dimanche 17 avril 2016

L'Epouvanteur, tome 12 : Alice et l'Epouvanteur de Joseph Delaney

Année d'édition : 2016
Edition : bayard
Nombre de pages : 306
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Afin de détruire le Malin, Thomas Ward doit accomplir un dangereux rituel à la fête d'Halloween. Pour cela il possède deux armes sacrées et en cherche une dernière, une lame nommée Douloureuse, cachée dans le repaire du Malin. Alice doit la récupérer, et donc retourner dans le monde de l'Obscur. En danger permanent, la jeune sorcière remonte les traces de son mystérieux passé.








Après 12 romans, on pourrait penser que l'histoire de Joseph Delaney commencerait à s’essouffler, à tourner en rond ou à se répéter, mais ce n'est absolument pas le cas. En effet l'auteur sait donner une nouvelle dimension à son intrigue en laissant la narration à des personnages qui jusque là n'étaient que secondaires. Alors je tiens à dire un grand merci au forum Mort-Sure et aux éditions Bayard Jeunesse pour ce partenariat qui s'est révélé être un superbe coup de cœur.

Alice est une jeune sorcière que j'adore depuis sa première apparition dans la vie de Tom. Et même si elle est un personnage récurant dans la série, la demoiselle reste malgré tout assez mystérieuse... jusqu’à ce qu'un tome lui soit entièrement consacré. Ici le voile se lève et c'est juste un pur régal! Car Alice et l'épouvanteur n'est pas seulement la suite de la guerre contre le Malin qui menace le monde, mais aussi l'occasion de plonger dans les souvenirs et les épreuves traversées par l'apprentie sorcière avant qu'elle ne rencontre John Gregory et Tom. J'ai donc retrouvé avec plaisir des personnages qui ont marqué les différents romans : Lizzie l'osseuse, Bill Arkwright, Grimalkin, le Malin lui même, Morwène,... Et ce retour dans le passé donne vraiment de l'ampleur à toutes les péripéties des tomes précédents. Génial!

Mon coup de coeur pour le personnage d'Alice n'a fait que se confirmer dans cette lecture. Courageuse mais pas sans failles. Extrêmement têtue et bornée quand elle a une idée en tête au risque de se mettre en danger pour aider les plus faibles ou les personnes qu'elle aime. Et tellement puissante! Quelle surprise de découvrir son secret. Whaou. Je ne l'avais pas vu venir... Mais cela explique énormément de choses et laisse planer le doute quand à la suite des événements. Lumière ou obscur? Quel sera l'avenir d'Alice? Difficile à dire.

Comme toujours l'ambiance est assez sombre, sanguinolente et écœurante. Entre Lizzie qui décapite des rats à pleine dents pour savourer le pouvoir qu'elle obtient par leur sang, Belzébuth le seigneur des mouches qui aime torturer ses ennemis en leur faisant gober ces insectes et une araignée géante qui se nourrit de sang pour prévoir l'avenir... Beurk! Mais je ne peux que saluer la maîtrise de l'auteur pour savoir garder un bon équilibre entre action et horreur pour les jeunes lecteurs.

Il me tarde de pouvoir découvrir le fin mot de cette histoire même si ce sera avec nostalgie que je refermerai la dernière page de cette série. 

Chronique de Yezahel

lundi 11 avril 2016

La vérité sur Alice de Jennifer Mathieu

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket jeunesse
Nombre de pages : 201
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Au lycée de Healy, la vérité est une question de point de vue.
Alice Franklin est une traînée. Tout le monde le sait. C'est forcément vrai puisque c'est écrit partout sur les murs du lycée.
On dit qu'elle a couché avec deux garçons d'affilée...
Tout le monde a sa vérité sur Alice : son ancienne meilleure amie, son admirateur secret...
Quelle sera la vôtre ?











Voilà un livre qu’il faut lire sans en lire le résumé, un livre très court qui traite des rumeurs.

Pour tout le lycée, Alice est une trainée. Elle aurait couché avec deux garçons lors de la même soirée et l’un d’eux est récemment décédé dans un accident de voiture.

Cette lecture est construite d’une manière que je n’ai jamais appréciée, la multiplication des points de vue de nombreux personnages différents de l’histoire. Malgré tout, c’est ce qui fait la subtilité de ce roman.

Tout au long de la lecture nous sommes confrontés à différents point de vue qui mettent tous en scène Alice.

Nous avons le point de vue de sa meilleure amie, celui de son admirateur, ou encore celui de personnes qui ne l’aiment pas ou la connaissent à peine.

Elaine, la fille la plus populaire du lycée, s’en donne à cœur joie pour répandre les rumeurs Alice qu’elle n’aime pas particulièrement car c’est avec son petit ami que cette dernière aurait couché lors d’une soirée. Son témoignage n’est pas tendre tout comme celui de Kelsie, soit disant la meilleure amie d’Alice, mais qui passe son temps à la rabaisser ou la décrédibiliser.

Chaque personne à sa vérité sur Alice, bonne ou mauvaise, vraie ou fausse. Toutes ses rumeurs fondent l’histoire mais tout au long de la lecture nous ne savons pas quelle rumeur dit la vérité… C’est là tout le suspens du roman qui prend fin au dernier chapitre.

Cependant, malgré toutes ses rumeurs, le plus révoltant reste l’indifférence des adultes, surtout de la mère d’Alice quasiment toujours absente.

Pour ce qui est de l’intrigue, c’est réellement la multiplication des rumeurs et des points de vue qui la tient en haleine jusqu’à la fin, et c’est ce qui fait que le lecteur reste captivé jusqu’à la dernière page.

Quant à la plume de l’auteur, elle est égale à l’histoire et aux personnages qui la raconte, simple et sans fioriture, les chapitres sont courts et denses en informations sur Alice.

Ce roman est une véritable morale pour les jeunes adultes. Il montre à quel point les rumeurs, les mensonges et la vengeance des autres peut entrainer la perte d’une personne.

C’est une histoire à ne pas prendre à la légère car on en entend toujours parler de nos jours.

C’est grâce à des lectures de genre qu’on se rend compte à quel point des rumeurs de ce type peuvent prendre des proportions gigantesques.

En résumé, on pourrait qualifier ce roman d’histoire vraie tellement il transpire la réalité actuelle, et c’est surtout un roman qui fait réfléchir…

Un grand merci aux Forums Mort Sure ainsi qu’aux Editions Pocket Jeunesse pour cette découverte, je ne regrette pas ma lecture que j’ai beaucoup appréciée même si le sujet est délicat !

Chronique de babynoux

Love Game, tome 3 : Tamed de Emma Chase

Année d'édition : 2016
Edition : pocket
Nombre de pages : 312
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Dans ce troisième volume de la série Love game, nous revenons à l'époque de Love game 1 [Tangled] mais cette fois-ci nous découvrons l'histoire qui se noue entre Matthew, le meilleur ami de Drew et l'excentrique Delores, la BFF – Best Friend Forever – de Kate.

Lorsque Matthew tombe sous le charme extravagant de Delores, il sait immédiatement que cette femme est spéciale... À l'inverse, Dee Dee est persuadée que Matt est encore l'un de ces hommes qui va la séduire et la laisser tomber aussitôt...

Dans ce troisième volume, toujours aussi drôle que sexy, Matthew - l'homme qui ne pensait pas tomber amoureux - nous confie comment tout est arrivé... de la passion à la naissance de son amour. Découvrez ce que les hommes pensent vraiment !




Je vais dire que j’ai de la chance pour ce partenariat, car j’ai souhaité découvrir cet auteur et j’ai directement commencé avec le T3 de la saga ! Mais ouf, après vérification, le tome 3 n’est pas la suite des deux premiers donc cela ne n’a pas gêné ma lecture !



Ce livre est différent des « romances » que je lis habituellement, car ici c’est Matthew qui raconte son histoire ! Oui, un homme ! J’ai plus l’habitude de suivre les histoires du côté des femmes mais pourquoi pas, cela va changer un peu !

Matthew n’est pas un homme à tomber amoureux… en effet, il vit très bien avec des relations d’un soir et attend, tranquillement de trouver l’Amour, si il le trouve… il mène donc une vie sans contrainte.



Quand il croise Dolores, ce n’est pas le coup de foudre, mais une puissante attirance qui les réunit. Dolores, comme Matthew ne s’interdit rien et mène donc une vie faite de relations d’un soir. Mais l’alchimie entre les deux protagonistes est forte, et Matthew se rend compte qu’il souhaite une relation plus poussée avec Dolores… et pour une fois, ce n’est pas l’homme qui fuit, mais la femme !



J’ai adoré Matthew ! en effet, malgré son passé de garçon à aventure, il sait quand il a rencontré une femme qui en vaut la peine et fait tout pour elle ! J’ai adoré ce personnage car il est finalement profondément romantique et veut vivre un amour partagé, malgré des déconvenues passés.

Je suis plus mitigé sur Dolores car je l’ai trouvé vraiment soupe au lait, et prompte à des réactions disproportionnées.



En fond de cette histoire, nous suivons de loin l’histoire de Love Game 1, il va falloir absolument que je lise maintenant !

C’est donc avec ce tome 3 que j’ai découvert l’auteur, et j’ai apprécié son style. Il y a beaucoup de sexe, cela m’a un peu gêné, mais je pense qu’il faut que l’on s’y habitude car les romances du moment en son rempli. A part cela, j’ai apprécié suivre les pensées de Matthew, et son questionnement sur l’amour… Matthew s’adresse parfois directement aux lecteurs ce que j’ai trouvé sympa.



Les personnages secondaires sont assez nombreux, et nous allons les retrouver dans les autres tomes, notamment Kate et Drew qui sont les « héros » de la saga ! mais nous rencontrons également les parents de Matthew et j’avoue que j’ai beaucoup rit en lisant leurs échanges ! Je vous ai d’ailleurs mis un extrait d’une conversation entre Matthew et sa maman ! Tout simplement extraordinaire !

J’ai d’ailleurs lis ce roman un jour de ma pause déjeuner, avec un collègue qui lisait le journal à côté de moi et il a été surpris de me voir rigoler toute seule devant mon livre !




Extrait
-Est-ce que c’était… un problème sexuel?

mon morceau de poulet se loge dans mon œsophage. Je frappe mon torse pour le déloger, mais ma voix reste un peu rugueuse.

(…)

-Non, maman, c’était nickel sur ce plan.

-T’es sûr? parfois les femmes ne sont pas à l’aise pour exprimer leur besoins…

Hopla, non, il faut que ça cesse tout de suite.

-… communique leurs désirs. Mon club de lecture, ce mois-ci, parle précisément de ce sujet? Cinquante nuance de Grey. Est-ce que tu veux que je te le prête, Matthew?

Je vois une longue gorgée d’eau.

-non, je le connais déjà maman, merci.

Par contre, le fait que ma chère, douce et tendre mère, le connaisse, je suis certaine que ça va me faire faire des cauchemars.

Elle me met gentiment sa main sur la mienne.

-Très bien. Tu me diras si tu changes d’avis. Ce monsieur Grey a vraiment plein d’idées sur ce qu’on peut faire avec une cravate.




Un tome 3 que j’ai beaucoup apprécié et qui me donne envie de découvrir toute la saga (que je viens d’ailleurs de me procurer en format epub) ! J’ai beaucoup aimé l’idée que le narrateur soit masculin et outre l’amour, le sexe, l’amitié, l’humour est très présent et j’ai passé un excellent moment à cette lecture !

Merci Louve !

Chronique de Roxou

Territoires de Olivier Norek

Année d'édition : 2015
Edition : pocket
Nombre de pages : 400
Public visé : Adulte

Quatrième de couverture :
Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L'exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables.
Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d'à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé... et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution.
Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ?



 Ce livre, j'avais lu une chronique quelques mois plus tôt, et je dois dire qu'il me tentait. Mais bon essayant de limiter un peu mes achats je ne suis jamais allée le chercher.

N'ayant pas lu le premier livre de l'auteur, celui-ci m'a donc permis de découvrir la plume de l'auteur et je dois avouer que je l'ai particulièrement apprécié, elle est efficace, bluffante et l'auteur maitrise parfaitement le sujet.

Dès le début, nous sommes donc plongé dans l'action, en plein 93 à Malceny, au cœur d'un trafic de drogue. Très vite on s'aperçoit que dans ce milieu, les jeunes, les dealers etc s'auto-affranchissent des lois, ils créent même leurs propres lois et quiconque les transgressent risque la mort. J'ai beaucoup aimé le sujet de ce roman, car en effet Malceny n'existe certainement pas, mais en revanche cette situation est celle bien réelle des cités de Paris ou d'autres villes comme Marseille où les dealers font régner la terreur.

Nous allons donc accompagner Coste dans chacune de ses enquêtes, la différence entre lui et le lecteur ? Ce dernier aura toujours une longueur d'avance puisque l'alternance des points de vue chapitre après chapitre permet au lecteur de connaitre les liens entre les meurtres mais surtout les relations qui naissent entre chaque protagoniste. J'ai trouvé cela un peu déstabilisant par rapport à tous les thrillers que j'ai pu lire, car ici on a envie de hurler aux enquêteurs mais faites ceci plutôt que cela etc. On est impuissant face à l'avancé de l'enquête et aux choix des enquêteurs et c'est ça que j'ai trouvé déstabilisant !!!

Pour ce qui est des personnages, ils sont assez nombreux et au début j'ai eu un peu de mal à retrouver qui était qui, et parfois même qui était une femme ou un homme ... oui bon j'ai tendance à avoir une courte mémoire donc ne m'en voulez pas :) Par contre, j'ai vraiment trouvé génial de voir au fil des pages des relations se crées, des relations souvent assez improbables, de part la place de chacun dans la société ... je n'en dis pas plus, je vous laisse le découvrir !!


En conclusion

Drogue, deal, corruption, manipulation, la terreur, la cité et ses problèmes sont donc les sujets abordés dans Territoires. Un thriller vraiment passionnant qui nous tient en haleine tout au long de l'histoire.

Chronique de Lovereadandbooks

Au premier chant du merle de Linda Olsson

Année d'édition : 2016
Edition : L'archipel
Nombre de pages : 300
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Déception sentimentale ? Lassitude de vivre ? Élisabeth Blom s’est retirée du monde. Sitôt installée dans sa résidence de Stockholm, elle a débranché la sonnette et fermé sa porte à double tour. Porte à laquelle Elias, son voisin, se décide un jour à frapper, pour lui remettre son courrier. Car lui aussi s’appelle Blom… Cet incident sortira-t-il Élisabeth de sa pénombre ? Ou faudra-t-il attendre un drame – et l’intervention inattendue d’Otto, libraire à la retraite – pour faire entrer la lumière dans son appartement ? Au seuil de l’été nordique, le chant du merle annonce les beaux jours. C’est le thème, vibrant, de la partition nouée par Linda Olsson pour ces trois solitudes. Éloge du premier pas, ce récit d’une rééducation sentimentale est aussi une invitation au voyage nommé lecture.


« Au premier chant du Merle » est un roman magnifique, d’une douceur infinie évoquant la reconstruction de trois âmes esseulées ensemble à travers la lecture et l’art visuel et auditif. L’auteure a parfaitement su raconter la solitude extrême qui peut toucher n’importe qui, à n’importe quel âge et pour plusieurs raisons différentes :  un handicap pour l’un, une rupture pour un autre, l’absence d’amour pour le dernier. Un hymne à l’amour, à l’espoir et bien évidemment à l’art !

Elias Blom est un artiste talentueux, illustrateur de talent, de l’or dans les mains qui traîne depuis sa jeunesse un handicap ; il est dyslexique. Elisabeth Blom vit dans le noir, sans un bruit, extérieure au monde qui l’entoure avec pour seuls repas des sachets de soupes lyophilisés. Otto est un vieil homme, veuf depuis presque vingt ans, amoureux des livres mais qui se sent profondément ancré dans sa solitude. Et puis un jour, le facteur se trompe de destinataire pour une lettre, Elias tente alors un contact avec cette voisine que l’on n’entend pas et que l’on ne voit pas. De là, des échanges littéraires naissent, des amitiés se renforcent,  avec au cœur un projet autour du Merle dont dans le chant résonne l’espoir effaçant la solitude.

Difficile de trouver les mots pour décrire ce que l’on ressent à cette lecture, toute en simplicité certes, mais qui véhicule énormément d’émotions, de sentiments, il initie à la réflexion  sur la solitude mais aussi sur ces liens qui tendent à la détruire : l’amitié, l’amour, le sentiment d’exister pour quelqu’un d’autre. Linda Olmesson a une plume absolument fantastique parce qu’avec poésie et énormément de tendresse, elle dresse le portrait de trois personnes isolées chacun dans leur détresse, et qui grâce à une erreur épistolaire et une violente agression se lient les uns aux autres. Ce roman, c’est aussi une ode à la lecture car les échanges des uns et des autres, notamment Elizabeth et Otto qui ont un nombre incalculable de livres et qui savent parfaitement les choisir pour exprimer ce qu’ils ressentent, sont alimentés par la transmission d’œuvres littéraires. Otto raconte chaque semaine un livre à Elias qui ne peut les lire sans grande difficultés à cause de son handicap, Elizabeth offre des ouvrages pour exprimer ce qu’elle ressent, elle ne parle pas beaucoup et prend le temps de se livrer peu à peu.

L’évolution des personnages est probablement le plus intéressant et finalement ce qui compte dans ce livre. Elizabeth est recluse dans son appartement, seule, fuyante, ne cherchant aucun contact extérieur, on ne sait pas vraiment ce qui lui est arrivée, pourquoi elle se laisse aller comme ça et est sujette à des visions d’une Dame en vert. Elle s’ouvre peu à peu à Elias mais surtout à Otto. Ce dernier vit seul depuis plus de quinze années, il se rend compte que sa vie maritale n’a pas été très réussie avec une femme froide dont il n’était pas proche, cet immigrant autrichien ne sait finalement pas ce qu’est l’amour et cela le désole. Entre eux, il y a Elias, ce jeune homme, qui a déjà noué une amitié sincère avec le vieil homme et qui se met à penser à cette voisine, à l’imaginer et de là naît une idée, des illustrations, qui le transportent, une œuvre qui exprime autant de tristesse que de beauté, mais encore faut-il l’écrire et ça Elias en est incapable…

Si je devais retenir un défaut sur cet ouvrage, c’est probablement cette fin ouverte qui m’a laissé perplexe avec une pointe d’angoisse dans le cœur… Je l’ai d’ailleurs lu plusieurs fois pour être sûre. Je suis incapable de dire si ça finit bien ou pas mais les deux dernières pages laissent planer le doute. L’auteure a probablement décider de laisser le choix au lecteur, de le laisser imaginer l’avenir de ces personnages après avoir trouver une forme de bonheur ensemble. Personnellement, j’ai trouvé cela frustrant mais j’ai décidé de retenir le positif et ce qui m’a plu dans cette lecture assez magique dans le moindre atout surnaturel. C’est juste une belle histoire avec de beaux personnages et des réflexions justes, simples et pleines d’humanité sur la vie et ce qu’elle nous réserve, ce qu’elle offre, sur ces échanges entre personnes, sur cet amour que l’on se transmet, qui nous révèle les uns les autres.

En bref, une œuvre très touchante qui devrait parler à tout ceux qui se sentent seuls, à tous ceux qui sont sensibles à la lecture mais aussi aux formes d’expressions artistiques et à tous ceux qui sont ouverts aux introspections personnelles. Je ne peux que conseiller cette lecture.

Je remercie Louve du Forum Mort Sure et les éditions de l’Archipel pour cette œuvre intense et pleine de bons sentiments.
 
Chronique de Walkyrie

Extinction de Matthew Mather

Année d'édition : 2015
Edition : Fleuve Editions
Nombre de pages : 480
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Alors qu'une gigantesque tempête de neige s'abat sur Manhattan, Internet s'effondre, entraînant dans sa chute les infrastructures municipales : l'électricité, l'eau courante... Le black-out est total, les vivres viennent à manquer. Dehors, c'est la loi de la jungle, entre pillages et épidémies. On accuse les Chinois, les cyberpirates. La faim, le froid, la soif guettent à chaque corner – mais l'ennemi le plus redoutable partage sans doute votre palier... Dans la résidence de Chelsea où, hier encore, les voisins se pressaient joyeusement autour d'un barbecue, confiance et solidarité s'érodent peu à peu. Mike Mitchell, jeune père et ingénieur aisé, sait que la menace peut surgir de partout. Aucune barricade ne peut garantir contre la trahison, l'égoïsme, la paranoïa... Sa vie, celle de sa femme et de son fils ne dépendent que de son jugement. À mesure que la communauté se disloque, l'extinction opère son effroyable sélection naturelle...




Mike est un père de famille comblé ou presque. Il adore son fils et aime énormément sa femme, même si cette dernière semble être ailleurs depuis quelques jours. En effet, la jeune femme qui a envie de retravailler multiplie les rendez-vous et délaisse de plus en plus son époux et son fils. Lorsque Mike apprend qu'elle est enceinte et qu'elle ne comptait pas le lui dire puisqu'elle voulait avorter en secret, il n'a pas le temps de lui en vouloir. Car dehors c'est le chaos. La neige ne cesse de tomber, un virus est lâché sur le net, bloquant tout moyen de communiquer ou de faire fonctionner les infrastructures. L'eau, la nourriture, les services sanitaires, tout devient archaïque et Mike et ses voisins vont devoir devenir ingénieux pour tenter de garder un minimum de confort là où la plupart des habitants de la ville se suicident ou perdent la tête...

Après avoir refermé ce roman, je me suis rendue compte que oui, j'ai passé un bon moment avec ce bouquin, mais il était loin de ce que j'en espérais. Déjà, mon principal souci, ce sont les personnages. J'ignore pourquoi, mais je n'ai pas réussi à m'attacher à eux. Que ce soit le héros qui tente de protéger sa femme enceinte, son fils et ses voisins, Pam l'infirmière qui tente d'apporter son aide dès qu'elle le peu, le couple de voisin Russe, Susie et son époux Chuck (pourtant très intelligent ce dernier, un vrai survivaliste !) et bien d'autres encore, j'ai trouvé qu'en fin de compte ils étaient tous froids (oui ça se passe pendant l'hiver et en pleine tempête de neige, mais sincèrement, sans jeu de mot, ils ne dégageaient pas d'émotions). A aucun moment, je ne me suis sentie tristes ou inquiètes pour le sort qui leur était réservé. Alors oui, l'auteur parvient à nous offrir des scènes difficiles à lire (suicide, prise d'otages...), mais je n'avais pas ce sentiment de palpitation à vouloir à tout prix que les héros s'en sortent.

D'emblée, quand forcément les héros ne vous inspirent pas, c'est mal partie. Pourtant, j'ai apprécié l'intrigue, le thème et l'ambiance proposée par l'auteur. Mais j'aurais voulu des personnages avec un peu plus de charisme et de tripes qui voulaient peut-être davantage s'imposer pour survivre. La dimension humaine est assez bien exploité malgré tout, on voit des gens se suicider, d'autres commettre des folies à cause de la peur qu'engendre la situation, mais concernant ce groupe qu'on suit, j'ai pas assez senti de tensions et de peur de leur part. Et j'aurais adoré les voir sombrer davantage dans la folie d'une potentielle apocalypse en fin de compte où ils ne peuvent plus que compter sur eux-même pour survivre et s'en sortir.

Après, je dois bien avouer que le tout reste très crédible et plutôt cohérent. Cette grosse panne de réseau et informatique empêche par exemple les magasins de recevoir des provisions pour les clients. La nourriture commence dont à s'épuiser et en prime la neige empêche une bonne circulation. Forcément c'est le chaos, la violence augmente partout dans la ville. L'idée de faire qu'un groupe de voisins tentent de se serrer les coudes m'a plu malgré tout. Et même si je n'ai pas spécialement accroché avec eux, leur symbiose est visible et palpable.

Peu à peu l'auteur sait nous surprendre pour nous offrir des explications et un dénouement sympathique et cohérent avec le reste de son histoire. Certains ingrédients m'ont plus comme de faire basculer l'homme dans ce qu'il a de plus laid tout ça pour survivre aux autres. Mais j'espérais vraiment être prise aux tripes, souffrir avec nos héros et hélas ce ne fut pas le cas. Cela reste toutefois une bonne lecture du genre apocalyptique et survie et je pense que chacun doit vraiment se faire son avis car les ingrédients sont bons !

A lire si :
- vous aimez les romans apocalyptiques où l'homme sombre dans la violence et l'égoïsme.
- vous voulez un groupe de héros hétéroclites qui tente de survivre comme ils le peuvent.

A evitez si :
- vous n'aimez pas les romans catastrophes.
- Vous cherchez une romance
- Vous êtes sensible.  

Chronique de Louve

Naufragés de Siobhan Curham

Année d'édition : 2016
Edition : bayard jeunesse
Nombre de pages : 416
Quatrième de couverture :
Grâce et ses amis danseurs doivent animer une croisière. Cruz, un marin costaricien, les emmène en voilier jusqu'au paquebot mais, pris dans une tornade, ils s'échouent sur une île. Jenna, meilleure amie de Grâce, se rapproche de Cariss, une fille insupportable, et Grâce, attirée par Cruz, se sépare de son ami Todd. Bientôt, des phénomènes étranges se produisent sur l'île.










Naufragés est le genre de roman qui plaira probablement aux fans des émissions du genre Koh Lanta, ceux qui secrètement aime, par voyeurisme entre autre, regarder les autres s'affronter, s'insulter et surtout se révéler face à l'adversité. Ce n'est pas toujours joli joli à lire mais cette bande d'adolescents le plus souvent fils et fille de riche, imbus de leur personne et manquant pour certains d'humanité se laissent envahir par la peur pour révéler le pire de leur personnalité ! Une partie réaliste qui est rapidement accentuée par les mystères et l'angoisse de la magie vaudou qui hante l'île.

Grace et quelques amis du cours de danse ont été sélectionnés pour animer des soirées de danse sur un paquebot pour une croisière de quatre semaines. Arrivés à Hawaï, ils doivent être conduit par Yago, un marin costaricain, jusqu'au paquebot à bord d'un voilier. Malheureusement, la tempête se lève, malmène le voilier et le rend inutilisable. Ils finissent par échouer sur une île déserte où trône une montagne rouge sang. Bien décidé à survivre le temps qu'on les retrouve, ils établissement un campement de fortune et rapidement l'angoisse et la peur délient les langues et créent de forte animosité entre les adolescents. A côté de cela, de drôles de choses se passent sur l'île.

Le roman n'est pas fourni en action mais joue plutôt sur la psychologie des personnages et leurs relations entre eux. On a des personnages quelque peu stéréotypés et caricaturés, parfois agaçants et que l'on a envie de "baffer" pour leur remettre les points sur les "i". Deux types de profil se dessinent toutefois. D'un côté, on a des personnages attachants, ceux qui semblent avoir encore gardé leur cerveau et une part d'humanité dans leur cœur : Grace est l'héroïne, une brunette qui semble avoir encore toute sa tête et qui se rend compte de l'absence de sentiments pour son petit ami, Todd, surtout avec le ténébreux Yago qui l'attire. Yago est le personnage en retrait, ce n'est pas un danseur mais un marin, il est débrouillard, courageux et surtout très patient avec certains (personnellement, je les aurai laisser se débrouiller !), Jimmy la Puce est un gringalet qui a toujours le sourire et qui a une culture impressionnante, Belle est une hispanique sensible et réservée qui prend les railleries de Jenna et Cariss, enfin, il y a Dan, celui qui traîne une drôle de réputation.  Et puis il y a les autres, ceux qui ont des comportements horribles, Todd, est le sportif au look de surfeur, le beau gosse un peu trop sûr de lui et de ses charmes, Jenna la meilleure amie de Grace se transforme sur l'île et est directive, autoritaire et mène les garçons par le bout du nez, en particulier Ron, celui là se meurt d'amour pour elle et cède à tous ses caprices, et il y a la pimbêche Cariss, une vraie garce dont les problèmes se résument à avoir assez de sérum capillaire jusqu'à ce qu'on les retrouve... Je vous laisse imaginer donc ce tableau caricatural avec les nerfs, la fatigue et les rivalités qui viennent s'en mêler, ça paraît futile mais on se laisse prendre aux jeux comme les horribles voyeurs que nous sommes, on aime, on rit, on s'énerve, on a envie de cogner aussi... Bref, les relations des uns et des autres offrent un melting pot sentimental et des sentiments.

La base tout de même reste le naufrage, la découverte de l'île, la survie des personnages et cette atmosphère inquiétante, ses voix qui murmurent et attirent dans la forêt, cette odeur enivrante et écœurante, ce volcan rouge sang angoissant qui trône fièrement au milieu de l'île, ces événements bizarres qui viennent effriter les dernières sagesses des uns, des crânes qui apparaissent, des poupées qui vous réveillent, la magie vaudou même se elle reste invisible est omniprésente et confère à l'ensemble une aura troublante et très mystérieuse.

Du côté du style de l'écriture, le roman se dévore, les pages défilent à vitesse grand V, même si on peut reprocher une certaine futilité, l'histoire nous happe et on demande à avoir ce qu'il se passe, jusqu'à ce que certaines vérités soient révélées et donnent un peu plus de profondeur à l'histoire et à la survie. L'auteur joue avec les faux semblants et les caractères de ces personnages pour nous balader. Il offre d'ailleurs un épilogue très prometteur pour la suite !

En bref, un roman qui allie relations aiguisées entre les personnages, survie à la koh lanta et magie vaudou flippante, le tout dans un environnement tropical hostile (amateur de serpents...) ! Un premier tome sympa à lire et qui donne très envie d'en savoir davantage pour la suite.

Je remercie Louve du forum Mort Sure et les éditions Bayard pour ce partenariat.
 
Chronique de Walkyrie