dimanche 8 mars 2015

Rédemption de Bérengère Rousseau

Année d'édition : 2015
Edition : du riez
Nombre de pages : 304
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Quand un vieux médaillon et quelques documents anciens révèlent à Noâm les soupçons de collaboration qui pèsent sur son arrière-grand-père, son monde bascule. Comment accepter et vivre avec cette honte ? Il veut comprendre. Avec son meilleur ami, il se rend au Château de Noisy, là où son aïeul fut aperçu pour la dernière fois.

Sur place, ils sont victimes d’un éboulement. Ils se réveillent en 1944 à la veille de la Bataille des Ardennes. Noâm voit là l’occasion de restaurer l’honneur de sa famille, au risque de changer le cours de l’Histoire. Et si, justement, celle-ci avait déjà changé ?

Noâm est passionné d'histoire depuis longtemps. Lorsque son père tente de lui cacher une petite boîte, l'intérêt du jeune homme s'éveille. Son père ne lui cachant jamais d'objets antiques, Noâm ne peut empêcher sa curiosité de le faire agir et il s'empresse de découvrir ce que cache l'objet. Quelle ne sera pas sa surprise lorsqu'il y découvrira un objet lui venant de son arrière-grand-père ? Un médaillon plutôt ancien et gravé et qui semble avoir un rapport avec la seconde guerre mondiale, en témoignera la croix gammée gravée dans le coffret. Pire encore, le jeune homme découvre une photos de son aïeul en compagnie d'un soldats Allemands. Déçu et en colère, Noâm ne comprend pas pourquoi son arrière-grand-père était proche des Allemands, alors qu'il était lui-même juif. Il décide donc avec son meilleur ami Lucas de se rendre aux ruines du château de Noisy où on a vu l'homme pour la dernière fois. Mais une fois sur place, un éboulement les envoie directement en 1944, la veille de la Bataille des Ardennes. Noâm aura peut-être les réponses qu'il attendait.

Rédemption m'intriguait énormément. La couverture est mystérieuse et franchement aguicheuse. Impossible de la louper, l'effet voulu est plus que largement réussi ! Et puis l'auteur dont je suis beaucoup le blog avait su me donner envie de plonger dans ce roman. Après la dernière page, je peux vous dire que le roman est bon, mais que certaines petites choses n'ont pas du tout su me convaincre. Je m'explique.

La plume de Bérengère Rousseau est très agréable. On sent le boulot derrière le roman simplement par la façon dont elle apporte les événements dans l'histoire. J'ai aimé les traductions des phrases Allemandes, même si je n'ai pas trop compris pourquoi elles ne l'étaient pas toutes. Du coup, certains dialogues m'ont semblé déroutant puisque je ne pouvais tout comprendre. Premier point gênant, je pense qu'il aurait top de tout traduire (bon ok, certaines phrases sont très simples à traduire puisque grâce à l'auteur, on commence à reconnaître certains mots de cette langue totalement inconnue pour moi qu'est l'Allemand.). A côté de ce petit problème d'absence de totale traduction, j'ai aimé lire l'auteur. Ses phrases sont belles et pointilleuses, de sorte qu'on comprend l'atmosphère particulière de cette guerre.

L'ambiance du roman m'a plu. C'est comme si on se sentait nous-même étouffer pendant notre lecture. Tout semble froid, mort, sombre et certains passages ne vont pas nous contredire quand on lit le nombre de personnages qui perdent la vie au cours du roman ! N'oublions pas qu'il se déroule en temps de guerre et forcément, à cette époque, l'ennemi est impitoyable. Noâm donc se retrouve pendant la seconde guerre mondiale, dans le village où vit son arrière-grand-père et tandis qu'il pense enfin avoir des réponses à ses questions, le village se fait attaquer par les Allemands, alors que tous pensait Hitler mort. Le côté historique est franchement intéressant, même si l'auteur, je pense, prend quelques libertés par rapport à l'histoire puisque tout ce que pensait Noâm de la guerre se révélera pas forcément exact. En même temps, voilà une idée judicieuse de l'auteur, parce que dès son arrivée dans l'époque, Noâm apporte son lot de chamboulement temporel pour la suite de l'histoire.

L'ambiance et le style de l'auteur m'ont beaucoup plu. La fin, même si je ne vous en dévoilerais rien, m'a surprise de A à Z et je l'ai trouvé exquise ! Tellement cohérente avec tout ce qu'on a pu découvrir au fur et à mesure de notre lecture !  J'espère qu'elle saura vous surprendre autant que moi en tout cas !

Du côté des choses qui ne m'ont pas convaincue, Noâm est l'élément le moins agréable de ce roman. Ce jeune homme m'a semblé ne pas avoir de personnalité par rapport à Lucas, son ami. Noâm qui passe son temps à tomber dans les pommes, à chercher des réponses quand ce n'est absolument pas le moment. (Il a l'air d'oublier qu'une guerre est en cours !). Noâm qui s'éprend trop vite de Esther alors que depuis le début il se méfie de cette jeune fille qui lui ment sur beaucoup de choses. Oui, vous l'aurez compris, je n'ai pas du tout aimé Noâm que j'ai trouvé bien fade par rapport à Lucas. Lucas qui doit tout gérer (pendant que Noâm dort), Lucas qui a beaucoup de courage et qui va être gravement blessé.

En fait, le problème c'est peut-être que comme Noâm fait souvent la sieste (à cause de ce changement temporel, semble-t-il, mais pourquoi Lucas tient le coup lui? Mystère !), c'est Lucas qui gère leur arrivée dans le village. Et du coup, on s'attache davantage à lui qu'au véritable héros. C'est le plus gros reproche que je ferais à ce roman qui m'a pourtant plu. Son héros manquait de saveur, je ne ressentais pas assez ses émotions du fait de sa passivité alors qu'il joue gros tout de même dans ce passé qui ne lui appartient pas.

Finalement, la lecture est bonne et agréable, mais le héros n'aura, hélas, jamais su me convaincre. Un retour dans le passé assez sombre et dur où l'auteur nous dépeint une bataille qui fait froid dans le dos, surtout quand on sait les atrocités commises pendant cette guerre.

Chronique de Louve

Brelin le Nain de J-M Schott-Mangold

Année d'édition : 2014
Edition : edition du net
Nombre de pages : 138
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :


Brelin est un Nain vivant parmi les Hommes de la ville de Turckheim. Peu après l’assassinat de son père, il décide de retrouver le reste de sa famille accompagné de son ami Weladan. Sa quête va le précipiter dans une nouvelle guerre avec les orques qui sont dirigé par un mystérieux Mage Noir. Brelin pourra compter sur de nouveaux amis rencontré au fil de son aventure pour empêcher les orques de triompher.





Un roman qui manque de profondeur et malheureusement bien trop écorné par un style d'écriture qui reste encore à travailler.

Brelin est un jeune nain vivant avec son père parmi les hommes. Lors de son 35ème anniversaire, son père lui offre son heaume transmis de père en fils depuis des générations et seul héritage de sa famille naine. Lors d'une partie de chasse alors que Brelin poursuivait un lapin, son père est sauvagement assassiné par des brigands. Les dernières paroles de son père, "tu as encore de la famille" , vont décider Brelin à prendre le chemin du peuple nain pour retrouver les siens. Accompagné de Weledan, un homme, il traverse les contrées lointaines, rencontrent de nouveaux amis et sombre dans une guerre contre des Orques et des Gobelins dirigés par un Mage Noir dont on ne sait rien.

Pour commencer, ce court roman se destine davantage à un jeune public qu'à un adulte. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'univers est simple et peu fouillé, les personnages assez caricaturaux et au charisme limité. Un nain, un homme, une elfe, une communauté qui semble se créer au travers du voyage de Brelin, des royaumes qui se réunissent pour une ultime bataille, une forteresse imprenable, certes l'auteur prévient dès son avant - propos que son histoire est fortement influencée par le Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien mais c'est un peu trop ressemblant et l'ensemble paraît bien fade quand on connaît l’œuvre de Tolkien.
A cela s'ajoute une écriture qui manque de travail et de relecture, les nombreuses fautes d'orthographes et les répétitions de mots écorchent ce texte qui est quand même assez court pour être un minimum abouti. Le côté sympa, ce sont les références de l'auteur à sa région et son histoire, quelques clins d'oeil à l'Alsace, ses villes et ses châteaux viennent donc agrémenter cette histoire.

En bref, un court roman qui ne m'a pas convaincue, autant l'histoire basique appréciable mais un peu trop "déjà vu" aurait pu offrir un avis plus positif, autant l'écriture est jeune et le "français" assez peu maîtrisé. Dommage, il y avait matière à faire un roman jeunesse plutôt sympathique !

Je remercie toutefois l'auteur d'avoir partagé son roman avec moi.
 
Chronique de Walkyrie

des amis si proches de Danielle Steel

Année d'édition : 2015
Edition : pocket
Nombre de pages : 272
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Gabbie, Billy, Izzie, Andy et Sean, cinq enfants très différents, se sont rencontrés le jour de leur entrée à la maternelle. Depuis, ils sont inséparables. Leurs familles se rapprochent par la même occasion et la petite bande grandit dans ce cocon privilégié, insouciante de l’avenir. A l’adolescence, leurs vies en apparence si parfaite sont bouleversées par des déchirements familiaux, des défaites, mais aussi des victoires. C’est leur amitié, toujours plus forte, qui les aide à surmonter les difficultés. Après le lycée, chacun part étudier aux quatre coins des Etats-Unis. Désormais seuls, ils se retrouvent vite désarmés devant les nombreux défis de la vie adulte. Les choix sont plus difficiles, les risques plus importants, et le destin, qui longtemps les avait favorisés, semble s’acharner sur eux. Leur amitié est mise à rude épreuve, y survivra-t-elle ?

Pour commencer, je tiens à préciser que ce roman est le premier de l'auteur que je lis, je connaissais bien sûr cette grande dame de la romance mais là je l'ai vraiment découverte.

Ensuite, la couverture du livre, car oui j'y accorde beaucoup d'importance lorsque je choisis un livre Wink je dois avouer que je l'aime beaucoup avec toutes ses paires de jambes cela reflète vraiment bien l'amitié.

Ce roman, c'est avant tout une histoire d'amitié, 5 jeunes gens vont dès leur plus tendre enfance devenir des amis inséparables, tout comme leurs parents respectifs qui vont par la même occasion nouer de belles amitiés. Seulement ces amitiés vont être touchées par divers événements terribles, la mort sera au Rendez-Vous ...

Pour ce qui est des personnages, j'avoue avoir eu un peu de mal, pourquoi ??? parce qu'ils sont très nombreux : plusieurs couples qui ont eux même un voir deux enfants du coup j'avoue que par moment j'étais obligé de réfléchir à qui était qui, et du coup cela m'a empêché de m'attacher vraiment à eux. Je l'ai tout de même apprécié mais à leur juste valeur je pense. Les 5 amis : Billy et Gabby, amoureux depuis leur 13 ans (j'ai beaucoup aimé ce petit couple), Sean le justicier qui veut à tout prix venger la mort de son grand frère, Andy futur médecin, et Izzie qui ne sait encore que faire de sa vie. Perso j'ai adoré Izzie, jeune fille simple qui reflète assez bien celle que j'ai été étant plus jeune.

Ensuite, l'histoire, pas très originale mais très bien menée, l'auteur maitrise à la perfection et nous donne à chaque page l'envie de continuer, l'envie d'en savoir plus. La mort est beaucoup présente dans ce roman, et à chaque fois on se dit mais quel drame, ça va être le dernier et boum ça recommence. On est triste pour les personnages, on ressent leur colère, leur tristesse mais en même temps je me disais : n'est ce pas un peu trop gros tous ces morts ... Alcool, drogue, déception ... Tout y passe.

Le dénouement, je l’espérai honnêtement car oui il faut bien qu'il y ai du positif à la fin donc j'avoue qu'elle me satisfait.


En conclusion

Pour une première lecture de cette auteur, je suis assez satisfaite, même si comme je le dis pour moi c'est un peu trop tragique et pas assez romantique pour une romance. Mais je pense que je pourrai dans le futur Wink à nouveau me tourner vers cette auteur.

Chronique de Lovereadandbooks

La fraternité du Panca, Tome 1 : Frère Ewen de Pierre Bordage

Année d'édition : 2015
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 573
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Membre de la très secrète fraternité du Panca, Ewen mène une existence paisible sur la planète Borél. Un jour, pourtant, la Fraternité se rappelle à lui : il doit se rendre sur la lointaine Phaïstos pour reformer la chaîne quinte et tenter de sauver d'une extinction certaine toutes les espèces vivantes de la galaxie.
Du haut de ses douze ans, Olmeo n'entend rien à ces histoires. C'est à peine s'il comprend les raisons qui ont poussé ses parents à quitter leur monde pour se lancer dans un voyage interstellaire sans fin. La rencontre de la jeune Sayi dont il tombe amoureux au premier regard, va cependant changer bien des choses.

Commence alors pour l'homme et le garçon le périple d'une vie à travers les étoiles.

Un roman de science fiction très humaniste, captivant et à l’écriture fluide et sans fausse note. Pierre Bordage raconte l’histoire de ses deux personnages tel un conteur plongeant son lectorat dans un voyage aux cœur des planètes  et des étoiles.

Ewen, trentenaire et heureux compagnon d’Ezalde et père d’Ysolde, vit tranquillement sur la planète Boréal où il officie comme grossiste de tissus de cheveux d’ange. Dans l’ombre, c’est un membre de la Fraternité du Panca, rôle qu’il a délaissé depuis des années. Pourtant, la Fraternité reprend contact avec lui et exige qu’il remplisse ses fonctions ; quitter sa vie actuelle, se rendre sur une planète à quelques dizaines d’année de voyage et rejoindre le quatrième Frère de la chaîne pour lui transmettre son « amnâ » afin de sauver tous les êtres vivants voués à l’extinction…

Olméo, jeune garçon d’une dizaine d’année et originaire du Pays Noir, se voit quitter sa ville natale suite à l’infidélité de sa mère ayant entraîné le bannissement de toute sa famille. Les rumeurs circulant au travers des contrées de la planète, le père d’Olméo a pris une décision radicale en expatriant l’ensemble de sa famille sur la planète lointaine Phaïstos. Au cours de ce voyage, Ol rencontre la jeune Sayi, qui le charme passionnément dès les premiers échanges, et modifie profondément la suite des événements.

Deux histoires distinctes, un homme aux grandes responsabilités, un jeune garçon innocent découvrant la réalité de la vie, seront pourtant réunis pour une seule destination ; un destin qu’ils ne peuvent ignorer. Les deux personnages sont très attachants. On suit chacun de leur point de vue alterné à chaque chapitre ce qui dynamise le récit, et chaque début de chapitre est agrémenté d’un paragraphe sur les « mythes et histoire de la voie lactée » ayant un lien direct avec le texte qui suit.

Ewen est un personnage torturé entre sa famille et son engagement envers la Fraternité. Quitté sa femme enceinte et sur le point d’accoucher et sa petite fille de 3 ans pour une mission dont il n’est pas sûr de mener à sa fin vont profondément ternir ce personnage charismatique. Il devra faire face à de nombreux obstacles : des tempêtes de neige, des créatures affamées meurtrières, à des collaborateurs traîtres, à des femmes avides de ses charmes, aux ennemis de la Fraternité, les effrayants Sâtnagas, des êtres nus, très maigres mais vifs et forts, face à la mort, à sa propre folie mais aussi face à de nouvelles rencontres toutes aussi significatives et importantes les unes que les autres.

Olméo, lui, suit sa famille et tente de comprendre ce qui a motivé ce départ précipité de ses parents. Il fait une immersion dans ces problèmes d’adulte ; l’amour, le rejet, l’adultère, les croyances spirituelles des peuples, tout en étant émerveillé par ce voyage interstellaire qui s’annonce passionnant. Le jeune garçon est curieux, intelligent et plutôt mature pour son âge. Lui aussi fera face à la découverte de  nouveaux paysages, au danger des révolutionnaires, à la mort, à des rencontres hors normes, à Sayi. Sayi, l’amour de sa vie, un personnage féminin extraordinaire, philosophe et réfléchie, admirable, tellement qu’elle en occulte parfois Olméo.

L’auteur choisit donc de conter, parce qu’il s’agit ici de justes mots de conteur, des mots précis, humanistes, merveilleux, le voyage de ces deux êtres au travers de la galaxie, jusqu’à cette phase finale longue de 80 années. Pierre Bordage a su balayer avec une simplicité extrême les clichés de la science fiction en incluant, certes, dans son récit suffisamment d’armes et objets technologiques, son lot de vaisseaux spatiaux, de planètes aux paysages et climats hétéroclites et aux êtres humains adaptés à chacune d’entre elles, tout en gardant un certain réalisme qui permet au lecteur de s’immerger totalement dans son univers sans jamais douter de ce qu’il lit, de ce qu’il comprend, de ce qu’il vit. On lit donc avec fluidité et une compréhension aisée de l’univers. Toutefois, il y a suffisamment de densité pour prendre le temps de bien comprendre les choses. Le récit est riche, fouillé et très imagé, jamais le lecteur ne sera perdu face à un nouvel environnement ou personnage, l’auteur présente et décrit clairement chaque élément de son œuvre. Par ailleurs, les thématiques qui font la base de l’humanité sont essentielles au récit, les plus positives : l’amour, les croyances, l’espoir, la tolérance comme les plus négatives : la mort, le rejet, le pouvoir…

En bref, un roman fantastique à l’écriture majestueuse. Je doutais personnellement d’être conquise et pourtant, Pierre Bordage a réussi ce tour de force de me faire aimer un livre de science fiction. J’avais compris qui serait le prochain « Frère » et je suis très curieuse de connaître cette seconde épopée.

Je remercie Louve du forum Mort Sure et les éditions J’ai lu pour cette belle découverte.
 
Chronique de Walkyrie

La Citadelle des Ombres, Prélude : Le Prince Bâtard de Robin Hobb

Année d'édition : 2014
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 152
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : [/code]
Une des légendes les plus sombres du royaume des Six Duchés raconte l'histoire du prince Pie, doué du Vif, qui fut jeté à bas du trône par les actions de nobles courageux afin que la lignée des Loinvoyant demeure sans tare. Aujourd'hui, la vérité qui se cache derrière le mythe se dévoile grâce au récit de Félicité, compagne roturière de la princesse Prudence de Castelcerf : avec celle-ci à ses côtés, Prudence devient une reine-servante au fort tempérament mais, quand elle donne le jour à un bâtard qui porte sur le corps la robe pie du cheval de son père, c'est Félicité qui se charge de l'élever. Et lorsque le prince Pie arrive au pouvoir, les intrigues politiques propagent de dangereux discours sur le Vif qui changeront à jamais le royaume... 

Félicité était la compagne-servante de la reine servante Prudence. Elle décide de nous raconter la véritable histoire du prince Pie, de sa naissance à son accession au pouvoir.

Ce petit prélude a dès le départ su m'enchanter. Retrouver la plume si particulière de Robin Hobb fut un plaisir et je dois bien avouer à quel point lire cet auteur est quelque chose de magique et de très agréable. Elle fait vivre ses personnages d'une manière tellement unique, que chaque fois, je me régale. Cette fois-ci, on fait la connaissance de Félicité et de Prudence la fille de Viril Loinvoyant, un ancêtre de nos héros de l'assassin royal, grand-père du prince Pie.

Cela peut sembler un peu complexe au premier abord de s'y retrouver, mais en fin de compte, absolument pas. L'auteur maîtrise tellement son prélude à la perfection, que très vite les informations données nous semblent acquises de suite. Ainsi, pour les lecteurs de l'assassin royal, l'univers est connu et enfin on va découvrir la légende du prince Pie et pourquoi à l'époque de Fitz avoir le Vif semble une si mauvaise chose.

J'avoue avoir été totalement convaincue par ce prélude qui colle si bien avec l'univers. Les fils se nouent entre eux et nous expliquent une légende connue de manière cohérente et surtout qui s'emboîte à la perfection avec la suite de cet univers. Le Prince Pie finalement n'a jamais demandé à ce qu'on haïsse le Vif, ce n'est qu'un concours de circonstances qui fait que le pauvre prince a vu son peuple renier la magie du Vif. Félicité nous raconte cette histoire sans l'enjoliver, préférant énoncer la vérité sur ce prince au faciès étrange et au comportement animal.

Je ne vous en dirais pas plus, parce que je risquerais de vous spoiler ce très court prélude, mais pour tous les fans de l'assassin royal, il est certain que c'est un roman à lire pour comprendre pour le Vif est tant détesté au temps de Fitz !

Chronique de Louve

mardi 24 février 2015

Babylone dream de nadine Monfils

Année d'édition : 2014
Edition : pocket
Nombre de pages : 299
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Et ils vivront heureux, jusqu'à ce que la mort les sépare. Ce qui, loin de s'étirer sur des années, devrait prendre entre quinze et vingt minutes, si on s'en tient aux événements récents. Un serial killer semble en effet avoir une dent contre le mariage, et s'amuse à tuer les époux fraîchement célébrés, avec tout le rituel propre à ce genre de malades. Lynch, flic austère, Barn, second couteau et Nicki, profiler habitée, mènent l'enquête. Nos vœux de bonheur les accompagnent. " Un monde loufoque où le rire désamorce l'enfer. " La Marseillaise Cet ouvrage a reçu le Prix Polar de Cognac



Je ne connaissais pas l'auteure, mais j'avais lu à plusieurs reprises combien son style est détonnant et percutant. Je remercie Louve du forum Mort-Sûre et les éditions Pocket pour ce nouveau partenariat qui me permet de découvrir une auteure que j'ai bien l'intention de suivre !

Pour être percutant, c'est percutant.
Très rapidement, on entre dans le vif du sujet. L'auteure ne se perd pas en descriptions et explications interminables, elle va à l'essentiel, et en fin de compte, c'est ce qui rend cette histoire encore plus effrayante. Nadine Monfils nous livre les meurtres comme ça, sans fioritures autour, crus et sanglants, tels qu'ils sont, et on se les prend dans la tronche.
J'ai lu pas mal de thriller, de policiers, de livres zombies, j'ai l'habitude de l'horreur dans mes lectures, et pourtant, ici, j'ai été touchée plus que d'habitude, à avoir l'estomac un peu malmené.

L'univers de Nadine Monfils est étonnant. Nous voilà dans une petite ville imaginaire, Pandore, avec des us et des coutumes particuliers, voire parfois folkloriques. Et c'est dans cette petite ville à l'apparence tranquille, qu'un tueur en série va sévir.
Un tueur qui semble vouer une haine féroce aux jeunes mariés, les tuant avec un rituel bien précis, et là, la couverture du livre prend tout son sens, statue sans bras, bombe... je vous laisse méditer...

Les chapitres sont courts et alternent les points de vue entre plusieurs personnages. Ainsi, nous suivons les deux policiers chargés de l'enquête, une médium qui travaille avec eux, une prostituée... Ce qui fait qu'on est un peu aux premières loges, et qu'on a rapidement des cartes en main, sans pour autant avoir tout compris. On fait quelques rapprochements, on en déduit des choses, et on regarde, totalement impuissant, nos deux policiers pédaler dans la mélasse, incapables de se sortir de ce bourbier. Là aussi l'auteure se montre intelligente, car elle nous distille de temps en temps des petits indices, juste de quoi nous faire croire qu'on a compris, nous faire croire qu'on est plus intelligent que les personnages.

Ce qui est clair, c'est que ces deux policiers ne sont pas de grosses lumières, de ceux qu'on peut voir dans les séries tv policières et qui résolvent rapidement les énigmes et sauvent les jeunes femmes en détresse. Et quand en plus le dialogue entre eux est difficile, on se dit qu'ils ne vont jamais y arriver.
Et l'histoire avance, sans qu'on puisse la lâcher d'ailleurs (j'ai failli le lire en 1 fois) et on réalise que Nadine Monfils ne va rien nous épargner jusqu'à la fin.

Heureusement, l'humour est présent du début à la fin, avec des répliques et des dialogues incroyables de justesse et de drôlerie. De quoi faire passer la pilule plus facilement, surtout quand on a compris que l'auteure nous réserve une chute à la hauteur de tout ce qu'on vient de lire.
Que ce soit dans l'humour ou dans les meurtres, l'auteure est directe, avec un style percutant et efficace. Elle vient nous chercher directement, elle ne se fatigue pas à essayer de nous amadouer, de nous séduire, elle nous expose tout comme ça, et c'est ce qui fait que ça marche du tonnerre.

Les personnages sont travaillés, on le sent, et là aussi, l'auteure nous livre l'essentiel, juste ce qu'on a besoin de savoir pour les comprendre et les aimer, ou pas.

Si j'avais compris certains points de l'intrigue, en revanche, je dois vous dire que la chute, je ne l'avais absolument pas vu venir. D'ailleurs, même une fois mise devant le fait accompli, il m'a fallu un temps pour comprendre et là, je n'en revenais pas de m'être fait avoir comme ça ^^

En bref, un style direct, incisif et percutant, sans concessions, une intrigue déroutante et bien menée du début à la fin, le tout saupoudré d'humour noir décalé tout aussi percutant, on obtient un petit bijou de roman policier qu'il vous faut absolument découvrir !

Chronique de Michou 

dimanche 22 février 2015

Insatiable de Meg cabot

Année d'édition: 2015
Editions : Livre de poche
Nombre de pages : 387
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Dialoguiste pour la série TV « Insatiable », Meena Harper possède un don : elle prédit la mort des gens. Ce qui lui permet de sauver la vie de certains d’entre eux. Son rêve de devenir rédactrice en chef de la série se voit réduit à néant quand la place est donnée à sa rivale Shoshona. Manquant de se faire dévorer par des chauves-souris, Meena est sauvée par Lucien Antonescu, le prince des ténèbres, venu à New York mettre fin à une série de meurtres impliquant certains de ses sujets. Lorsque Meena l’apprend, il est trop tard : elle est déjà amoureuse. Partagée entre le doute et l’épouvante, elle est forcée de se rendre à l’évidence quand elle se retrouve impliquée dans une véritable guerre de clans.






Du coup, je vais commencer ce retour de lecture par une petite remise en contexte... quand j'ai découvert la plume de Meg Cabot, j'ai apprécié la fraîcheur de ton associée à des personnages bien sympa, des narratrices pleine de caractère, des personnages secondaires bourré de peps et des intrigues un peu délurées. C'est tout à fait ce que j'aime en matière de lecture détente.
Jusqu'ici, je ne connaissais que ses romans destinés aux ados.

Lorsque j'ai découvert le titre Insatiable, je me suis tout d'abord amusée... du titre, justement. Connaissant l'auteur, je me doutais qu'il cachait forcément un pied de nez vis-à-vis des séries bit-lit les plus, hum, branchées fesses ?...
Bref, je me suis demandée ce que ça pouvait camoufler.
Donc, forcément, quand la version poche est arrivée en SP ici même, je me suis positionnée dessus et, par chance, j'ai décroché ce part'. Je n'ai pas été déçue ! Un roman de Meg Cabot destiné aux adultes, au final, c'est aussi bon et entraînant que ceux catalogués YA.

Si le titre et le visuel de la couverture annoncent de la pure bit-lit, je dirais qu'ils ne trompent pas sur la marchandise, tout en la parodiant dans une certaine mesure.
En effet, dans Insatiable, on retrouve tous les ingrédient de ce sous-genre de l'urban fantasy, mais soit exploités d'une façon amusante ou justifiée, soit critiqués, détournés et joyeusement malmenés.
Tout d'abord, le titre... Insatiable n'est pas du tout lié au comportement de la narratrice mais à... son travail ! Car il s'agit du titre d'un vieux soap à succès pour lequel elle est dialoguiste. Et cela a son importance car tout part de ce job, dans lequel elle voit une promotion lui passer sous le nez à cause de la fille à papa, nièce des fondateurs de la série, qui non seulement lui pique la place alors qu'elle n'en fiche pas une, mais veut introduire des vampires dans la série ; sous prétexte que c'est la mode et que la série concurrente qui les lamine, en terme de parts de marchés, en comporte.

Or, Meena n'aime pas les vampires. La nouvelle orientation prise par les nouveaux producteurs d'Insatiable ne lui plait pas du tout. Elle déteste l'image véhiculée par les vampires dans les médias. Elle n'y croit pas, d'ailleurs, aux suceurs de sang... quand bien même elle est affublée du don de prédire la mort des gens autour d'elle... elle n'a aucune foi en l'existence de créatures surnaturelles.
Autant dire qu'elle n'est pas au bout de ses surprises quand Lucien Antonescu fait irruption dans sa vie, suivi de près par Alaric Wulf, qui, de son côté, préfère les vampires à l'état de petits tas de cendres. Je me suis beaucoup amusée avec ce roman, entre le chien hystérique, le frangin qui la joue gros boulet, la voisine pas futée et intrusive, son époux qui tente désespérément de rattraper ses gaffes et les nonnes badass. Sans être déçue sur le fond, car si Lucien Antonescu en personne a quitté sa Roumanie natale pour New York, ce n'est pas anodin... et comme toujours avec Meg Cabot, on aborde avec justesse un sujet d'actualité. Dans le cas d'Insatiable, la traite des blanches contemporaine (je ne spoile rien, c'est notifié dès le premier chapitre...).

Chronique de Roanne