samedi 29 décembre 2012

Gods & Monsters, Tome 1 : Le noir lui va si bien de Kelly Keaton

Année d'édition : octobre 2012
Edition : fleuve noir
Nombre de pages : 307
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
La Nouvelle-Orléans est entre les mains de neuf familles puissantes: vampires, sorcières, dieux grecs, …
Ari, 17 ans, a toujours pensé que quelque chose clochait chez elle: elle a les cheveux blancs depuis toujours. Lorsqu’elle découvre une lettre laissée par sa mère – décédée quand elle était petite, elle sait qu’il est temps de découvrir sa réelle identité: sa mère évoque une malédiction famililale et lui ordonne de fuir… Sa seule piste: la Nouvelle-Orléans, détruite après Katrina, désormais aux mains des 9 familles les plus riches te les plus puissantes de la ville.
Dont aucune n’est humaine…



Ari, dix-sept ans, est dans un hôpital psychiatrique afin d’obtenir des informations sur sa mère qui l’a abandonnée lorsqu’elle avait quatre ans. Elle apprend la raison de cet abandon et récupère une boîte qui appartenait à sa mère. Elle y découvre alors une lettre écrite par celle-ci lui conseillant de ne pas aller à La Nouvelle-Orléans et de fuir afin de se mettre en sécurité…

Il faut savoir qu’il y a treize ans, La Nouvelle-Orléans a été détruite par deux ouragans de catégorie quatre. Aujourd’hui Ari connait La Nouvelle-Orléans sous le nom de « New 2 » qui ne fait plus parti des USA.

Après avoir lu la lettre de sa mère, Ari décide de rentrer chez ses parents adoptifs. Mais, elle se fait attaquer sur le parking de l’hôtel par un homme. Elle le tue avec une dague et le corps de l’individu disparait en fumée…

Ari se lance alors à la recherche de réponses. Qui est-elle ? Quelle malédiction touche sa famille ? Pour en savoir plus sur ses origines Ari devra se rendre à « New 2 » malgré l’interdiction de ses parents adoptifs.

J’ai eu envie de découvrir ce premier tome grâce à sa magnifique couverture ! Ce fut une lecture agréable, mais ce n’est pas un coup de cœur. L’univers créé par l’auteur est original ; j’ai aimé le mélange de créatures fantastiques et de mythologie. La plume de Kelly Keaton est également plaisante ; rythmée et simple !

Concernant les personnages, Ari est une jeune fille qui sort de l’ordinaire avec ses yeux argentés et ses longs cheveux blancs. Je l’ai trouvé attachante et responsable pour son âge. Lors de ses aventures, elle sera accompagnée de Sebastian, un jeune homme mystérieux au début et attirant. Un petit point négatif au sujet de la relation de ces deux personnages : la romance entre eux est bien trop rapide et pas assez développée à mon goût.

Peut-être que ce premier tome est un peu court et qu’il aurait été bien de développer un peu plus certains points pour qu’il soit meilleur et moins superficiel. Cela n’aurait fait que ravir les lecteurs ! Néanmoins, ce fut une lecture agréable que je vous conseille.

Je remercie Louve, Mort-Sûre ainsi que les éditions Fleuve Noir pour cette agréable découverte dans le cadre d’un partenariat.

Chronique de Titisse

L'épreuve, Tome 1 : Le Labyrinthe de James Dashner

Année d'édition : 2012
Edition : pocket jeunesse
Nombre de pages : 404
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Thomas, dont la mémoire a été effacée, se réveille un jour dans un nouveau monde où vivent une cinquantaine d’enfants. Il s’agit d’une ferme située au centre d’un labyrinthe peuplé de monstres d’acier terrifiants. Les ados n’ont aucun souvenir de leur vie passée et ne comprennent pas ce qu’ils font là. Ils n’ont qu’un seul désir, trouver la sortie. Pour ce faire, les coureurs parcourent chaque jour le labyrinthe pour en dresser les plans – des plans qui changent sans cesse, puisque les murs se déplacent chaque nuit. Le risque est grand mais, dès son arrivée, Thomas a une impression de déjà-vu, il sait qu’il veut être coureur et résoudre l’énigme du labyrinthe. 




Je désespérais que ça arrive, mais à quelques jours de la nouvelle année, le voici : mon plus gros coup de coeur de l'année ! Pour moi, ce premier tome est parfait de la première page à la dernière et pour bien des raisons ! Il en faut plus des romans comme celui-ci, c'est une pure réussite.

Thomas se réveille au milieu de plusieurs adolescents qui l'encerclent et le dévisagent. Il ne sait pas ce qu'il fait ici, comment il y est parvenu. Il ne connaît même pas son âge, ni qui sont ses parents... Tout ce qu'il se rappelle, c'est qu'il se prénomme Thomas. Il n'a aucun souvenir, seulement des pressentiments, comme cette impression de déjà connaître les lieux alors que tout lui paraît pourtant inconnu.
Chaque adolescent a une tâche bien particulière au sein du Bloc, lieu où ils vivent. Pour survivre, ils doivent bien accomplir quelques petits travaux mais surtout s'occuper, afin de ne pas perdre la tête. Thomas sent qu'il doit devenir Coureur ; il ne connaît rien du labyrinthe, rien du milieu dans lequel tout le monde survit depuis deux longues années mais il sait qu'il doit l'explorer.
Gagner la confiance de tout ce groupe ne sera pas chose facile, mais il y a bien pire qui l'attend...

À la lecture du résumé, je me doutais bien que ce roman allait me plaire mais j'étais loin de me douter à quel point ! Malgré des petits détails prévisibles au début, le mystère même autour de ce labyrinthe, de cette intrigue rondement menée, demeure jusqu'à la fin, jusqu'à la toute dernière page ! On a bien des petits indices de temps en temps, certains personnages comprennent des choses bien avant nous, mais rien n'est dévoilé trop tôt. Le suspense est entier et omniprésent (ou comment nous donner envie d'aller jusqu'au bout le plus rapidement possible).
Ce premier tome se déroule dans un lieu clos. Le labyrinthe a beau être rempli de créatures terrifiantes, je me suis sentie vraiment oppressée dans le Bloc, le "quartier général" des adolescents. Le soir, à une certaine heure, les portes se referment et qu'ils soient ou non dans le Bloc, ça ne change rien du tout, elles se ferment. Je pense que c'est oppression vient de là... Ca n'a fait que rajouter de l'intérêt à ma curiosité dévorante d'en connaître toujours un peu plus. On veut simplement toujours savoir ce qu'il va se passer pour tel personnage ou simplement pour la vie dans ce lieu étrange.

De plus, j'aime beaucoup le schéma de l'histoire en général. Les chapitres commencent assez simplement, sans qu'il ne se passe grand chose et ils se finissent toujours sur un événement d'inattendu ou intrigant. On ne peut que continuer à lire encore et encore pour découvrir tous ces secrets, tous ces mystères, qui tiennent en haleine ! J'aime également l'originalité de l'intrigue. Il y a beaucoup derrière ce simple labyrinthe finalement... On est loin d'être au bout de nos surprises.
Chaque détail est bien développé et exploité. Ainsi, chaque chose, chaque situation, chaque personne, chaque faits et gestes même, a son importance. L'arrivée de Thomas amène beaucoup de bouleversements dans la vie de tous ces adolescents et l'on peut donc compter sur de nombreuses péripéties ! C'est incroyable comme cette histoire accroche pour ne plus nous lâcher. Il y a toujours un intérêt quelconque à lire la suite, que ce soit pour découvrir une vérité, résoudre une énigme... Plus ça va, plus on se pose des questions et plus on a envie d'avoir les réponses.

On suit plusieurs personnages en même temps mais on les reconnaît tous très facilement. Ils ont quelques points communs comme cette envie irrépressible de survivre, une grande intelligence ou ce tempérament de feu. Mais chacun a une façon de se comporter qui ne laisse pas de doute. De plus, l'histoire est essentiellement centrée sur Thomas, même si ce n'est pas lui le narrateur. Mais les autres ne sont pas mis de côté pour autant, bien au contraire !
Thomas est celui qui réfléchit sans doute le plus, qui ose, qui prend le plus de risque. Quoi qu'un peu réservé au début, il prend toujours un peu plus d'assurance.
Chuck, le plus fidèle ami de Thomas dès le premier jour est celui qui est arrivé juste avant lui au Bloc. Il n'est donc plus un bleu même s'il n'est là que depuis un mois mais tout le monde le considère encore comme tel. C'est plutôt le petit paria du groupe. Pourtant, il est d'un grand renfort pour Thomas.
Newt et Minho sont ceux qui ont le plus rapidement bien accueillis Thomas. Ils le considèrent tout le temps comme un bleu qui ne sait rien mais ils lui laissent toujours un peu sa chance, même s'il a fallu le temps d'adaptation.. J'ai beaucoup aimé ces deux personnages, ils ont l'étoffe de chef ; ils savent prendre des décisions justes et efficaces en prenant en compte l'avis des autres et sans se monter la tête.
Je n'ai clairement détesté personne, même si Alby, par exemple, est assez imbu de sa personne. Il se prend pour le petit chef, prend des décisions hâtives, peu reconnaissant et très impulsif... Mais il a aussi un certain courage qu'on ne peut pas négliger.

Le style de l'auteur est fluide et prenant. On tourne les pages sans voir le temps passer. Chaque chapitre a son lot d'aventure et on est captivé par toutes ces nouvelles situations qui ne font que s'enchaîner. Il a pensé à tous les détails importants avec beaucoup d'aisance, sans inclure de longueur. J'ai pu facilement visualiser chaque scène et ça rajoute simplement encore plus d'intérêt à l'histoire ! Tout m'a plu, je n'y ai constaté aucune zone d'ombre et je me languis déjà de lire la suite (depuis que j'ai atteint le milieu du roman en fait...) !
Une histoire originale et captivante qui nous prend aux tripes du début à la fin ! Le concept même, ce labyrinthe et tout ce qu'il cache, est très intéressant à découvrir et à suivre. Un gros coup de coeur pour un livre qui mérite amplement d'être lu ! Le plus dur va être d'attendre la suite, puisque la fin nous donne atrocement (le mot est faible...) l'eau à la bouche. Voilà ma seule déception : ne pas avoir la suite sous la main pour l'enchaîner directement derrière ce premier tome.

Chronique de Gr3nouille


lundi 24 décembre 2012

L'enfant des cimetières de Sire Cédric

Année d'édition: 2012
Editions : Pocket
Nombre de pages : 544 pages
Public visé : Adulte /
Quatrième de couverture :
Lorsque sa collègue Aurore l'appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d'une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d'un hôpital et tue Kristel, la compagne de David. Mais qui est à l'origine de cette épidémie meurtrière? Est-ce un homme ou un démon? Le journaliste, qui n'a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l'enfant des cimetières, jusqu'aux confins de l'inimaginable... Thriller gothique époustouflant, L'Enfant des cimetières est servi par une écriture nerveuse terriblement évocatrice qui laisse le lecteur hypnotisé par l'horreur. Attention, si vous commencez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher!



David, jeune photographe pour un journal est invité par sa collègue Aurore sur les lieux d'un carnage sans nom. Cette dernière le prie de rapidement prendre des photographies du lieu du drame. Mais David finit par avoir mauvaise conscience de gâcher son talent pour de tels articles. Très vite, Kristel, sa compagne, réussit à lui faire comprendre qu'il mérite mieux que ça. Et lorsque celle-ci finit elle aussi tuée par le neveu du fossoyeur qui a tué sa femme et ses enfants avant de se donner la mort, David sent que quelque chose se trame de plus complexe. Pourquoi tant de personnes se donnent-elles la mort autour de lui et pourquoi sont-elles toutes effrayées par les ombres et par un étrange garçon albinos ?

La quatrième de couverture prévient qu'on ne peut plus lâcher ce roman et c'est vrai! J'ai lu ce roman comme s'il ne faisait pas 544 pages, mais 200, soit très rapidement parce que j'étais happée par l'intrigue. J'ai eu un coup de coeur, une fois de plus pour un roman de Sire Cédric, même si j'ai quelques petites choses à lui reprocher.

Le style est toujours aussi agréable. Vif, fluide, élégant, nous enfonçant sans cesse dans l'horreur sans pour autant nous écoeurer. J'ai trouvé ça plutôt soft et j'attendais davantage de descriptions sur l'horreur des scènes de crimes du roman, au vue de tous les avis sur le net, comme le plus effrayant des romans de Sire Cédric. Eh bien non, je trouve de fièvre et de sang plus sombre et plus angoissant, même si l'enfant des cimetières est un petit bijou.

L'histoire m'a beaucoup plu. Vraiment. Cette tension permanente des personnages pour réussir à découvrir comment échapper à la mort m'a plu, tout comme le commandant Vauvert qui lui doit trouver le coupable pour faire cesser ces morts autour de lui et le côté cauchemardesque de l'intrigue est bien présent. On flotte entre réalité et surnaturel. Entre rêves et cauchemars. La barrière qui sépare les deux est fine, trop fine et parfois j'avais moi-même du mal à interpréter ce que je lisais, ignorant si le personnage sombrait dans la folie ou si ce qu'il pensait voir était vrai.

La folie est donc au coeur de ce roman parce que nos personnages succombent les uns après les autres face à cette peur d'être observé, de finir dévoré par les ombres et surtout de voir des choses dans leur tête. Et l'auteur a très bien su rendre juste cette phase-là des personnages où nous même en tant que lecteur on se demande ce qui est vrai de ce qui vient de leur esprit.

L'enquête avance comme tout bon roman de Sire Cédric, rempli de cadavres découverts, de tueries sanguinaires, mais j'en attendais un peu plus à ce niveau, même si je pense que vu le sujet, l'auteur a voulu se montrer plus subtil un peu comme dans le jeu de l'ombre. J'ai donc été séduite et j'ai adoré ma lecture pour toutes les raisons évoquées ci-dessus. Cependant, deux trois-points ne m'ont pas vraiment convaincue.

J'ai par exemple trouvé que la fin était trop facile et un peu trop rapide.David qui du jour en lendemain devient un assidu sorcier et parvient à résister à l'enfant et à ses ombres m'a semblé trop facile, j'aurais voulu le voir davantage éprouver de difficultés face à cet être étrange. Tout comme Aurore qui en devient une victime et qui pourtant en réchappe alors qu'elle est décrite comme un amas de chair sanguinolent, c'est trop facile à mon sens.

Ce sont surtout des points pour chipoter parce que moi j'ai adoré ce roman qui a totalement su me divertir et c'est une des raisons pour laquelle j'apprécie autant de lire Sire Cédric. Mes nuits en deviennent blanches non par peur de m'endormir, mais par besoin de finir ses romans !
 
Chronique de Louve

vendredi 14 décembre 2012

La Dernière Flèche de Jérôme Noirez

Année d'édition : 2012
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 317
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
La fille de Robin des Bois sort de l'ombre... Diane de Loxley est une adolescente belle et farouche, au caractère trempé comme l'acier. Rien d'étonnant quand on est la fille de Robin des Bois. Mais il est difficile d'être l'héritière d'une légende. Diane veut de l'action, Londres va la lui fournir. La cité tentaculaire, pleine de bruits et de fureurs, est contrôlée par de ténébreux démons. Afin de les combattre, la fille de Robin devra s'associer avec le séduisant et mystérieux prince des mendiants, et rassembler les anciens compagnons de Sherwood. Sans compter un allié inattendu, l'ennemi intime de son père, le terrible shérif de Nottingham.




La dernière flèche est une lecture prenante, ce qui n’est pas étonnant vu l’auteur. Si vous cherchez un roman historique pur, passez votre chemin ! Si vous cherchez de la romance young adult, idem, ce n’est pas le genre de l’auteur et j’en ai d’autant plus aimé le roman.
La base d’une ambiance historique bien décrite est campée dès le départ (en particulier pour ce qui concerne la saleté et la vermine, limite ça me donnait envie de me gratter...) tout en étant relevée par des dialogues très modernes. Les personnages n'ont la langue ni chaste ni dans leur poche, et surtout pas Diane, qui s’exprime comme une adolescente le ferait de nos jours. À cela s’ajoute un véritable contexte fantastique, à la fois merveilleux et sombre, quasi absent au départ mais qui va petit à petit prendre le premier rôle, l’air de rien, en s’immisçant et en se développant à chaque occasion.

Au début de ma lecture, j'ai eu peur de prendre Diane en grippe, à cause de ce côté pure adolescente blasée, du genre à soupirer tout le temps. Pourtant, je me suis vite attachée à elle, d’autant plus qu’elle n’a rien d’une jeune fille mièvre, bien au contraire, tout en restant très humaine... d'ailleurs les soupirs lui valent un mignon surnom de la part de son père qui prend beaucoup d'importance au fur et à mesure de l’intrigue. J'ai vraiment aimé la relation entre Diane et son père, à la fois dans la complicité et l'opposition, c'est une grande réussite !
Diane est donc une jeune demoiselle qui s’ennuie dans son château, entre son père, légende vivante souffrant de mélancolie, et le souvenir de sa mère, décédée des années plus tôt. Son père la force à le suivre à Londres, histoire de la faire changer d’air, pour un séjour chez son neveu. Diane déteste Londres dès le premier regard : la ville est sale, grouillante, puante. Elle a quelque chose de malsain. Au moins la jeune fille a-t-elle une bonne raison de vouloir revenir à Loxley, à peine arrivée… Mais très vite, la mélancolie de son père s’aggrave, son comportement change et laisse son entourage perplexe. Quelque chose de puissant, que Robin a apporté avec lui, se réveille à l’insu de tous et les accidents se multiplient.

L'autre grande réussite de ce roman, c’est de permettre aux lecteurs de suivre l’évolution du chevalier William de Wendenal, plus connu sous son ancien titre de shérif de Nottingham. Toujours dans l’ombre de Robin de Loxley, la relation qu’il a développée avec lui au début du roman va bien plus loin qu’un simple désir de vengeance, car Loxley est devenu son obsession. Le chevalier est réellement persuadé que Robin est un assassin qui ne pourra que récidiver. Il attend donc qu’il fasse le moindre faux pas pour lui tomber dessus… Utiliser son journal pour percevoir les autres personnages, la ville de Londres et ses habitants, par son regard, est un procédé qui m’a vraiment plu. Car on peut ensuite percevoir les changements qui s’opèrent dans ce regard au fur et à mesure qu’il adopte Diane, la protégeant dans l’ombre quand son propre père n’en est plus capable.
Il y a aussi des histoires de rédemptions et de pardon dans ce roman, je les ai trouvées passionnantes.

Chronique de Roanne

Chasseuses d'aliens tome 1 : Fatal rendez-vous de Gena Showalter

Année d'édition : 2012
Edition: j'ai lu
Nombre de pages : 314
Public visé : adulte
Quatrième de couverture :
Traqueuse d'aliens aux méthodes musclées, Mia Snow fait partie d'une brigade d'élite qui a pour vocation d'imposer la loi humaine aux hordes d'extraterrestres de tous poils débarqués à New Chicago. Pro du close-combat, Mia sait se faire respecter dans cet univers masculin où le sordide le dispute au macabre. Suite à un meurtre à l'étrange mise en scène, les soupçons se portent sur une Arcadienne, peut-être la pire des races aliens. Mia se met en chasse et croise bientôt la mute d'un immense guerrier arcadien à la chevelure de neige et aux pouvoirs déconcertants. Kiryn se joue d'elle mais cherche pourtant à l'aiguiller dans son enquête. Pourquoi ? Et surtout pourquoi éprouve-t-elle une attirance irrésistible pour cet ennemi ? Elle qu'on dit froide, voire insensible, aurait-elle finalement un cœur ?



Mia Snow fait partie de l'unité de l'AIR, une unité d'élite spécialisée dans la neutralisation des aliens dangereux. Car la Terre n'est plus seulement peuplée d'Humains, mais aussi d'aliens qui cohabitent non sans mal. Mais quelques Aliens n'acceptent pas les lois humaines et n'hésitent pas à blesser les Hommes, voire les tuer. C'est là que Mia et son équipe interviennent afin de les localiser, neutraliser et si nécessaire de les tuer à l'aide d'armes spécialement conçues pour agir efficacement contre les extra-terrestres. Lorsqu'elle est convoquée sur une scène de crime, elle s'aperçoit très vite que la victime a été tuée par un arcadien, suite aux étranges cheveux retrouvés sur place. Et lorsque l'un de ces Arcadiens ne cesse de se faire remarquer d'elle, elle est loin de se douter qu'il lui faudra travailler main dans la main avec l'espèce qu'elle s'est juré d'anéantir. Mais de nombreuses réponses à ses questions vont lui être données et la vie de l'un de ses coéquipiers ne pourra être sauvée qu'en agissant contre ses principes. 
Chasseuse d'alien est un roman que je ne connaissais que de nom, mais la première édition de 2007 possédait une couverture qui ne m'attirait pas du tout. Et c'est dommage parce que je suis passée depuis tout ce temps à côté d'un petit bijou.
Le style de Gena Showalter m'a beaucoup plu. C'est fluide, vif et on se retrouve très vite immergé dans cet univers futuriste, dans la tête d'une héroïne qui a du caractère et qui ne cède pas facilement aux sentiments. 
L'univers nous est décrit avec douceur et comme au fond il ne change pas réellement du nôtre, à part l'amélioration de certaines sciences, le lecteur ne se sentira à aucun moment perdu. 
L'histoire m'a beaucoup plu. On est davantage dans un roman d'action et donc assez loin de la bit-lit puisque notre héroïne est assez froide avec les hommes, elle n'a aucune relation intime avec eux et cela ne lui manque pas. Certes peu à peu on aura le droit à une scène ou deux plutôt croustillante, mais toutefois extrêmement soft, loin de la passion torride d'un roman comme la confrérie de la dague noire. Parce que Mia ne se donne que par amour et non par désir, même si là, les deux seront bien présents avec son heureux élu. On suit davantage une enquête dans le but de stopper une vague de kidnapping et de meurtre qui ont tous un but inconnu et c'est cette recherche de Mia sur l'identité du coupable et la raison de ses agissements qui va lui permettre d'en apprendre davantage sur elle-même. 
C'est donc un roman en deux-temps qui mélange habilement enquête et recherche de soi pour notre héroïne que nous offre Gena Showalter. Une lecture agréable et distrayante qui, je n'en doute pas, vous fera passer un très bon moment.
J'ai apprécié certaines scènes d'actions qui sont décrites avec beaucoup de vivacité pour nous donner l'impression d'y être, mais aussi les scènes avec utilisation de pouvoirs étonnants dont se servent les Arcadiens. C'est très bien dosé et suffisamment pour ne pas nous sembler de trop. Il est vrai que Mia va très vite se retrouver au coeur de cette magie d'ailleurs, mais sans pour autant en faire une super héroïne indestructible. Et on ne peut qu'apprécier cela.
Dans un deuxième temps, j'ai également apprécié les découvertes de Mia sur la raison de l'horreur et de la haine qu'elle inspire à son père. On les sent très peu proche et pourtant tout de même attachés l'un à l'autre, même si une coupure va les séparer pour toujours, je pense. Je n'en dirais pas plus, mais j'ai aimé sentir une héroïne perdue et qui recherche l'affection de son père.
Ensuite la relation de Mia et de Kyrin évolue avec lenteur pour mon plus grand plaisir, puisque je n'avais qu'une hâte, qu'enfin ils se lâchent tous les deux et l'auteur a souhaité leur faire prendre son temps et ce n'est pas plus mal puisqu'au départ aucune confiance n'est possible entre eux. Ils font partie chacun de leur propre camp et pourtant vont travailler ensemble pour une même cause.
Ajoutons à cela des personnages complets et crédibles, comme Mia une femme enfoncée dans sa solitude sentimentale, qui ne cherche pas d'affection masculine, mais celle de son père. Kyrin, un Arcadien qui lutte pour faire changer les mentalités humaines et se racheter une conduite, peu fier de son passé et des coéquipiers très drôles et protecteurs et vous avez un savoureux cocktail d'actions, de surprises, de sentiments et de magies.
Un premier tome réussi, accrocheur et qui ne donne qu'une envie, se jeter sur la suite !
 
Chronique de Louve

lundi 10 décembre 2012

Des amies de toujours de Jennifer Weiner

Année d'édition : 2012
Edition : Pocket
Nombre de pages : 455
Public visé : Adulte / Young Adult

Quatrième de couverture :
Dans une banlieue tranquille de Chicago, de nos jours. A trente-trois ans, Addie Downs prend une grande décision: dire adieu aux rencontres par Internet, aux rêves de prince charmant et aux régimes. Puisqu'il ne sert à rien de contrarier son destin, Addie s'est résignée à attendre qu'un inévitable cancer la ronge, entourée de bons romans et de cookies. Un joli programme qui ne tarde pas à voler en éclats lorsque Valérie Adler débarque chez elle en pleine nuit. Le destin jouerait-il un tour à Addie ? Son ex-meilleure amie serait-elle venue mettre un terme à une dispute qui court depuis quinze ans ? En réalité, Valérie n'est pas venue recoller les morceaux ; elle a besoin d'aide : après une soirée des anciens élèves arrosée, elle a renversé Dan, l'homme qui leur a brisé le coeur quand elles étaient ado. Problème : quand les deux femmes reviennent sur le lieu du « crime », la victime a disparu ! Au diable le destin, les cookies et les princes charmants ! Addie fait désormais le choix de l'amitié et suit Valérie dans une course folle à travers les Etats-Unis…



Ce livre figure dans la chick-lit  : une première pour moi ! Mon œil très sélectif aurait ignoré la couverture, dans d'autres circonstances. Mais , encouragée par l'avis de Belle de nuit , je me suis proposée pour ce partenariat comme on part à l'aventure.
La perspective de lire un road-movie à la Thelma et Louise m'a motivé , je dois tout de même l'avouer. Mais il a fallu que je passe outre cette couverture très...rose...Et il y a des étoiles sur les « i », je n'ai pas rêvé , hein ? Bon, cette fameuse couverture, une fois la lecture achevée, je dois dire qu'elle ne colle pas au roman : pas représentative des héroïnes et un peu trop légère à mon goût. Car, si le prétexte de l'histoire est léger, amatrices de romans à l'eau de rose sur l'amitié et l'amour s'abstenir: derrière ce titre et cet emballage adolescents, c'est un roman plus profond qui nous attend.

Enfants,Valérie et Adélaïde étaient voisines, et « meilleures amies pour toujours ».
Val avait une mère super cool, permissive, aventurière, et Addie grandissait dans un foyer uni et aimant.
Autre façon de voir : 

Spoiler:
Val vivait seule avec sa mère baba-cool, défoncée et feignante, usant de ses charmes pour obtenir des hommes ce qu'elle voulait. Le père d'Addie est revenu traumatisé de la guerre du Vietnam, sa mère est obèse, et son frère ne s'est jamais remis d'un accident de voiture arrivé pendant ses années de lycée. Question de point de vue...

Chacune envie secrètement ce qu'a l'autre : soit la stabilité , soit l'inattendu.
Les fillettes sont inséparables. Jusqu'au lycée, où la personnalité de Valérie en fait quelqu'un de « populaire ». Et Addie, complexée, se noiera dans de trop grands pulls et tombera dans l'hyperphagie. 

Spoiler:
Leur amitié résistera jusqu'au jour où Addie voudra dénoncer un viol dont Val a été victime. Val nie tout en bloc , et ridiculise publiquement Addie.
 
La dernière année de fac de celle-ci ressemblera à une suite interminable d'humiliations , d'injures, et elle grossira de plus en plus.
Les deux jeunes femmes se perdront définitivement de vue à la fin de cette année là .
Le roman débute quinze ans plus tard. Valérie est devenue présentatrice météo , une « people » . Addie vit seule dans la maison où elle a grandi, et gagne sa vie grâce à ses peintures pour cartes de vœux.Elle a beaucoup maigri, et a aussi transformé la vieille maison en nid douillet. Elle dit vivre « sans amis (et sans ennuis ? ) ».

C'est dans ce cocon sécurisant qu'elle s'est construit que son « amie de toujours » fait irruption pour lui avouer qu'elle vient de renverser en voiture un garçon de leur ancienne promo, et lui demander son aide : elle n'a qu'elle vers qui se tourner.

Dès le début du roman, l'humour sans concession m'a plu : Addie nous parle d'elle, de sa vie qu'elle passe au crible sans pitié.
Bien entendu, elle n'a pas une très haute opinion d'elle même, comme la plupart des femmes, mais elle est aussi fière de ce qu'elle a construit. Elle s'occupe de Jon, son frère, qui vit en foyer médicalisé. On suit aussi Jordan : policier, qui a divorcé après un long et pénible parcours d'infertilité avec sa femme : elle l'a quitté pour leur dentiste. Et Dan, ancien petit ami de Val : on a son point de vue de temps en temps aussi, et s'il apparaît rarement c'est peut-être le protagoniste qui change le plus.

On sent venir la catastrophe. "L 'amie de toujours" qui débarque, ça sent mauvais... J'avais envie de lui dire : "Addie, n'ouvre pas, Addie, fiche là dehors!Elle va mettre le désordre dans ta petite vie pleine de jolies choses tranquilles, elle va tout bousiller !" Bon, mon coté « chaque chose à sa place » sentait le danger sans doute, parce que je me sentais plus près d'être Addie que Val, niveau identification du personnage Wink
Mais Addie décide qu'elle n'a rien à perdre, elle ne veut plus être seule, être ans Val.
Elle sait que Val va l'entraîner dans une aventure pas claire, dans elle sera autant l'otage que la complice. Mais elle fait son sac et enfile son manteau.

Les passages sur le calvaire qu'a vécu Addie au lycée a trouvé un écho tout frais dans une de mes dernières lectures, Carrie. Et le refuge trompeur , l'étouffant réconfort de l'hyperphagie , est parfaitement raconté.
Ce roman m'a touché, mais pas dans le sens « fleur bleue » d'une romance. Il y a bien une histoire de coup de foudre, mai ce n'est pas le centre de l'histoire . Ce serait plutôt ce que l'on fait de nos vies, les chemins que l'on prend parfois sans s'en rendre compte, et les années qui passent comme un souffle. L'adolescente se retrouve dans un corps de femme, avec des responsabilités de femme, mais ne change pas au fond. Les souffrances affleurent malgré les couches de graisse ou de maquillage, malgré un confort matériel sécurisant. Le sujet de la solitude, traité avec délicatesse et presque avec pudeur je dirai, et bien traité. Car autant Addie, que Val, que Dan et Jon, sont seuls. Coincés dans leurs vies. Et tout cela va exploser, les destins se mêleront et ils nous conduisent vers un joli dénouement , humain et réparateur.

Ce livre m'a plu. Inattendu, comme une boîte pleine de surprises, je me suis constamment étonnée de ce que je découvrais. Peut-être parce que, pleine de préjuger, je m'attendais à lire un « roman de fille », sucré et peut-être mièvre par moments. Il n'en est rien. Je l'ai lu d'une traite, parce que l'intrigue me tenait.
Merci à la maison d'édition et à Mort-Sûre pour ce partenariat qui m'a réjouit.

Chronique de Hellza

La Quête d'Ewilan, tome 3 : L'île du Destin de Pierre Bottero

Année d'édition: 2012
Editions : Le livre de poche
Nombre de pages : 290 pages

Quatrième de couverture:
Il s'agissait d'un loup assez jeune, au torse puissant et aux crocs impressionnants. Assis sur ses pattes arrière, il les observait avec curiosité, sans une once de crainte. Camille marcha dans sa direction. Il ne lui prêta pas une attention particulière, mais, quand elle ne fut plus qu'à deux mètres de lui, il montra les dents et se mit à grogner. Elle s'immobilisa. Recule, lui ordonna Edwin à mi-voix. Sans tenir compte de ses paroles, Camille s'accroupit lentement, regardant le loup dans les yeux.




Ewilan a enfin réveillé les sentinelles. Désormais, elle n'a plus qu'un seul but : retrouver ses parents. Accompagnée de ses amis et de son frère, elle se rend là où elle espère qu'ils sont. Camille aura enfin les réponses à ses questions.
Ce troisième tome clôture assez bien la trilogie. De lecture facile et très fluide, Pierre Bottero nous fait plonger à nouveau dans un univers magique et je peux comprendre que cette trilogie soit autant apprécié. Cela dit, je pense que je n'ai pas su l'apprécier à sa juste valeur, puisque je m'y suis par moment un peu ennuyée. 
Ce n'est pas la plume de l'auteur qui dérange, puisque Pierre Bottero est un véritable conteur. J'aurais lu ce livre des années plus tôt, il m'aurait captivée, mais aujourd'hui, mon vécu et mes goûts font que j'ai trouvé ça trop jeunesse et surtout trop « facile » une fois de plus.
Par exemple, j'ai trouvé que Matthieu étonnait trop facilement avec ses pouvoirs et les utilisait trop vite et avec trop de facilité, comme s'il avait fait ça toute sa vie. J'aurais aimé y voir davantage de difficulté. J'ai également trouvé que son personnage était trop lisse. Il s'habitue trop vite à ce Nouveau Monde et tombe rapidement sous le charme d'une jeune femme. C'est d'ailleurs le plus gros reproche que j'aurais à faire à la saga : tout va trop vite et avec trop de facilité. Même l'attaque des pirates s'est rapidement terminée... alors que je pensais voir enfin nos héros en difficulté. 
J'ai par contre beaucoup apprécié d'en apprendre plus sur les conditions de l'adoption de Camille et pourquoi ses parents adoptifs ne l'apprécient guère davantage.
Par contre, j'ai adoré le pouvoir de Salim! Ça apporte un peu de piment à ce troisième tome et le rend plus important que dans les tomes précédents où justement son rôle était minime ^^
Dans l'ensemble donc, c'est une belle histoire c'est vrai, mais on ressent trop le côté jeunesse devant l'absence de difficultés que vont rencontrer nos héros et devant l'absence de véritables scènes romantiques entre certains de nos personnages. C'est une trilogie que je lirais à ma fille sans souci lorsqu'elle sera plus grande !
 
Chronique de Louve