mercredi 4 janvier 2017

Alice au Pays des Morts-Vivants, tome 2 : De l'autre côté du mouroir de Mainak Dhar

Année d'édition : 2016
Edition : Fleuve
Nombre de pages : 208 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Plus de deux ans se sont écoulés depuis qu'Alice a chuté à la suite de Grandes Oreilles. Deux ans de combats acharnés pour aboutir à une paix relative entre les Gardes Rouges et l'armée d'Alice. Depuis, elle est devenue la Reine Blanche, mi-humaine, mi-zombie, régnant sur deux royaumes : le Pays des Morts, occupé par les Mordeurs, et le Pays des Merveilles, la nouvelle communauté qu'elle a fondée. Mais de nouvelles attaques de morts-vivants affaiblissent la position d'Alice. Alors que les dissensions politiques et la peur déchirent le Pays des Merveilles, le Comité Central crée la riposte idéale pour éradiquer ce foyer de résistance : sa propre Reine Rouge. L'heure de l'affrontement a sonné entre les deux souveraines zombies.



Le premier tome avait été une bonne lecture. Quelques petits regrets par-ci par là, mais dans l'ensemble j'étais suffisamment convaincue pour me jeter sur le second opus. Et j'ai bien fait puisque ce second tome est bien meilleur que le premier ! Maintenant que je sais qu'il y a sept tomes, il me tarde vivement de lire la suite ! C'est fun, bourré d'actions, on ne s'ennuie pas et l'auteur parvient un minimum à renouveler le genre "morts-vivants" avec les mordeurs qui sont capables d'être presque de doux agneaux si leur reine le leur demande.

Très franchement, j'espère vraiment que Fleuve edition publiera l'intégralité de la saga, parce que je sens que plus on va avancer dans les tomes, plus les personnages vont morfler et plus on va se régaler. Très clairement, c'est une saga à fort potentiel et qui nous permet d'avoir une nouvelle vision du mort-vivant. Bien loin d'un cadavre en putréfaction qui ne fait que se nourrir de cerveaux, Alice aux pays des Morts-Vivants avance la possibilité d'une union entre mort et vivant et d'une possible paix. Pour autant, le roman n'est pas de tout repos et à aucun moment on ne peut dire qu'on s'ennuie. En tout cas personnellement j'ai été captivée par l'histoire de cette jeune fille mi humaine mi mort vivante.

Alice c'est une adolescente de quinze ans qui a vu sa famille mourir sous ses yeux par les Garde rouges du Comité Central. Alice est aussi devenue la reine des mordeurs malgré elle. Et voilà que les morts-vivants lui obéissent au doigt et à l'oeil. Des morts-vivants qui sont prêts à rester en retrait, sous terre, dans un hangar, peu importe où elle leur dira d'aller. Des monstres ni morts, ni vivants prêts à mourir si elle le leur demande. Ils lui sont totalement dévoués et c'est vraiment incroyable de voir qu'ils sont plus fidèles à Alice pour une cause qui finalement ne les concerne plus puisqu'ils sont morts que des Humains encore vivants et ayant des choses à protéger. Ya une très forte solidarité dans ce roman entre vivants et morts quand on y regarde de plus près et parfois, j'ai eu cette sensation que les plus humains n'étaient pas forcément les humains. Ils sont cupides, matérialistes et ils changent vite d'avis quand le besoin d'en fait ressentir pour se protéger. Ah l'Homme... il ne semble jamais comprendre ses erreurs et les renouvelle sans cesse... L'idiot !
Citation :
" Dans le pays des Morts où elle avait grandi, on lui avait enseigné dès son plus jeune âge qu'il n'y avait rien de pire que de devenir un mort-vivant. C'était la devise martelée pendant les entraînements. Mais les années passées lui avaient enseigné qu'il y avait bien quelque chose de pire : perdre sa liberté." Page 190


Ce second opus est finalement très court mais très intense. On se retrouve un an après les événements du tome 1 et Alice subit sa nouvelle condition de mort-vivante. Surtout que malgré tout elle a encore des émotions enfouis au plus profond d'elle et ce sont ses rares émotions qui vont lui donner de l'énergie pour affronter la Reine Rouge, une autre jeune fille qui possède la même condition qu'elle. C'est un beau duel que nous offre l'auteur et j'ai adoré voir ces deux filles s'entre-tuer pour le pouvoir ou la vengeance, ou tout simplement pour rester en vie. Li est une acharnée, prête à tout pour venger la mort de ses proches et elle tient Alice pour personnellement responsable du drame. A plusieurs reprises elles s'affrontent, avec une violence inouïe et profitant de leur condition de presque immortelle, je peux vous dire que le sang gicle !

D'un côté nous avons Alice, une adolescente dirigeant une armée de Mordeurs et tentant de protéger le Pays des Merveilles où cohabitent Humains et Mordeurs. Tous ne souhaitent que la liberté et même si les temps sont difficile, les problèmes sont rares. Et puis d'un autre côté, le Comité Central, qui fera tout ce qu'il peut pour faire chuter Alice de son piédestal de Reine et reconquérir le Pays des Merveilles pour reprendre possession de terrains propices à la cultivation. Un groupe humain, armé jusqu'au dent et capable des pires bassesses pour obtenir gain de cause. Leur méthode sont discutable et Alice leur tiendra tête tout au long de ce second opus, comme elle a déjà pu le faire dans le précédent. Palpitant et intense, vraiment je me suis régalée du combat de la jeune fille qui se bat pour ses idéaux et sa liberté jusqu'au bout.

Citation :
" Le Pays des Morts grouillait de prédateurs, qu'ils soient Mordeurs ou humains, et maintenant Satish et Alice allaient devoir les affronter seuls s'ils voulaient parvenir à résoudre le mystère des attaques de Mordeurs." Page 56


Voilà Alice qui doit assurer la sécurité d'une population qui au fur et à mesure penchera en sa défaveur et fera tout pour la rejeter. La guerre sera violente, sans pitié et bon nombres de victimes seront à déplorer. Heureusement, Alice pourra compter sur ses alliés du début pour affronter ensemble l'ennemi qui n'est pas forcément celui qu'on pense.

Voilà un second opus réussi, qui tente d'apporter un souffle nouveau dans le monde des zombies. L'utilisation du conte d'Alice prend son sens plus on avance dans la série et il me tarde vraiment de lire la suite ! Je ne regrette absolument pas la découverte de cette saga qui promet encore de très belles heures de lectures !

Les plus :
- L'utilisation d'un conte
- L'héroïne, moitié vivante, moitié morte.
- L'action présente de bout en bout

Les moins :
- Le récit est court et on en redemande encore !


Chronique de Louve
Lien sur le forum

Jeunesse éternelle de Nathalie Le Gendre

Année d'édition : 2016
Edition : Bayard
Nombre de pages : 237
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Léna, 16 ans, est atteinte d’une forme d’amnésie. Elle passe quelques journées dans un centre spécialisé, le Centre des Aigles Bleus.
Tous les dimanches, Étaine vient lui rendre visite chez Mary. On ignore quelle relation lie Léna à Étaine, mais il y a une grande tendresse entre les deux femmes.
Un jour, Étaine annonce à Léna qu’elles ne se verront plus pendant une longue période. En partant, elle remet à la jeune fille un manuscrit de sa soeur, qui était elle aussi atteinte d’amnésie.
Dès lors, Léna se plonge dans la lecture de la vie de Shanel.

À quarante ans, Shanel, cette femme énergique est en pleine remise en question : son mariage a été un échec, les romans dont elle est l’auteure n’ont pas rencontré le succès...
Un jour, elle décide de participer à un programme scientifique top secret, « Jeunesse Éternelle » dont l’objectif est d’éradiquer la dégénérescence des cellules.
Il s’agit d’une expérience très lucrative qui pourrait aider Shanel à s’en sortir. Mais au fur et à mesure que son corps rajeunit, Shanel se perd…
Est-ce la contrepartie de la jeunesse éternelle ?



On fait connaissance avec Léna, qui est atteinte d'une maladie qui affecte sa mémoire et se trouve dans un centre spécialisé.
Une jeune femme Etaine lui confie le journal de sa sœur Shanel afin de l'aider dans sa maladie.
Le récit est alterné entre Léna et sa vie dans ce centre et l'histoire de Shanel qui va participer à un programme expérimental de jeunesse.

On est captivé par Lena qui est perdue et qui chaque jour se bat pour se rappeler quelque chose; son nom, où elle se trouve, qui vient la voir. Elle traîne avec elle un carnet où elle note tout ce qu'elle peut afin de ne pas perdre pied, et vivre malgré ce lourd handicap, et ses effets secondaires.

Le roman est court, 236 pages, et se lit tout seul. Ça reste assez simple et il n'y a pas de prise de tête. On passe un bon moment et bien qu'on devine aisément une partie de la fin, une surprise nous attend !

Chronique de Distact

jeudi 22 décembre 2016

Cadran de Sébastien Bouchery

Année d'édition : 2016
Edition : France Loisirs (Nouvelles Plumes)
Nombre de pages : 336 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Imaginez : du jour au lendemain, votre femme, vos parents, vos collègues voient en vous un parfait inconnu… Et pourtant leur vie est entre vos mains. Bienvenue en enfer.

Alors qu’il assiste aux funérailles de son frère, Tony Stovac, assureur sans histoires, reçoit le coup de fil d’un client important qui lui réclame un dossier. Il accepte de faire un crochet jusqu’à son agence… Si ce n’est que sur place, aucun de ses collègues ne semble le reconnaître. Pire, il est violemment expulsé par la sécurité. Ses parents, son meilleur ami, sa femme… il n’existe plus pour personne. Chez lui, c’est un parfait inconnu qui répond au nom de Tony Stovac.
Plongé dans ce cauchemar absurde, il reçoit l’appel d’un mystérieux interlocuteur. Tony a en sa possession quelque chose que celui-ci convoite. Il a 24 heures pour lui remettre cet objet dont il ne sait rien, avant que l’homme ne s’en prenne à ses proches.


Les thriller c'est devenu depuis quelques mois le genre qui me plaît le plus. Aussi j'avoue devenir très difficile concernant les romans de ce registre. Il faut que cela m'accapare dès le début et que je n'ai plus du tout envie de poser le bouquin. Faut aussi que les événements qui s'enchaînent me surprennent et que la fin me scotche. Malheureusement, avec Cadran, ça ne l'aura pas fait du tout. Non pas que le roman soit mauvais, il est sympa mais il ne m'aura pas fait passer les nuits blanches que j'espérais. Une fois le roman terminé, je suis allée voir les notes qu'il avait recueilli sur les différents sites que je suis et je dois bien être l'une des rares lectrices qui n'a pas été séduites. Il s'agit donc bien d'une histoire de perception du roman et de goût. Peut-être serez-vous dans mon cas, peut-être pas. A vous de tenter l'aventure.

Le premier point qui m'aura déplu, c'est la plume de l'auteur. J'ai trouvé qu'il faisait beaucoup dans le descriptif et trop peu dans l'émotion. Pourtant quand on voit ce qui arrive à Tony, on est dans l'attente de sentiments forts. Incompréhension, rage, colère, désespoir voilà ce que je m'attendais à lire et à voir surgir de Tony. Mais non. J'ai eu l'impression que le personnage était totalement imperméable et sans émotion, comme un robot. Faut dire que dès le début il m'a agacé. Donc ça n'a pas aidé, mais voilà, le héros est à l'enterrement de son frère et pourtant il trouve le moyen de satisfaire un client en retournant au bureau. Mais très honnêtement, un client qui m'appelle pendant un enterrement, je pense que c'est lui le prochain qui se retrouverait dans un cercueil s'il avait le culot d'exiger que je quitte mes proches pour lui envoyer des foutus documents ! Déjà, premier point qui m'aura déplu. Les circonstances du début de roman et cet élément déclencheur ne m'ont pas du tout convaincu. J'attendais tout autre chose qui déclenche cette nouvelle identité.

Pourtant il me semblait bien que Tony appréciait ce qu'il avait et sa famille. Sa femme, ses amis, tous sont présents à ses côtés au début et peu à peu, on le voit perdre un à un tous ses repères.
Citation :
"Aujourd'hui, je prends conscience de ma bonne étoile. De l'étendue de cette richesse qui a jalonné ma vie entière. De la générosité de mes parents, de la valeur de mes amitiés, de la fortune qui m'a été offerte lors de ma rencontre avec Joe-Anna et des deux enfants qu'elle m'a donné." Page 24


Et puis soudain, c'est l'incompréhension ! Tony semble être inconnu de tous ses proches. Pas un ne semble le connaître, le prenant pour un autre. A son travail, chez lui. Partout. De fil en aiguille, il finit par passer un moment à l'hôpital psychiatrique, il se fait frapper par les vigiles de son entreprise. Bref, il va vivre une accumulation de péripéties que j'ai trouvé grossière. On sent l'influence des films américain et des derniers événements en France qui ont je pense joué un rôle dans l'écriture de ce roman. Le terrorisme, la recherche d'identité, d'une cause à défendre, beaucoup d'ingrédients qui auraient pourtant pu marcher si je n'avais pas trop vite compris que la fin n'allait pas me satisfaire. Et j'ai vu juste.

Très vite, il y a la question de savoir si le héros est fou ou non et j'aurais vraiment adoré que l'auteur joue sur cette question jusqu'au bout, mais dommage que trop vite les indices soient révélés et qu'on se rende compte de la vaste mascarade concernant l'entourage de Tony.

L'étincelle avec Cadran n'a donc pas été au rendez-vous. C'est dommage parce que le roman avait vraiment du potentiel, mais les explications sont exagérés, c'était trop tiré par les cheveux sur la fin. Tony se fait malmener du début à la fin tout ça pour un vulgaire et minuscule petit objet. Incroyable tout de même ! En bref, me concernant, ça ne l'a pas fait, mais étant l'une des rares lectrices à ne pas avoir apprécié, il est important de vous faire votre avis et de découvrir les autres bons avis disponibles sur la toile.

Les plus :
- L'intrigue qui aurait pu être géniale !

Les moins :
- Le héros qui ne m'a pas convaincu
- La plume de l'auteur que j'ai trouvé froide
- Les explications données pour expliquer les péripéties de Tony.


Chronique de Louve

Pulpeuse fiction de Sophie Noël

Année d'édition : 2016
Edition : City
Nombre de pages : 298
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Accro à ses copines, à son chat et à ses soirées pizza-vidéo-pinard, Victoire est une gaffeuse invétérée. Avec ses rondeurs en trop, cette prof de collège de trente ans passés a bien du mal à trouver le prince charmant. Son dernier amoureux l'a même quittée pour devenir... prêtre ! De quoi la faire douter de son sex-appeal.

Mais Victoire possède une détermination à toute épreuve. Quand elle rencontre Arnaud, un beau prof de musique, elle a le coup de foudre. Bien décidée à le séduire, elle commence un régime. Sauf qu'Arnaud ne semble pas prêter attention à sa pulpeuse prétendante.

A-t-il déjà une petite amie ? Pour en avoir le cœur net, elle fouille dans son casier. Mais, forcément, elle se fait prendre la main dans le sac par Axel, le sexy surveillant du collège. Pour acheter son silence, il lui propose alors un deal : une liaison avec elle. C'est là que les ennuis commencent...



Il y a des petits romans pétillants, comme ça, sur lesquels on a la chance de tomber et de dévorer. Ensuite, on est pris de l'envie de les coller dans les mains de toutes ses copines, parce qu'on sait que la lecture leur fera du bien. C'est exactement l'impression sur laquelle je reste après la découverte de Pulpeuse fiction ; quand je pense que j'ai failli passer à côté de cette petite pépite feel good par manque de temps !

Car feel good, Pulpeuse fiction l'est, de façon incontestable.
Tout d'abord par le style narratif adopté par l'autrice, qui colle complètement à la personnalité de son héroïne. Ensuite par les tribulations de Victoire, sa façon de voir les choses, de les subir parfois et de réagir toujours, même s'il lui faut à certaines reprises être poussée dans ses retranchements pour défendre ses propres intérêts, tellement elle est adorable de nature.

Pourtant, accrocher autant à ce roman n'était pas gagné me concernant, car j'avais peur d'une énième romance véhiculant certaines valeurs dont je me sens de plus en plus éloignée. Le roman possède clairement quelques petits trucs qui m'ont fait tiquer. Cependant dans son ensemble il est tellement sympathique que je n'ai même pas envie de développer les points sujets à retenue.

Tout ce qui compte, c'est que la lecture coule de source et que passer du temps en compagnie de Victoire, ses amies et ses collègues, c'est un peu comme s'enrouler dans un bon plaid, une tasse de thé à la main.

Pourtant, n'allez pas croire que tout est rose dans le monde de cette jeune femme. Si le titre ne ment pas et qu'elle est en réel sur-poids au début du roman, ce n'est pourtant pas son principal problème. Elle souffre surtout d'un manque de confiance en elle, en particulier dans certaines situations, qui s'avère handicapant. Ce qu'il y a de terrible, c'est que c'est un cercle vicieux : elle stresse, réagit à côté de la plaque ou s'exprime mal, se sent ainsi ridicule, cela dégrade encore son estime d'elle-même et c'est reparti pour un tour...
Ce que j'ai apprécié, dans ce roman, ce n'est donc pas seulement la lutte pour retrouver un poids de forme "socialement acceptable" mais surtout le combat que mène Victoire, jusqu'au bout, pour gagner en assurance. Surtout qu'avec une si belle personnalité, il serait bien dommage qu'elle continue à se cacher.

En plus de tout cela, on retrouve le type de situations chères aux autrices de chick-lit, souvent décalées, drôles, avec des clins d’œils qui rappellent forcément des expériences que nous faisons tous et des imbroglios qui sont un vrai plaisir à suivre. Pas vraiment de grande surprise, certes, mais aucune déception ! Ce roman se boit comme du petit lait et, quand Victoire panique et se ridiculise toute seule, ou quand quelqu'un profite de sa gentillesse de façon mesquine, on a vraiment envie de la soutenir (ou de lui offrir un bon verre de vin pour décompresser !) et non pas de lui claquer le museau. C'est à cela qu'on reconnaît un bon auteur, Victoire attire la compassion et on rêve d'une amie comme elle, là où d'autres personnages seraient juste des cruches imbuvables.

Si vous n'avez pas le moral, que vous êtes victime d'une baisse de forme ou tout simplement que vous avez passé une sale journée, vous savez sur quel titre vous pouvez miser pour vous sentir moins abattu !

(je n'aborde volontairement pas ce qu'il se passe dans le roman car la 4ème de couverture en dit déjà beaucoup et qu'il faut bien conserver un peu de suspense ! si vous voulez en savoir plus, il ne vous reste qu'à le lire !  )

Chronique de Roanne

Les Originels, tome 2 : Les Rescapés de Charlène Gros-Piron

Année d'édition : 2016
Edition : Anyway Editions
Nombre de pages : 548 pages
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Ils étaient quatre et ils ont tant affronté, en en payant les conséquences. Ils n’avaient rien demandé, ils ont pourtant été élus par les éléments. Et désormais, après tout ce qu’ils ont déjà vécu, nos adolescents vont s’apercevoir qu’il ne s’agissait que d’un début.
Ils seront six. Deux nouveaux élus les rejoindront, insoupçonnés et pourtant si proches.
Toujours avec Cécile à leur tête, le petit groupe va devoir fuir, fuir loin de tout ce qu’ils connaissent, dans des terres lointaines, pour trouver la sécurité. Du moins le croient-ils. Parce que ce qu’ils vont trouver à l’arrivée dépassera tout ce qu’ils ont jamais imaginé. Pour devenir ce que l’on attend d’eux, ceux que l’on surnomme désormais les Originels vivront les pires moments de leur existence.
Afin d’accomplir leur destinée, ils n’auront de cesse de repousser leurs limites.
La foi, l’amour, l’amitié et l’humour seront leurs seuls secours face à cette obscurité.
Et s’il y avait plus à craindre que la mort ?



Le premier tome avait été mitigé. Et comme j'aime laisser une seconde chance à un auteur, oui, je suis comme ça, j'espérais que la suite soit un peu différente et plus développé. Dommage, mais une fois encore je ressors avec les mêmes impressions que pour le premier tome. Du coup, je préfère abandonner l'idée de lire le dernier tome et savoir comment cela se termine. Cette série n'est pas du tout pour moi, mais au moins, j'aurais essayé. (peut-être me faut-il lire autre chose de l'auteur, puisque je le souligne ce n'est pas tant le style qui m'aura dérangé, mais plutôt l'histoire et ses personnages.)

Concernant la plume de l'auteur, elle n'est pas désagréable, mais j'ai l'impression parfois de lire du dialogue parlé familier. Nous sommes Cécile et donc tout le roman est écrit de par son point de vue et il arrive qu'à un moment donné, trop d'humour tue l'humour. Surtout lorsqu'on n'est pas forcément réceptif. Ca m'ennuie beaucoup parce que très franchement, j'apprécie beaucoup les vidéos youtube de l'auteur (qui est aussi une grande lectrice) et du coup je pensait apprécier un minimum sa trilogie. Déception totale, je dois être trop vieille pour apprécier ce genre de personnages et d'humour. Les romans jeunesses et moi ce n'est décidément pas trop ça.

Ici on est dans un cas de figure particulier parce que tout ce que je n'ai pas su apprécier, beaucoup de lectrices ont, elles, aimé. L'humour de Cécile parfois excessifs et trop puérils, sa chasse aux grossièretés, sa romance avec Sébastien et son combat en tant qu'Originel. Tout n'est pas suffisamment développé une fois encore. J'attendais de la surprise et que le roman prenne une direction plus intense, mais comme on garde en permanence un humour d'adolescents, forcément les enjeux nous paraissent de suite moins importants. Et puis on apprend que deux nouveaux originels doivent vite être trouvé par notre quatuor. Et comme par hasard, ils les découvrent genre deux pages après avoir appris la nouvelle. Et les nouveaux Originels sont sous leur nez depuis le début. Mais comme par hasard il suffit qu'ils apprennent leurs existences pour que ceux-ci détiennent des pouvoirs et apprennent très vite à s'en servir. Très franchement, je ne suis pas adepte de ce genre d'avancée trop facile dans un roman.

Ca m'ennuie parce qu'on sent vraiment que l'auteur est passionné par sa trilogie et qu'elle y croit et cela semble être bien partie parce que très franchement je n'ai pas vu une seule chronique négative. (où alors j'ai mal cherché). Je pense sincèrement me pencher à l'occasion sur un autre de ses romans un peu plus mâtures et moins enclin à l'humour et la déconnade, parce que pour moi ça ne l'a pas fait.

Je préfère donc arrêter mon avis là parce que je ne veux pas donner l'impression de descendre gratuitement ce livre qui a su trouver son public mais dont je ne fais finalement pas partie. Dommage !

Chronique de Louve

L'Étrangère de Gardner Dozois

Année d'édition : 2016
Edition : ActuSF (Perles d'épice)
Nombre de pages : 262 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
La première fois que Joseph Farber vit Liraun Jé Genawen, il la trouva pleine de mystères. C’était durant l’Alàntene, « la Pâque du solstice d’hiver, l’Ouverture-des- Portes-de-Dûn » sur la planète Lisle. Pour l’extraterrestre, Farber bravera tous les interdits et tabous, jusqu’à se faire modifier génétiquement pour pouvoir s’unir à elle. Et pourtant, comme toutes les plus grandes histoires d’amour, leur idylle connaîtra une fin tragique...






L’étrangère est un roman de science -fiction qui raconte l’histoire d’amour improbable entre un terrien expatrié et une extra-terrestre Cian. Une très belle romance qui ne ressemble à aucune autre. A travers celle – ci de nombreuses thématiques et sujets sont abordés ; la place de la femme, les différences culturelles, la tolérance, les croyances, l’évolution des technologies…, elle ouvre à une réflexion profonde et c’est tellement bien amené, malgré la description de la quatrième de couverture qui laisse présager une fin tragique, jusqu’à la fin, on y croit, on espère une fin tout autre.

Joseph Farber est un terrien vivant sur la planète de Lisle où vivent les Cians, des êtres humanoïdes mais qui présentent quelques différences avec les hommes. Un jour, alors que l’Alantene bat son plein sur la planète et que les Cians mènent de drôles de chorégraphies et chants, il rencontre Liraun Jé Genawen. Une Cian un peu plus grande que les autres, plus énigmatique, plus attractive. Un regard, quelques mots échangés, et Farber et Liraun débutent une relation, d’abord physique, puis peu à peu plus émotionnelle. Cependant, la relation n’est pas acceptée de tous, entre les terriens dégoûtés et les Cians outrés, Farber n’hésitera pas à aller très loin pour vivre son amour.

Farber est humain, un personnage avec une force de caractère indéniable, il ne s’embarrasse pas des difficultés ; brave la génétique pour vivre son histoire, défie les idées préconçues, accepte de vivre loin des siens, tente de s’intégrer à une culture qui n’est pas la sienne et toujours par amour pour sa Cian, pour Liraun. Le personnage est assez extraordinaire, tout en étant d’une simplicité extrême, humain tout simplement, homme épris d’un noble sentiment qu’est l’amour, homme prêt à tout pour vivre avec celle qu’il aime, homme courageux, mais aussi perdu dans ce qu’il ne comprend pas, n’accepte pas…

« Elle le fascinait  – au sens ancien du mot fascinare, ensorceler – et le paralysait comme un oiseau qu’on charme. »

Liraun, est un personnage mystique, un peu comme une déesse, imprenable et lointaine. Elle est aussi d’une tristesse et d’un charme incroyable, comme une aura mystérieuse, un personnage qui ne se révèle pas vraiment jusqu’à ce qu’il ne soit trop tard… Liraun à l’image de son peuple, s’exprime en paroles philosophiques, très imagées, parfois difficiles à comprendre pour le terrien qu’est Farber, est effacée, difficile à cerner, lunatique aussi.

 » tu marchais seul et personne ne te touchait, et moi seule ai vu cela, moi seule l’ai vu. Parce que moi aussi j’ai toujours été seule parmi mon propre peuple et j’ai pensé : Comme moi, il n’a qu’une moitié d’âme, et j’ai pensé aussi ; Réunissons-les, ces deux moitiés. »

Tous deux évoluent dans une atmosphère bien particulière et particulièrement bien décrite et amenée par l’auteur, un côté un peu chatoyant lors de leur rencontre, la pâque du solstice d’hiver où les commémorations sont emplis de couleurs, de musiques transcendantes, de chants enivrants, de costumes flamboyants, de danses hypnotiques, cela va avec leur coup de foudre réciproque. Et puis, peu à peu l’hiver s’installe, le froid s’empare de la Vieille ville, le récit ralenti comme un compte à rebord qui voudrait s’étioler, on approche du moment fatidique, avec désarroi, avec angoisse aussi, et cette question : pourquoi ?

On l’aura compris, l’auteur manie une plume très poétique, très élégante, très imagée aussi, on s’imagine aisément la planète de Lisle dans laquelle le lecteur sera bien malgré lui emporté, le peuple Cian à la vie simple et primitive bien éloignée de leurs avancés technologiques et génétiques, les terriens qui y vivent, à part, qui a contrario adore la technologie et ses excès. L’auteur dresse une peinture métaphorique ; le choc culturel, les Cians et les Terriens ne s’appréciant guère, l’intolérance vis à vis de leur différence, l’incompréhension des us et coutumes, les Cians sont intellectuels et philosophiques dans leur discours, l’homme plus terre à terre. Il y a aussi la place de la femme ; Liraun représente à elle seule, une grande métaphore de la femme, de son devoir vis à vis de sa famille, de son mari, de sa place limitée dans la société. (Rappelons que le roman a été écrit 1978…)

L’auteur fait une ôde à l’amour inconditionnel, celui qui dépasse les différences, les incompréhensions, les êtres eux – mêmes. Un roman de science-fiction qui se lit avec beaucoup d’aisance, l’auteur maniant le genre sans en faire de trop, c’est assez sédentaire au final, on y voit surtout Farber évoluer face aux siens, face aux Cians, face à cette femme différente des terriennes mais pour laquelle il ressent quelque chose de vraiment spécial.

En bref, un roman qui a su une nouvelle fois me faire aimer la science – fiction, l’univers est superbe, plein de poésie, l’histoire d’amour est intemporelle, sans fioriture, juste simple et efficace. Une lecture à conseiller !

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire ActuSF pour m’avoir permis découvrir ce très beau roman.


Chronique de Walkyrie

Les Élus, tome 2 : La Légende Céleste de Inès L.B.

Année d'édition : 2016
Edition : auto-édité
Nombre de pages : 200
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Eileen vient d’avoir seize ans. Après une première année de Seconde mouvementée au cours de laquelle elle a découvert qu’elle était une Élue, a rencontré son ange gardien et a dû combattre deux Ombres aussi puissantes que terrifiantes, elle n’aspire plus qu’à une seule chose : qu’on la laisse tranquille avec son ange gardien ! Malheureusement, les choses ne sont pas toujours aussi simples. La rentrée approche et cette nouvelle année promet d’être riche en émotions : une nouvelle vie dans une nouvelle maison, des entraînements intensifs avec Ange, la découverte – enfin ! – du Monde Céleste, des sorties entre amis, des rires, des larmes et… une Légende.
Eileen parviendra-t-elle à garder secrète sa relation avec son ange gardien ? Quel sombre secret les menace ? L’amour sera-t-il plus fort que la haine ?

Avant tout j’aimerais remercier Inès qui m’a proposé de lire ce second tome car j’avais beaucoup apprécié le premier, ainsi que le Forum Mort Sure.

C’est un réel plaisir de retrouver Eileen et ses amis Ange, Awen, Roman, Kinnie et Aedan pour une nouvelle rentrée scolaire. Eileen a maintenant seize ans, et avec ses amies, suite à l’attaque des ombres, elles s’installent chez les anges garçons chargés de les protéger.

C’était un plaisir de retrouver nos petits couples puisqu’il s’agit d’une romance young adult fantastique. Awen et Roman tout comme Kinnie et Aedan sont officiellement en couple, quant à Eileen et Ange ils se cachent et leur couple est toujours égal à lui-même, un peu bancal et incertain.

Au cours de ma lecture j’ai pu ressentir une évolution et une certaine maturité dans l’écriture de l’auteur, que je n’avais pas assez ressenti dans le premier opus. Malheureusement la maturité des personnages n’a pas évolué et ils ont eu tendance (surtout les filles) à me tapper sur le système.

J’en suis même arrivée à trouver les garçons plus matures que les filles alors qu’à cet âge c’est souvent le contraire dans la réalité. Awen par exemple et super jalouse pour un rien et c’est finalement très énervant à la longue !

Par ailleurs, même si la relation d’Eileen et Ange est compliquée du fait qu’ils doivent se cacher, j’ai trouvé leurs sentiments plus forts que dans le premier tome.

L’écriture de l’auteur est toujours aussi fluide avec de belles descriptions, mais d’autant plus agréable à lire par son expérience. Malgré tout j’ai trouvé ce roman en demi-teinte avec un début assez long et une fin assez chargée en éléments et surtout rapide car le roman ne comporte pas beaucoup de page. La fin quant à elle est au summum et présage un bon tome 3 que j’attends avec impatience !

Dans tous les cas ce fut une bonne lecture malgré des personnages parfois agaçants et des passages un peu longs.

Le style se veut plus mature que les personnages mais nous apporte de nouveaux éléments sur la légende céleste et présage une belle suite que j’ai hâte de découvrir. 

Chronique de Babynoux