lundi 10 décembre 2012

La Quête d'Ewilan, tome 2 : Les Frontières de Glace de Pierre Bottero

Année d'édition: 2012
Editions : Le livre de poche
Nombre de pages : 272 pages
Quatrième de couverture :
Revenus dans l’Empire de Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, alliés des Ts’liches résolus à tuer Ewilan, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lie d’amitié avec une marchombre, dont les pouvoirs le fascinent ; tandis que face au maître d’armes, Ewilan assoit son autorité et affermit son Don. Malgré les attaques d’une goule, la petite troupe parvient à destination. Là Ewilan découvre le secret du Dragon et libère les Sentinelles. Désormais, elle peut se consacrer à sa quête : la recherche de ses parents.




Ewilan et Salim ont tout abandonné derrière eux pour rejoindre l'autre monde et sauver ce peuple qui a tant besoin des pouvoirs de la jeune fille. Ravis de retrouver leurs compagnons, ils vont se lancer dans une longue et périlleuse quête pour libérer les sentinelles et vaincre le peuple Ts'liches des créatures maléfiques dont leur armée est composée de Raïs, une autre race de monstre horrible. Mais Camille sera-t-elle à la hauteur de ce qu'on attend d'elle ? Son groupe survivra-t-il à autant de dangers? 
Les frontières de glace est un roman qui se lit vite. Comprenez qu'il est court, mais aussi addictif. La plume de Pierre Bottero est vraiment fluide et facile d'accès, même si j'ai regretté qu'elle soit autant jeunesse, chose que je savais en débutant la saga. Ce monde, l'autre monde se révèle enchanteur, mais aussi dangereux et peuplé de créatures étranges et qu'il vaut mieux ne pas croiser. Le bestiaire de cette saga est intéressant et m'a beaucoup plu. 
Le plus gros regret que j'ai, c'est que l'histoire avance trop vite puisqu'il est court. J'aurais adoré me plonger un peu plus longtemps dans cet univers, l'auteur m'ouvre l'appétit, mais ne me le comble pas puisque c'est trop court.Camille et ses alliées seront confrontés à de nombreuses créatures comme une goule ou un félin, mais chaque fois, j'ai trouvé qu'ils s'en sortaient trop facilement. Même la rencontre avec le gardien et les sentinelles se déroule trop vite et les actes de Camille semblent presque trop faciles.
Certes, c'est un roman jeunesse, mais je suis frustrée de ne pas pouvoir profiter davantage de cet univers plutôt riche et sympathique. Le voyage sur le bateau m'a semblé trop rapide et je n'en garde que peu de souvenirs, déjà ! La bataille de la fin m'a plu, mais une fois de plus j'ai trouvé que l'auteur choisissait la facilité en épargnant tous les personnages, comme s'ils étaient devenus immortels ou intouchables. 
Au niveau des personnages, ils sont tous différents et à peine stéréotypés, mais je n'ai eu de coup de coeur pour l'un d'entre eux. Les évolutions de relation sont hélas trop prévisibles et m'a enlevée un peu de la surprise que j'attendais
En bref, les frontières de Glace est un bon second tome, mais trop court, trop rapide dans son traitement qui fait que je n'ai pas réussi à réellement m'attacher aux personnages, même s'ils m'ont tous semblé très sympathiques. Je serais au rendez-vous pour le troisième tome sans souci pour une lecture rafraîchissante !


Chronique de Louve

lundi 3 décembre 2012

Les chroniques de Siwès tome 1 : la guerrière fantôme de Syven

Année d'édition : 2012
Edition : du Riez
Nombre de pages : 464
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Dans notre monde, elle est une étudiante parmi tant d’autres. Dans le monde d’Ès qu’elle visite nuit après nuit, elle est un esprit guerrier. Elle y affronte une armée, des sorciers et des dragons, par amour pour Tadjal, un tigre fabuleux qui l’aide à comprendre sa véritable nature.
Elle s’est attachée à lui, aux humains qu’il protège, à la cité d’Ispare que l’empire s’apprête à assiéger. Pour les sauver, elle doit changer le cours de la guerre et empêcher les dragons-défunts de ravager les cités libres. Quitte à se perdre si le lien entre son corps et son esprit se rompt.
Siwès est la guerrière fantôme, et l’empire du Lluhan tremblera à l’annonce de son nom.

J’ai eu un peu de mal pour la première partie de ce livre, car j’ai trouvé que beaucoup de choses manquaient d’explications. Je pense surtout à l’idée de l’Ahr et de l’Herrès, avec lesquels j’ai eu beaucoup de mal. Peut être justement, parce que je n’ai pas l’habitude de la fantasy et donc que ces « forces » sont une habitude du genre, mais pour moi ce manque d’explication a beaucoup alourdi ma lecture. Je n’arrivais tout simplement pas à me représenter ce que ces deux choses pouvaient bien représenter. Évidemment maintenant que j’ai lu les 454 pages de ce livre j’ai réussi à saisir, mais hélas j’ai bien moins apprécié le début de ce livre à cause de ça.
J’aurais bien plus apprécié cette lecture si j’avais eu une sorte de lexique pour mieux comprendre ce qu’était les Marjaks, l’Ahr, L’Herres et les puissants, car ça m’aurait permis de moins me focaliser sur les mots et de comprendre directement ce qu’ils représentaient et donc ne pas perdre de temps à essayer de grappiller des informations pendant ma lecture, de mieux comprendre donc l’intrigue et non pas les mots et l’environnement. Ensuite c’est une question de points de vue évidement, moi j’apprécie quand les livres de fantasy sont accompagnés de cartes par exemple, car ça permet de mieux visualiser les choses …

Par contre dans cette première partie du livre ce qui m’a vraiment fait accrocher, c’est Tadjal. J’ai adoré ce personnage, enfin ce tigre, ce « fabuleux ». J’ai trouvé ça sympa que l’auteur choisisse de donner la forme d’un tigre, à l’un des personnages principaux. J’ai aimé les descriptions qui sont faites de lui, la façon dont Siwes le voie. L’auteur a réussi à donner au tigre une façon de ce comporter qui fait que l’on ne peut pas se dire que c’est un homme. J’avoue que quand j’ai lu que certains personnages étaient des animaux je me demandais si l’auteur réussirait à donner suffisamment de distance entre les comportements humains et ceux des merveilleux. Et oui, c’est bien beau de dire que ce ne sont pas des humains, si le comportement des personnages n’est pas différent il n’y a pas d’intérêt. Mais heureusement, Syven a réussi à donner une forme de caractère, de détachement à Tadjal et aux autres fabuleux qui fait que même s'ils peuvent communiquer avec les Hommes on ne peut pas les confondre dans la lecture. J’ai d’ailleurs adoré l’image que Tadjal se fait des humains Wink

En ce qui concerne Siwès, c’est autre chose, j’ai moins accroché à ce personnage. Elle est censée avoir dans la vingtaine, mais je pense qu’au final si l’auteur avait écrit qu’elle avait quinze ans ça ne m’aurait pas choquée. Je ne saurais pas dire exactement ce qui m’a donné cette impression pour ce personnage, mais j’ai parfois presque eu la sensation d’être dans un roman jeunesse en ce qui la concerne. L’autre chose qui m’a déçue, c’est le manque d’interaction avec son monde « réel », le livre est rythmé par ses réveils, mais on ne voit pas ce qui s'y passe, juste quelques lignes pour dire qu’elle s’est réveillée, qu'elle est été en cours et voila on repart pour le monde d’ES. J’ai surtout été déçue, car en lisant la quatrième de couverture, cette double réalité est mise en avant, mais dans le livre elle est presque inexistante…

Cette histoire est captivante aussi par l’histoire, j’ai adoré suivre Siwès qui évolue et réussit à mieux se servir de ses capacités au fur et à mesure du livre, mais aussi dans ses combats pour sauver la cité d’Ispare. Elle ne recule devant rien pour obtenir de l’aide et a le caractère nécessaire pour défier ceux qui ceux mettent sur son chemin, ce qui est parfois assez drôle. Les combats sont bien décrits et ne sont pas interminables de même que la partie « stratégie », et tant mieux, car la lecture de ce genre de passage est parfois ennuyeuse… enfin pour moi lire des pages et des pages de stratégie ou de combat ça me lasse vite ^^


Pour conclure, j’ai eu beaucoup de mal à entrer véritablement dans cette histoire à cause de pas grand-chose au final. Car mon seul souci a été la compréhension des choses que l’auteur a créées pour modeler son univers, mais une fois que j’ai réussi à comprendre tout ça, cette lecture s’est révélée très agréable. Avec de l’action, un peu d’humour, des personnages originaux, des combats de dragon et encore d’autres choses … une lecture pour ceux qui aiment l’imaginaire.

Chronique de Zebuline

Un père Idéal de Paul Cleave

Année d'édition : Octobre 2012
Edition : Le livre de poche
Nombre de pages : 432
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour y arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande. Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il se tourne pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.


J’avais dévoré le premier livre de l’auteur alors lorsque Louve a proposé ce livre en partenariat sur son forum, je ne pouvais que tenter ma chance. Elle m’a souri et une seconde fois, je crie haut et fort que Cleave est un auteur de thrillers à part, avec lequel il faudra compter et qui noircit agréablement le paysage du suspense musclé.

Edward est le rescapé d’une enfance, on ne peut plus difficile et hors norme. Il est le fils de Jack Hunter, le serial killer qui porte si bien son nom. A 9 ans, lorsque Edward, alors encore appelé Jack junior, apprend la trahison de son père, il ressent surtout de l’incompréhension et voit sa famille se déliter petit à petit, son monde s’écrouler. Qui plus est Jack/Edward a lui aussi parfois des pulsions meurtrières qu’il camoufle du mieux qu’il peut mais qui laisseront un chien mort chez le voisin. Première victime. Vingt ans plus tard, malgré ses deuils successifs, Edward est marié, papa d’une petite fille adorable, mène une vie stable et épanouie. Ses beaux-parents l’ont accepté finalement, constatant qu’il rend leur fille heureuse et est un bon père. Mais un père qui a peut-être des choses à se prouver aussi lorsqu’il se propose de prendre la place de l’otage lors du braquage, il est loin de s’imaginer qu’il descend en Enfer en prononçant ces quelques mots de bravoure. Non seulement ce ne sera pas lui l’otage mais sa femme et elle sera tuée sous ses yeux.

Edward se retrouve totalement démuni, encore une personne aimée qui disparait et cette fois c’est totalement de sa faute. Si seulement il n’avait pas ouvert la bouche, sa petite-fille ne serait pas orpheline et son existence aurait pu continuer à lui plaire. Mais la culpabilité et bientôt la haine vont devenir ses meilleures amies. Plus son géniteur qui veut l’aider dans sa vendetta pour venger sa femme, réveiller le « monstre » qui vit en Edward dans lequel il voit un salut et une aide précieuse. S’en suit une succession d’évènements sanglants, de meurtres froids, de victimes collatérales…

Paul Cleave, pour la seconde fois, affirme ici un talent monstrueux – le terme est bien choisi – pour décrire le côté obscure de l’Humanité, la perversion des Hommes. Il sait choisir les mots qui percutent, qui peignent le portrait d’une scène de crime de façon presque gore, toujours violente, de courses poursuite hautement réalistes, de combats que l’on croirait photographiés. La gratuité des actes semble l’attirer particulièrement et il n’a pas son pareil pour en faire un compte-rendu atroce, parfois insoutenable car il choisit des faits presque divers pour rendre l’horreur palpable. Aucune place à ‘l’imagination ou du moins, le réalisme peut être sublimé par l’imagination, c’est-à-dire décuplé.

La narration est parfaite, les personnages étudiés, le scenario impeccable. Oui on pourrait parler de scenario car c’est bien un film qui se tourne sous nos yeux grand ouverts et on ne peut échapper à ces images implacables. J’ai peine à trouver les mots pour rendre justice à cet auteur et à ce livre également. Le lecteur est impliqué, jamais épargné, malmené et pourtant, tous les sentiments, actions décrits sont profondément humains même si déviants. Quant à la fin…je vous laisserai la savourer !

Edward reste donc le personnage central, il raconte l’histoire de cette déchéance qu’il vit depuis vingt ans et plus mais surtout il nous narre l’impensable, cet Nième deuil qui le fera basculer, lui qui jusque-là avait réussi à garder la tête hors de l’eau. Entre maladie et besoin naturel – même si non excusable – de se venger, Edward n’en reste pas moins une victime/bourreau très attachante. Il ressemble à vous et moi et peut être nommé le stéréotype de l’anti-héros qui n’agit qu’avec ses moyens, sa haine pour seul moteur et sa culpabilité. Le fait qu’il soit susceptible d’être schizophrène ne l’excuse pas, explique juste les voix qu’il entend.

Schroder, le flic optimiste, qui veut aider pour racheter également son sentiment de culpabilité et d’impuissance est le personnage secondaire tout choisi. Entre la loi et ses propres réactions d’homme et de père, il campe un flic ordinaire, lui aussi, tiraillé entre sauver des vies et sauver un homme dont il a suivi toute la funeste histoire.

Et troisième personnage si je puis dire, que j’ai trouvé important de nommer c’est cette ville de Christchurch qui porte bien mal son nom ou peut-être très bien, tout dépendra des croyances de chacun. Elle est sans cesse décrite comme un four, ça n’est pas sans rappeler l’enfer dont je parlais plus haut, comme un lieu de dépravation et elle était déjà le théâtre des événements non moins morbides de Un employé modèle. Le climat chaud est insupportable en ces périodes de fêtes et on sent le mal dans cette ville ou peut-être tout du moins, quelque chose de malsain qui plane sur elle.

En conclusion, c’est un énorme coup de cœur que je ne peux que vivement vous conseiller de vous procurer.
 
Chronique d'Ayma

Pure de Julianna Baggott

Année d'édition : 2012
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 535
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Nous savons que vous êtes là, vous, nos frères et soeurs...

Pressia se souvient à peine des Détonations ou de la vie pendant l’Avant. Dans son armoire-lit derrière les décombres d’un salon de coiffure pour hommes où elle vit avec son grand-père, elle pense à ce qui est perdu : comment le monde est passé de parcs d’attraction, cinémas, fêtes d’anniversaire, pères et mères à cendres et poussière, cicatrices, brûlures indélébiles et corps accidentés. Et maintenant, à l’âge où tous sont contraints de se livrer à la milice pour être entraîné à devenir soldats ou, s’ils sont trop accidentés ou trop faibles, pour être utilisés comme cibles vivantes, Pressia ne peut plus prétendre être petite. Pressia est en fuite.
Nés Purs, ils Respirent les Cendres…
Il y a ceux qui ont échappé à l’apocalypse sans aucune marque. Les Purs. Ils sont gardés en sécurité dans le Dôme qui protège leurs corps sains et supérieurs. Mais Partridge, dont le père est l’un des hommes les plus influents du Dôme se sent seul et isolé. Différent. Il pense aux pertes – peut-être simplement parce que sa famille est brisée. Son père s’est détaché des émotions, son frère s’est suicidé et sa mère n’est jamais parvenue jusqu’à leur abri. Ou peut-être est-ce sa claustrophobie : cette sensation que le Dôme est devenu un lieu à la discipline extrêmement rigide. Alors quand il entend que sa mère pourrait être
encore en vie, Partridge risque sa vie pour quitter le Dôme et la retrouver.

Quand Pressia rencontre Partridge, leurs mondes volent en éclats une fois de plus.


Je vous le dis de suite ce livre est un gros coup de coeur. J'ai adoré ce monde post-apocalyptique créé par l'auteur. Le plus gros de l'histoire se passe en dehors du dôme, d'ailleurs j'aurais aimé en savoir un peu plus sur ce dernier. On apprend que les personnes qui n'ont pas pu entré dans le dôme sont soit décédées, soit ils ont fusionné avec ce qui se trouvait à côté d'eux, donc aussi bien avec des objets, qu'avec des personnes. L'auteur nous décrit un monde terrible. A chaque nouveau personnage, l'auteur nous décrit en détail ses transformations, ses mutations, les difformités sont vraiment dérangeantes. C'est un livre vraiment très dur pour un livre jeunesse, je ne le conseillerais pas à un jeune lecteur.

Du côté des personnages, nous avons Pressia, c'est une jeune fille de 16 ans, qui n'a pas eu la chance de rentrer dans le dôme avant les explosions. Lors de la catastrophe, Pressia a fusionné avec sa poupée. Au départ elle accepte plus ou moins sa condition même si elle a beaucoup de mal d'avoir cette tête de poupée au lieu de sa main. Elle espère toujours le moment ou les pures viendront les rejoindre, c'est sa rencontre avec Bradwell qui va lui faire ouvrir les yeux. Tout doucement nous la voyons évolué, découvrir la vérité par rapport au dôme. Je l'ai trouvé très attachante, plein d'espoir, pleine de vie malgré les conditions dans lesquels elle évolue.
Partridge est une jeune homme qui a vécu dans la dôme, au départ je l'ai trouvé "effacé" et tout doucement on découvre son caractère et on s'aperçoit que c'est un jeune homme avec un fort tempérament.
Bradwell est un jeune homme qui comme Pressia n'a pas eu la chance de rentrer dans le dôme. Il a fusionné avec des oiseaux. Il sait beaucoup de chose à propos du dôme grâce à ces parents. Pressia et Partridge se reposent beaucoup sur lui, on a l'impression qu'il a toujours réponse à tout.
El Capitan et Helmud, se sont deux frères qui ont fusionné dans de l'explosion. Au départ je me méfiais d'El Capitan et puis on se rend compte, qu'il est comme les autres, il est devenu froid juste pour arriver à survivre dans ce monde post-apocalyptique.
Tout doucement on s'aperçoit que se sont les personnes difformes, donc considéré comme des monstres par les pures, qui sont les plus humains.
La plume de l'auteur est très fluide et très agréable. Le changement de narrateur est vraiment très bien, cela nous permet de voir la situation de façon différente par contre j'aurais aimé avoir le point de vue de Bradwell.

Pour conclure un très gros coup de coeur, j'ai beaucoup aimé cette dystopie, l'univers créé par l'auteur. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite.

Chronique d'Alexia

lundi 26 novembre 2012

Le baiser du banni de Cristina Rodriguez

Année d'édition : 2012
Edition : le pré aux clercs
Nombre de pages : 362
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Dalach Cuevas Matamoros, alias "la murena" est un phénomène...
Non content d'être un pur hermaphrodite, il est héritier d'une anomalie génétique qui lui permet de contrôler à loisir son émission de phéromones et d'en sélectionner le type (mâle ou femelle). Ce don de séduction fait de "la Murena" un redoutable négociateur souvent mis à contribution par de puissants industriels lorsqu'il s'agit d'influencer un acheteur potentiel.
Alors qu'il/elle s'apprête à se rendre à un rendez-vous d'affaires, Dalach découvre à la télévision les images des restes fossilisés d'un humain paré d'une paire d'ailes datant de plusieurs millions d'années. La nouvelle paraît absolument incroyable et pourrait bouleverser l'ordre du monde ainsi que la vie trop paisible de Dalach.


Quand j'ai vu la couverture de ce roman, je suis tombée sous le charme. Elle est intrigante, mystérieuse et m'interpelle beaucoup! J'ai eu la chance de découvrir cette auteure grâce aux partenariats sur le Forum Mort-Sûre et aux Éditions Pré aux Clercs. Et je ne regrette rien de cette lecture... Le livre est rythmé et on ne s'ennuie jamais. Comme le résumé décrit bien l'histoire, je vais plutôt aller directement dans le vif du sujet.

Ce thriller nous amène dans un univers mythique et nous réfère en même temps aux guerres interreligieuses. Et personnellement, je vois très bien une adaptation cinématographique pour ce roman. Ce serait très intéressant!!!

Cristina nous a créé des personnages très attachants. Personnellement, j'ai adoré Dalach (se prononce Dalak). Un personnage surprenant qui est difficile à cerner par moment. Est-ce le fait que Dalach est un hermaphrodite (possède les deux caractères sexuelles : mâle et femelle)? Possiblement! Chose certaine, son personnage nous transporte dans un tourbillon d'émotion par moment. Et pour ma part, j'ai eu beaucoup d'empathie pour elle ainsi que pour Angel, son cousin et protecteur surnommé "Predicador". Dalach (surnommé aussi "La Chimère") a un tempérament plutôt provocateur et téméraire. Ce qui l'a mettra dans des situations dangereuses à plusieurs reprises. Et mettra par le fait même sa famille en danger !

Caché dès son enfance Dalach est né d'un amour impossible entre deux familles soit les Di Dante et les Matamoros. Ce qui nous fait penser à la célèbre pièce de théâtre de Shakespeare, Roméo & Juliette. Élevé par le Padre Santiago (clan des Matamoros), elle apprendra à se défendre contre les "méchants". Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle est la clé qui permettra aux archanges Lucifer et Michaël de revenir dans ce monde afin de terminer cette guerre céleste.

Les personnages de ce roman sont forts intéressants. Chacun est unique, ce qui permet d'avoir une belle brochette de personnage. Ils sont pour la plupart très attachants. Personnellement, j'ai bien aimé le personnage de Dalach. Forte de caractère, sa particularité sexuelle fait d'elle ou lui selon votre choix, un personnage des plus colorés. Téméraire par moment, elle n'a aucunement peur de la provocation. Ce qui peut l'amener à certain moment dans des positions délicates et provoquer par le fait même des situations dangereuses pour toute sa famille. Par chance, Angel est là pour la protéger et calmer son impulsivité. Nos deux héros devront donc affronter le clan des Di Dante aux risques d'y laisser leurs vies.

L'auteur nous transporte dans un roman rempli d'action, de suspense mais également d'émotions pures. On s'attache vite aux personnages et il est difficile de rester insensible et froid fasse aux dangers qu'ils rencontrent sur leur chemin. Du moins pour ma part... Je ne fais que penser au moment où Dalach parle au téléphone avec le Padre Santiago et que soudainement, elle entend des sons et du brouhaha chez le Padre. On peut ressentir la détresse qu'elle ressent. On perçoit la terreur de la situation et de son incapacité à agir dans l'immédiat. Le roman est écrit avec une plume assez fluide. Toutefois, pour certains lecteurs, les noms ou certains mots pourrait ralentir la lecture de celui-ci, car on y retrouve des prénoms ou mots peu communs d'une langue étrangère... Les chapitres sont d'une longueur acceptable, ce qui rend la lecture facile et nous permet de garder un rythme stable.

Avant de terminer mon avis sur ce magnifique roman, je dois tout de même vous parler de sa splendide couverture qui peut sembler plutôt banale pour certaine personne. Pour ma part, j'adore tout simplement le fait qu'on nous montre les archanges dans le roc. Et le rouge de baiser et d'une seule plume contraste bien avec la couverture d'un bleu plutôt acier.

Cristina sait très bien nous garder en haleine jusqu'à la toute fin... J'espère avoir la chance de découvrir de nouveaux romans de sa plume car je trouve celle-ci formidable. Ce n'est pas un coup de cœur, mais il n'en manque pas beaucoup...

Bonne lecture à vous tous...

Chronique de Froggy

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Avant de commencer j'aimerais remercier chaleureusement Louve du Forum Mort Sure ainsi que les Éditions Le Pré aux Clercs de m'avoir donné la grande opportunité de lire ce livre.
Dès le début la couverture m'a intriguée, elle est mystérieuse on a presque du mal à définir l'objet présenté. Mais c'est le résumé qui m'a décidée. Dalach, Hermaphrodite, mi-homme mi-femme, va découvrir des choses sur sa vraie famille suite à une découverte de fossiles assez spéciaux, des fossiles d'anges.
Dalach, il ou elle comme vous préférez, pour ma part je l'ai ressenti plus femme qu'homme donc ce sera elle. Elle est née de l'amour d'un Di Dante pour un Matamore, une sorte d'amour interdit. Elle est aussi appelée La murena. J'ai beaucoup apprécié ce personnage, très forte de caractère et appréciée de tous, elle attire tout le monde et elle est imprévisible. Mais elle est aussi très courageuse et ce sont tous ces aspects qui font d'elle une héroïne parfaite. 
 
D'autres personnages sont également très plaisants, comme son Padre qui est comme tous les pères très protecteurs, on voit qu'il l'apprécie énormément. Lucifer quant à lui est un personnage qui me plait depuis plusieurs années, et l'auteur nous en fait un personnage très important et très intrigant dans son histoire.
La plume de l'auteur est juste magnifique, c'est un langage très posé sans difficulté de vocabulaire pour ma part. Il mêle dans son roman thriller et mythologie, j'ai adoré le côté mythologie bien évidemment avec Lucifer, mais aussi Dalach l'Hermaphrodite qui est une créature très intrigante dans la mythologie depuis très longtemps. De plus comme la mythologie est mon thème préféré depuis que je suis entrée au collège, et que j'apprécie beaucoup les thrillers, ce mélange était assez fascinant.
J'ai lu ce livre quasiment d'une traite tellement la plume de l'auteur est plaisante et entrainante. 

La trame du roman est très bien menée, jamais on ne s'ennuie, on a toujours envie de tourner la page pour savoir la suite tellement le contexte est intrigant.
Pour conclure, je peux donc vous dire que ce livre est un de mes préférés, quasiment un coup de coeur tellement l'histoire et la plume de l'auteur ont su m'entrainer facilement et surtout dès le début.
On ne s'ennuie pas une seule seconde, il n'y a aucune longueur, je recommande donc vivement cette lecture et vous m'en direz des nouvelles!
 
Chronique de Babynoux
 

Les Adversaires de Fabien Clavel

Année d'édition : 2012
Edition : le pré aux clercs ( Pandore)
Nombre de pages : 366
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Depuis des millénaires, un tournoi oppose les anges de l’Ordre aux légions du Chaos. Ces duels à coups d’épées flamboyantes doivent rester inconnus des humains.
Jusqu’au jour où la jeune Ayati est le témoin d’une de ces luttes à mort au bout de sa rue. Engagée malgré elle dans l’ultime bataille entre les deux clans d’immortels, elle devra risquer son âme et mettre en péril son amour, alors que le monde menace de basculer dans l’Apocalypse.



Je tiens à remercier le forum littéraire Mort-Sûre ainsi que les éditions le pré aux clercs sans qui je n’aurais pas pu découvrir cet ouvrage. Je ne connaissais pas Fabien Clavel avant de lire ce roman mais je ne crois pas que ce sera le dernier que je lirai de lui. J’ai particulièrement aimé ma lecture et c’est donc un grand plaisir que je prends à écrire cette chronique!

Une guerre afin de savoir qui sera le nouveau « bras droit » de Dieu est sur le point de commencer. L’Apocalypse se prépare et cette fois-ci les règles ont changées. Les aspirants « El » peuvent être anges, démons ou même humains ce qui laisse tout le monde perplexe. La jeune Ayati est témoin de l’un de ses affrontements. Elle est loin de se douter que sa vie allait être bousculée à tout jamais. Elle est malgré elle entraînée dans ce tournoi qui se déroule à l’insu des humains normaux. D’un autre côté, Driss est aussi sur le point de transformer sa vie. Il va devenir l’un des serviteurs du Chaos ce qui n’annonce rien de bon pour lui. Tous les deux sont entraînés dans cette grande guerre qui survient tout les 372 ans mais qui cette fois s’annonce d’une toute autre nature…

Tout d’abord, j’ai été tout de suite séduite par le thème. Les anges et les démons sont des personnages qui s’ils sont bien utilisés peuvent donner un tout très intéressant. Ce fut le cas avec « les adversaires ». L’auteur revisite ce mythe d’une manière qui lui est propre en y incorporant des éléments bibliques et fantastiques. Sans tomber dans le stéréotype, on reconnait bien certains caractères angéliques et démoniaques tel que la personnalité mélancolique de l’ange Tumaël et la personnalité belliqueuse de Sammaël. J’ai aussi beaucoup apprécié le travail qui s’est fait autour de la structure et du folklore des deux communautés. Je trouve qu’avoir des références bien précises sur les différentes hiérarchies, sur les différents types d’anges et de démons apportent beaucoup plus de réalisme à l’histoire. J’ai été servie!

Deuxièmement, l’équilibre entre la présentation des personnages et de l’univers et le début des actions des personnages est bien là. Ça ne nous laisse pas le temps de s’ennuyer avec de trop longues explications mais ça ne nous laisse pas non plus avec nos questionnements trop longtemps. L’élément déclencheur arrive très vite et l’action n’est pas très loin derrière. J’ai bien aimé le rythme effréné, la succession des événements qui ne m’a pas laissé sur ma faim.

Troisièmement, les personnages sont plutôt nombreux. Ils semblent évoluer dans des endroits différents mais ils finissent tous par être des éléments cruciaux dans l’histoire. Leurs chemins se croisent et les relations qui se forment entre eux sont assez flous. J’ai bien aimé la relation entre Tumaël et Ayati. Ce dernier est un ex-ange qui rêve d’être entièrement humain et l’apogée de cette humanité réside dans la conception d’un enfant. Mais il reste stérile. Lorsqu’il rencontre la jeune femme il l’a prend sous son aile et elle devient en quelques sortes sa fille, sa protégée. Ils développent une belle complicité, au final. Les personnages que j’ai préféré sont sans aucun doutes Noguel et Sammaël. Ils sont très importants mais l’auteur ne s’est pas trop attardé à leur passé, à leur psychologie ce que je regrette. J’aurais aimé qu’ils prennent une plus grande place dans la narration. Peut être dans un prochain tome? Somme toute, le point qui m’a le plus déçue a été le manque de vitalité dans la personnalité de chacun des personnages. La plupart sont restés ternes et ça m’attriste car je m’attendais à un tout petit peu plus.

Finalement, le style d’écriture est tout simplement sublime. Il m’a envoûté très rapidement. C’est fluide, facile à lire. C’est un roman qui peut plaire à plusieurs tranches d’âge. L’intensité des émotions des personnages est palpable ce qui comble le vide que j’ai pu ressentir quant à leur personnalité. Bref, un roman qui mérite d’être lu! Vous passerez certainement un très bon moment tout comme moi!

Chronique de Lady Swan

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J'avais très envie de découvrir la boîte de Pandore, nouvelle collection du Pré aux clercs, c'est pourquoi je remercie le forum Mort Sûre et cette occasion qu'il m'a donné d'ouvrir la boîte... Mon dévolu était tombé sur Les adversaires, de Fabien Clavel, un auteur que je souhaitais découvrir d’avantage.

Une nouvelle fois, il aborde le thème des créatures fantastiques, ici, les anges. Déchus, grandioses, démoniaques... et surtout mélancoliques. C'est le ton le plus important qui teinta ma lecture et la noya quelque peu : la mélancolie. Celle de ces créatures belles mais souvent impuissantes, qui ne sont pas en paix avec leur immortalité. Au contraire.... Quelque soit leur nature et leur camp, elles évoluent dans notre monde, notre espace à tous, où un tournoi les oppose depuis des millénaires pour désigner celui qui sera le messager de Dieu. Lorsque Ayati, une jeune indienne sensible et perdue, assiste à un combat opposant un ange "Veilleur", et un démon, sa vie, trop tranquille, bascule totalement... Elle se retrouve impliquée dans cette ultime bataille entre les clans d'immortels.

Le monde est en train de sombrer dans l'Apocalypse. Pas d'espoir. De lueur du soleil. Pluie, sang, peine. Remords et chagrin de ces êtres fabuleux. L'auteur a construit une ambiance lourde et triste, ou tous les personnages nagent dans leurs blessures, tentant malgré tout de se construire et de se faire une place dans le monde des hommes. La lecture peut être difficile à démarrer, car il faut s'habituer à cette triste atmosphère, où le ciel semble pleurer toutes ses craintes, et sa fin, sur nos héros. Héros que nous suivons, chapitres après chapitres, par des points de vues différents. Hors, ils ne sont pas narrateurs et la première personne n'est jamais utilisée. Le narrateur et le lecteur semblent tous deux être spectateurs de ce chaos silencieux, de cette étreinte sourde et douloureuse entre les deux clans, bien et mal s'alliant parfois dans des temps ou la neutralité légale, prétexte à une alliance, les protège.

L'originalité de l'auteur, autre que dans son écriture de la mélancolie, à mon goût, tiens surtout dans les castes qu'il a construit, faites de différents niveaux dans leur hiérarchies respectives, côtés anges ou démons. Tous ont leurs lois, leurs coutumes, et surtout leurs souvenirs, qui les poussent à adopter les mêmes comportements, par tradition, et certainement, un fort devoir de mémoire envers ceux qui sont tombés avant eux, et après avoir appris leur savoir aux humains. Les anges et démons, qui seraient présents depuis toujours dans notre société, et auraient permis à l'homme de grandes évolutions... sont toujours parmi nous selon Fabien Clavel ! Soit pour protéger, ou agir, dans la société des humains, soit pour devenir comme eux.... et perdre leurs ailes. L'idée de perdre ses ailes, par amour, par foi en la race humaine et ses sentiments, est l'idée la plus touchante du roman, car la plus mélancolique, et la plus défendue... L'écriture des sentiments, pour décrire cette vie stérile des sans ailes, est celle qui m'a le plus touchée, alors que je n'ai pas trouvé que les autres sentiments étaient très présents le reste du temps.

Tout est une question d'opposition : la colère et la rage sont opposés à l'amour et à la protection. Des sentiments forts, puissants, qui sont eux décrits et montrés. Alors que les sentiments plus subtils, les multiples facettes des humains, ne sont pas abordés... Par choix sans doute, car finalement, ce sont des créatures fantastiques que nous suivons.

Les personnages sont très différents, mes préférences étant allées aux deux plus jeunes, Ayati et Driss, Ceux qui nous mènent, tout en faisant avancer, vite et de façon inattendue, l'intrigue, autant que l'Apocalypse. J'aurai pu préférer Tumaël, ange gardien triste, et trop mélancolique, ou Samaël, démon trop méchant... Mais mon affection est allée aux humains, proches de nous, de la nuance et du côté perdu par les évènements que l'on peut tous ressentir.

Le récit, un peu lent, et difficile à aborder à mon goût à cause des changements de points de vue qui ralentissent régulièrement l'avancée de l'intrigue, mais aussi à cause de cette omniprésence de la mélancolie, peut néanmoins être abordé par tout lecteur, dès 14 ans, qui saura s'accrocher à une histoire bien menée, originale, dans un contexte sombre de fin du monde. Mais surtout, les amateurs de fantastique, d'anges, de démons, de sorciers... en auront pour leur compte. Mon seul regret est que je m'étais imaginé une fin très différente, qui aurait plu d'avantage à mon coeur de guimauve, mais l'auteur à heureusement su me surprendre, et me proposer un dénouement satisfaisant les attentes qu'il avait provoqué.

Je le remercie pour l’originalité du texte et toutes les surprises dans ma lecture qui en ont découlé. Autant dans l'écriture de la mélancolie que j'ai expérimenté, que l'univers complexe qu'il a imaginé autour des anges... Une expérience à tenter, et une collection qui nous promet des imaginaires hors du commun. 

Chronique de Marly 

La dernière lame de Estelle Fay

Année d'édition : 2012
Edition : le pré aux clercs (pandore)
Nombre de pages : 451
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Un monde qui ressemble à notre Renaissance, menacé par la montée des océans grouillant de créatures maléfiques, où règne la violence, la famine et la misère. L’Église des Cendres prospère sur tout ce désespoir, menée par la mystérieuse Marie aux yeux verts. Dans une des dernières villes émergées, Joad tente d’apaiser les souffrances et se prépare à affronter l’Armée des Cendres. Joad et Marie vont s’engager dans une course dont l’enjeu n’est rien de moins que le sort du monde.


Je remercie Le Pré-aux-Clercs et Mort-Sûre de m’avoir permis de découvrir ce livre.

La dernière lame est un roman est un roman qui a été écrit par Estelle Faye, qui est scénariste et travaille initialement dans le cinéma. Et cela se voit beaucoup dans sa manière d’écrire, qui est extrêmement visuelle. Son style littéraire est composé de phrases courtes, incisives. Même les passages d’action sont très descriptifs dans leur construction. De même, pour les sentiments des personnages, c’est généralement de la description, où l’on nous explique leur ressenti, leur passé, leurs buts du moment.

La structure d’ensemble du texte est également assez perturbante. Le roman tout entier est essentiellement bâti sur des séquences « d’ambiance » extra-courtes, souvent d’une ou deux pages (et c’est écrit très gros, au point qu’en feuilletant le livre on a l’impression que c’est pour du très jeune public, alors que ce n’est pas le cas). Ces séquences se succèdent en changeant systématiquement le personnage et le lieu de l’action. On suit donc simultanément des protagonistes très différents, pas toujours présentés, souvent nouveaux ou figurants, en sautant sans cesse de l’un à l’autre sans suivi prolongé de l’un d’eux. La manœuvre n’est pas inintéressante, mais le résultat m’a vraiment paru difficile à suivre. Il faut sans cesse se rappeler de tous les protagonistes, d’où ils étaient et ce qu’ils étaient en train de faire, et la fois suivante qu’on les retrouve il y a généralement eu une ellipse et il faut faire le lien entre les deux scènes, et ce tout le temps et avec chaque intrigue individuelle. Il y a donc une gymnastique constante à faire et on peut difficilement se plonger dans le livre en se laissant juste porter par le récit, car il faut sans cesse réfléchir pour se rappeler, surtout si on ne lit pas le roman d’une traite.

Concernant le récit intégral, l’ensemble m’a paru manquer d’unité et je n’ai pas toujours compris les choix d’orientation donnés à l’intrigue par l’auteur. Par exemple, le prologue nous présente Julian ab Népanthès et lui donne une certaine importance en sous-entendant qu’il connaîtrait la façon de sauver le monde de la montée des flots. Mais par la suite, Julian devient un personnage complètement secondaire, et son destin est tel qu’en fin de compte son importance dans l’intrigue se révèle presque négligeable. Même la traduction des tatouages qu’il porte sur le corps, et qui constituent un mystère constant, on ne voit pas trop à quoi cela mène au final, quelle est leur utilité en fin de compte.

Quant à Séverina/Marie, je n’ai pas vraiment saisi l’utilité de présenter sa vie d’avant avec pas mal de détails, alors qu’après c’est complètement oublié et qu’elle ne le récupère jamais. Quel est le but de l’existence de Marie, à quoi son aventure a-t-elle servi à la fin, quel fut le sens de sa vie ? Je dois dire qu’après avoir terminé le roman, j’aurais bien de la peine à répondre à cette question.

Concernant la montée des eaux et le sauvetage du monde, cette notion apparaît dans le prologue et à la toute fin du roman, mais est quasiment laissée de côté durant tout le milieu. Personne ne recherche de solution à cette crue qui semble inéluctable au point que les habitants de cette époque n’ont plus beaucoup d’espoir sur leur avenir. Les actes et certaines mésaventures arrivant aux personnages vont mener vers cette conclusion, mais eux-mêmes ne la recherchent pas sciemment. Si bien que je n’ai pas ressenti de suspens, ou d’attente, au fil de ma lecture.

De même, l’Église des Cendres est présentée avec une telle importance au début du roman, qu’on a l’impression d’une entité centrale autour de laquelle va se jouer l’intrigue. Alors que ce n’est pas le cas du tout. Elle vite laissée de côté au fil des événements. Ce qui est dommage. Comme Séverina, Julian ou d’autres éléments que j’ai cités ou pas, l’Église des Cendres est mise en avant et finalement oubliée, et à la fin on ne sait pas trop à quoi cela a servi de l’évoquer.

À l’inverse, le personnage de Jester apparaît de nulle part en plein milieu du roman, alors qu’elle aura beaucoup d’importance par la suite.

En fait, si je devais définir la structure de La dernière lame, ce serait sans doute par le terme « décousu ». Entre le texte qui saute sans arrêt d’une séquence à une autre, les protagonistes qui manquent de suivi, la montée des eaux et la fin du monde qui ne sont guère évoqués, et les différentes parties du texte qui ne sont guère liées entre elles, des personnages qui disparaissent ou apparaissent sans que leur rôle n’ait été clairement défini, tout cela n’a pas vraiment d’unité ou de clarté. C’est à la fois difficile à suivre et difficile à comprendre, même si l’on suit. Pour toutes ces raisons, ce roman n’est pas vraiment un coup de cœur, même si à part il y a quelques aspects qui m’ont plu.

Par exemple, j’ai trouvé l’univers assez original. Beaucoup de romans de fantasy se contentent de vaguement recopier le Moyen-Âge, là il y a bien une inspiration historique mais plutôt tirée de la Renaissance. On reconnaît certains aspects de cette période mais d’autres, plus personnels, sont propres à un univers fantasy. À part ça, cet univers n’est malheureusement pas très développé, pas très présenté, et j’aurais bien voulu en savoir davantage. J’ai trouvé que certains aspects n’étaient pas assez expliqués, sinon qu’on en retient soit un manque de clarté, soit un sentiment de frustration face aux peu d’éléments donnés.

J’aurais voulu en savoir plus sur les Façonneurs, notamment. J’ai plus ou moins compris que ce qu’ils étaient, mais pourquoi sont-ils ce qu’ils sont ? D’où viennent-ils, d’où viennent leurs facultés, où vivent-ils et quel est leur but ? Ils sont là et ont de l’importance dans ce roman mais on en sait tellement peu sur eux !

L’Ombre, aussi. Qu’est-ce que c’est, d’où vient-elle ? Est-elle liée à la montée des eaux ? L’Ombre est mentionnée vers le milieu du roman, apparaissant un peu de nulle part (comme Jester), et même à la fin son rôle ne reste pas très clair. On a l’impression qu’il fallait à tout prix évoquer une force obscure ténébreuse parce qu’on est dans de la fantasy.

Pour en revenir à ce que j’ai aimé, j’ai apprécié le personnage de Joad, à mon sens le plus intéressant et attachant du roman. Rien que physiquement, ses prothèses le distinguent de ses semblables. Le traitement qui lui est réservé est également intéressant : il ne connaît pas que des réussites, mais pas non plus que des échecs, il a un caractère sympathique, et la redécouverte de son passé l’approfondit, sans parler de l’émotion qui accompagne ces passages. C’est le personnage que j’ai eu le plus de plaisir à suivre et qui m’a paru le plus cohérent et subtil du roman.

J’ai aussi trouvé sympathique le fait que malgré que Marie et Joad soient les deux personnages principaux du roman, ils ne sont pas pour autant ensemble, en groupe. Ils évoluent chacun de leur côté et il arrive que leurs routes se croisent, mais sinon leurs aventures sont individuelles.

Dans l’ensemble, La dernière lame a été pour moi une lecture plaisante, ayant certaines qualités. Mais le manque de développement de l’univers, des peuples ou des protagonistes, me laisse sur ma faim. Et j’en garde quand même aussi, parallèlement, une impression de lecture laborieuse en raison du côté décousu et descriptif du texte. J’ai de toute évidence éprouvé certaines difficultés de compréhension, et j’ai espéré éclairer ma lanterne, mieux comprendre le livre, en regardant la vidéo sur laquelle on voit l’auteur parler de son roman.

J’en suis ressortie en me posant encore plus de questions qu’avant. Dans la vidéo, l’auteur évoque son amour pour l’océan, amour qu’on ne ressent pas du tout dans son texte puisque l’océan est vu comme dangereux, la montée des eaux s’apprêtant à engloutir le monde. Malgré que le texte soit très descriptif, il n’y a pas guère de descriptions des eaux, et même quand des noms de poissons sont évoqués, ce sont des espèces basiques, peu variées. Je n’ai pas non plus compris pourquoi avoir brossé ainsi le portrait de Séverina si c’était pour l’enterrer totalement après, qu’aucune leçon ou autre révélation ne soit retirée de son passé.

Le synopsis de ce roman m’attirait mais en fin de compte cela n’a pas été un coup de cœur. Je terminerai sur un dernier point qui me laisse perplexe, à savoir la couverture. Qui est la jeune femme sur la couverture ? Ce n’est pas Séverina puisqu’elle ne portait pas d’épée lorsqu’elle portait ce nom, et ce n’est pas Marie puisque Marie est masquée. De plus, ses yeux devraient être verts. Et il n’est pas fait mention de Jester sur le quatrième de couverture. Donc voilà, cette couverture est jolie mais elle ne reflète pas le contenu…

Je suis assez satisfaite d’avoir découvert ce livre que je n’ai pas détesté du tout mais pour moi il n’y a pas matière à en garder un grand souvenir et je ne pense pas le conseiller autour de moi. 

Chronique de Sherryn

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Je souhaite tout d'abord remercier les éditions Le pré aux clercs pour m'avoir permis de découvrir une de leurs parutions au Québec. C'est avec grand plaisir que je me suis plongée dans l'univers de Marie. Cependant, l'histoire ne s'est pas avérée à la hauteur de mes attentes et je vous exposerai pourquoi dans les les prochains paragraphes.

Concernant le style de l'auteure, je l'ai trouvé vide et sans émotions. Des phrases pourtant bien écrites et de longueur acceptable, mais les mots de transportaient rien. Le résumé est pourtant prometteur à première vue, mais la façon dont l'histoire est rédigée ne reflète pas la quatrième de couverture. Le roman est divisé en trois livres qui ont un petit lien conducteur entre elles, car les personnages principaux reviennent. Ils évoluent un peu, mais une personne pourrait débuter par le second volume et comprendre tout de même l'histoire. Les chapitres ne possèdent pas de titre et sont très courts, facteur qui m'a plus ou moins dérangée, mais en général, dans des romans de fantasy, j'apprécie avoir des titres évocateurs et magiques.

Pour ce qui est des personnages, ces derniers avaient un potentiel mal exploité. J'ai eu l'impression de n'apercevoir qu'une enveloppe charnelle sans âme. C'est le chaos dans l'histoire, l'eau monte et les villes se font engloutir, mais les personnages ne semblent pas inquiets outre mesure. C'est un peu incohérent. Les émotions sont quasi absentes ou mal décrites, car on ne s'attache pas aux personnages et on ne parvient pas à entrer profondément dans l'histoire. L'intrigue donne l'impression d'avoir été survolée et manque un peu de profondeur. Marie est une guerrière méchante qui sème la terreur auteur d'elle. Elle a été capturé et couverte de Cendres et appartient maintenant à cette église. Son but est de prendre possession de diverses contés avec son armée. Cependant, elle se heurte à des gens qui tentent de survivre du mieux qu'ils peuvent du à l'eau douce qui se raréfie. Ils se battent, mais je trouve que Marie gagne trop facilement. L'action est brève et sans éclat. Il n'y a pas de suspense. Le personnage que j'ai trouvé le plus humain et émotif, c'est le docteur Joad, mais il aurait facilement pu avoir plus de présence.

Concernant l'histoire, j'ai trouvé qu'elle manquait de profondeur tout comme les personnages. Des armées qui désirent prendre le contrôle, de l'eau qui monte et peu de mots pour représenter l'ampleur du phénomène. Les créatures maléfiques qui sont supposées vivre dans l'eau n'ont qu'un rôle secondaire alors qu'elles auraient du semer la terreur partout. Ce n'est que vers la page 300 qu'elles commencent à vraiment montrer leur nez. Je trouve dommage que le sujet de ce roman ait été mal exploité, car le fantastique et la fantasy auraient pu donner plus de brillance à ce roman. Il s'agit dans ce cas-ci d'une narration qui n'évoque pas beaucoup. Elle ne rend pas bien compte des actions et des descriptions.

Mais il n'y a pas que du négatif, j'aimerais mentionner que malgré tout, j'ai apprécié l'idée directrice de l'histoire. Le squelette est là, mais plus de chair autour de l'os n'aurait fait que rendre l'intrigue plus savoureuse.

En conclusion, une idée qui a du potentiel, mais qui a été mal développée.  

Chronique de Salsera