vendredi 20 mai 2016

Orages de Estelle Tharreau

Année d'édition : 2016
Edition : Taurnada Éditions
Nombre de pages : 268
Public visé : Adulte / jeune Adulte
Quatrième de couverture :
Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort ! Les nuits d'orage peuvent s'avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d'un passé enfoui depuis plus d'un siècle dans un cahier d'écolier jauni et écorné.











Béatrice est une mère célibataire qui trouve un emploi dans un petit village ainsi qu'une maison de fonction. Elle veut rattraper le temps perdu avec sa fille, Célia mais aussi fuir une relation désastreuse.
Dans ce hameau, les gens sont très accueillants, et semblent ravis de les recevoir dans leur petite communauté, il y a juste le boucher qui est très agressif et lui conseille de repartir.
Célia trouve elle aussi deux amis Yann et Maddy qui sont les enfants des deux familles ennemies et qui la mettent aussi en garde car les dernières occupantes , une mère et sa fille sont mortes dans d'étranges circonstances.

Dès le début du roman on est touché par cette mère célibataire qui avoue ses échecs sentimentaux et son désir d'offrir ce qu'il y a de mieux pour sa fille. On s'attache très vite aux personnages qui sont touchants : la mère qui culpabilise de ne pas pouvoir donner un foyer plus stable à sa fille; Célia qui se rend compte des efforts de sa mère mais qui reste malgré tout une adolescente et qui essaye de percer le mystère qui entoure les dernières locataires sans inquiéter sa mère!

Toutes deux vont faire des recherches qui partent dans deux directions opposées; Célia trouve un journal qui nous entraîne au début des années 1900 et qui est relié à la maison où elles habitent.

L'ensemble est très prenant, le suspens bien présent, et les habitants ne sont pas ce qu'ils paraissent! On retrouve vraiment l'ambiance pesante des milieux ruraux du début du siècle.
Un premier roman bien écrit pour lequel je n'aurai qu'un seul reproche , je trouve que la fin n'est pas assez aboutie, j'aurais aimé avoir plus de précisions concernant un individu dont je n'ai pas compris les motivations. 

Merci aux éditions Taurnada et à Louve pour ce partenariat

Chronique de Distact

La traque de Roderick Thorp

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 780
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Août 1982. Phil Boudreau, détective de la brigade des mœurs de Seattle, est appelé en urgence dans une des banlieues de la ville. On vient de retrouver le corps d’une jeune femme dans la Green River. Les services de police présents sur les lieux ne lui demandent qu’une chose : identifier la victime, qui semble être une de ces jeunes prostituées que son travail l’amène à fréquenter. Boudreau la reconnaît et pense immédiatement à un suspect possible, Garrett Richard Lockman. Mais le rapport qu’il envoie à sa hiérarchie, dans lequel il fait état de ses soupçons, est enterré sans qu’il en connaisse la raison. Bientôt, les victimes se multiplient dans la Green River, presque toutes de jeunes prostituées de la ville. Mis à l’écart des investigations, Boudreau décide de mener seul une enquête clandestine qui va durer près de dix ans, au rythme de surprises et de rebondissements spectaculaires, jusqu’à une conclusion totalement inattendue. Face à lui, un tueur aussi manipulateur qu’insaisissable, le pire cauchemar d’une ville aux abois.



Phil Boudreau est détective aux moeurs. Lorsqu'une prostituée est retrouvée assassinée dans la Green River, il est le premier à pouvoir identifier la victime. Très vite, Phil comprend qui est le coupable, mais lorsqu'il envoie un rapport complet sur l'identité du coupable, il n'est pas écouté. Quand les cadavres ne cessent de s'accumuler, Phil est le seul à savoir qui est le coupable et très vite, il décide d'enquêter pour arrêter le tueur et prouver à tous qu'il avait raison dès le début et que le carnage aurait pu être évité !

La traque est un roman que j'avais très envie de lire parce qu'il reprend l'histoire de Gary Ridway, le tueur de la Green River qui a fait plus de 90 victimes. Je voulais donc voir comment l'auteur allait utiliser l'histoire de ce tueur en série pour offrir un thriller palpitant où dès le début on connait l'identité du tueur, où dès le début un flic le sait et le dit partout, mais où personne ne le croit. Hélas, je n'ai pas été séduite malgré l'attrait de l'histoire.

Mon principal souci pendant cette lecture, c'est la plume et le style de l'auteur. C'est très froid, très en retrait comme si on énonçait simplement des faits, sans vouloir réellement donner vie aux personnages. Du coup, même les dialogues m'ont semblé complètement décousu et j'ai eu parfois du mal à les trouver cohérent. Les dialogues qui parfois n'ont ni queue ni tête, qu'on relit à plusieurs reprises pour être certain de savoir qui parle et surtout de quoi ils parlent !

Le roman est divisé en deux parties qui s'alternent tout au long de l'histoire. On suit donc d'un côté Phil et son enquête et d'un autre côté on suit Lockman, le tueur qui sévit pendant dix longues années. L'enquête est donc longue, très longue (comme elle l'a été pour Gary Ridgway) et comme dès le départ on connait l'identité du tueur via les passages qui le mettent en scène,on est impatient tout de même de savoir comment l'auteur va permettre à Phil de le conduire sous les barreaux.

Malgré l'enquête plus ou moins palpitante et les détails sordides que proposent l'auteur, je n'ai pas été complètement scotchée par l'histoire et j'ai davantage eu la sensation de lire un documentaire où tout est froid, sans émotion qu'un roman qui donne vie à des personnages pour qu'on apprenne à les haïr ou à les apprécier. Le roman est lent et long et comme on ne parvient pas à apprécier nos deux personnages principaux, très vite, on commence à s'ennuyer et ce n'est jamais une bonne chose.

L'enquête en elle-même est étrange aussi parce que dès le début, le flic, Phil, connait l'identité du tueur, un trouillard manipulateur et menteur qui ne passe son temps qu'à séduire des prostituées pour les assassiner ensuite. Le seul limite qui tire son épingle du jeu c'est son binôme.

J'avoue avoir très peu de choses à dire de ce livre parce que je suis restée très en retrait de l'histoire et des événements et pourtant, je suis persuadée qu'il peut plaire, mais pour ma part ce ne fut pas le cas.

En bref, un thriller long, trop long, qui reste toujours en retrait des personnages ne nous permettant pas de les apprécier comme il se doit (encore faut-il avoir envie d'apprécier Lockman !). Il n'y a pas véritablement de suspense puisqu'on connaît l'identité du tueur. Dommage, cela aurait pu vraiment me plaire !

A lire si :
- vous aimez les longs thriller inspiré de réels tueurs en série. (Gary Ridway)
- Les documentaires ne vous effraient pas non plus.


A éviter si :
- Un tueur en série qui pleurniche ça vous agace, surtout qu'il ne pense vraiment qu'avec son pénis !(le sexe est omniprésent dans ce roman, c'est une obsession pour le tueur)
- vous aimez le suspense, ici il n'y en a pas !

Chronique de Louve

Le sentier des astres tome 1:Manesh de Stefan Platteau

Année d'édition : 2016
Édition : j'ai lu
Nombre de pages : 462
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve, vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l'oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. A bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui d'entre eux connaît vraiment les buts de l'expédition ? Même le Barde, l'homme de confiance du capitaine, n'a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive sur le fleuve, à des mille et des mille de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l'expédition de l'anéantissement pur et simple ? Un huis-clos humaniste et un peu cruel, une histoire sans héros, quelque part entre Robin Hobb et Robert Holdstock. Avec le premier tome de cette trilogie, par un auteur belge, une voix majeure de la fantasy vient de naître.



Deux gabarres sont amarrées pour la nuit, sur l'une d'elle le marinier insomniaque aperçoit un corps sur une branche qui dérive. Il réveille les occupants de la grande barge avant de plonger pour ramener l'individu. Le jeune homme est hissé à bord, grièvement blessé aux jambes, dont l'une est atteinte par la gangrène.

Durant le sauvetage du jeune et de la durée des soins qui lui sont apportés, l'auteur en profite pour nous présenter les occupants de deux bateaux qui remontent le fleuve à le recherche du Roi-Diseur, un Oracle qui pourrait changer le cours de la guerre intestine qui sévit dans le royaume. En plus des dix-huit guerriers avec à leur tête le seigneur palatin Kalendun, se trouve sur les bateaux une Courtisane et sa fille, et le barde Fintan narrateur du récit.

Soigné, il reste plusieurs jours inconscient, lorsqu'il se réveille, le barde qui le veille lui demande qu'il est et comment il s'est retrouvé dans cette situation ? Le jeune homme commence un long récit sur ses origines plutôt étranges, sa jeunesse, sa recherche de son géniteur un Antique,... Dans ce début de l'ouvrage, l'auteur alterne le récit avec la vie quotidienne à bord, mais dans cette partie également il n'y a pas d'action.

L'histoire nous emmène dans un récit, certes intéressant, mais qui souffre de trop de longueurs. Par le biais de l'histoire du jeune homme, l'auteur nous entraîne dans une fantasy intimiste faite de légendes populaires païennes, de contes, de mythes où il distille lentement son récit où les Dieux et les Antiques occupent la majorité de l'histoire et où l'intrigue principale, à savoir la raison pour laquelle les deux gabarres remontent le fleuve, passe au second plan. L'auteur s'attache donc au passé et délaisse ce qui se passe actuellement dans son monde : la lutte intestine entre les différents royaumes et la menace d'invasion de l'Empire ne sont que peu développées. Un récit qui s'annonçait au préalable plutôt classique que l'on espère voir développé dans les tomes ultérieurs.

L'un des points forts de l'auteur c'est son univers d'inspiration Celtique mâtiné de mythologie Hindoue. Lentement l'auteur distille ses informations sur les anciennes légendes, sur les dieux, sur le déclin des Antiques du à l'arrivée des humains, l'opposition entre ces Antiques et les Dieux mauvais. Le bestiaire est très développé, particulièrement fascinant, fait de géants solaires, de géants lunaires, du Pâtre Noir et de sa Harde, des Crépusculaires et des ethnies de l'Autre-monde qui existaient avant la colonisation du monde par les humains. L'univers fait de magie, de fantastique, de réalisme est très bien rendu, les différentes histoires s'imbriquant au fil des chapitres. Mais ce qui frappe surtout dans cet univers c'est son ambiance particulière où le fabuleux se mêle à l'étrange, à l’émerveillent, à l'effroi.

Les personnages sont charismatiques, complexes aux caractères bien trempés et pour la plupart gardant une part de mystères. On ne sait pas vraiment quelles sont les motivations qui guident réellement cette troupe de guerriers plus différents les uns que les autres dans leurs caractères. Les personnages les plus décrits par l'auteur sont bien entendus Manesh le li-solaire qui va tarder à révéler les raisons de sa présence sur le fleuve, qui se révèle ambiguë et Fincan le Barde, narrateur de l'histoire, un Barde à la verve volubile. On s'attache facilement à ce dernier, à la Courtisane et à sa fille, mais on aurait aimé en savoir plus sur ces dernières ainsi que sur certaines des personnes qui les accompagnent, mais la mort prématurée d'une partie du groupe ne le permettra pas. Dans les tomes qui suivent, au vu du final, l'auteur va sûrement s'intéresser plus aux survivants, mais également à ce qui les entoure.

Le style est recherché, poétique permet de bien s'immiscer dans le récit. Les descriptions sont précises, détaillées, très visuelles. Et si elles permettent au lecteur de bien imaginer les différents scènes qui s'offrent à lui … elles sont parfois un peu longues et la dynamique de lecture s'en ressent.

Au final, avec Manesh l'on pénètre dans une fantasy profonde, à l'univers envoûtant et complexe, aux rebondissements peu nombreux mais très bien amenés, à la plume magique, des bases solides et tous les ingrédients pour faire une excellente fantasy... mais les longueurs succèdent aux longueurs. On espère pour la suite un récit tout aussi intéressant sur le fond, mais sur la forme plus de fluidité.

Chronique de Goupilpm

Tombquest, tome 1 : Le livre des morts de Michael Northrop

Année d'édition : 2016
Edition : Bayard
Nombre de pages : 310
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Au musée métropolitain d'art de New York s'ouvrira demain la plus grande exposition d'égyptologie jamais montée. Alex Sennefer, 11 ans, la découvre avant tout le monde, sans savoir que, demain, il mourra pour la première fois..











Alex est un jeune garçon de onze ans souffrant d'une maladie qui lui donne de violentes crises. Sa maman, spécialiste de la mythologie égyptienne, travaille dans une grand musée de New York. Alex connait le musée comme sa maison et passe énormément de temps sur les lieux en compagnie de Ren, la fille d'un autre spécialiste du musée. Mais une grande exposition d'égyptologie semble rendre nerveux les parents des deux enfants, surtout lorsqu'un artefact très ancien est trouvé par le musée et exposé pour la première fois : les sortilèges perdus. Seulement, un groupe ancien et étrange est bien décidé de s'emparer des sortilèges.

Lire des romans jeunesse cela m'arrive peu souvent. Mais lorsqu'il s'agit de roman comme Tombquest, j'avoue que je pourrais davantage me laisser tenter ! Le roman est bien mené, les héros sont sympathiques et on passe un chouette moment en compagnie d'Alex et Ren, deux jeunes héros qui vont mettre leur courage à l'épreuve face à une magie ancienne et dangereuse.

Dès le départ, on fait la connaissance du héros, Alex, un jeune garçon qui souffre de violentes crises depuis qu'il est très jeune. Il ne souhaite pas inquiéter sa mère lorsqu'une crise pointe le bout de son nez et préfère se débrouiller pour la faire passer très vite, quitte à se mettre en danger sans le vouloir. Alex fait parti d'un binôme avec Ren, une adolescente très intelligente et réfléchie qui va l'épauler dès le début et toujours rester à ses côtés en amie fidèle qu'elle est.

Le début du roman pose donc les bases concernant nos héros et leur quotidien empli de musées, de mythologie égyptienne, et de crise pour Alex qui donc prend énormément de médicaments. Les deux enfants sont très attachants et ne tentent pas d'être plus forts qu'ils ne le sont. Ils ont certes des réactions un peu plus mâtures que leur âge, mais au vue du travail de leur parent, ils s'y connaissent un minimum en égyptologie. Ils vont donc affronter des momies, scorpions et un groupe très dangereux mais avec leurs armes d'enfants jusqu'à ce qu'ils doivent obligatoirement se surpasser puisque la magie va entrer en ligne de compte.

Le roman se lit très vite, les pages défilent rapidement sans que l'on s'en rende compte, l'avantage de la lecture jeunesse. L'action et les rebondissements sont présents, parfois couru d'avance concernant certains personnages et le rôle qu'ils ont à jouer, mais en littérature jeunesse, on peut facilement mettre de côté le fait que l'auteur en rajoute un peu pour faire rêver ses lecteurs.

Un mot également sur la couverture qui est très belle, dorée de partout et qui va forcément attirer l'oeil des jeunes lecteurs qui passeront vraiment un bon moment de lecture. J'ai moi-même hâte de lire le prochain opus puisque ce premier tome nous laisse sur notre faim concernant plusieurs événements.

En bref, un roman jeunesse bien mené et très sympathique à lire. L'égypte et sa mythologie sont mis en avant pour notre plus grand plaisir et les héros sont attachants.

A lire si :
- vous aimez l'égypte et sa mythologie.
- Les momies ne vous font pas peur, tout comme les scorpions ! Ca serait dommage de reposer le roman parce que vous êtes Arachnophobe ^^

A eviter si :
- vous cherchez un roman précis et fouillé, rempli de multiples descriptions.
- La jeunesse ça vous ennuie.

Chronique de Louve

mardi 17 mai 2016

Alice au pays des morts-vivants de Mainak Dhar

Année d'édition : 2016
Edition : Fleuve edition
Nombre de pages : 400
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Deadland, Inde. Un virus a réduit la quasi totalité de l’humanité à l’état de zombies. Du monde d’hier, il ne reste rien, ni gouvernements, ni technologies, juste les armes, nécessaires à la survie. Le Comité Central règne sur cette partie du monde. L’instrument de son pouvoir : son armée, Zeus. Les groupes qui les rejoignent sont alors sous leur protection, en échange, les jeunes combattent dans leur rang, les autres travaillent pour eux.
Alice, 15 ans, est la fille d’un ancien diplomate américain, qui est aujourd’hui le leader d’une communauté restée indépendante et libre. Alice n’a pas connu d’autre école que celle de la survie. Mais elle y excelle. Lors d’une patrouille, elle voit un zombie sortir subitement de terre, portant des oreilles de lapin roses. Des rumeurs parlent d’un réseau souterrain où les zombies se réfugient. Elle s’engouffre à sa suite. Et chute...
Elle découvre alors un réseau de galeries, et se trouve rapidement acculée par les zombies. Alors que le combat semble perdu, Bunny stoppe ses congénères. Alice se trouve près d’une affiche d’Alice in Wonderland. Et les zombies croient reconnaître en elle la jeune fille de l’affiche. Ils la conduisent alors à la Reine des zombies...






Un virus a détruit l'humanité. Les Mordeurs vivent désormais dans de grandes galeries souterraines, ne sortant que pour tenter de manger de l'humain. C'est dans cette univers et ambiance si particulière qu'Alice a grandi. A quinze ans, la jeune fille est une très bonne tireuse et ne loupe que rarement ses cibles. Dégommer du mordeur c'est sa passion et son boulot, qu'elle fait soigneusement. Lorsqu'un jour elle découvre un Mordeur avec d'étranges oreilles de lapin en guise de déguisement, Alice ne peut s'empêcher de le prendre pour cible et de le suivre lorsque celui-ci disparaît subitement de sa ligne de mire. La curiosité est un bien vilain défaut, surtout qu'il va entraîner la jeune femme dans les galeries de Mordeurs où elle va en apprendre énormément sur la situation réelle du monde qui l'entoure.

Moi et les zombies, c'est une très grande histoire, aussi quand j'ai découvert la sortie de ce roman, j'étais hyper intriguée et impatiente de le lire. Un conte et du zombie, voilà un mélange atypique et loufoque qui à mon sens marche plutôt bien, même si en fin de compte j'attendais plus de folies de la part de l'auteur. Si au départ j'ai apprécié la folie que l'auteur distille a petite dose, j'attendais une explosion de délire et de n'importe quoi qui n'arriva jamais. Pourtant, j'ai passé un chouette moment en compagnie d'Alice et de ses mordeurs qui font souvent allusions au célèbre conte d'Alice aux pays des merveilles et c'était bien vu surtout que finalement, l'histoire est bien plus sombre et prend une direction inattendue.

Très vite, on fait la connaissance de notre héroïne, Alice, une adolescente qui ne se laisse pas faire et qui a très jeune appris à affronter les mordeurs, des zombies qui pullulent en dehors de leur base. Il faut donc régulièrement faire le ménage pour protéger la population. Alice est donc habile avec une arme et n'hésite pas à protéger les humains des mordeurs. Mais voilà que pendant une mission, un mordeur avec des oreilles de lapins la captive et disparait subitement. Curieuse comme elle est, Alice va le suivre et atterrir dans des galeries souterraines appartenant justement aux Mordeurs. Là, tandis qu'elle essaye de s'échapper, elle devient prisonnière d'eux surtout que le Mordeurs aux oreilles semble être très intrigué par la jeune femme, éloignant les autres zombies d'elle. Suite à cela, Alice va faire la connaissance de la Reine qui semble beaucoup aimer couper la tête de leurs prisonniers, sauf d'Alice qui semble faire partie d'une étrange prophétie bénéfique aux Mordeurs. Une humaine pour sauver les zombies alors que son rôle était justement de les envoyer six pieds sous terre définitivement ? L'idée m'a beaucoup plu, surtout lorsque l'auteur prend le risque de changer la donne niveau survie face aux zombies en intégrant l'histoire d'Alice. La reine, le Chapelier, le lapin, les potions, bref on a énormément de symboles concernant Alice aux pays des merveilles. Et j'aurais vraiment apprécié que l'auteur pousse davantage la ressemblance, sauf que forcément, la crédibilité et la cohérence en aurait pris un sacré coup !

Alors oui, un roman de zombie ne peut absolument pas être crédible. Certes. Mais l'histoire fonctionne très bien ici ! On est dans un univers post-apocalyptique où les derniers humains tentent de survivre face aux zombies, mais aussi face à une unité, le groupe Zeus, qui tente d'enrôler les hommes des camps dit libres dont Alice fait partie. C'est donc trois camps totalement différents qui s'opposent tout au long du roman jusqu'à ce qu'Alice rencontre la Reine, une femme qui travaillait pour le gouvernement quand tout a commencé. Une fois encore, on se rend compte que c'est l'Homme qui est toujours derrière une catastrophe et Alice avec la complicité de la Reine est bien décidé à sauver tout le monde.

La plume m'a séduite même si parfois je l'ai trouvé assez expéditive dans le sens où l'auteur va très vite à l'essentiel et ne s'encombre pas d'assez de détails. Ce n'était, pour un roman zombie, pas assez gore à mon sens et je m'attendais à ce que ce soit parfois plus tragique ou sombre via des événements qui auraient dû l'être. Du coup, je n'ai pas eu la sensation d'être prise aux tripes par les péripéties d'Alice comme je m'y attendais. Un bon roman zombies se doit de vous prendre en tenaille dès le début, de vous faire quasi suffoquer tant vous avez peur pour les héros. Ce ne fut pas le cas et c'est mon plus grand regret, j'aurais adoré que l'auteur se lâche davantage.

Heureusement, l'histoire surprend et très vite cela devient bien plus divertissant et assez original puisqu'on ne s'attend pas à un tel choix scénaristique. Cela innove des autres romans qui gardent toujours à l'esprit qu'un zombie est une créature à anéantir un point c'est tout. Les personnages apportent aussi une touche d'humour et de légèreté et j'ai beaucoup aimé faire connaissance avec Alice qui n'a peur de rien, même pas des Mordeurs et des humains plus forts qu'elle.

En bref, c'était une lecture détente et assez loufoque. J'aurais sincèrement apprécié plus de folies et de liberté de la part de l'auteur, mais je serais au rendez-vous pour la suite !

A lire si :

- les Zombies ? Vous adorez ça ! Vous en mangez tous les jours au ptit déj !
- Les réécritures de contes cela vous plaît.

A éviter si :
- vous n'aimez pas les mangeurs de cervelle.
- Vous aimez les romans descriptifs où l'auteur dit tout sur tout, même la longueur exact des cheveux de nos héros !  

Chronique de Louve

Partials Sequence, Tome 2 : Fragments de Dan Wells

Année d'édition : 2015
Edition : Le livre de poche

Nombre de pages : 648 pages
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Kira a trouvé un remède au virus du RM. Il coule dans le sang des Partials. Les nouveau-nés survivent, enfin. Si l’espèce humaine n’est plus directement menacée, les Partials le sont : ils meurent à l’âge de 20 ans. Kira doit cette fois sauver l’ennemi d’autrefois. Quête d’autant plus déchirante qu’elle est elle-même une Partial, qui doit trouver sa place dans ce monde fragmenté…








Kira est certaine d'avoir enfin le remède pour sauver les humains. Le remède pour lutter contre le virus du RM serait dans le sang des partials, c'est du moins ce dont elle est persuadée. Mais voilà, à ses yeux, il lui faut aussi sauver les Partials dont la date d'échéance approche à grand pas, quitte à se mettre en danger, mais elle y tient...

Le premier tome de Partials avait été un gros coup de coeur. Ne lisant que très peu de dystopie, j'évite ainsi de tomber dans le piège des romans qui se ressemblent tous. Mais lire le tome 2 autant de temps après le tome 1 fut un challenge au départ. Cette série est assez complexe et je ne me souvenais plus beaucoup de comment le premier opus se terminait. C'est souvent le problème lorsqu'on lit un tome X des mois après, il faut du temps pour se remettre dans le bain, et ce fut mon cas !

D'emblée on se retrouve avec les Partials et Samm, ce partial qui est un fugitif, recherché pour trahison parce qu'il a aidé Kira. Il m'a fallu un moment tout de même pour me souvenir des événements du tome précédent, mais au bout d'une cinquantaine de pages, tout m'est revenue en mémoire et là, j'ai pu pleinement savourer ce second opus dont maintenant j'attends la conclusion de pieds fermes. Si j'avais eu un coup de coeur pour le précédent, ce ne fut pas le cas ici, même si j'ai passé un super moment, j'ai trouvé que parfois c'était long et qu'on tournait en rond.

Kira est toujours à la recherche d'un remède pour sauver et les humains et les Partials. Elle cherche aussi à comprendre sa véritable nature et ses origines car trop de zones d'ombres demeurent encore à ce jour la concernant. Bon, en toute honnêteté, on se doute forcément que Kira n'est pas totalement humaine. C'est couru d'avance dès le premier tome et finalement, on se rend compte qu'on n'a pas tort et qu'on voyait les choses arriver. Cela ne m'a pas déçue, au contraire, ça évite de devoir encore attendre le tome 3 pour avoir certaines réponses qu'on attendait beaucoup. Comme dans le tome précédent, on a pas mal d'action de quoi éviter trop de temps morts, même si honnêtement j'avais hâte que Kira rencontre quelqu'un parce que les passages où elle est seule dans Manhattan sont un peu mou jusqu'à ce qu'elle rencontre Afa, un scientifique qui a perdu un peu la tête puisque cela fait plus de dix ans qu'il vit seul se pendant être le dernier humain sur Terre. Ce personnage est touchant et apporte une note de tristesse à l'univers. Un peu fou à lier, et pourtant rudement intelligent, il craint vite les autres et ne demande qu'à rester dans sa solitude entouré des documents qu'il est parvenu à amasser au fil des années.

Dès l'instant où Kira rencontre Afa, j'ai trouvé que le roman devenait beaucoup plus intéressant à lire et là j'ai eu du mal à le lâcher. Samm fait son grand retour avec Heron et tous décident de suivre Kira à l'autre bout des Etats-Unis, espérant trouver une solution définitive pour empêcher la destruction de l'humanité et des Partials. L'espoir est ce qui motivera l'héroïne jusqu'au bout même si elle ne fait pas spécialement confiance à Heron et Afa, tous deux imprévisibles. Et ce qu'elle découvrira va complètement changer la donne pour la suite de ses aventures !

D'un autre côté, on continue de suivre Marcus qui lui aussi découvre pas mal de choses sur Kira et Nandita. Notamment sur la véritable nature de la jeune femme. Sa quête sera d'autant plus périlleuse que Marcus n'est pas un combattant, mais un médecin et il tentera aussi d'utiliser ses connaissances pour s'allier à ceux qui vise la même chose que lui : un remède pour tous.

Voilà donc un second tome qui n'est pas toujours parfaits, parfois long et ennuyeux, parfois bourré d'actions et de rebondissements, mais l'attrait est là et on a vraiment envie de savoir comment tout va se terminer ! Hâte donc de lire le tome 3 de cette dystopie tout de même passionnante et dont j'apprécie énormément les personnages même si pour une fois, la romance n'est pas ce qui est mis en avant !

A lire si :
- vous avez appréciez le tome 1
- Si vous cherchez une dystopie plutôt mâture et qui ne met pas en avant une romance sortie de nulle part.

A évitez si :
- Vous n'aimez pas les dystopies.
- Les héroïnes balèzes c'est pas votre truc. 

Chronique de Louve
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Inner City de Jean-Marc Ligny

Année d'édition : 2016
Edition : Actu SF
Nombre de pages : 324
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
En quelques années, Paris est devenue une ville fantôme. Ses derniers habitants sont plongés en permanence dans les réalités virtuelles, bien protégés par une enceinte qui garde à l’extérieur, en banlieue, les pauvres et les miséreux. Mais leur vie dorée est menacée par un tueur agissant dans la Haute Réalité tandis que de l’autre côté du périf, la révolte gronde.
Dans ce climat explosif, Hang traque les scoops les plus sanglants pour mieux les injecter (et les vendre) dans ces mondes virtuels pendant que Kriss enquête pour neutraliser ce serial killer...

Roman cyberpunk clef dans la science fiction française et dans la bibliographie de Jean-Marc Ligny (AquaTM, La Saga d’Oap Täo...), Inner City est une nouvelle preuve de l’engagement de son auteur. Il a été couronné à sa sortie par le Grand Prix de l’Imaginaire.


Je remercie le forum Mort Sûre et les éditions Actu SF pour la découverte de ce roman.

Kris est une agent de Mens Sana, une société spécialisée dans la récupération des utilisateurs en perdition dans les confins de la réalité virtuelle. Parmi la population de Paris intra-muros, elle fait partie des rares à être encore capable de se déconnecter de la Haute Réalité pour agir de manière efficace en Basse Réalité. Mais lorsqu'elle doit sauver les victimes d'un fantôme tueur en Haute Réalité, puis traquer ce fantôme, toute sa maîtrise des espaces virtuels pourrait ne pas suffire à sauver son esprit.
Hang est l'un des derniers traqueurs d'images à mettre les pieds sur le terrain. Pour mettre plus de réalisme dans leurs cybergames, ses employeurs veulent de vraies images trash. Alors Hang va les filmer dans Slum City, la banlieue parisienne où règnent désormais la pauvreté et la loi du plus fort. Il y est tout juste toléré, pourtant la véritable menace qui pèse sur sa vie ne viendra pas de Paris, mais de son passé russe.
Quand les destins de Kris et Hang se croisent, c'est l'avenir de la Haute Réalité et de Paris qui se joue.

Inner City est un roman de cyberpunk pur jus : sombre, sale, critique sur notre société, et fascinant.
La plongée dans l'univers que nous propose l'auteur est brutale. Entre le vocabulaire spécifique pour parler de la Haute Réalité (la réalité virtuelle), et l'argot corsé des habitants de Slum City, il faut le temps de s'habituer. Il est aussi difficile pendant une bonne partie du roman d'entrer en empathie avec les deux personnages principaux tant on sait peu de choses d'eux (et la narration plutôt froide et détachée n'aide pas non plus). Pourtant, ça n'empêche pas de se faire happer par ce roman. D'abord parce qu'on souhaite comprendre l'univers que nous propose l'auteur. Comment fonctionne la Haute Réalité, quelles en sont les règles ? Et en Basse Réalité, qu'est devenu le monde ? Est-ce que tout est délabré, ou bien y a-t-il des endroits qui ne sont pas encore devenus fous ?

En réponse à cette dernière question, j'ai d'ailleurs énormément apprécié les passages qui se déroulent en Bretagne, du point de vue de la grand-mère de Kris. Là aussi, le monde semble devenu à moitié fou, mais ils constituent une véritable bouffée d'air après la noirceur de Paris (intra ou extra-muros). Le dernier espoir (mais n'est-il pas sur le point de s'éteindre ?) que l'humanité a encore des endroits où elle pourrait retrouver ce qu'est la vraie vie. Et le personnage de la grand-mère est juste adorable.

Au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans le roman (c'est vraiment l'impression que ça donne), on finit par s'attacher à Kris puis à Hang. A espérer pour eux qu'ils trouvent un endroit sûr dans ce monde délabré, et qu'ils prennent conscience de ce qui importe vraiment. C'est là que le roman nous amène le plus à réfléchir. Pas sur ce que pourrait devenir notre société (j'ai accepté le monde que nous proposait l'auteur, mais comme de la fiction, pas comme un avenir réaliste). C'est sur ce qui importe vraiment que le roman nous fait réfléchir. Sur ce qu'est la vie, ce qui lui donne sa saveur, sa valeur aussi. Le passé violent et douloureux de Hang est diamétralement opposé à celui plutôt heureux de Kris. Pourtant, tous les deux ont le même chemin à parcourir pour se "désintoxiquer" de la Haute Réalité. Mais en ont-ils vraiment la volonté ?

La fin est plutôt cynique, puisque l'auteur a choisi de nous montrer qu'alors même que les deux héros semblent avoir trouver enfin une sorte de paradis en ce monde devenu fou, l'un d'eux choisit volontairement de replonger en enfer. La "drogue" de la Haute Réalité est trop puissante.
Notre monde actuel n'en est pas encore là, et pourtant les questions que posent l'auteur ne sont pas de pure fiction.

Au final, je dirais qu'Inner City est un roman sombre, puissant, superbement écrit et mené. Et surtout, très humain.

Chronique de Sytra