lundi 26 novembre 2012

Magies Secrètes de Hervé Jubert

Année d'édition : 2012
Edition : Le pré aux clercs ( Pandore)
Nombre de pages : 327
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
L'empereur Obéron règne sur la cité de Sequana. Le tyran veut faire disparaître toute magie, c'est pourquoi il persécute les êtres féeriques. Certains parviennent à trouver refuge dans l'hôtel de Georges Beauregard, l'ingénieur-mage qui travaille officiellement pour le Pouvoir.
L'agent de l'ombre se voit confier une mission par le Ministre des affaires étranges. Depuis quelques temps, des sorts s'abattent sur les proches de l'empereur. On soupçonne le Visage, une entité maléfique qu'il a jadis affrontée. Profitant du désordre, les habitants féeriques répandent la terreur. Miroirs maléfiques, jouets magiques qui se transforment en machines de cauchemars, personne n'est à l'abri. Beauregard est directement concerné car il est le fils d'une fée et d'un mortel. L'ingénieur-mage devra choisir son camp…
Une écriture talentueuse, exigeante et généreuse, solidement documentée. Une fresque pleine de furie, de merveille et de magie.


Je vais commencer par ce qui m'a surpris dans le mauvais sens : la couverture, qui n'est selon moi pas du tout fidèle au contenu. En effet, Beauregard est assez différent de celui que l'on voit sur la couverture (il a le nez cassé, par exemple, or ici il semble comme neuf, ses cheveux ont les tempes grisonnantes, etc.), et quant à Jeanne, pour tout vous dire, elle est décrite comme une jeune fille frêle, rousse, pleine de tâches de rousseurs, et pas une fois habillée de la manière présente sur la couverture. Bon, ce n'est pas très important, mais comme j'avais adoré la couverture, découvrir qu'elle n'était pas du tout fidèle aux personnages m'a plutôt agacée.
Passé cette déconvenue... c'est un excellent roman qui m'est passé entre les mains. En avant pour l'avalanche de compliments en dépit de ce début de chronique en demi-teinte. ^^

Magies secrètes, c'est un livre-monde : vous l'ouvrez, vous êtes ailleurs, pas juste parce que c'est un roman, mais parce que tous vos repères sont renversés et que, au fond, l'intrigue importe peu. Ce qui compte, c'est d'explorer Sequana...

Sequana, une ville qui ressemble étrangement à Paris, telle qu'elle aurait pu être si les féériques l'avaient peuplée avec nous. Un "Autre-Paris", issu d'un "Autremonde", une notion qui n'est pas présente dans le roman mais que j'estime tout à fait parlante ici. En effet, j'ai cru reconnaître les rues, les lieux, et les références culturelles, comme ce cher Haussman, architecte séquanais qui souhaiter des rues droites et des bâtiments neufs, au lieu des enchevêtrements de ruelles et d'impasse entre des immeubles biscornus et tout de guingois. Sequana, c'est la ville qui se modernise, dont l'architecte en chef cherche à rendre un peu de raison et de droiture aux plans, et qui par là-même chasse l'obscurité pour un trop plein de lumière, chasse la magie contre la raison. Bref, Sequana, c'est la métaphore de la modernité en marche, celle qui détruit et reconstruit. Celle qui menace les feys qui la peuplent. Mais l'intrigue n'est pas là. Ça, c'est juste le contexte, déjà hyper riche... vous ne trouvez pas ?

Dans cette ville à deux visages, à deux vitesses, vous avez un riche foisonnement de créatures, lieux étranges, personnages... c'est un régal que de les découvrir, les voir passer dans le décor. Toutes ces références culturelles, de la mythologie grecque (ah, la salle de bal de Pompéi !) à la mythologie égyptienne (ah, le personnage truculent d'Isis !), des romans de cape et d'épée (Balagniiiiii) aux poètes obscurs... pour vous citer un exemple concret, on retrouve une référence à l'Exposition d'art contemporain qui avait tant fait scandale à Paris à la fin du 19e siècle... un salon officiel, qui n'acceptait pas les photographies, seulement les peintures des courants dits "canons" à l'époque. Les photographes avaient aussitôt monté un contre-salon, si mon souvenir était bon, qui avait limite attiré plus de monde que le salon original... un sacré scandale artistique de fin de siècle, en somme, autour de la reconnaissance de la photographie comme art ^^ Eh bien voyez, cette anecdote historique réelle a été adaptée par l'auteur, à sa sauce, et glissée dans une note de bas de page (sur lesquelles je reviendrai juste après) : il y a plein de revisitages comme ça, et j'ai adoré les débusquer ^^
L'ambiance est celle de la fin du 19e siècle, avec la magie de l'inconnu écrasé par la science et le progrès toujours en mouvement. C'est très bien retranscrit, tellement qu'on se croirait en train de lire un roman qui se passerait dans un contexte historique réel, tant l'ambiance de fin 19e siècle est palpable, familière, présente.

Tout ça pour dire que, dans ce roman, de multiples références se croisent et foisonnent, à la sauce steampunk en somme. Il y en a tellement qu'on s'y perd un peu parfois mais, paradoxalement, c'est un sentiment que j'ai apprécié à ma lecture. De même, les notes de bas de page sont nombreuses, et si elles m'ont gêné au début, j'ai fini par prendre le pli et m'habituer à les lire avant de reprendre le cours de la phrase où la note était référencée.
Ajoutez à cela un style assez travaillé, parfois ampoulé mais jamais excessif, et vous obtiendrez un roman assez "touffu", complexe voire difficile à lire, mais toujours surprenant, agréable et d'une étonnante habileté ! C'est plein d'une auto-dérision discrète mais efficace, que j'ai vraiment apprécié aussi.

Mais, et l'intrigue policière, dans tout ça ? Je vous avoue que, en lisant, je l'ai trouvée bien secondaire. Déjà parce que Sequana et ses personnages sont fascinants et, d'autre part, parce que Beauregard, bien qu'il soit censé être enquêteur, se laisse surtout porter par les événements. Et on finit par se laisser porter avec lui, sans trop se soucier du dénouement, étant surtout avide des découvertes sur Sequana et ses habitants...

J'ai toutefois apprécié toute la réflexion menée en filigrane de ladite enquête, qui porte sur les masques et les jeux d'identité, à la fois dans la réalité réelle et dans la réalité théâtrale. Même dans la réalité réelle, de qui sommes-nous le masque ? Que montrons-nous ? Je ne sais pas si l'auteur voulait soulever ce point de philosophie mais, moi, c'est ce que j'ai trouvé dans ce roman : une réflexion sur l'identité, personnelle et culturelle, et la conversation de celle-ci. Une réflexion à brûle-pourpoint qui se tient au cœur d'une ville qui cherche à préserver son identité propre et sa magie, en dépit du progrès qui vient l'écraser.

En conclusion, Magies Secrètes est un roman exigeant et intelligent, rythmé et spirituel truffé de bonnes idées et de personnages attachants. S'il est parfois compliqué à lire même pour un lecteur avisé, et si certaines références culturelles me sont restées obscures, ça n'a pas gêné ma lecture, et j'ai savouré chaque page.

Merci aux éditions le Pré aux clercs et au forum de Mort-sûre pour ce roman reçu en partenariat. Encore un beau moment de lecture ! J'ai hâte de me procurer les autres titres de la collection Pandore, qui me semble vraiment prometteuse... ^___^

Chronique de GabrielleTrompeLaMort

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Georges Hercule Bélisaire Beauregard est ingénieur-mage. Il est aussi détective au sein de la féérie et propriétaire d'un hôtel où bon nombre des êtres féériques trouvent refuges pour échapper à l'empereur de Sequana qui cherche à tous les faire disparaitre. Alors que Beauregard vaque à ses occupations, il est contraint d'enquêter sur l'enlèvement du neveu de l'impératrice, Udolphe. Assisté par Jeanne, une jeune fille qu'il a trouvée au fond d'un puits et qui ressent les émotions de ceux qui l'entourent, il n'a que peu de temps pour réussir sa mission. Toutes les douze heures, l'un des membres de la victime sera envoyé à l'impératrice jusqu'à ce que Beauregard parvienne à trouver ce que cherche le kidnappeur. Mais dans le monde de la féérie, il faut se méfier des apparences !
Magies secrètes est un roman qui surprend. Avec la quatrième de couverture, on ne s'attend pas à une telle richesse dans l'univers et à un style aussi efficace. J'ai eu la sensation de lire un classique du XIXe siècle avec la manière qu'à l'auteur de manier ses phrases et de faire interagir ses personnages. C'est étonnant, mais néanmoins très agréable. À ceci près que cela ne rend pas le roman accessible à tous les lecteurs tant il faut apprécier la finesse de l'histoire et les nombreux jeux de mots et comique de situation.
Il m'a fallu un moment avant de me sentir très à l'aise avec ce roman. Le début fut un peu laborieux tant c'est riche et complexe. L'intrigue met cependant un peu de temps à se lancer et au début, on assiste à la découverte d'un monde enchanteur, mais aussi un peu effrayant. Et j'ai aimé ce duel entre obscurité et enchantement. C'est très bien écrit à tel point que cela nous semble naturel. L'enquête que va mener notre héros est assez étrange et je pense que certaines choses m'ont échappée puisque pour bien comprendre et savourer pleinement cet ouvrage, il faut à tout prix être concentré pour ne pas passer à côté de tous petits détails qui ont une grande signification. Je disais donc qu'on suit une enquête pour le moins troublante puisqu'on a très peu d'indices tout au long de celle-ci, si ce n'est des hypothèses que formule le héros. Lui-même ne semble pas tellement prendre au sérieux le kidnapping, j'ai eu la sensation qu'il le laisse un peu de côté pour se concentrer sur des tâches plus importantes à ses yeux comme l'apprentissage de Jeanne. Il va la prendre comme apprentie et beaucoup trouveront cela étrange puisqu'elle semble totalement humaine, mis à part le fait qu'elle ressente les émotions des autres. J'ai beaucoup de mal à rédiger mon avis parce que j'aimerais évoquer tant de choses, mais je crains de spoiler, et là n'est pas le but.
Déjà je peux vous dire que ce roman je l'ai un peu lu comme on lit un Pratchett. Avec beaucoup de seconds degrés, surtout grâce aux (trop ?) nombreuses notes de bas de page, qui par moment m'ont fait perdre le fil de ma lecture. Non pas que ce n'était pas intéressant, mais là aussi l'auteur nous donne un tas de détails et d'informations qu'on peut avoir du mal à assimiler! Aussi je me demande si vraiment ce roman est à classer en jeunesse. Oui les héros sont jeunes, du moins les plus importants, encore que Beauregard m'a semblé vieux par rapport à ses réactions et son langage. Un dandy du XIXe siècle, voilà comment je l'ai perçu.
Entre magie ( l'écharpe de Jeanne par exemple) et technologie ( des robots) l'univers en devient différent et unique. Des références il y en a à chaque page : Isi, Obéron, Titania, Arlequin et même Jeanne qui je ne sais pas pourquoi m'a fait pensé à Jeanne d'Arc dans sa manière d'entendre des voix ( avec la statue vivante par exemple). Alors oui Magies secrètes c'est un roman bougrement complet, mais parfois trop et comme je le disais le héros comme nous lecteur, relayons sans souci l'enquête au second plan pour apprécier pleinement les richesses de Sequana.
Les personnages ont d'ailleurs tous un caractère bien trempé ! Aucun ne se laisse faire, ni la jeune fille amnésique, ni le cheval qui l'adore ! Et le mélange des personnages étonne et plaît, seulement je pense que les plus jeunes seront imperméables au sens de l'humour de ce roman qui d'après la fin aura une suite.
C'est un monde unique et magique comme le titre l'indique, mais qui demande un grand effort de concentration pour parvenir à mémoriser tous les détails et toutes les informations donnés pendant la lecture .
 
Chronique de Louve

La Quête d'Ewilan, tome 1 : D'un monde à l'autre de Pierre Bottero

Année d'édition: 2012
Editions : Le livre de poche
Nombre de pages : 281 pages

Quatrième de couverture:
Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l'empêcha de fermer les yeux et elle n'eut pas le temps de crier... Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d'arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t'avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d'achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable...



Camille est une enfant surdouée de 14 ans. Adoptée lorsqu'elle était jeune, elle ne garde aucun souvenir de ses parents biologiques. Avec Salim son meilleur ami, ils sont toujours prêts à vivre de grandes aventures, surtout que leurs parents semblent ne pas soucier de ce qu'ils font. Mais lorsqu'un camion tente de renverser Camille, celle-ci bascule dans un autre univers où elle fait la connaissance d'un chevalier et d'une créature horrible.
De retour dans son monde, elle s'empresse de tout raconter à son ami qui ne semble pas la croire. Et lorsqu'elle l'emmène avec elle dans ce Nouveau Monde, il doit bien avouer qu'elle ne lui avait pas menti.

Très vite, elle va se découvrir des pouvoirs incroyables et surtout qu'elle a une mission à mener sur ce monde et sur le sien.

J'avais beaucoup entendu parler de Pierre Bottero, mais je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire l'un de ses romans. C'est chose faite avec ce premier tome de la trilogie la quête d'Ewilan.

Très vite j'ai apprécié le ton du roman et la plume de l'auteur. Simple et agréable, elle nous emmène dans un monde tantôt médiéval et rempli de créature, tantôt dans le notre avec son lot de souci quotidien. L'univers est assez riche quoiqu’encore très peu exploité du fait que le premier opus est très court. Du coup ce premier tome se lit très vite et très bien.

L'histoire m'a beaucoup plu. J'ai eu plaisir à suivre les aventures de Camille et Salim, ce duo qui détonne et surtout qui surprend puisqu'un lien puissant les unis, eux qui viennent pourtant de deux milieux si différents. J'ai aimé le bestiaire de ce roman tout comme l'utilisation des pouvoirs et la façon dont ils s'utilisent et sont décrits. L'auteur nous peint de très beaux tableaux !
L'intrigue se profile à petits pas et lorsque Camille se voit confier une mission, c'est un tout nouveau tournant que prend le roman, même si cette seconde partie m'a semblé trop courte vu le potentiel qu'elle possède.
Cela faisait longtemps qu'un roman jeunesse ne m'avait pas autant charmée par sa qualité et par son histoire et j'en suis encore toute étonnée ! Autant dire que je compte bien poursuivre la suite, dont les tomes m'attendent bien sagement.

Autre point important à soulever selon moi : le fait que l'auteur n'a rien laissé au hasard. Généralement dans ce genre de roman, le héros disparaît et revient chez lui comme si de rien n'était, mais ici Pierre Bottero n'a pas laissé cette facilité prendre le dessus de son roman et il a su innover en prétextant un kidnapping ce qui donne une dimension plus réaliste à ce roman.

Par contre lorsque je regarde les autres couvertures de ce premier opus, je peux souligner à quel point les éditions le livre de poche ont réveillé tout le potentiel de cette trilogie, dont je n'appréciais pas les autres couvertures qui me semblaient assez fades. (Surtout celle de france loisirs que je trouve hideuse.)

Les personnages m'ont paru sympathiques et attachants. Camille est une jeune surdouée courageuse et qui partage une profonde amitié avec Salim son compagnon de toujours, un jeune métisse qui vit dans une cité. Deux personnages que tout oppose tant dans leur apparence physique que de leur milieu social, mais l'auteur a su leur donner tellement de profondeur, qu'ils semblent tous deux très complémentaires.
Les personnages du monde imaginaire m'ont plus aussi surtout Bjorn, un prétendu chevalier qui va se révéler très maladroit et attachant.

En bref, voici une belle aventure que nous offre l'auteur. C'est frais, léger, magique et pour tout âge ! 


Chronique de Louve

mercredi 14 novembre 2012

Arkem, tome 1 : Yanis, déesse de la mort de Valérie Simon

Année d'édition : 2012
Edition : édition du riez
Nombre de pages : 320
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Née dans la douleur et dans la mort, fille d’un démon de Rhynantes et d’une Princesse des Elfes, elle est l’héritière de deux races qui se haïssent et qui ne cherchent qu’à se détruire.
Élevée dans les mystères d’un culte issu des profondeurs de temps révolus, elle est l’image radieuse de la mort, la réincarnation d’une déesse terrible.
Mais son héritage la tourmente.
Que lui veulent cet elfe, cet oiseau noir bavard, ce magicien troublant, et quels sont ces pouvoirs qui la hantent et qu’elle n’ose deviner ? De la pierre pâle aux reflets liquides qu’elle porte depuis sa naissance, elle ne sait rien, sinon qu’elle a en elle une étrange chaleur, et qu’elles sont liées par une puissance inconnue.
Mais dans la sombre tour de Ragnarok, les forces issues des ténèbres se rassemblent.
Et Raban Siwash, l’Innommable, n’aura de cesse de la rejoindre pour la tuer.

D'abord éditée au Fleuve noir, les éditions du Riez republient ici le cycle d'Arkem que, je dois l'avouer, je ne connaissais pas du tout. Je remercie au passage les éditions du Riez et le forum de Mort-Sûre pour cette belle lecture issue d'un partenariat.

Belle lecture, oui, car j'ai beaucoup aimé ! D'ordinaire, dans la fantasy avec des elfes, des démons, des nains, etc. (ce qui est le cas ici), je suis gênée par deux choses : le mélange des registres épique et lyrique, qui nous distancie énormément des personnages et en fait des figures à peine humaines, ainsi que le manque d'approfondissement des sentiments desdits personnages. Ici, si le style est volontiers lyrique, il est simplement finement ciselé et ne se gêne pas pour aller regarder sous la peau des personnages, nous les faire voir de l'intérieur : et ça, ça change tout.

C'est donc une fantasy très introspective à laquelle nous avons affaire, un roman introspectif, lyrique, et qui retrace une génèse : celle de Yanis, déesse de la mort. L'auteur, pour cela, remonte jusqu'à l'histoire d'amour atypique des parents de Yanis, laquelle est issue de l'union d'un démon et d'une elfe. Je vous avoue, à la première scène décrivant leur histoire d'amour, je n'étais pas du tout convaincue. Et puis... j'ai avancé dans ma lecture, je me suis habituée au style lyrique, et j'ai pu embrasser et la poésie de l'histoire, et les émotions, le tout sans me sentir gênée par le côté lyrique. La plume de Valérie Simon a totalement su me convaincre, que ce soit par la maîtrise des glissements sémantiques et des figures de styles complexes, ou par la manière dont elle amène l'action, par petites touches subtiles et progressives.

Yanis, à la fois elfe, démone et déesse, aurait pu être un personnage complètement imbuvable, ce qui n'est pas le cas ici. Oh, elle est bien tête à claques des fois, à la fin du roman, mais c'est alors une ado, donc son côté tête à claques est parfaitement normal. ;p

L'univers décrit est relativement simple, d'un point de vue politique, mais très riche d'un point de vue culturel. Et si l'on suit principalement Yanis, et qu'on le découvre à travers elle, on n'en est pas moins tour à tour surpris, charmé, inquiété, intrigué, etc. L'univers n'est pas extrêmement original mais il est très bien mis en place, d'une manière personnelle et propre à l'auteur, et c'est un plaisir que de le découvrir. Le contexte dans lequel évolue Yanis est très violent, très sombre, mais l'auteur parvient à nous montrer la beauté dans la noirceur.

En somme, une belle découverte, pour moi, de ce qui est apparemment un classique de la fantasy francophone, ou tout du moins une référence importante. Je ne peux que vous encourager à lire ce roman qui, tout en rejoignant les codes de la fantasy, a su s'en éloigner pour ne pas tomber dans les clichés éculés. ^_^


Ma chronique blog : http://sffffrancophone.blogspot.fr/2012/11/valerie-simon-cycle-darkem-14.html

Chronique de GabrielleTrompeLaMort

lundi 12 novembre 2012

Bal de givre à New York de Fabrice Colin

Année d'édition: 2011
Editions : Albin Michel Wiz
Nombre de pages : 293
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture:
Anna Claramond ne se souvient plus de rien.
Seul son nom lui est familier. La ville autour d’elle est blanche, belle, irréelle. Presque malgré elle, la jeune fille accepte les assiduités du beau Wynter, l’héritier d’une puissante dynastie. Bal de rêve et cadeaux somptueux se succèdent avec lui mais Anna sent que quelque chose ne va pas. Qu’elle est en danger. De plus, des indices et des messages sont semés à son attention par l’insaisissable Masque, un fugitif recherché.
Qui est son ennemi, qui est son ami ? Anna sait qu’elle doit se souvenir. Mais que lui réservera sa mémoire une fois retrouvée ?
 
 
Un livre qui me tentait depuis bien longtemps… Dès qu’il est sorti, il a commencé à me faire de l’œil. Une couverture énigmatique, un résumé plein de charme… tout ne portait qu’à une future bonne lecture ! Alors après l’avoir enfin eu (merci à Louve et aux éditions Le livre de poche), je l’ai lu avec délectation. Quand on plonge dans ce livre, on y va doucement, comme dans un bain chaud… mais celui-ci est pourtant quelque fois glacial. Une ambiance douce et froide en même temps, de mystère, et une fin détonante ! Un livre à découvrir absolument !

Anna se réveille au milieu d’un boulevard. Elle a oublié pourquoi elle est là. Devant elle s’ouvre un New York beau, glacial, fascinant, fait de verre et de rêves… Un New York qui est pour elle, créé par son père. Mais où sont ses parents ? Qui est ce mystérieux jeune homme dont elle tombe peu à peu amoureuse… et ce Masque ?

L’ambiance de ce livre est réellement envoutante. On s’immerge dans un univers plein de froid, mais plein de beauté, de mystère, d’étonnement. Magique et charmant, ce monde qui s’offre à nos yeux est merveilleux. Une perle de nacre, au milieu d’une étendue de neige, qui raconte une histoire originale… jusqu’à une fin inattendue… totalement inattendue !

Tout ça est d’une telle beauté grâce au magnifique style de Fabrice Colin. Chaque mot est doux, choisi avec soin. Chaque phrase belle et bien tournée. Chaque chapitre rythmé, et étonnamment plein d’élégance également. L’histoire évolue, notre Anna marche vers son destin qui semble glorieux, et l’auteur décrit tout cela avec tact et un délicat ton poétique.
On a affaire à une héroïne perdue, à qui on s’attache facilement. Au milieu d’une ville qu’elle ne reconnait pas, d’un univers beau mais glacial et de personnes qui la déstabilisent, elle a besoin de force et on essaye de l’aider. Une jeune fille pleine de charme, intelligente et qui ne demande qu’à être aimé… c’est une héroïne qui ne laisse pas indifférente.

Le florilège de personnages qui l’entourent m’a charmé… m’ont étonné. Un jeune homme attachant, aimant et romantique… mais mystérieux ? Un kidnappeur qui l’est tout autant, dans un autre sens, assez effrayant, et qui fait la une du journal chaque jour. Un majordome étrangement magicien, et plein de ressources, attachant mais étonnant. Une vieille dame qui ne cherche qu’à aider… mais qui parait étrangement bien insistante. Bref, des protagonistes pour la plupart mystérieux, mais aussi attachants au milieu de cette ambiance de doutes, d’incertitudes, de froid…

C’est donc un livre qui m’a vraiment plu : un coup de cœur ! Un style parfait, une ambiance terriblement jolie et étrange, des personnages qui le sont tout autant pour insister sur la gène qui nous embrouille… un livre que je conseille à tous ! Vraiment, une pépite pour bien commencer la fin de l’année qui promet d’être froide… Un sibyllin conte d’hiver.
 
Chronique de Lavoixdulivre


La Fille des Clans, tome 1 : Balafrée de Michel Robert

Année d'édition : 2012
Edition : pocket
Nombre de pages : 576
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Balafrée n'oublie rien. Ancienne esclave, la fille des Nashaïs se souvient de la mort de sa mère. Elle se souvient aussi du meurtrier, et dans quelles circonstances elle a gagné son surnom. Balafrée n'oublie rien, non. Une mémoire qui fait d'elle une impitoyable guerrière des Clans sauvages, tant l'ensemble de son être se résume en un mot : vengeance. Ici s'ouvre son histoire.




Je remercie avant tout les éditions Pocket, ainsi que le forum Mort Sûre pour encore une fois un partenariat très agréable.
Je ne connaissais pas du tout cet auteur, et j’ai été agréablement surprise devant son roman qui se dévore avec beaucoup de plaisir. Il nous offre ici un premier roman d’une saga avec une héroïne qui a un passé douloureux. Dans « Balafrée », il nous offre un monde totalement atypique par rapport aux autres œuvres, puisqu’ici, il s’agit d’une guerre entre les humains qui sont les méchants, et les autres castes de la population : les elfes, les orkhais, les nains, les sargoths, les trolkhs…qui sont réunis face aux oppresseurs. Habituellement, dans d’autres romans, certaines de ces castes se détestent au plus haut point alors qu’ici il en est fait abstraction. Chacun de ces peuples possède une particularité propre, et ils usent tous de forces surnaturelles et de magies et pouvoirs.

Revenons à notre héroïne qui pendant longtemps a été tenue prisonnière dans un camp humain, ou elle a vu sa mère subir des viols, des tortures… et a elle-même subit des violences d’où son surnom provenant de cette balafre qui la distingue. Arrivant à s’échapper, et à être secourue, elle entre d’abord comme novice dans une armée, pour ensuite rencontrer des vestales qui vont lui apprendre à gérer plus ou moins ses sentiments et à utiliser certains pouvoirs dans un but précis. Elle rejoindra donc après le groupe des bannis : ces êtres qui ont chacun commis un forfait quel qu’il soit et qui sont envoyés sur des missions dangereuses. Elle devra en tant que femme bien sûr y faire ses preuves devant ses nouveaux compagnons. Que dire de son caractère : c’est une jeune femme qui puise ses sentiments dans la colère qu’elle a accumulé durant ses années de captivité. Elle est entêtée, coléreuse, fière, courageuse, c’est une vrai guerrière qui est prête aussi au sacrifice pour aider ses compagnons, et elle cache aussi je trouve sa féminité derrière tout cela.

Michel Robert n’entre pas spécialement dans le détail face aux personnages, mais il nous les décrit hauts en couleurs, en caractère. Il intègre parfaitement bien les scènes de combats avec une atmosphère oppressante, ces chapitres sont courts, le rythme est soutenu efficace, rien n’est ennuyeux et tout nous entraine dans cette histoire d’aventure, d’action, de fantasy, et il y instille même quelques scènes de sexe qui font aussi parties de la vie de l’héroïne.

Ce roman n’est pas forcément un coup de cœur comparé à d’autres que j’ai pu lire dans cette catégorie, pour ma part il manque quand même de profondeurs quant aux personnages, et l’histoire reste assez simple, de par les dialogues et les actions qui en découlent, mais j’ai été absorbée dans l’histoire, dans les sentiments de cette héroïne hors norme, et dans l’intrigue de l’aventure. Il ne me reste donc plus qu’à suivre la suite des aventures de « Balafrée »

Chronique de Cesnat

La ville des enfants perdus de Jennifer McMahon

Année d'édition : 2012
Edition : le livre de poche
Nombre de pages : 312
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Après le kidnapping d’une petite fille par un individu déguisé en lapin, les recherches font remonter d’autres disparitions antérieures. Le côté sombre des adultes, les vilains secrets de famille remontent à la surface, les masques tombent... 

 Ce thriller se déroule sur deux époques : le présent en 2006 et le passé en 1993. On suit deux affaires : la disparition de la petite Ernie qui se passe dans le présent et les disparitions de Lizzie en 1996 et son père en 1993.
Un roman sympathique mais qui je pense j'oublierais vite. J'ai trouvé que par moment le rythme se ralentissait surtout les retours dans le passé. De plus certains retours ne font pas du tout avancé l'intrigue. Le suspens traine mais la fin rattrape un peu l'ensemble. L'histoire qui se déroule dans la passé, on se doute de ce qui a pu se passé, c'est trop prévisible. Par contre j'ai été surprise par la fin de la disparition de la petite Ernie. Je ne m'attendais pas du tout à ces coupables mais la raison de la disparition je l'ai trouvé un peu tiré par les cheveux, pour ne pas dire ridicule. La police est quasi inexistante tout au long du livre et je dirais même incompétente surtout quand on voit avec quelle facilité Rhonda trouve l'endroit où "le lapin" emmenait Ernie pendant la journée alors que la police ne découvre cette endroit qu'à la fin du livre et encore je suis en train de me demander s'ils l'ont trouvé...

Côté personnages, nous avons Rhonda, c'est elle qui mène les enquêtes pour savoir où est passée la petite Ernie et aussi pour enfin savoir où est passé sa meilleure amie Lizzie. Je ne suis pas arrivée à m'attacher à elle, c'est surement du au faite que le personnage n'a pas été assez approfondi.
Peter, le frère de Lizzie, j'ai trouvé qu'il avait des réactions assez bizarres, j'ai trouvé qu'il ne prenait pas les bonnes décisions d'en sa façon d'agir.
Warren, un jeune homme qui est venu pour aider à retrouver la petite Ernie, il devient l'ami et confident de Rhonda et il essai de l'aider à mener son enquête.
Lizzie, la meilleure amie de Rhonda, nous la voyons que dans la partie du passé. Au départ c'est une jeune fille joyeuse, pleine de vie et tout doucement nous la voyons sombrer dans un comportement de plus en plus bizarre.

La plume de l'auteur est simple, on rentre assez facilement dans l'histoire, le retour dans la passé se fait facilement.

Pour conclure un roman sympathique mais ce n'est pas ce style de thriller que j'apprécie. Je le conseille aux lecteurs qui aiment les enquêtes menaient par des particuliers et non par la police et surtout pour ceux qui aiment les thrillers gentillets.

Ma note : 6/10

Chronique d'Alexia 

La Trilogie De l'Héritage, Tome 1 : Les Cent Mille Royaumes de N.K. Jemisin

Année d'édition : 2012
Edition : le livre de poche
Nombre de pages : 456
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Mon nom est Yeine et j'ai dix-neuf ans. Je suis membre du peuple darrène, au nord des Cent Mille royaumes. Une barbare. Il y a un mois, ma mère a été assassinée. Elle était l'héritière des Arameris, la plus puissante famille du monde. Ce matin, j'ai reçu un message de l'empereur, mon grand-père : une invitation à venir séjourner à Ciel, le palais familial. Plus qu'une invitation, un ordre. Je veux découvrir pourquoi ma mère est morte. Même si on ne revient jamais de Ciel.




Je souhaiterais avant tout remercier les éditions Le livre de poche de m'avoir permis de découvrir ce roman. Il ne me manquait seulement qu'un petit quelque chose pour que je puisse dire que ce premier tome est un coup de coeur, mais dans l'ensemble je l'ai vraiment apprécié.

Le style de l'auteur est très fluide, les phrases courtes qui se suivent bien. C'est un roman qui se lit relativement rapidement, car on entre dans l'histoire et on ressent rapidement un engouement qui fait en sorte qu'on est incapable de déposer le livre. Il y a une sorte de magie dans ce roman, un mystère qui plane dans ces pages qui rend le lecteur dépendant du livre. Sur la quatrième de couverture on mentionne que le roman a gagné deux prix et je crois que c'est très bien mérité.

Il est rare dans mes chroniques que je mentionne que le point fort de l'auteur est les personnages, mais dans ce cas-ci, c'est inévitable de s'attacher à l'héroïne, mais aussi aux dieux qui gravitent autour d'elle. Yeine est une jeune femme qui se voit dans l'obligation de quitter son peuple pour rejoindre le palais de son grand-père ou elle devra participer à la cérémonie de succession au trône de celui-ci. Cependant, à son arrivée au palais, elle découvrira de nombreux secrets sur la famille de sa mère, notamment les raisons qui ont causé sa mort. C'est une femme forte de caractère qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense et qui sait se battre comme une vraie barbare on pourrait dire. Mais elle a aussi l'avantage de savoir se taire quand c'est le moment. Sa cousine Scimina est une vraie vipère. Elle n'a aucune gentillesse en elle et fait tout pour nuire à Yeine. Les deux personnages que j'ai préférés ce sont les dieux Nahadoth et Sied. Le premier est le seigneur de la nuit. Je le qualifierais de prédateur au coeur tendre, car il parait menaçant, mais il joue un rôle important auprès de Yeine. Sied, quant à lui, m'a charmée par son coeur d'enfant, sa tendresse et sa naiveté. Il sait cependant tenir des propos matures qui surprennent. J'ai adoré le concept des sphères de couleur dans sa chambre. Les personnages sont si bien caractérisés qu'on arrive à ressentir leurs émotions et à se les imaginer mentalement. On ressent la souffrance par moment, tout comme la nostalgie et l'inquiétude. Nombreux sont les moments forts dans ce roman qui n'impliquent que des discussions, mais qui ont le pouvoir de venir chercher le lecteur.

Ce roman de fantasy s'éloigne énormément de tous les romans que j'ai pu lire dans le genre. On est loin des guerres sauvages entre soldats ou des promenades dans le bois. Bien qu'il y ait de l'action à l'intérieur des murs du palais, elle n'est pas proéminent dans ce roman. Il constitue plutôt un mélange de fantasy avec la mythologie. L'histoire des dieux, de leur naissance à aujourd'hui est omniprésente tout au long des pages. C'est une façon pour l'auteure de nous faire connaître, à travers leur histoire, les réponses aux questions que Yeine se pose au sujet de sa mère. Cependant, il faut être en mesure de se rappeler les liens entre les personnages pour comprendre vraiment l'essence de l'histoire. L'intrigue peut paraître complexe par moments, car il y a des passages qui fournissent beaucoup d'informations en même temps et il faut ramer pour rattrapper des éléments du début qu'on pourrait avoir oubliés. Cependant, j'ai adoré l'intrigue de ce premier tome. Elle se différencie des autres romans du même genre et apporte une facette mythologique très intéressante.

Je conclus en disant que ce que j'ai le plus apprécié c'est la présence des personnages et leur implication dans l'intrigue. La narratrice est Yeine et comme c'est l’héroïne, un narrateur présent a toujours plus de poids.

Ce que j'ai le moins aimé c'est d'avoir à revenir en arrière, car j'ai loupé des moments importants de l'intrigue qui ont fait en sorte que mes liens étaient parfois erronés. Même si on voudrait lire le roman rapidement, car on s'embarque facilement dans l'histoire, je conseille de vous méfier, car chaque détail est important autrement vous risquez de vous perdre. De plus, Relad, le frère de Scimina est pratiquement absent dans ce premier tome. J'espère en apprendre plus sur lui dans les prochains, car il fait une brève apparition au début, mais qui est lourde de mystère...

Une saga à lire absolument!  

Chronique de Salsera15

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Yeine a dix-neuf ans et est la dirigeante des Darrènes, un peuple considéré comme barbare. Les Arameris, un peuple puissant, contrôle les Cent Mille Royaumes. Sa mère, la fille du chef de cette famille puissante, s'est enfuie de Ciel, le palais et la ville (ils portent le même nom), pour épouser un Darrène, ce qui a provoqué sa disgrâce. Yeine n'a donc pas été élevée comme une Aramerie et n'a que faire de cette famille jusqu'au jour où son grand-père la somme de venir vivre à Ciel. Yeine va découvrir un autre monde. Il y a des années, les Dieux se sont fait la guerre et un seul est sorti vainqueur, Itempas. Il a fait des autres Dieux des esclaves à l'apparence humaines, qui doivent obéir aux Arameris. Yeine se retrouve donc catapultée dans l'univers fermé des Arameris, tous plus sadiques les uns que les autres. Alors qu'elle doit apprendre les coutumes, elle s'engage dans la guerre à la succession bien malgré elle. De plus, les Dieux déchus et prisonniers comptent sur elle pour les libérer... et peut-être déclencher une deuxième guerre des Dieux. Dans les deux guerres, il est prévu qu'elle meure.

J'ai eu un peu de difficultés lors de la lecture des premières pages. Rendu à la page 32, je me suis rendu compte que je n'avais probablement pas tout saisi et j'ai recommencé. Cela vient-il de moi? Peut-être n'étais-je pas tout à fait concentrée, mais j'ai quand même trouvé le début un peu compliqué. Malgré cela, il n'a pas fallu longtemps pour que je m'immerge complètement dans le récit.

Yeine est une jeune femme déterminée, qui n'a pas froid aux yeux. Elle ne comprend pas tout, elle non plus, elle cherche des réponses sur sa mère. Deux Dieux sont particulièrement présents. Sieh est le dieux du jeu et de la ruse. Ayant perpétuellement l'apparence d'un enfant, il en a une certaine innocence, l'amour et la cruauté des enfants. Nahadoth, Dieu de la nuit, est le plus dangereux des Dieux. Yeine se prend d'affection pour Sieh et de passion pour Nahadoth, même si celui-ci peut la conduire à la mort. Il y a plusieurs autres personnages, pour la plupart cruels, mais Yeine réussi à avoir quelques alliés. Malgré tout, elle ne peut pas vraiment avoir confiance en personne. La plupart servent leurs propres intérêt et c'est ce qui rend les personnages aussi intéressants (à défaut d'attachants!). Comme Yeine, on ne sait plus ce qui est vrai ou ce qui n'est qu'une ruse. Le monde dans lequel elle vit est brutal, sanguinaire et c'est chacun pour soi.

Le récit est construit de telle manière que ce fut comme si Yeine nous contait son histoire après coup. Elle commence sur sa lancée, puis il y a quelques digressions avant qu'elle ne se reprenne et continue sont récit. Plusieurs fois, il y a de courts passages où on semble être hors du temps narratif, comme si Yeine nous contait quelque chose qui se passait "maintenant", avant de revenir à son récit, sans qu'on sache ce qui se passe réellement et à qui elle s'adresse lors de ces moments. C'est un peu déroutant, mais à la fin on comprend mieux à quoi ces passages font référence.

La fin est extraordinaire! Même si ce livre est le premier tome d'une trilogie, on a une vraie fin, ce que j'ai beaucoup apprécié! Les passages quelques peu compliqués (pas juste le début, il y en a trois ou quatre que j'ai dû relire pour bien comprendre) ont empêchés ce livre d'être un coup de coeur, mais je remercie le Forum Mort-Sûre, car c'est un excellent livre de Fantasy!

Chronique de Se1ena