lundi 22 juin 2015

Renaissance de Jean-Baptiste Dethieux

Année d'édition : 2014
Edition : Taurnada Éditions
Nombre de pages : 186
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Le psychiatre m’avait pourtant prévenu. Il ne fallait pas tenter cette plongée dans les abîmes, tout seul. Surtout pas ! Vouloir remonter le temps ou plutôt le dérouler sans l’aide d’un compagnon de route, d’un guide de haute montagne aguerri, grand connaisseur du terrain et de tous les pièges que représente cette virée dans les recoins de ma mémoire, c’était de la folie !

Avant de vous parler de ce très court roman, j’aimerais remercier les Editions Taurnada et le Forum Mort Sure pour leur confiance.

Le roman commence doucement. On fait la connaissance de Jean Malenc, journaliste, qui tente désespérément de retrouver la mémoire et savoir pourquoi et où ont disparu sa femme Liz et sa fille Blanche. Il n’y a rien d plus que ce que prévoit le résumé. Tout au long de l’histoire, Jean cherche dans sa mémoire à l’aide de son psychologue et remonte dans ses souvenirs les plus profonds pour tenter de se souvenir ce qu’il est arrivé à sa femme et sa fille.
J’ai trouvé le début du roman plutôt désorganisé, j’étais parfois un peu perdue car les choses n’étaient pas très bien expliquées.

Malgré tout, l’auteur a un style soutenu qui reste tout de même plutôt agréable et prenante.

Jean est un personnage tourmenté, atteint par la disparition des deux êtres les plus chers à son cœur. Il va tenter grâce à des e-mails, des photos qu’il reçoit chaque jours, de retrouver la mémoire. Il va voyager aussi bien à travers une forêt qu’à travers sa mémoire afin de retrouver bribes par bribes tout c dont il ne se souvient plus, ainsi il va remonter à la surface des souvenirs très noirs, des traumatismes d’enfance et autre.

Malheureusement la fin arrive trop vite à mon goût et n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais, j’ai encore quelques questions en suspend à la fin de cette lecture.

En résumé, un avis plutôt mitigé. C’est un très court roman parfois un peu brouillon qui aurait pu être un peu plus approfondi, mais qui reste une lecture détente dans un univers sombre qui travaille très bien la psychologie des personnages, la quête de soi, etc.

C’est un thriller assez spécial, il faut aimer la psychologie car il n’y a pas de mystère super profond.

Chronique de Babynoux

Jeu mortel à Echo Bay de Jacqueline Green

Année d'édition : 2014
Edition : fleuve édition (territoire)
Nombre de pages : 519
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :

La petite ville d’Echo Bay est soi-disant touchée par une malédiction. À plusieurs reprises, des jeunes filles sont décédées lors d’un festival. Sydney est un peu marginale, passionnée de photographie. Caitlin est très populaire et très appréciée par tous les élèves du lycée. Tenley, la reine du lycée et meilleure amie de Caitlin, est de retour à Echo Bay après plusieurs années d’absence. Les trois jeunes filles commencent à recevoir des défis anonymes : le mystérieux expéditeur les menace de révéler ce qu'elles cachent à tous si elles ne se plient pas au jeu. Aucune n’a envie de voir son petit secret honteux dévoilé au lycée et le Festival approche…






Nous commençons ce livre par un prologue assez mystérieux, voir perturbant. Ensuite, nous allons tour à tour découvrir les 3 protagonistes du roman: Sydney la marginale issue des quartiers moins "huppés" de Echo Bay et qui travaille en parallèle de ses études pour payer sa future fac; Dixie, reine de la fête, des défis, petite taille mais "grande gueule" qui est de retour au "bercail" après plusieurs années dans le Nevada; et Caitlin fille populaire, très investie dans la vie étudiante et associative (pour pouvoir appuyer sa candidature à l'entrée d'Harvard) et qui sait rester simple et accessible.

En partageant mes ressentis au fil de ma lecture, j'ai eu plusieurs remarques comme quoi l'histoire (ou du moins l'univers), ressemblait à la série Pretty Little Liar -que je n'ai pas vue. Il s'agit, pour le livre donc, d'un milieu assez embourgeoisé, "bling-bling", une jeunesse souvent insouciante et profitant de la richesse de papa/maman. En parallèle, il y a quelques personnages qui sortent du lot car n'étant pas nés dans l'opulence -en l'occurrence Sydney- et sont en quelque sorte "mis de côté" par les jeunes "branchés" et friqués, un genre de caricature du contraste présent en Amérique.
Cet aspect m'a un peu bloqué au début, ces jeunes qui dépensent sans compter de l'argent qui n'est pas à eux, qui ont des voitures soit dernière génération, soit "vintage" mais en super état, qui se prennent pour la "jet-set" et qui dénigrent les autres voulant s'en sortir par leurs propres moyens, j'avoue que ça m'a vite saoûlé. Malheureusement nous y avons le droit quasiment tout au long du roman, je trouve surtout que Dixie et Emmerson sont les mieux représentatives de ce stéréotype.

Mis à part cet "inconvénient" général, l'intrigue se met vite en place, la rentrée n'est pas encore effectuée que déjà les protagonistes reçoivent des messages mystérieux, les enjoignant à relever des défis si elles ne veulent pas que leurs secrets les plus personnels et sombres ne soient révélés au grand jour. De plus, la nouvelle édition du Festival d'Automne approchant à grands pas, la tension, l'excitation et le stress montent crescendo.
En effet, lors des dernières éditions de cet événement, 3 jeunes filles avaient périt en mer, que l'on a par la suite appelées: "les filles perdues"; depuis, les festivités avaient été annulées de peur que la "malédiction" ne recommence.

C'est dans cette ambiance de plus en plus tendue au fil des défis que nous allons voir Dixie, Caitlin et Sydney commencer à douter, à craindre pour leurs mystères personnels, à soupçonner leurs amis, leurs proches, à en perdre le sommeil... Plus on avance dans l'intrigue, plus on est pris par cette tension créée par le maître chanteur, on est tenus en haleine entre 2 roucoulades et autres activités extra-scolaires (n'oublions pas que ce sont des adolescentes ^^). Nous en apprenons aussi au fur à mesure sur chacune des filles, et leurs secrets n'en seront plus à la fin du livre pour le lecteur. Je dois avouer que pour leur âge, elles trainent de sacrées casseroles! Glauques ou plus tristounettes, mais leur passé -comme pour tout un chacun- comporte des zones d'ombre fortement marquées pour 3 filles allant tout juste entrer dans l'âge adulte.

Outre les 3 protagonistes, ce livre comporte bon nombre d'autres adolescents avec des rôles plus ou moins importants; je me suis un peu embrouillée avec tous les noms "balancés" dès le début lors de la fête de "pré-rentrée" chez Dixie, mais on s'y retrouve facilement au fil des pages. Emmerson est un personnage que j'ai moyennement aimé car, malgré son apparente maturité, l'inconvénient cehz elle est que out est dans l'apparence: grande métisse habillée à la dernière mode, même en portant un sac poubelle sur la tête ça lui irait. Donc mon avis sur elle, bien qu'elle soit une très bonne amie -en dehors de ses coups de fil avec "LUI"- pour Caitlin, rejoint celui méfiant de Dixie. J'ai également gardé mes dstances envers Guiness car derrière les sourires, j'ai le sentiment qu'il cache bien son jeu et ne dévoile qu'une partie de lui même, que ce soit avec Sydney ou Dixie, et son petit jeu de flirt est assez énervant car j'ai eu l'impression qu'il aime jouer avec les nerfs et/ou les sentiments des jeunes filles. A contrario, deux personnages que j'ai apprécié et aurai aimé voir un peu plus développés, sont Calum (avec son côté maladroit et avenant bien qu'il cache ses origines) et Hunter (qui m'intrigue depuis que son secret à été dévoilé par Caitlin).

Côté écriture, ça se lit bien et rapidement, grâce notamment à des chapitres pas trop longs pour permettre à l'intrigue de garder son rythme et reprendre son souffle, tout en passant d'une héroïne à l'autre. Le langage est bien adapté à la tranche d'âge (pas trop soutenu, mais plus "gaga" non plus) et même parfois bien flippant. La plume nous tient en haleine du début à la fin, même si certains passages entre deux défis paraissent un peu plus long que d'autres. Lors de plusieurs scènes, on s'attend à ce qui va se passer ce qui casse un peu l'engouement. Pour ce qui est du final, même si là encore on se doute d'un truc (oui je dis "truc pour ne pas vous spoiler et alors? ^^) mais concernant le maître chanteur j'ai été étonnée de la révélation de son identité (même si là encore les motifs de son acharnement sont logiques).

Au final, c'est un bon thriller, très prenant, mais j'ai été assez blasée du côté "bling-bling" constamment présent et du comportement des jeunes filles envers leurs pairs moins aisées. Tout n'est qu'apparences et poudre aux yeux, telle pourrait être la morale de l'histoire. Cependant, je lirai par curiosité la suite afin d'avoir le fin mot de cette histoire...

Chronique d'Adora

L'obsession de James Renner

Année d'édition : 2015
Edition : pocket
Nombre de pages : 573
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
L'homme de Primrose Lane : on ne lui connaissait pas d'autre nom. Sans famille, sans amis, il vivait reclus dans une petite ville de l'Ohio. Quand on le retrouve assassiné, la stupeur du voisinage est totale. Personne n'est capable d'expliquer pourquoi il a été tué, et son passé est une énigme. Si l'on découvre, en effet, que l'homme de Primrose Lane était immensément riche et qu'il tenait depuis des années un journal relatant à son insu les moindres faits et gestes d'une jeune fille du quartier, sa véritable identité reste un mystère.
Qui était vraiment l'homme de Primrose Lane ? Et qui souhaitait le voir mourir ? Quatre ans après les faits, l'écrivain David Ness décide de consacrer son nouvel ouvrage à cette affaire. Mais son enquête se mue progressivement en obsession fiévreuse une obsession qui va le mener aux portes de la folie.





David Ness est un auteur de faits divers. Depuis sa dernière publication, sa vie a pourtant bien changé. Sa femme s'est suicidé peu après son accouchement, lui laissant seul la charge de leur fils Tanner, un petit garçon de quatre ans très futé. Mais David a eu bien du mal à remonter la pente. Tombant dans la dépression il ne doit sa survie qu'à son fils et à certains de ses proches qui ont toujours été là pour le soutenir. Lui qui s'était promis de ne jamais fouiller le passé de sa femme, se voit contraint de le faire lorsque son éditeur lui demande d'écrire un roman sur l'homme de Primrose Lane, un ermite étrange que personne ne semblait connaître et qui s'est froidement fait abattre dans son propre domicile. L'homme aux milles mouffles semble détenir des secrets qu'il ne vaudrait mieux pas révéler au monde entier...

L'obsession est une perle... que dis-je ? Un diamant ! Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi captivée par un thriller, même si celui-ci a quelque touche de science-fiction, chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas ! L'obsession nous rend nous-même obsédé par l'enquête de David... qui a tué l'homme de Primrose Lane et surtout pourquoi ? Quel lien l'unit à Elizabeth, la femme de David ? Pourquoi tout semble converger vers des kidnappings de petites filles ? On veut le fin mot de l'histoire et on ne pourra refermer le livre de sitôt malgré sa taille impressionnante !

J'ignore vraiment où l'auteur est allé chercher ses idées, mais elles sont bougrement originales et efficaces ! Sa plume y est sûrement pour beaucoup. Les phrases coulent toutes seules, et sans s'en rendre compte on a déjà lu une vingtaine de pages sans pour autant avoir ne serait-ce qu'un seul soupçon sur le qui et le pourquoi ! On est pris avec David dans une spirale infernale, une vraie traque pour comprendre qui pouvait en vouloir à l'ermite, sans se douter un seul instant que l'enquête va se révéler très dure pour lui parce qu'elle va le toucher de près. Sa propre épouse défunte va en effet être au cœur de l'intrigue et ça, on ne s'y attend pas du tout ! Les rebondissements sont énormes et nombreux jusqu'aux dernières révélations et là on se dit qu'on y avait vu que du feu ! David commence son enquête lentement, mais sûrement. On sent qu'il a du mal à vraiment s'y mettre à fond, pour protéger son fils. Et lorsqu'il est soupçonné du meurtre, là, on tombe de haut ! David ? Un meurtrier ? Impossible, cela ne lui ressemble pas ! Mais dans un thriller, on n'est jamais sur de rien, ni de personne ! Et donc David en plus de découvrir l'identité du tueur doit aussi prouver son innocence ! Des empreintes de sa femme ont été retrouvé sur le lit de l'ermite alors forcément les enquêteurs vont pousser leur recherche et se rendre compte qu'Elizabeth ne s'est pas suicidée, mais qu'elle a été assassinée et son meurtre maquillé en suicide !

Voilà le point de départ de ce roman qui ensuite démarre en trombe. David est traqué, il cherche des réponses, il veut s'innocenter et on attend qu'une chose : qu'il y parvienne, ne serait-ce que pour protéger son enfant qui a déjà perdu sa mère. David est courageux et persévérant. Il fera tout pour comprendre le fin mot de l'histoire et lorsque la science-fiction s'invite dans l'intrigue, on en reste complètement bluffé et étonné ! Parce que pour ma part, je n'aurais pas pensé un seul instant que l'auteur choisisse cette direction ! Si au premier abord j'ai été sceptique, bien vite j'ai compris la richesse d'une telle idée. C'est culotté et ça, j'adore ! J'ai parfois eu la sensation de me retrouver devant un excellent épisode de X-Files ! C'est dire à quel point l'auteur va chercher ses idées loin ! Je ne vous en dirais pas davantage sur le côté science-fiction du roman si ce n'est qu'il s'agit plus ou moins de voyage dans le temps, un sujet que j'apprécie énormément !

A côté de tous ces bons éléments, j'ai aimé l'obscurité de l'intrigue. On tombe très vite dans quelque chose de malsain et glauque, voire carrément répugnant puisqu'il sera aussi question de kidnappeurs, de violeurs et de tueurs de petites filles. La pédophilie est un thème très dur à exploiter parce qu'on est toujours mal à l'aise face à ce sujet qui ne devrait à mon sens même pas exister sur Terre ou ailleurs. David va donc mettre son nez dans une histoire sordide où des enfants ont été maltraité et tué de manière écoeurante. Pour les âmes sensibles cela sera un cap difficile à passer, mais une fois qu'on remet un peu de côté ces événements et les histoires glauques de certains enfants, on revient au point de départ pour trouver le tueur et ainsi pouvoir clore cette enquête.

En bref, je suis carrément ressortie subjuguée par ma lecture ! J'ai adoré la tournure des événements, le style de l'auteur et les personnages. La psychologie est profonde, travaillée, aucun personnage n'est laissé au hasard. Pour moi, c'est un sans faute parce qu'il aura en plus réussi à me surprendre plus d'une fois !

Chronique de Louve

Les Loriens, tome 5 : La revanche de Sept de Pittacus Lore

Année d'édition : 2015
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 351
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Nous nous sommes trompés.
Nous en payons le prix.
Nous ne serons plus jamais les mêmes, mais
Nous sommes plus que déterminés.
L'heure n'est pas au deuil.
L'heure est à la revanche.
Nous sommes en marche...





Je remercie Louve et le forum Mort Sure ainsi que les éditions J'ai Lu pour ce partenariat.
Attention le résumé que je fais permet de revoir un peu ce qui s'est passé dans les tomes précédents et donc dévoile pas mal de choses.

C'est avec plaisir que j'ai repris la suite des aventures des Loriens ; alors qu'ils se sont séparés, Cinq, Marina, Huit, Ella, Six et Neuf sont partis à la recherche du coffre de Cinq ; celui-ci les trahit, tue Numéro Huit et fait enlever Ella par les Mogadoriens. John, Sarah, Sam, Malcolm et Adam sont attaqués dans l'appartement de Neuf et s'enfuient. John et Adam décident d'attaquer une base Mogadorienne tandis que Sarah rejoint Mark ( son ancien petit ami qui se cache et révèle par le biais d'internet la venue des Mogadoriens ) Neuf, Six et Marina essayent de récupérer le corps de Huit afin que ces dons ne soient pas volés par Setrakus Ra.

Dans cette suite où tout ce qui s'est passé dans le tome précédent est repris d'une manière très naturelle par petites touches et qui fait qu'on se remémore assez facilement les événements écoulés. On découvre aussi Setrakus Ra; qui il est réellement, ses projets et ses motivations concernant Ella. L'invasion de la terre est imminente et elle est préparée depuis des années. On pourrait penser que tout est perdu d'avance mais malgré tout nos jeunes héros vont tout faire pour empêcher ce combat. 

J'ai beaucoup aimé la ténacité de nos jeunes héros et leur volonté d'affronter leur ennemi, même si ils ne comprennent toujours pas comment ils peuvent le faire face à une armée qui s'est préparée depuis des années.

On découvre aussi les différents Chimaeras, ces petits animaux d'apparence inoffensive et qui se transforment en bêtes de combat; ils sont vraiment très attachants et aident les jeunes Loriens dans leurs combats.

La narration est faite à tour de rôle par John, Six et Ella. C'est vraiment pratique car on a un point de vue sur l'ensemble des actions. L'action est toujours aussi rythmée et on ne s'ennuie pas une seconde. On découvre toujours de nouvelles choses sur leur ancienne planète mais aussi sur leurs pouvoirs. On sent que le dénouement est proche. Bien sûr la fin se termine sur un clifhanger et on attend la suite avec impatience.

L’ensemble est vraiment de qualité que ce soit l'écriture, l'histoire, les personnages, l'univers tout est vraiment fouillé et bien pensé et je suis vraiment heureuse d'avoir cette série dans ma bibliothèque.

Chronique de Distact

Dissonances de Carin Gerhardsen

Année d'édition : 2015
Edition : fleuve édition
Nombre de pages : 382
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Une jeune femme nue, traumatisée, mutique est retrouvée sur un palier d'immeuble. Si elle refuse de parler, le voisinage, lui, est plus bavard. Et accuse sans hésitation le propriétaire de l'appartement devant lequel elle se trouvait. Le réparateur de piano John Gideon doit, selon eux, au mieux être un pervers, au pire un pédophile. Comment expliquer sinon les va-et-vient incessants de demoiselles chez lui ?
Petra aimerait bien éclaircir ce point. Gideon ne lui paraît pas avoir le profil. Mais, pour l'instant, sa porte reste close et il est introuvable. Alors que la liste des suspects s'allonge, Petra s'efforce de faire parler la victime. À part elle, qui peut y parvenir ? Toutes deux partagent la terrible expérience du viol.
Difficile de faire la part des choses et de progresser quand pistes, témoignages et instincts de flics prennent des voies aussi...dissonantes.




Dissonances est un bon thriller, j'ai passé un bon moment de lecture, je remercie Louve du forum Mort-sure pour sa confiance dans ce nouveau partenariat :)

Dissonances est un bon thriller comme je disais, mais assez compliqué à suivre. Pour la simple et bonne raison que c'est une suite et que ce n'est indiqué nulle part. Alors certes, il s'agit d'une nouvelle enquête, mais qui va très vite s'imbriquer dans une autre enquête démarrée des années plus tôt, donc dans un tout autre roman, "La maison en pain d'épices" publié en 2011. On comprend en cours de lecture que l'auteur a publié plusieurs autres romans avec cette équipe d'enquêteurs, dont une qui est directement concernée par une lourde enquête. J'ai trouvé cela vraiment dommage, j'aurais voulu commencer par le début, surtout que les personnages sont attachants.

D'ailleurs, ce ne fut pas facile de s'attacher à eux, car comme il s'agit d'une suite, ils ne sont pas présentés comme si c'était la première fois qu'on les voie, et avec les prénoms et noms suédois, c'était difficile pendant un bon moment de mettre un nom sur un personnage, de s'y retrouver. J'ai même dû en confondre un ou deux au début...

Voilà, niveau négatif, c'est tout ce que j'ai pu constater, et si vous aimez suivre les séries policières comme moi, je vous conseille de commencer par le premier, car ça en vaut le coup ! Je vais d'ailleurs m'acheter les tomes précédents, car j'ai très envie de suivre tout ça du début, surtout que si toutes les enquêtes sont comme celle-ci, ça devrait me plaire :)

Parlons du positif voulez-vous, car il y en a !
Des personnages forts pour commencer, avec chacun une vraie histoire personnelle, une vraie sensibilité. L'auteure parvient à nous rendre ces policiers humains et touchants. Comment gérer le stress du boulot, les horreurs auxquelles ils sont confrontés chaque jour, et mener une vie de famille, une vie amoureuse sans conséquences ? C'est difficile, et le boulot finit inévitablement par empiéter sur la vie de famille. Des personnages qui ne sont pas parfaits, qui ont des faiblesses, des vies chaotiques, mais qui nous touchent, par les épreuves qu'ils endurent, mais aussi par leur ténacité à aller au bout d'une enquête, par le regard rempli de compassion qu'ils portent sur les victimes, avec beaucoup de pudeur.
On suit leur vie de famille, on apprend à les connaitre et à les aimer, avec leurs imperfections.

On ne sait pas qui est le coupable. On le soupçonne bien sûr, tout comme les enquêteurs, car après tout, il n'y a pas de fumée sans feu. Comment un malentendu et des rumeurs, peuvent être le début d'un drame ? C'est ce que l'auteure va nous démontrer avec brio. Il ne faut pas se fier aux apparences, ni aux commérages.

On suit avec passion cette enquête, surtout une fois qu'on s'est familiarisé avec les personnages. La tension augmente au fil des pages, en même temps que l'horreur. Les révélations sont choquantes, bien que malheureusement réalistes. On se dit que ça n'a rien de farfelu, et qu'on pourrait très bien lire cette histoire dans un fait divers terrible. Certaines choses font froid dans le dos, tandis que d'autres nous émeuvent.

En bref, un roman qu'on prend plaisir à lire, même si pour cela il faut s'accrocher un peu au début. Un thriller intéressant qui m'a beaucoup plu et qui m'a donné envie de plonger dans les enquêtes précédentes, et qui plaira encore plus à celles et ceux qui ont lu les précédents romans de l'auteure, les petits veinards ^^
 
Chronique de Michou


mercredi 10 juin 2015

Sang blanc de Noémi Krynen

Année d'édition : 2015
Edition : Taurnada Éditions
Nombre de pages : 204
Format numérique : EPUB & MOBI dispo le 10 mars
Format papier : dispo 10 mars
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Alors qu'une série de meurtres teinte de rouge la si belle campagne enneigée du Vercors, Édouard, dentiste, revient dans son village après la mort de ses parents. Il y retrouve Renaud, un vieil ami d'enfance, et se lie avec Anna, une jeune serveuse. Édouard pensait connaître ses parents, mais il n'est pas au bout de ses surprises... Ce séjour qui ne devait être qu'une simple formalité administrative va peu à peu glisser vers l'abîme du passé et bouleverser définitivement son avenir...






Edouard , dentiste parisien, revient le temps des obsèques de ses parents dans son village natal: Rencurel. Il redécouvre le Vercors de son enfance, tout en retrouvant un vieil ami d'école Renaud, il rencontre également Anna, une jeune et jolie serveuse. Dans le même temps plusieurs meurtres sont découverts, la neige de Noël immaculée vire au rouge sang. Le village est en émoi et Edouard n'est pas au bout de ses surprises...

La couverture est ce qui m'a attiré dans la liste des livres proposés par Louve. Je n'ai pas résisté à l'appel du sang... la quatrième de couverture est aussi très attractive et met l'eau à la bouche.

Concernant le livre en lui même j'ai apprécié ce mélange d'écriture entre Cassandre et Edouard. Nous avons donc deux personnages principaux qui nous attirent dans un livre à l'enquête bien ficelée. Edouard n'es pas un type très attachant, il parle de ses parents comme un étranger et se remémore quelques épisodes sympathiques avec eux mais ne les connaît pas vraiment. Enfant unique, il doit s'acquitter de certaines tâches (ou plutôt corvées de son point de vue) : s'occuper de la maison (ranger et mettre en vente), de l'enterrement,... Lorsqu'il prends connaissance de son héritage, il tombe des nues et commence à se poser des questions et à se remémorer certains faits. C'est à ce moment là que nous sommes réellement tenus en haleine: que s'est-il réellement passé pourquoi comment, jusqu'à la dernière ligne nous ne pouvons respirer. Cassandre, elle, est plus attachante mais passe pour gourde, et moins jolie que ses amies. Nous apprenons sa situation et, les histoires s'entrecoupent petit à petit.

Ce livre, est bien écrit, très fluide et se déguste du début à la fin (très, très addictif) il est dur à poser. Le seul petit point noir, est pour moi, la fin en elle même. Sans pour autant vous la dévoiler. Je ne suis pas déçue mais en attente: je ne sais pas qui....... Alors je vais sans doute le relire, peut être ai je loupé quelque chose ou bien est-ce trop subjectif à mon gout.

En deux mots: Lisez-le, très bon thriller haletant

Chronique de Bfanny213

L'instinct du Troll de Jean-Claude Dunyach

Année d'édition : 2015
Edition : l'atalante
Nombre de pages : 192
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
"Glissez-vous dans l’intimité d’un troll le temps de quatre aventures qui font trembler la terre jusqu’aux tréfonds des mines les plus obscures. Bien sûr, pour cela, vous allez devoir franchir les falaises du Désespoir, affronter les périls du col des Assassins et vous enfoncer dans les marais de la Mort sinueuse, mais ne vous inquiétez pas : après, c'est fléché. Et, avant, mieux vaut savoir que, s’il faut qu’un troll s’habille pour une occasion spéciale, il convient de le prévenir dix ans à l’avance. Surtout, n’oubliez jamais que l’eau ferrugineuse est un fléau qui ravale le troll au rang de l’homme. Alors, vous qui entrez ici, laissez toute espérance ainsi que vos affaires personnelles au vestiaire. Et n’oubliez pas de rapporter vos notes de frais."

Je remercie Louve, Mort-Sûre ainsi que les éditions L'Atalante pour ce partenariat.

Dans un univers mêlant à la fois la fantasy classique et tous ses ingrédients habituels et le monde du travail et ses lourdes exigences administratives, l'auteur à travers quatre courtes aventures nous invite à suivre les péripéties d'un troll contremaître dans un mine naine. Un troll bien loin des habituels cliché rencontrés en fantasy depuis Tolkien et son roman Bilbo le Hobbit. Une créature bien moins monstrueuse que celle surgissant au détour d'un chemin dans maints scénarios de Jeux de Rôle.

En mêlant habilement d'une part magie, races, créatures imaginaires, castes,... et d'autre part bilans mensuels, notes de frais, directives à suivre,... l'auteur nous dresse un monde improbable, complètement décalé, frisant souvent l'absurde où les situations sont souvent très cocasses, ce qui fait la richesse de cette light-fantasy

Ces courtes histoires narrées sous forme humoristiques nous permettent de découvrir le héros, si l'on peut à proprement parler de héros dans des situations improbables qui se veulent toutes plus cocasses les unes que les autres, mais aussi des sujets beaucoup plus graves que ne le laisserait penser le début du livre. En effet, si au début on a un peu de mal à s'immerger dans l'univers complètement farfelu de l'auteur, par la suite on se prend à réfléchir sur les diverses thématiques abordées.

Par le biais de l'absurde l'auteur évoque des sujets graves de notre société actuelle tels que le monde du travail et ses cadences horaires infernales, l'acceptation de la différence et l'intégration, l'addiction de la jeunesse aux jeux vidéos, la montée de l'intégrisme,... mais aborde également des sujets plus légers par le biais de clins d’œil à la littérature tels que les Chevaliers de la Table Ronde, les Schtroumphs, Cinquante nuances de Grey, Jung,... revisite le mythe d'Excalibur, mais aussi des préoccupations bassement matérielles de la vie quotidienne de chacun de nous telles que la qualité des plats servis à la cafétéria, la qualité de la réception Internet,la problématique des bouchons générés sur nos routes par les départs en vacances,...

Afin de renforcer la gravité de certains thèmes abordés, il semblerait que l'auteur ait délibérément choisi l'accumulation de gags, d'anachronismes, de clins d’œil pour pousser l' absurde jusqu'à son paroxysme, un choix plutôt osé. Une manière de procéder qui se révèle à double tranchant car si parfois elle fait mouche, elle peut également de par la qualité moindre de certains « bons mots » elle peut aussi lasser le lecteur et lui donner envie de refermer définitivement l'ouvrage avant le point final. L'auteur, en voulant insister sur certains points de son récit, à parfois la fâcheuse tendance à trop répéter certains gags réussis et l'effet lui ne l'est malheureusement pas toujours.

Les personnages sont caricaturaux, leurs travers sont poussés à l'extrême, mais ils s’intègrent parfaitement au récit et ont bien l'impact voulu. Des personnages bien caractérisés n'auraient pas nécessairement le même rendu car ils ne seraient pas en adéquation avec le texte.

Au final, dans L'Instinct du Troll on y trouve du bon mais aussi du moins bon ! Les défauts, si l'on peut vraiment les qualifier de cette manière, et les qualités de l'ouvrage s'équilibrent pour laisser place à une lecture divertissante, même si certains lecteurs sont quelque hermétiques à ce type d'humour et n’adhèrent pas totalement à ce type de littérature. Cette lecture à toutefois permit de relever les grandes qualité de conteur de l'auteur et de donner envie de lire un ouvrage moins léger. En voulant bousculer la vision que l'on s'imaginait du Troll l'auteur à sur ce plan parfaitement réussi son pari.

Chronique de Goupilpm