lundi 23 mars 2015

Le sang de l'alliance de James Rollins & Rebecca Cantrell

Année d'édition : Mars 2015
Edition : Fleuve édition
Nombre de pages : 580
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :

La montagne tremble. Le sol s'ouvre. Les touristes, venus en Israël contempler les ruines de la forteresse de Massada, succombent aux émanations toxiques. Seul Tommy, atteint d'un cancer incurable, en réchappe, miraculeusement guéri.
Convoquée par l'armée, l'archéologue Erin Granger doit superviser l'exploration des crevasses aux côtés du sergent Stone et d'un étrange prêtre, Rhun Korza. Ils découvrent un sarcophage ouvert et une fillette crucifiée par des carreaux d'arbalète. Mais le livre que Rhun espérait trouver à disparu.
Et il n'est pas le seul à rechercher l'évangile de Sang, écrit de la main du Christ. Tout porte à croire que le chevalier du Christ, le Guerrier et l'Erudite annoncés par la prophétie sont réunis.


Merci à Louve et le forum Mort Sûre, ainsi qu'aux éditions Fleuve noir pour cette superbe découverte ! J'ai adoré du début à la fin, chaque passage, un vrai coup de coeur !

Au début, j'espérais vraiment que ça allait me plaire juste assez pour pouvoir ingurgiter ces presque 600 pages ^^ Et en fin de compte, je ne les ai pas vu passer !

On est de suite dans l'histoire, on s'attache tellement vite aux personnages qu'on a l'impression de les connaitre depuis longtemps, de les retrouver.
Je ne pourrais pas vous dire pour qui va ma préférence entre Erin l'archéologue, Rhun le prêtre, ou le sergent Stone. Ils ont chacun un petit quelque chose qui nous séduit immédiatement.
Ces trois êtres à la vie totalement opposée, aux croyances et cultures différentes, ont pourtant quelque chose en commun : un passé qui les a marqués à jamais et qui fait d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui.
Je ne vous dévoilerais pas par quoi ils sont passés car on découvre au fil de l'intrigue leur vie, et c'est aussi ce qui fait la force de ce récit, le mystère qui plane au-dessus de nos personnages principaux, et la découverte de leur passé. Comment ils en sont arrivés là, et pourquoi ils pensent comme ça.

J'ai adoré Erin et je me suis retrouvée en elle pour plusieurs raisons, la plus importante étant son côté rationnel, son scepticisme et surtout le regard qu'elle porte sur les religions. J'ai aimé l'affrontement entre elle et le prêtre, lui qui a une foi qui va au-delà de la croyance, j'ai aimé les arguments d'Erin. Surtout quand on sait par quoi elle est passée, on comprend d'autant mieux sa façon de penser, et on la trouve encore plus courageuse d'oser affronter le prêtre et sa si grande foi.

Le sergent Stone est le genre de gars avec qui on se sent en sécurité. Il n'a que les côtés positifs d'un militaire, la bravoure, la loyauté, le dévouement à l'humanité. Il se relève toujours, peu importe contre qui ou quoi il doit se battre, peu importe ses blessures. Il est drôle et apporte une fraicheur bienvenue à l'histoire. Il a une façon de protéger Erin qui est touchante et qui donne envie. La romance qui s'installe entre eux apporte un côté encore plus addictif au récit. Car bien sûr, le prêtre n'est pas insensible au charme de la dame, et il plane une sorte de jalousie et de tension tout le long.

Ce prêtre, Rhun, nous apparait au début comme quelqu'un de froid et de distant. Et puis on comprend qui il est (Waouh je n'avais pas vu ça venir !! D'ailleurs le résumé ne dit rien à ce sujet, et même si j'étais plus que surprise, j'ai adoré !!) et d'où il vient, et là, on le voit sous un nouveau jour. Cela nous le rend encore plus attachant, on souffre pour lui. Une chose est sûre, Erin est bien entourée avec ces deux-là, et on prend un vrai plaisir à les suivre.

Le style est fluide et très agréable. Accessible à tous, on n'est pas perdu dans des descriptions sans fin, ou dans des explications interminables. C'est clair et précis, et on ne s'ennuie jamais. Il se passe toujours quelque chose d'intéressant, que ce soit de l'action (ça castagne souvent et ça ne fait pas semblant), des découvertes sur les personnages, de nouveaux éléments pour retrouver ce livre, l'apparition de nouveaux personnages tout aussi intéressants, certains même historiques, il n'y a pas de temps mort.
Les chapitres sont courts et les points de vue changent très souvent, parfois même dans le même chapitre. Et malgré cela, on se sent de suite très proche des personnages. Notre lecture n'est pas alourdie, et on tourne rapidement les pages, tant c'est passionnant et fluide à lire.

L'intrigue mise en place est captivante et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.. C'est l'autre grande force du récit. Les éléments nous sont dévoilés savamment, certains à la toute fin et surprenants.
Avec ce soupçon de Da Vinci Code, mais avec un côté encore plus fantastique, j'ai tout simplement adoré ! Et le pire, c'est qu'on se dit que tout ça peut parfaitement être vrai, ça n'est pas si farfelu que ça, au contraire ! Et on se demande même à un moment, tout comme Erin d'ailleurs, comment se fait-il que personne ne s'en soit rendu compte avant ? Je ne sais plus le nombre de fois où je me suis dit "Mais c'est dingue !".

En bref, des personnages forts et attachants qui forment un trio qu'on ne veut plus quitter, et qu'on suit dans cette histoire qui nous captive jusqu'à la toute dernière page. Il sort aujourd'hui, et je ne peux que vous le conseiller.

Chronique de Michou

Et je danse, aussi de Jean-Luc Mourlevat & Anne-Laure Bondoux

Année d'édition : 2015 (mars)
Edition : fleuve edition
Nombre de pages : 280
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Retiré dans la Drome et esseulé depuis le départ inexpliqué de son épouse, Pierre-Marie reçoit un jour une épaisse enveloppe contenant un manuscrit envoyé par l'une de ses lectrices, Adeline. Sans ouvrir le pli, il lui répond. Une correspondance s’engage, en cette année 2013, qui durera huit mois, de février à octobre. Au fil de leurs échanges, un lien intime s’établit. Ils composent librement, avec leur réalité, leur personnalité, leurs zones d'ombre. Ils s’inventent une vie. Car la leur s’est arrêtée quelques années plus tôt. Pierre-Marie et Adeline ont en effet une histoire en commun, mais qui ne leur appartient pas, et dont Pierre-Marie ne sait rien encore. Le mystère reste prisonnier de l’enveloppe expédiée par Adeline. Plus les lettres se précisent, plus elles effleurent la vérité qui dort dans ces pages… et des personnages depuis longtemps oubliés reprennent vie et entrent dans la danse.

Pierre-Marie est un romancier qui a autrefois connu un énorme succès. Mais depuis quelques années, il n'écrit plus et évite les événements qui le mettent en lumière. Il n'aspire qu'à une certaine tranquilité, tranquilité bouleversé par Adeline, une jeune femme qui se dénigre et qui pourtant va l'intriguer . Qui est-elle vraiment et qu'y a-t-il dans cette grande enveloppe qu'elle lui a fait parvenir ? Certains secrets détruisent, tandis que d'autres libèrent. Lesquels sont-ils ? C'est à Pierre-Marie d'accepter de le découvrir.

Je ne suis pas une grande lectrice de littérature contemporaine. J'ai souvent peur de m'ennuyer ou de découvrir le destin de gens qui me ressemblent trop ou qui sont trop proches de gens que je fréquente. C'est pourquoi je me tourne généralement vers la SFFF, plus attirant en général. Pourtant, je dois bien avouer que le roman Et je danse aussi m'a surprise du début à la fin. Surprise pour l'écriture, enchanteresse de nos héros. Ce Pierre-Marie, un homme devenu plutôt solitaire même s'il a souvent la visite de ses enfants et de ses beaux-enfants. Pourtant Adeline arrive et lui change sa vie, radicalement. Elle possède une façon de parler bien à elle et n'ira jamais par quatre chemins. Elle a un but, c'est certain et nous le cache tout au long de la lecture.

Ces lettres ont toutes quelque chose de touchant. Nos héros se dévoilent, livrent leur plus intimes secrets, leur quotidien et finissent par s'attacher, ne pouvant plus se passer de lire l'autre. C'est une relation au final très intime qui se joue sous nos yeux et je l'ai trouvé douce et belle. Parfois leurs caractères respectifs font qu'ils vont légèrement se chamailler mais pour toujours se réconcilier au fur et à mesure.

L'humour est présent surtout du côté d'Adeline, cette femme un peu ronde et qui se trouve quelconque, se rabaissant souvent dans ses lettres. Elle est pourtant touchante et se rend belle dans sa façon de décrire sa vision de la vie. Elle est attachante et même si elle enjolive les choses, on finit par se comporter comme Pierre-Marie, on ne lui en veut pas.

J'ai eu une lecture rafraichissante et agréable ne regrettant qu'une seule chose : ce lien qui les unit en fin de compte et que j'ai senti arriver. Je savais qu'Adeline était la clef de Pierre-Marie, qu'elle pouvait lui apporter la tranquilité d'esprit auquel il avait enfin droit et c'est mon seul regret que de ne pas avoir eu davantage de suspens.

Au final, je pense que ce roman est une belle leçon de vie. L'espoir ne doit jamais se ternir, on est toujours récompensé de notre attente et surtout, les rencontres qui changent notre vie peuvent se faire n'importe où !

Chronique de Louve

************************

Je remercie Fleuve Edition et le forum Mort Sûre pour ce partenariat.

Lorsque je me suis lancée dans cette lecture, je dois dire que je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi... actuel. La quatrième de couverture parlait d'échange épistolaire et de mystères reliant les personnages. Je crois que du coup, je m'attendais à quelque chose d'assez romancé. Au final, on est loin de cet aspect romancé, on se retrouve plus face à ce que j'ai envie d'appeler du style "faits divers". Pas dans un sens négatif, mais dans un sens "vie réelle" (même si ce roman n'est pas une biographie/autobiographie).

Tout ça pour dire que ce roman m'a quelque peu déstabilisée. L'échange épistolaire est en fait un échange de mails, et les auteurs en ont volontairement enlevé le côté "posé" que peut avoir une correspondance par lettres pour lui donner un aspect plus brut, plus instantané. Je pense que ce style actuel plaira à bon nombre, mais en ce qui me concerne je l'ai un peu regretté. Je suis plutôt de la vieille école, ce que j'aime justement dans un échange épistolaire, c'est qu'il laisse le temps de réfléchir à ses propos, de se relire, d'amener les choses proprement. Dans "Et je danse, aussi", les personnages utilisent parfois de très belles expressions, font de très belles descriptions, mais la majorité du temps j'avais l'impression que leurs mails sonnaient un peu faux. Soit parce qu'ils étaient trop spontanés, soit au contraire parce qu'on sortait de cette spontanéité pour soudain passer à de longues explications. Ce mélange mal équilibré m'a un peu trop donné l'impression de voir les auteurs tirer les ficelles derrière, tantôt pour créer volontairement le mystère (ex : un personnage parle à peine d'un évènement avant de dire "mais je vous en parlerai peut-être en détail une autre fois"), soit pour le maintenir ("Non, non, je ne veux pas vous en dire plus."), soit pour décider enfin de le lever ("Je ne sais pas pourquoi, ce soir je me sens d'humeur à vous raconter ce qu'il s'est passé ce jour-là"). (Ce ne sont pas des citations exactes du roman, mais un équivalent de ce que j'ai eu l'impression de lire.)

"Et je danse, aussi" raconte des faits en apparence banals : un écrivain qui ne trouve plus l'inspiration depuis que sa dernière femme a mystérieusement disparu, mais qui profite encore de toute sa tribu familiale ; une lectrice qui par les aléas de la vie s'est retrouvée à avoir l'impression d'être enfermée dans un trou perdu, et de devoir tout changer à sa vie pour recommencer à vivre. Le roman parle de famille, de couple, de naissance, de mort, de divorce, de remariage. De la vie d'aujourd'hui, voilà tout. Le mystère qui plane, c'est le lien qui unit Pierre-Marie et Adeline. J'espèrais que ce mystère et sa révélation mettraient de la magie dans l'histoire de Pierre-Marie et Adeline. Mais ce n'est pas le cas. On reste sur du "fait divers" pur et dur.

"Et je danse, aussi" n'a donc pas correspondu à mes attentes et aux lectures que j'aime (celles qui permettent de s'évader du quotidien et de rêver). Toutefois, il a quand même su m'émouvoir (et même me faire verser une petite larme), et m'accrocher au mystère qui porte une bonne partie de l'histoire. Les plumes des deux auteurs sont vives et agréables. Et je pense que c'est un roman qui plaira beaucoup à tous les lecteurs qui affectionnent le contemporain "quotidien". Pas un coup de coeur pour moi, donc, mais je pense que c'est simplement parce que je ne fais pas partie du bon public pour ce roman.  

Chronique de Sytra

mercredi 11 mars 2015

Douze ans, sept mois et onze jours de Lorris Murail

Année d'édition : 2015
Edition : Pocket jeunesse
Nombre de pages : 301
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Walden est abandonné en pleine forêt par son père, qui veut en faire un homme.

Une cabane perdue au fond des immenses forêts du Maine. C’est là que Walden se retrouve à l’issue d’une improbable virée avec son père à bord d’une vieille Chevrolet rouge. À partir de maintenant, le garçon va devoir jouer les Robinson et se débrouiller pour survivre dans les bois. Ne lui restent que quelques boîtes de conserves, un livre de Thoreau et une carabine.

À la fin de chaque journée, Walden note son âge sur une écorce de rondin : douze ans, sept mois et quatre jours, au moment où commence son étrange apprentissage…

Une extraordinaire odyssée dans la nature, où chaque événement quotidien devient une épreuve.


Walden, un garçon de douze ans, est abandonné par son père dans une cabane située dans la forêt. Ce père aimerait que grâce à cette épreuve, son fils devienne un homme, ait moins peur. Il devra alors affronter ses peurs et s'en sortir seul, sans beaucoup de nourriture. Lorsqu'il est abandonné, Walden a douze ans, sept mois et trois jours. Il découvre rapidement qu'il devra survivre jusqu'à temps d'avoir douze ans, sept mois et onze jours. Mais que se passera-t-il le onzième jour ? Son père viendra-t-il le chercher ?

Ce roman est divisé en deux parties. Dans la première partie, nous suivons Walden au sein de la forêt. Je me demandais pourquoi son père l'avait abandonné avec un peu de nourriture, un livre de Thoreau et une carabine. Quel père peut abandonner ainsi son enfant, au milieu de nul part ? On obtient la réponse dans la deuxième partie du roman qui est consacrée à Jack, son père.

Walden semble en effet peu sûr de lui, pas sportif, peureux... Alors qu'il arrive à survivre seul dans cette forêt, il pense souvent à son père et au fait qu'il sera fier de lui lorsqu'il lui racontera tout ce qu'il a fait. Il prend donc un peu plus confiance et affrontera ses peurs. Malheureusement, je n'ai pas assez ressenti ces affrontements face à ses peurs. J'aurai aimé que cette partie du livre soit plus sombre et que Walden soit mis dans des situations plus difficiles. Finalement, à part être abandonné par son père, ce qui est déjà énorme, il ne souffrira pas beaucoup au sein de cette forêt, tout est assez simple. Ce n'est que mon ressenti, mais je pense que le côté jeunesse ressort beaucoup à cause de ces facilités.

J'ai préféré la deuxième partie de ce roman où l'on découvre Jack et son passé. On découvre alors les raisons de l'abandon de son fils. Cette partie est plus sombre, cela m'a plus plu.

Pour conclure, c'est roman qui se laisse lire mais qui n'a rien de transcendant pour moi. Il plaira certainement à de plus jeunes lecteurs.

Je  remercie Louve, Mort-Sûre ainsi que les éditions Pocket Jeunesse pour cette découverte dans le cadre d’un partenariat.

Chronique de Titisse

Le Puits des Mémoires, tome 1 : La Traque de Gabriel Katz

Année d'édition : 2015
Edition: Pocket
Nombre de pages : 398
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.




Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot, entouré des cadavres des soldats qui veillaient sur le convoi, sans souvenir de leurs noms ou de leurs origines. Alors qu’ils tentent de découvrir qui ils sont, leur quête va être bousculée par des tueurs déterminés à leur mettre la main dessus. Ils n’ont plus qu’une solution : fuir et se cacher, tout en tentant de découvrir le secret de leur existence…

Si la thématique de l'amnésie n'est pas en littérature quelque chose de novateur en sorte, souvent employée comme postulat de départ en littérature policière, mais aussi dans le genre présent avec notamment Druide d'Olivier Peru, elle est ici traitée en profondeur.

L'univers médiéviste est tout ce qu'il y de plus classique, la grande majorité des romans de fantasy s'y déroulant, mais il est décrit de manière cohérente. Les descriptions souvent introduites par un personnage au rôle subalterne ont un fond de vérité qui crédibilise un monde pourtant connu d'une grande majorité des lecteurs. Si l'univers peut nous apparaître de prime abord pas aussi travaillé que ce que l'on aurait souhaité, c'est somme tout logique et voulu par l'auteur car il est également lié au postulat de départ et doit être dosé afin de correspondre à l'émergence des souvenirs qui affluent du tréfonds de la mémoire des protagonistes principaux, il faut le rappeler amnésiques. Mais ce monde semble très structuré dans l'esprit de l'auteur, ce qui est prometteur pour la suite.

Dés le départ on est immergés dans l'histoire avec ces hommes sans mémoire identitaire mais qui ont gardés une mémoire gestuelle, la curiosité nous tenaille, pourquoi pourquoi étaient-ils enfermés dans ces caisses ? Qui sont-ils réellement et pourquoi sont-ils poursuivis ? Au fur et à mesure l'auteur nous livre des détails sur eux et en même temps qu'eux on découvre leurs qualités, leurs défauts, leurs talents, mais aussi l'univers dans lequel ils évoluent. En même temps qu'ils découvrent le monde, mais aussi par le truchement de nouveaux personnages, l'on découvre ce nouvel univers. Des révélations qui ouvrent la porte à de nouvelles interrogations qui maintiennent, de manière constante le lecteur en haleine.

Utiliser comme thématique principale l'amnésie est à double tranchant. En effet, si cet emploi offre au prosateur une grande liberté d'action pour nous faire découvrir son univers et ses personnages, faut-il encore que ces informations soient divulguées au moment opportun, ni trop tôt, ni trop tard, il ne faut pas que le narrateur extérieur soit en avance ou en retard sur le récit proprement dit. L'exercice de style est ici parfaitement bien exécuté par l'auteur, l'équilibre est savamment dosé, le lecteur découvre pas à pas les informations en même temps qu'elles affluent dans la mémoire déficiente des personnages.

Malgré que les personnages soient constamment pourchassés, que les actions et retournements de situation soient nombreux, on tombe pas dans un récit effréné. L'auteur a su parfaitement dosés ces parties avec des passages plus calmes où les protagonistes se fondent dans la population. Des parties où il en profite pour nous distiller les us et coutumes des habitants de son monde que nous découvrons souvent en même temps que les protagoniste ce qui a pour effet de ne pas générer un sentiment de longueurs, les descriptions étant concises.

L'auteur nous présente un trio bien équilibré, qui fonctionne bien, même s'il est possible d'émettre une toute petite réserve en ce qui les concerne. En effet il apparaît que ceux-ci soient un peut trop calqués sur l'univers des jeux de par la répartition des rôles. Il sont tout de même bien caractérisés avec leurs défauts et leurs qualités, loin des archétypes des héros sans peurs et sans reproches souvent coutumiers du genre. L'auteur a su insérer dans leur psychologie des contrastes de personnalité qui les rend plus crédibles et qui immédiatement attirent l'empathie du lecteur.

Le style de l'auteur est très plaisant, on se sent rapidement happé par l'histoire. Servie par une dynamique soutenue et malgré quelques ellipses qui peuvent parfois quelque peu égarer le lecteur, l'auteur a su donner la parfaite impulsion à cette quête ce qui rend le récit léger et la lecture parfaitement fluide. Les enchaînements sont incroyablement bien travaillés, l'on sent que dans la narration rien n'est laissé au hasard, tous les éléments s'imbriquent entre eux de fort belle manière. Malgré le nombre important de personnages, le style d'écriture donne une grande facilité de lecture qui permet de s'immerger pleinement dans le récit. Aucun chapitre n'est là pour faire du remplissage, comme c'est souvent le cas dans le genre, toutes les pages ont leur utilité, soit pour nous faire découvrir quelque chose, nous étonner ou nous divertir. Le récit est parsemé de touches humoristiques et de situations décalées qui rendent la lecture encore plus agréable.

Même si le début de l'histoire est assez classique et ressemble beaucoup à un jeu de rôles, c'est l'imagination de l'auteur qui fait ici la différence, le traitement narratif de l'histoire est très bien traité et rend une histoire au départ simple plus complexe. Bien que l'histoire ne révolutionne pas le genre l'écriture est si efficace que l'aventure vous emporte avec elle dans une lecture aisée et addictive. Au final, un fantasy française de qualité qui devrait à l'instar de Tolkien et de Georges R. R. Martin plaire à un public plus large que les habituels aficionados du genre.

Chronique de Goupilpm

Chronique d'au-delà du seuil tome 1 : La quête du Prince Boiteux de Paul Carta

Année d'édition : 2015
Edition : l'archipel
Nombre de pages : 400
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Divisé en quatre Dominions, le continent de Mitellia révère les Dieux de l’Alphée. Mais trois d’entre eux honorent un Dieu Secret et son représentant sur terre, le Pourvoyeur. Khimaï, prince d’Ethernia, est destiné à devenir le futur Pourvoyeur. À vingt ans, sous l’apparence d’un apprenti charbonnier, Khimaï, dont le père a été assassiné, fait halte dans une auberge alors qu’il effectue un périlleux voyage. Au cours d’une rixe, il reconnaît le géant Borhôn, le maître d’armes qui, dans sa jeunesse, l’avait formé au combat et à la survie. Si Khimaï sait deviner l’invisible, lire les empreintes, ressentir le passage d’autres humains, c’est grâce à Borhôn. Qui ne l’a pas oublié et lui renouvelle son allégeance. Ensemble, les voilà partis à la reconquête du trône. Mais il leur faut d’abord échapper aux clans qui les pourchassent et trouver celle qui pourra les aider : Lathân, amie d’enfance de Khimaï, une orpheline élevée au temple et destinée à servir le Dieu Secret... Sauront-ils déjouer les périls qui les attendent ?


Dans un premier temps j’aimerais remercier les Editions l’Archipel ainsi que le forum Mort Sure pour m’avoir permis de découvrir la fantasy.

Il faut savoir que j’ai peu souvent lu de la fantasy, voire quasiment jamais !
Avant tout il faut souligner que l’objet livre est réellement bien travaillé, certains passages sont écrits dans une écriture plutôt médiévale, il y une jolie carte des continents, etc.

Dans ce roman on suit Khimai, jeune prince d’Ethernia, qui part faire un long et périlleux voyage durant lequel il rencontrera Borhôn, ancien maître d’armes de la garde d’élite du pourvoyeur, avec qui il partira à la conquête du trône. Khimai est en fait destiné à devenir le prochain pourvoyeur, c’est-à-dire le lien entre les hommes et le Dieu secret. On rencontre aussi Lathân, une amie de Khimai, orpheline, qui les aidera dans leur quête. Elle est très importante pour l’histoire et c’est un personnage qui m’a besoin plus.

En règle générale j’ai bien apprécié ma lecture, l’univers créé par l’auteur est très riche et complexe, rempli de divinités, de clans et de guerres entre continents, mais il est aussi beaucoup question de religion, mais tout est toujours bien expliqué. Cependant j’ai parfois eu du mal à garder le rythme. D’une part car j’ai eu beaucoup de mal avec les noms propres, peu communs, ce n’est pas trop ma tasse de thé, c’est un nouvel univers pour moi. Mais également car les chapitres sont très longs, et l’alternance présent/passé choisi par l’auteur était parfois chaotique. Il faut s’habituer, mais d’une manière globale ça reste une bonne écriture, plutôt fluide et agréable à lire.

Un point positif pour ma part, le mystère est omniprésent dans cette histoire ce qui fait que le lecteur, même s’il a parfois du mal à suivre, a toujours envie d’en savoir plus.

En résumé, c’est un premier tome d’introduction qui donne le ton, l’univers de l’auteur est plaisant et je lirais volontiers la suite pour résoudre  le mystère moi aussi !

Je le conseille aux adeptes de la fantasy je pense qu’il ne peut que plaire. 

Chronique de Babynoux

dimanche 8 mars 2015

Le Secret de l'Inventeur, tome 1 : Rébellion de Andrea Cremer

Année d'édition : 2015
Edition : lumen
Nombre de pages : 407
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Imaginez un monde où l'Empire britannique aurait écrasé la rébellion qui a donné naissance aux États-Unis d'Amérique... Dans ce XIXe siècle alternatif, Charlotte, seize ans, vit loin de ses parents, descendants des révolutionnaires américains, qui continuent la lutte contre les sous-marins et les machines volantes de Britannia. Entourée d'autres fils et filles de la rébellion, elle habite dans un réseau de grottes souterraines non loin de la ville flottante de New York, où les artisans de la Ruche et les ouvriers de la Grande Fonderie côtoient l'aristocratie des vainqueurs. Un matin, elle croise dans la forêt un garçon amnésique, poursuivi par les machines de l'Empire, et lui sauve la vie. Mais quand elle le ramène dans les Catacombes, où elle attend comme tout le petit groupe d'amis qui l'entoure de rejoindre la lutte quand elle atteindra sa majorité, l'équilibre de son existence est bouleversé : parmi ses compagnons, tous ne sont pas ce qu'ils prétendent être, et l'existence de ce mystérieux garçon fait peser sur la rébellion une terrible menace... Des décharges de métal de l'Empire, infestées de rats d'acier, aux salons opulents de la noblesse, en passant par les méandres labyrinthiques de la Guilde des inventeurs, Charlotte est contrainte de quitter son refuge pour partir explorer le vaste monde !

Je précise que je ne suis pas une habituée du SteamPunk, pas que ça ne me tentait pas, c'est juste que je n'ai jamais eu l'occasion d'en lire par le passé et à la fin de ce livre, je peux vous dire, que je le regrette beaucoup, j'aurais du commencer plus tôt !

Commençons par dire les choses simplement : C'est un coup de cœur, ce livre est un délice, un joyau, un trésor, il n'y a pas de mots assez doux pour le qualifier !
Déjà, il faut avouer que ce livre est très beau, vous voyez la couverture mais ce que vous ne savez pas c'est que chaque première page de chapitre est aussi décorée avec goût. Ce livre on a envie de lui faire des câlins, de caresser sa couverture comme si c'était un bébé panda roux !

Mais le plus important dans tout ça, c'est que la beauté extérieur de ce livre va avec la qualité que renferme ses pages. L'histoire est magnifique, je me suis laissée emportée dans l'univers qu'à crée Andrea Cremer avec beaucoup d'entrain et de plaisir. Ici il n'est pas question de magie mais de technique, c'est un monde où les machines sont partout, où on peut remplacer le cheval d'une carriole par une machine horrifique ! Les excès sont aussi troublant qu'intéressant, les habitants de ce monde vont jusqu'à orner les animaux qui le peuplent de joyaux et de métal pour les rendre plus beaux encore. Mais plus que les machines il y a ce contexte de rébellion, de guerre, de castes qui a fait de New York une ville bien différente de la notre. Une ville flottante, imaginez !
Je me perds un peu dans ce que je dis, mais vous verrez que lorsque vous découvrirez à travers les mots de Cremer, la ville de New York où les inventions géniales qu'elle pu placer dans le monde, vous vous sentirez perdu dans ses descriptions plus belles les unes que les autres.

Ce livre reste une dystopie, la rébellion des américains a été stoppé par les anglais, l’Amérique a donc été divisé par les pays de l'Europe et un nouveau système de domination des rebelles a été mise en place, pourtant (comme toujours), une poignée de personnes continuent à résister, espérant un monde meilleur et c'est ici que tout commence pour nous.
On se retrouve directement propulser dans l'histoire dès les premières lignes, pas d'explication, rien, vous retrouvez une personne dans les bois qui se retrouve à aider un garçon poursuivi par des machines si affreuses qu'il est difficile de les imaginer !
Et Andrea Cremer va vous entraîner dans une véritable course, pleine de rebondissements, de peurs, de doutes, d'envies et de manipulations !

Et tout ce roman est portée par un personnage que je n'ai pu qu'adorer ! Je vous présente Charlotte, une fille qui donne des petits noms à ses armes à feu, qui a langue plus acérée qu'une dague, qui pense que la rébellion est la seule manière de vivre et à qui il tarde de rejoindre le mouvement à ses 18ans. Elle vous fera découvrir son monde, celui où elle a vécu jusqu'au jour où vous la rejoignez, puis tout s’accélérera et elle devra partir en mission à New York et là elle vous fera découvrir avec ses yeux aussi perdus que vous cette nouvelle citée dont elle ne connait rien, ni les coutumes, ni les gens. Je pourrai vous dire que c'est son talent que j'ai admiré, sa dextérité au combat ou sa manière de rester maîtresse d'elle même mais au fond c'est son humanité, ses défauts et sa franchise que j'ai le plus apprécié : Elle se posera beaucoup de questions sur les gens qui l'entourent pendant tout le roman et pourtant malgré les doutes elle ne cessera de se battre autant pour le mouvement que pour les gens qu'elles aiment et même si elle a pu faire des erreurs de jugement ou de choix elle reste un personnage beaucoup plus fort qu'on ne le pense.
Ensuite il y a Jack que je n'ai pas réellement réussi à cerner dans ce tome, j'avais l'impression de le voir danser d'un pied sur l'autre d'une page à une autre, comme ci lui même ne savait plus vraiment qui il était, je ne sais dire si je l'ai apprécie, dans la première partie du roman je l'ai trouvé génial mais par la suite, mon avis diverge et je ne sais me fixer.
Je devrais vous parler de Grave parce que c'est un personnage important du livre et qu'il sera à l'origine de beaucoup de rebondissement et de centaines de questions que vous vous poserez mais je pense que je ne pourrai en dire que trop ou pas assez alors je vais vous laisser le découvrir avec les autres, Ash ou Megan ou tous les enfants des catacombes !

Je ne peux que vous conseiller ce livre, je l'ai vraiment adoré et je ne sais comment je vais survivre jusqu'au tome 2 ! Surtout avec cette fin...
Et pour la première fois depuis Hunger Games j'ai mis un 10/10 à un livre auquel je n'ai pas trouvé de défaut ! 

Chronique de Ferilou

Celle qui a tous les dons de M.R. Carey

Année d'édition : 2014
Edition : L'atalante
Nombre de pages : 448
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Tous les dons ne sont pas une bénédiction.

Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.

Melanie est une petite fille très particulière…



Mélanie se rend chaque matin participer à un cours avec d'autres enfants. Mais ils ne comprennent pas pourquoi ils sont sans cesse attachés à un fauteuil roulant et une fois les cours terminé, on les renvoie dans de sombres et tristes cellules sans aucun confort. Et tandis que Mélanie prouve ses compétences auprès de mademoiselle Justineau, sa professeur et la femme qu'elle admire, tout ce qu'elle sait vraiment, c'est que ses parents sont morts et qu'elle est orpheline comme chacun des autres enfants. Mais pourquoi n'ont-ils pour seule nourriture que des vers? Pourquoi les adultes ont-ils besoin de s'enduire d'un produit chimique pour les approcher? Lorsque la base où Mélanie est maintenue enfermée se fait envahir, la petite fille découvre enfin le monde, mais surtout elle comprend ce qu'elle est réellement.

Celle qui a tous les dons a complètement su me conquérir. J'ai accroché du début à la fin même si je dois bien avouer que l'explication de l'invasion zombie m'a un peu déstabilisée parce que je n'attendais pas cela de l'auteur. Très vite, on fait la connaissance de Mélanie, une petite fille particulière qui aime apprendre et qui a d'excellentes capacités de réflexion sur ce qui l'entoure, mais surtout Mélanie est curieuse et très attachée à sa maîtresse qu'elle aime vraiment beaucoup. On va donc suivre la relation entre cette petite fille étrange et sa maîtresse qui jusqu'au bout la protègera des autres.

C'est donc un roman de zombies assez différents de ce que l'on peut trouver actuellement. Mélanie qui est un zombie nouvelle génération garde encore toute son humanité et tente de se contrôler pour ne pas faire de mal à ceux qu'elle aime. C'est d'ailleurs au départ assez troublant de se prendre d'affection pour cette zombie qui malgré tout a besoin de se chair fraîche pour se nourrir et surtout pour calmer cette faim qui gronde continuellement en elle. Il y a donc deux catégories de zombies : les affams qui sont plus ou moins les zombies tels qu'on les connaît à ceci près qu'ils réagissent surtout aux sons et non à la vue et les enfants comme Mélanie qui gardent leur côté humain mélangé à celui de zombie. J'ai donc trouvé le mélange réussi et très intéressant.

Le roman alterne deux phases. La première nous permet de découvrir l'environnement et les personnages principaux. Mélanie donc, Mademoiselle Justineau, une professeur qui a beaucoup de compassion pour ces enfants qui ne sont pas responsables de leur état. Le duo fonctionne à merveille, mais l'auteur a voulu nous en proposer trois autres qui sont radicalement différents. Il y a Parks, le militaire qui les protège. Un homme ni bon, ni mauvais, il n'agit que comme il l'a toujours appris, il analyse beaucoup ce qu'il se passe autour de lui afin de mieux protéger les civils sous sa responsabilité. Si au départ, il semblait froid et haineux envers Mélanie, on comprend très vite ses réactions et ce personnage apporte une touche de virilité bien vu à l'intrigue. Il m'a pour ma part beaucoup plu et jusqu'au bout où il laissera de côté tout ce à quoi il été attaché, changeant même d'avis sur Mélanie. Gallagher, c'est le second militaire du roman. Mais c'est encore une jeune homme, il n'y connait rien à l'art de combattre et il fera donc plusieurs erreurs jusqu'à ce que la terreur prenne possession de lui et le fasse agir avec bien trop d'impulsivité. Et enfin il y a Caroline Caldwell, la scientifique du roman, celle qui exploitait les enfants de la base pour tenter de trouver un remède contre les affams. Jusqu'au bout elle se montre obsédé par sa quête de réponses, agissant parfois de manière barbare.

La première phase nous permet donc de rencontrer nos héros et de voir que le monde tel qu'on le connaît, n'existe plus. On en saura guère plus, les zombies n'apparaissent pas encore et nos héros restent confiner dans leur base, vivant un quotidien morne, mais qui leur convient complètement.

La seconde phase est beaucoup plus rythmée. La base est envahi par les affams et forcément, nos héros se retrouvent à devoir survivre à terrain découvert et c'est là que certains se révèlent ou pas aux lecteurs. Parks a su m'étonner et me surprendre tout au long de ma lecture, lui que je n'appréciais pas véritablement et qui a su peu à peu se faire sa place parmi mes favoris.
C'est d'ailleurs dans cette seconde partie qu'on découvre d'où provient le virus qui transforme en affams et j'avoue avoir été surprise, parce que je ne m'attendais absolument pas à cette idée ! La fin m'a également surprise et il s'en ai fallu de peu que je ne verse une larme, sachant que j'avais terminé mon aventure aux côtés de Mélanie.

En bref, celle qui a tous les dons est un must dans le genre zombie. Une histoire finalement bouleversante, rythmée et qui propose enfin de la nouveauté dans le genre. Ne passez pas à côté de la rencontre bouleversante de Mélanie !

Chronique de Louve