mardi 22 avril 2014

Aucun homme n'est une île de Christophe Lambert

Année d'édition : 2014
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 288
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Avril 1961. Le président Kennedy retient in extremis le débarquement des troupes antirévolutionnaires à Cuba : le fiasco de la Baie des Cochons n'aura pas lieu. Quelques mois plus tard, mieux préparés militairement, les Américains parviennent à envahir l'île et à renverser le régime castriste. Le Líder Máximo et ses troupes se retranchent dans les montagnes imprenables de l'Escambray, et la guérilla reprend.
Ernest Hemingway, qui ne s'est pas suicidé au cours de l'été 1961, voit là une occasion unique de réaliser le scoop de sa vie : une interview de Castro et Guevara in situ. Accompagné par un faux photographe/véritable garde-chiourme de la CIA, cigare entre les dents et fusil en bandoulière, l'auteur de Pour qui sonne le glas reprend les sentiers de la guerre...


Même si la rencontre ne s'est pas faite, je tiens à remercier le forum Mort Sûre et les éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

"Aucun homme n'est une île" est une uchronie à court terme, basée sur deux hypothèses : les américains ont réussi à débarquer à Cuba et à forcer Fidèle Castro à repartir dans la forêt ; et Hemingway ne s'est pas suicidé juste avant et à décider d'aller interviewer Castro en tant que reporter de guerre. L'histoire du roman se déroule donc juste après la "bifurcation historique" par rapport à la réalité. La narration suit en alternance deux fils différents : Hemingway d'un côté, les guerilleros de l'autre (Castro, Che Guevara...). Le tout dans une ambiance de pays occupé.

A la base, le contexte historique de ce roman ne fait pas partie de ceux qui m'attirent le plus. J'ai toutefois postulé pour ce partenariat pour deux raisons :
- J'avais entendu parlé de l'auteur, Christophe Lambert (pas l'acteur, l'écrivain), en bien.
- J'ai déjà eu l'expérience de romans où l'histoire et la plume de l'auteur ont réussi à me réconcilier avec des périodes qui ne me plaisaient pas du tout a priori ("Black Out", par exemple).
Je me disais donc "Ce n'est pas un roman vers lequel j'irais naturellement dans une librairie, mais c'est peut-être justement l'occasion de faire une belle découverte en sortant de mes sentiers battus".
Eh bien, pour le coup... raté.

Je n'ai même pas réussi à aller jusqu'au bout. Tout juste ai-je dépassé les 100 premières pages, et donc le tiers du roman. J'ai essayé plusieurs fois de m'y replonger, espérant que l'histoire finirait par m'agripper et me donner envie de le lire jusqu'au bout. Mais systématiquement, au bout de quelques pages, j'avais envie de le reposer.
Cela tient essentiellement au style de l'auteur. Je l'ai trouvé très froid, très sec. Je ne me suis pas retrouvée plongée dans les ambiances qu'il décrivait, et je suis encore moins entrée en empathie avec les personnages. Voir même, pour le personnage de l'agent de la CIA, je n'y ai pas cru du tout.
Certains dialogues sont caractéristiques de ce style sec et impersonnel. Voici un extrait du dialogue de la rencontre entre Hemingway et Robert Stone (l'agent de la CIA qui doit se faire passer pour un photographe auprès d'Hemingway) :

- Alors, c'est vous le photographe ?
- Oui, c'est moi.
- Vous avez travaillé pour qui ?
- Un peu tout le monde.
- Mais encore ?
- Life Magazine.
- Vous connaissez Sam Shaw ?
- Je l'ai croisé.
- Shaw est un sacré bon photographe.
- Il est très bon, acquisça Robert Stone, mal à l'aise.
[...]
- Vous êtes arrivé quand, monsieur Hooper ?
- Hier.
- C'est votre première fois à La Havane ?
- Oui.
- Et vous trouvez la ville comment ?
- Jolie.
Stone est censé se faire apprécier de Hemingway. Quand j'ai lu ce dialogue, j'ai eu de gros doutes sur les compétences de Stone... Et, de manière logique, Hemingway ne croit pas du tout qu'il soit photographe, et ne l'apprécie pas.
Un autre petit élément qui a eu le don de m'énerver à chaque fois que je le trouvais, c'est que l'auteur appelle tout le temps son agent de la CIA "Robert Stone", en utilisant le nom en entier. Alors que pour ses autres personnages, il utilise tantôt le nom, tantôt le prénom, tantôt le surnom lorsqu'il existe. Déjà que "Robert Stone" a une sonorité dure je trouve, le retrouvait répété régulièrement me sortait complètement de la lecture, car celle-ci n'était plus fluide.

Les scènes du côté des guerilleros étaient un peu plus agréables à lire, plus fluides. Toutefois, arrivé au tiers du roman, il ne se passait toujours rien ou presque. A part quelques discussions philosophiques entre Che Guevara et un caméraman de sa troupe, l'auteur ne nous fournissait guère de choses à nous mettre sous la dent. Et Hemingway ne semblait pas prêt d'arriver à rejoindre les guerilleros pour faire ses interviews.

N'arrivant pas à identifier vers quoi le roman voulait m'emmener, sans fil rouge pour me tirer vers l'avant, et avec un style de narration qui ne m'emportait pas du tout dans l'histoire, j'ai fini par abandonner.

Je suppose toutefois que les lecteurs qui apprécient le style de Christophe Lambert (et vu la carrière de cet auteur, ils doivent existaient en nombre) apprécieront cette uchronie qui me parait très bien documentée. Les détails historiques sur les personnages et les lieux sont nombreux et peuvent apporter une saveur particulière à ceux qui apprécient cette période de l'Histoire.

Chronique de Sytra

Blitz tome 1 : Blackout de Connie WILLIS

Année d'édition : 2014
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 796 pages
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture :
En 2060, les voyages dans le temps sont devenus chose courante : des dizaines d’historiens partent d’Oxford pour se rendre à la guerre de Sécession, Pearl Harbor ou dans les Croisades. Mais voilà que le labo des voyages temporels annule soudainement toutes les missions et modifie les programmes. Trois agents adolescents, Michael, Merope et Polly, sont envoyés sur la Seconde Guerre mondiale. Ils y affrontent les horreurs de la guerre, des bombardements au rationnement. Mais le plus terrible, c’est cette impression grandissante que l’Histoire elle-même échappe à tout contrôle. Et si la règle d’or selon laquelle nul ne peut modifier le passé n’était plus valable ?




2040, à Oxford. La prestigieuse université anglaise a bien changé. Depuis que les voyages dans le temps sont maîtrisés, l’étude de l’histoire se fait de manière bien différente: les historiens infiltrent directement leur période d’étude, pour une durée d’observation déterminée. La destination au centre de toutes les préoccupations: Londres pendant la seconde guerre mondiale. C’est le sujet d’étude de Merope, engagée sous le nom d’Eileen pour s’occuper des enfants réfugiés auxquels elle s’est beaucoup attachée. Michael, qui devait gagner Pearl Harbor après s’être fait implanter un accent américain, voit sa destination changée au dernier moment et peine à regagner Douvres dans une période où la moindre voiture est introuvable. Quant à Polly, elle est embauchée dans un grand magasin londonien qui risque fort d’être touché pendant un raid. Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu. Difficile d’anticiper quels aléas de leur couverture va les empêcher de regagner à temps le lieu de leur passage d’un temps à un autre, ou quelle action involontaire risque de modifier le cours du temps.

Le point de départ est extrêmement intéressant. Faire des voyages dans le temps une véritable science qui permet d’étudier sur le terrain l’histoire, l’idée est fascinante. Les voyageurs temporels préparent leurs voyages avec grand soin, étudiant pendant des semaines les événements connus pour éviter de se retrouver au mauvais moment dans un bâtiment bombardé. Ils se font implanter les connaissances et attributs nécessaires pour que leur personnage soit aussi crédibles que possibles. Ils ne cessent de se repasser les événements futurs qu’ils connaissent et qu’ils doivent anticiper pour éviter de modifier l’histoire. Ce travail minutieux donne un univers à tiroirs bien construits qui ne cesse de se promener d’une époque à l’autre puisque chacun part à son époque et a droit à ses chapitres alternés.
L’occasion, à chaque fois, de revivre cette période historique du point de vue d’anonymes. Loin des lieux des grands combats et des personnages célèbres, ici, on est au coeur de la vie quotidienne, entourés de gens qui continuent à vivre malgré la guerre. On le voit attendre indéfiniment des trains qui ne viennent pas, voir des immeubles s’effondrer sous les raids, entendre les sirènes des alertes et vivre au rythme du blackout, le couvre-feu londonien. C’est très touchant de voir tous ces anonymes qui sont propulsés sur le devant de la scène historique grâce à ces recherches menés par ces historiens du futur.
Ce qui est un peu dommage, c’est que finalement, on assiste davantage à leur vie quotidienne d’historiens infiltrés qu’à un roman de science-fiction. Très vite, l’aspect historique prend le pas sur le cadre, et il n’y a pas vraiment de fil conducteur qui relie les trois histoires. Et vu que le roman dépasse les sept cent pages, on a vite l’impression qu’il ne mène nulle part, même si on comprend bien dans les dernières pages que quelque chose ne tourne pas rond dans le système de voyage temporel. Le roman souffre donc un peu de sa longueur qui fait perdre de vue l’intérêt.


Chronique de Mélusine

La symphonie des abysses de Carina Rozenfeld

Année d'édition : 2014
Edition : robert laffont
Nombre de pages : 468
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
L'Anneau, cet immense atoll avec en son centre le Cercle - une étendue d'eau de mer parfaitement circulaire - est cerné par le Mur, une haute barrière d'une trentaine de mètres, électrifiée, infranchissable. Sous son ombre, des hommes et des femmes vivent là, répartis dans des villes et villages si éloignés les uns des autres qu'ils ont oublié leurs existences respectives. Un point commun relie pourtant ces différentes communautés : le Règlement Intérieur et son code ultra restrictif. Trois personnages principaux : Abrielle, Sa et Ca. Trois destins différents qui vont finir par se croiser pour composer la mystérieuse Symphonie des Abysses. Abrielle est une réminiscente. Elle porte en elle des mélodies et des chants dans un village où la musique est strictement prohibée, où la pratiquer est devenu un crime. Jusqu'au jour où elle entend un chant qui vient des profondeurs de la mer : la Symphonie des Abysses. C'est pour cette raison qu'elle devra tout quitter et laisser derrière elle les seuls repères de son existence... Quant à Sa et Ca, deux Neutres, ni hommes ni femmes, ils s'aiment dans une ville où les sentiments sont interdits. Deux futurs hommes qui vont devoir fuir leur quotidien afin de devenir les adultes qu'ils veulent être. Tous les trois finiront par se retrouver afin de construire leur identité et changer le destin de l'Anneau, grâce à la Symphonie des Abysses...




Un livre à la couverture magnifique, au résumé alléchant mais qui ne tient pas toutes ses promesses ! On attendait de la magie musicale et des eaux profondes, on en est un peu loin dans ce premier tome.

Abrielle vit seule avec sa mère Abela, depuis la mort mystérieuse de son père, 1 an plus tôt. C’est une jeune fille de 16 ans vivant en collectivité dans un village régi par des règles strictes que le Gardien en chef, Braden, doit faire appliquée.  Il est notamment interdit de chanter ou d’écouter toute forme de musique. A l’age de 4 ans, elle a lâché quelques notes innocentes, les conséquences en ont été dramatiques et elle fut enfermée pendant des jours dans un cachot moisi. Depuis, elle est considérée comme une "Réminiscente", il est difficile pour elle de ne pas être attirée par la symphonie issue de bruits naturels et la musicalité qui vient des Abysses, pourtant elle résiste et ne chante pas. Les responsables de la collectivité voit, malgré tout en elle, un risque que la ville sombre à nouveau dans la folie passée et souhaite donc s’en débarrasser.

Ca et Sa sont tous deux des Neutres, des êtres dépourvus de tous traits physiques masculins ou féminins. Ils ont été conçus sans chromosomes X et Y.  A l’âge de 18 ans, la cérémonie d’Injection approchant, elle leur permettra de choisir d’être un homme ou une femme et de choisir une activité spécifique au sein du village. Celui -ci est également régi par des règles strictes, toutes formes d’amour, de contacts physiques et d’expression de sentiments sont prohibés. Pourtant ces deux là s’aiment dans l’interdit.

Deux histoires distinctes, deux villages inconnus l’un de l’autre mais tout deux bordés de forêts mystérieuses et d’un mur haut de 30 m infranchissables…

La première partie du livre raconte donc l’histoire d’Abrielle. Malgré la description d’un environnement paradisiaque, une fois les éléments de l’histoire posées, on a vite la sensation de tourner en rond et on s’attache finalement assez peu aux personnages. Abrielle est une héroïne assez fade, d’une certaine beauté et différente des autres par sa sensibilité musicale. Elle subit les épreuves les unes après les autres et s’en sort chaque fois in extrêmis ! Braden, l’ancien petit ami et Gardien en chef, est juste exécrable. Il change de position et d’avis un peu trop rapidement pour que cela soit réaliste, un personnage vraiment bizarre que l’on déteste dès la première apparition.  Abela la mère d’Aby est un personnage douteux au début mais qui se révèle vite être une mère prête au sacrifice pour sauver sa fille. Les autres personnages évoqués sont les responsables du village, Baako, la meilleure amie d’Abela qui se révèle finalement avoir les dents un peu trop longues et son fils le prêtre qui est juste là pour rappeler à (menacer ?) la société les règles qu’il convient de respecter. Bref, cette première partie est certes agréable à lire mais manque terriblement d’actions et d’épaisseur pour nous contenter pleinement. C’est donc plutôt décevant, mais…

La seconde partie démarre et nous raconte l’histoire de Ca et Sa, là c’est juste superbe. Deux personnages atypiques, ni homme, ni femme, deux âmes unit par un amour interdit, deux individus qui ne peuvent s’empêcher de se toucher, de s’embrasser, de s’aimer tout simplement. On ressent juste leur sentiment, on en oublie les risques qu’ils encourent jusqu’à… Ne spoilons pas, mais leur histoire est vraiment très forte. C’est vrai au début, on est relativement perplexe face à ces êtres étranges, mais que nous invente là l’auteure ? Mais ce n’est pas ici le plus intéressant, le plus passionnant reste leur relation fusionnelle, les doutes qui s’installent à l’approche de la Cérémonie d’Injection qui feront d’eux, un homme ou une femme, comment appréhenderont-ils leur nouveau corps ? Comment gèreront-ils une relation interdite une fois leur vie définie au sein de la société ? Ils ne savent pas si l’autre deviendra un homme ou une femme, ils s’en fichent, ils s’aiment déjà ! On s’attache indéniablement à ces deux personnages, occultant complètement les autres, leur histoire est plus profonde, plus complexe et plus riche. Enfin, le roman décolle ! Ca aux yeux sombres est de caractère plus réservé, plus triste, plus pessimiste, plus dans l’ombre ; Sa aux yeux bleus clairs est de caractère plus ouvert, plus joyeux, plus optimiste, plus dans la lumière, deux opposés qui se complètent parfaitement. Ils nous transportent dans une palettes d’émotions intenses ; on surfe sur leur tendresse, on se crashe sur leur malheur d’une injustice extrême et on vole sur l’espoir qu’ils transmettent.

Carina Rozenfeld a un style d’écriture relativement simple et épuré, peut-être un peu trop. Certes, ça se lit vite, les phrases sont courtes, les chapitres aussi, mais on ressent trop le public visé par ce roman young adult, qui manque un peu de complexité, à mon sens, pour parfaitement contenter un public plus adulte. Il y a également quelques éléments de l’histoire un peu "tiré par les cheveux" pour la rendre complètement crédible, notamment dans la première partie, ce qui nuit à la qualité du roman. L’auteur a tout de même su créer un environnement dystopique plutôt intéressant et contrasté ; des villages éparses n’ayant aucun lien entre eux aux décors paradisiaques d’Atoll et bordés de mangroves mystérieuses, de falaises dangereuses et d’un mur sombre dont on ne connaît pas l’origine, et des sociétés bridées, appauvries et sectarisées, cela reste classique mais efficace.

En bref, dans l’ensemble, la lecture est plutôt agréable, la deuxième partie y est pour beaucoup. Par ailleurs, la fin énigmatique annonce une suite très prometteuse !

Je remercie Louve du forum Mort Sûre et les éditions Robert Laffont pour ce partenariat

Chronique de Walkyrie

La vieille qui voulait tuer le bon dieu de Nadine Monfils

Année d'édition : 2014
Edition : pocket
Nombre de pages : 277
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Y'a un truc qui tourne pas rond dans la cafetière fêlée de Mémé Cornemuse. Rescapée d'un séjour chez les flics, la vieille a déniché un boulot de concierge dans un immeuble de péquenots. Pas pour descendre les poubelles, tu penses, mais pour préparer discrètement le casse de la bijouterie du coin. L'assassinat du mari de la voisine – Ginette, fan de Lady Di – risque de compliquer les choses. D'autant que le crime n'est pas ordinaire : on retrouve le zizi de Marcel au frigo, planté dans un camembert. Tu parles d'une planque !





Si j’avais envie de rire un peu, je peux remercier le partenariat entre Pocket et le forum Mort-Sûre, qui m’a permis de découvrir l’univers déjanté de Mémé Cornemuse. Quand je parle de rire, je le dis tout net, c’est un rire souvent grinçant car l’humour distillé par Nadine Monfils n’est pas tendre, loin de là, et m’a pas mal rappelé les sketches d’Albert Dupontel. C’est drôle, mais horrible ; c’est cru, mais tordant. Bref, parfois, l’ambiance ou les situations mettent un poil mal à l’aise mais c’est présenté d’une telle façon qu’on s’en amuse quand même. Car il y a l’écriture et les répliques, qui sont truculentes.

Il faut dire que la galerie de personnage est gratinée. Pour commencer, il y a évidemment Mémé Cornemuse, qui malgré son surnom n’assume pas son âge, sauf quand il s’agit d’en faire le moins possible. La vieille oscille entre son adoration pour Jean-Claude Van Damme, manucures rose fluo, tendances libidineuses et élimination systématique de toute personne gênante… À cela s’ajoute le fait que la ville entière de Pandore semble habitée de personnes plus cinglées ou à l’ouest les unes que les autres, avec une concentration anecdotique dans l’immeuble dont Mémé Cornemuse est devenue la gardienne (en poignardant la précédente).
Du coup, le voisinage est pas mal non plus dans son genre, avec des portraits plus hallucinants les uns que les autres. Et au milieu navigue Ginette, cruche à souhait, qui cherche à élucider le meurtre de son mari (pas qu’il lui manque, mais elle aimerait bien savoir le pourquoi du comment). Meurtre camouflé par Mémé, qui préfère nettoyer les traces (ou plutôt les faire nettoyer par Jef, son acolyte) que de voir rappliquer les flics. À partir de ce moment-là, que Mémé y soit pour quelque chose ou non, les petits meurtres entre voisins ne vont plus s’arrêter… et le jeu macabre est hilarant.
Reste le plus important : Mémé et Jef parviendront-ils à réaliser le casse de la bijouterie qu’ils convoitent ?...

Ce qui est très pratique, c’est qu’il n’y a pas besoin d’avoir lu les titres précédents de cette série, avec Mémé comme personnage principal récurrent (je n’ose pas parler d’héroïne en la mentionnant) (vu le contexte, on en déduirait sûrement que je parle de drogue…).
Au final, le meurtre du bon Dieu n’intervient qu’à la fin, par accident, ce qui n’a aucune importance. De toute façon, tant que JCVD est vivant, Mémé s’en tamponne le carafon, je suppose. La preuve, dans la suite de la série, elle décide d’aller demander son idôle, son Dieu vivant à elle, en mariage… Voilà qui promet !

Alors vous l'aurez deviné, ce n'est pas une lecture à placer entre toutes les mains. Si vous voulez lire quelque chose de complètement barré et qui s'assume complètement comme tel, n'hésitez pas. Après, il faut avoir les tripes accrochées !

Chronique de Roanne

jeudi 10 avril 2014

Sadako de Koji Suzuki

Année d'édition : 2014
Edition : fleuve noir
Nombre de pages :  373
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Takanori Andô est un graphiste spécialiste de l’analyse d’image. Il reçoit par son travail une vidéo amateur montrant un suicide à l’intérieur d’un appartement banal. Son client souhaite déterminer s’il s’agit d’un véritable suicide ou d’une simple mise en scène. Il fait une copie du fichier dans son ordinateur et à chaque visionnage de la vidéo, Takanori se rend compte que le cadre de l’image se décale très légèrement, permettant de voir jusqu’au visage du suicidé : Seiji Kashiwada. Ce dernier est un serial killer condamné à la peine de mort pour le meurtre de quatre fillettes, douze ans auparavant. Le mystère s’épaissit car l’exécution de Seiji Kashiwada a eu lieu peu de temps auparavant… mais que faisait-il hors de prison ?


Takanori est un graphiste. Spécialiste de l'analyse de l'image dans une entreprise, on lui propose de découvrir si la vidéo d'un homme qui se pend est réelle ou bien le fruit d'un montage drôlement bien fait. Takanori est formel : la vidéo est crédible et cohérente ce qui la rend véritable. En même temps, le jeune homme décide d'épouser Akané, une professeure avec qui il est en couple depuis des années et qui porte son enfant. Mais la vidéo qu'il analyse va peu à peu évoluer et il va très vite pouvoir découvrir l'identité du suicidé lorsque peu à peu la vidéo en laisse entrevoir plus qu'au début. Par quel moyen cette vidéo parvient-elle à changer, au point que peu à peu le suicidé finisse par disparaître complètement ? Pour Takanori, une véritable course contre la montre débute où sa vie et celle de sa compagne sont en jeu.

Sadako est en fait une suite de The Ring. Aussi je recommande de connaître la saga (ou du moins les films comme c'est mon cas) pour comprendre un minimum cette histoire étrange et plutôt envoûtante. J'ai grandement apprécié le côté mystérieux et étrange de ce roman qui mélange plusieurs fils directeurs, au point que bon nombre de lecteurs vont se demander si l'auteur n'use pas abusivement des histoires qui se croisent. Pourtant, je trouve que cela renforce l'intrigue puisque tout est finalement lié.

Alors oui, parfois je me demandais jusqu'où l'auteur allait nous emmener et je trouvais parfois cela trop simple (la fin m'a semblé beaucoup trop facile, j'attendais quelque chose de plus fou) dans le traitement, mais l'histoire est plutôt bien ficelée et correspond bien avec ce ring. Évidemment, il faut aimer le côté suggestif des films et romans japonais où on évoque beaucoup sans ne rien décrire, nous laissant user de notre imagination à nos dépends. Le héros Takanori m'a beaucoup plu même si son côté un peu trouillard et pas très courageux agace vite. Lorsqu'il découvre que sa petite amie est en danger, il ne semble pas plus inquiet que ça, mais peut-être est-ce dû au fait que nos amis japonais sont très pudiques sur leurs émotions et qu'ils n'en font pas l'étalage contrairement à nous ? L'on pourrait se poser la question. Cela dit, Akané est une jeune femme tout de même plus courageuse, mais peu à peu on comprend d'où lui vient cette force de caractère. Le fait qu'elle porte un enfant joue beaucoup sur ses humeurs et sur ce qu'il lui arrive, mais elle reste un personnage très attachant et peu importe ce que l'on sait sur elle au fur et à mesure de l'histoire.

Je ne m'attendais pas du tout à ce que l'auteur revienne sur la saga The Ring au travers de cet ouvrage, aussi j'avoue avoir été très surprise, mais en même temps un peu déçue. Déçue de le voir rester dans la même direction et ne pas prendre de risques à innover une nouvelle histoire qui n'aurait rien eu en rapport avec The Ring. La lecture fut pourtant sympathique même si parfois quelques longueurs et lourdeurs viennent un peu casser le rythme de lecture. Une bonne découverte toutefois !

Chronique de Louve

Possède-moi de Julie Kenner

Année d'édition : 2014
Edition : pocket
Nombre de pages : 427
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Damien Stark est un riche homme d'affaires, d'une rare séduction. Tout ce qu'il veut, il l'obtient. Et ce qu'il veut par-dessus tout, c'est Nikki...

" Pour Damien, notre passion est un jeu. Pour moi, c'est féroce, aveuglant et réel.
Il a besoin de savourer, de contrôler. Il a besoin de moi. Je veux me faire sienne, à tout prix. Plus encore, je veux que nous nous possédions au-delà de l'extase, que le feu de notre passion nous dévore.
Mais une part de Damien m'échappe. J'aimerais percer ses secrets. Les zones d'ombre de notre passé pourraient étroitement nous unir... ou au contraire nous briser. "


En me proposant pour lire « Possède-moi » j’avoue que je n’étais pas plus emballée que ça par une nouvelle lecture érotique portée par le succès de E.L James, d’autant plus que je n’avais pas lu le tome1, et pourtant j’ai vraiment beaucoup aimé l’histoire de Nikkie et Damien. Une fois de plus un roman de partenariat m’a réservé une belle surprise alors que je ne m’y attendais pas. Alors merci au forum Mort-Sure et aux éditons Poket pour cette découverte.

Au départ, c’est vrai que je n’ai pas pu m’empêcher de comparer les personnages à ceux de la trilogie Grey… Nikkie et Damien m’ont vraiment semblé être les parfaits copiés/collés d’’Anna et Christian, et cela même dans certaines péripétie au cours de l’histoire, mais ça ne m’a pas plus dérangé que ça après quelques chapitres. Il ne restait plus qu’un couple amoureux qui essai de vivre sereinement malgré les paparazzis qui les suivent en permanence et lancent des rumeurs incroyables… sauf qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Nikkie a alors de plus en plus de mal à supporter les secrets de son homme même s’il lui répète que c’est pour la protéger. Malheureusement l’argent ne peut pas protéger de tout et les vieilles blessures finissent par se rouvrir.

Damien ne m’a pas touché plus que ça malgré les horreurs vécu dans son passé, ce qui n’est pas le cas de Nikkie. Ce personnage m’a complètement bouleversé. On apprend rapidement que la jeune femme calme ses angoisses en se faisant mal… d’où les cicatrices sur ses jambes. Damien est sa bouée de sauvetage et ils s’accordent parfaitement puisque lui retrouve sa sérénité en dominant sa partenaire. Pour autant l’homme d’affaire est très à l’écoute et se soucie ne pas aller trop loin. On n’est pas du tout dans un roman BDSM mais dans un jeu de dominance assez soft où les accessoires les plus osés sont une paire de menotte, une cordelette et de la cire de bougie rouge.

Les scènes érotiques sont moins nombreuses que ce que j’avais pu imaginer (ouf !) et même si le vocabulaire est parfois cru, l’exercice reste assez bien maitrisé. Bon on n'échappe pas aux clichés où la demoiselle est toujours prête à accueillir son homme pour qu’il lui donne des orgasmes à répétition. Pourtant ce léger défaut est largement compensé par l’intrigue principale et par les scènes de tendresse entre les deux personnages.

La fin m’a vraiment plu et prouve que les personnages sont prêts à tout par amour… bien au delà d’un simple jeu sexuel et quitte à avoir le cœur brisé pour garantir la sécurité de l’autre.

Alors même si « Possède-moi » est un second tome, je n’ai pas senti de difficulté particulière pour comprendre les relations entres les personnages et les événements évoqués dans certains dialogues. L’auteur résume bien les choses et son style est agréable à lire.

Je lirai donc la suite avec plaisir en espérant que l’intrigue proposée sera tout aussi prenante.  

Chronique de Yezahel

vendredi 4 avril 2014

Cherche jeune femme avisée de Sophie Jomain

Année d'édition : 2014
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 412
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Quand il voit débarquer dans son cabinet la ravissante, mais ô combien extravagante Gabrielle Géris, Adrien de Bérail est loin d’imaginer qu’il se laissera convaincre de l’embaucher comme baby-sitter. Veuf et très accaparé par son métier d’avocat, il lui faut de toute urgence une personne capable de prendre soin de ses deux chérubins, Paul et Sophie, tout juste âgés de neuf ans. C’est donc en dépit de ce que lui crie la raison qu’il accepte sa folle candidature.
Une personnalité audacieuse et un toupet incroyable pour un petit mètre soixante sur talons… Qui sait ? La jeune femme pourrait bien se révéler être la perle rare…



Je tiens tout d'abord à remercier les éditions J'ai Lu et Louve du forum Mort-sure pour ce partenariat!!

Gabrielle est une jeune femme qui détient un diplôme d'archéologie. Suite à quelques "désagréments" dû à son ex, Martin, elle se retrouve à ne pas pouvoir exercer son métier qu'elle aime tant. Elle se retrouve à devoir postuler pour un poste de réceptionniste dans un grand cabinet d'avocats. Rien ne se passe comme prévu durant l'entretien, elle en repart contre toute attente avec le poste de baby-sitter des deux enfants du patron...

Commençons par parler des personnages. Gabrielle est une jeune femme irrésistible. J'ai fondu pour ce personnage. Elle a un petit côté extravagant, elle est pétillante. Elle a un caractère bien trempé et ne se laisse surtout pas marcher sur les pieds, j'ai adoré!! Mais elle a surtout un coeur énorme. Elle obtient un peu par hasard (et après beaucoup de négociations!!) le poste de baby-sitter de deux garnements!!! Des jumeaux où bons nombre d'autres nounous se sont cassées les dents!! Elle arrive à se faire accepter mais c'est sans compter sur leur père!! Sa rencontre avec Adrien De Bérail va faire des étincelles!! Car autant elle est joyeuse, insouciante, profite de la vie, autant lui est sérieux et limité coincé!!
Adrien a beau avoir tout ce qu'il désire, argent, bon job, la vie n'a pas toujours été simple pour lui. Il s'est forgé non pas une carapace mais un véritable blindage! Il est intransigeant, dur, sévère. Il a une certaine ligne de conduite et n'en déroge pas. Il ne supporte pas qu'on ne lui obéisse pas, qu'on le contredise. Rien n'arrive à le faire flancher de ce qu'il a décidé, même pas ses enfants.
Les enfants parlons en... Sophie et Paul m'ont chamboulée! Derrière leur façade de petits chérubins se cachent des petits amours. Ils sont durs et pas faciles car leur père les rend comme ça... La vie ne leur a pas fait de cadeaux à eux non plus et ils font preuve de beaucoup de courage dans tout ce qu'ils doivent affronter. Leur rencontre avec Gabrielle va leur faire beaucoup de bien. Elle a va véritablement être le rayon de soleil qu'il manquait à cette famille!

Je ne connaissais pas Sophie Jomain et j'ai vraiment accroché à son style. Il est fluide et très agréable à lire!! Elle a un humour irrésistible. Ses personnages sont réalistes et bien aboutis. L'histoire est prenante. Malgré le fait que ce soit une romance, donc ce qui arrive est assez prévisible, elle amène tout en douceur et réalisme. ça ne tombe pas de but en blanc. De plus derrière cette romance contemporaine, elle aborde des sujets bien plus douloureux, bien plus grave...(je ne vous dirais pas quoi pour ne pas vous spoiler, si vous désirez savoir il vous faudra le lire!!!).

Donc vous l'aurez compris j'ai adoré!! Une petite romance contemporaine douce, agréable, drôle avec des personnages pourvus de sacrés caractères! Si vous avez envie de légèreté et que vous aimez la romance, je ne peux que vous conseiller de faire la connaissance de Gabrielle Géris!!!

Chronique de Ninis47