même pour le dernier monstre à affronter, je n'ai pas compris le lien avec le labyrinthe de cristal.

Le plus gros reproche que je ferai à ce roman, c'est au niveau de la forme. Les dialogues ne sonnent pas du tout réalistes (heureusement les descriptions rattrapent largement). Il y a quelques termes anachroniques. Mais surtout, il y a un gros problème de conjugaison. Les auteurs (et leur éditeur) semblent totalement ignorer l'utilisation du conditionnel présent en tant que futur du passé. Alors que tout le récit est au passé simple/imparfait, du futur simple apparaissait tout à coup au milieu du texte à chaque fois qu'il était question d'une action ou d'un évènement à venir. J'ai trouvé ça assez désagréable car cela choquait mon instinct grammatical. Je ne pouvais pas m'empêcher de re-conjuguer toutes ces phrases afin de les mettre à un conditionnel présent (futur du passé) beaucoup plus naturel (et juste).

En conclusion, et malgré ses défauts, ce roman vaut le détour pour le contexte historique qu'il met en scène. Je ne suis pas une spécialiste de l'époque et de la région, donc j'ignore s'il est bien documenté. Mais il m'a dépaysée, il m'a plongée au coeur de ces contrées plutôt austères et pourtant très vivantes. J'y ai trouvé une ambiance particulière, qui collait plutôt bien à mon idée d'origine de l'époque et de la région. En bref, le voyage dans le "berceau des civilisations" fut à la hauteur de mes espérances et de ma curiosité.

Chronique de Sytra