dimanche 6 novembre 2016

L'une rêve, l'autre pas de Nancy Kress

Année d'édition : 2016
Edition : ActuSF (Hélios)
Nombre de pages : 160 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Alors que deux jumelles viennent au monde, l’une d’entre elles bénéficie d’une modification génétique qui lui permet de ne plus dormir. Huit heures d’éveil de plus par jour, un rêve pour apprendre, vivre et découvrir le monde... Huit heures qui feront aussi d’elle, un être à part.











Pour tout avouer, je ne m’attendais pas vraiment à ça en débutant cette histoire. Je ne sais pas pourquoi, je pensais à quelque chose de moins terre-à-terre. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé ce roman et les réflexions qu’il déclenche au fil des pages.

Comme beaucoup, j’ai souvent rêvé d’avoir des journées plus longues pour pouvoir faire toutes les choses que je n’ai pas le temps de réaliser (ou juste pour bouquiner tranquillou, cela dépend des fois !). Ici, pour Leisha, ne pas dormir n’est pas un rêve mais est sa réalité. Une réalité qu’elle n’a pas demandé et qui lui a donc été imposée à la naissance. Justement car son père voulait qu’elle ait le temps de faire toutes ces choses que le commun des mortels n’a pas le temps de réaliser en devant dormir.

Mais si Leisha ne peut pas dormir, Alice, sa sœur jumelle, est une enfant parfaitement normale. Nous découvrons donc dans ce roman le parallèle entre ces deux gamines qui, si elles sont jumelles, n’en sont pas moins génétiquement très différentes. J’ai d’ailleurs regretté que ce parallèle ne soit pas plus prononcé car on s’intéresse ici presque exclusivement à Leisha. Cependant, le roman s’attache à la manière dont les adultes comparent les traitent les deux enfants et on débute donc cette histoire avec la différence pointée du doigt.

Le roman ne s’arrête pas à ce fait de pouvoir dormir ou non mais s’intéresse à la marginalité de ces enfants qui deviendront des adultes et qui seront donc différents du reste de la société. Comment cette dernière va-t-elle réagir ? Saura-t-elle les accepter ou en aura-t-elle peur ? Saura-t-elle les intégrer ? Nancy Kress pose la question du rejet ou de l’acceptation d’une société qui voit des êtres « anormaux » l’intégrer. Mais qu’est-ce que la normalité après tout ?

Le courant de pensée de Kenzo Yagai propose aussi une vision du monde très intéressante, basée sur les échanges et sur la volonté de donner aux autres ce que l’on sait faire, pensant que ces autres donneront en échange ce que eux savent faire. Cette notion de communautarisme se heurte à l’individualisme de certains et propose des réflexions et des dialogues parfaitement d’actualité.

En bref un roman qui pousse à la réflexion sur la place de tout un chacun dans la société et qui mérite d’être lu et analysé.

Merci au forum Mort-Sûre et aux éditions ActuSF pour ce partenariat ~

Chronique de Rinne

Le bibliomancien de Jim C. Hines

Année d'édition : 2016
Edition : L'atalante
Nombre de pages : 384
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Isaac Vainio est un bibliomancien. Membre de Die Zwelf Portenære, les Douze Gardiens des Portes, une organisation secrète fondée par Johannes Gutenberg, il dispose d’une magie très particulière : il peut puiser à volonté dans les livres et en tirer n’importe quel objet du récit. Et Isaac, en vrai fan de science-fiction et de fantasy, préfère par-dessus tout utiliser des pistolets laser, des ceintures-bouclier de Dune et des sabres laser de Star Wars quand les Gardiens l’envoient sur le terrain combattre les menaces magiques qui guettent la Terre.
Sauf que, deux ans plus tôt, manquant perdre la raison et la vie au cours d’une mission qui a mal tourné, Isaac a été mis au placard. Réduit au rang de simple catalogueur, il ne conserve de son ancienne vie d’agent de terrain que Titache, sa fidèle araignée-flamme, qui a la particularité de prendre feu en présence d’un danger.
Son existence rangée bascule le jour où trois vampires débarquent dans sa bibliothèque pour le tuer. Les Gardiens auraient déclaré la guerre aux morts-vivants…





Isaac est un bibliomancien en arrêt suite à une mission qui a mal tourné. Le pauvre n'a plus le droit d'user de la magie des livres. Du coup, il est relégué au simple poste de catalogueur dans une bibliothèque en compagnie de Titache, son araignée de compagnie de dix centimètres de diamètre. Tout se passait pour le mieux sans l'arrivée de trois vampires bien désireux de lui faire mordre la poussière...

Là tout de suite, j'ai envie de crier, de hurler mon mécontentement. Comment se fait-il qu'on ai pas davantage entendu parler de ce bouquin ? C'est vrai quoi... il est limite passé inaperçu lors de sa sortie quand on ne fait que promouvoir l'érotisme à tout bout de champs alors que j'ai lu là un roman réussi de A à Z et qui propose quelque chose d'exceptionnel pour tout amateur de science-fiction ou fantastique ? Je ne comprends pas, vraiment. En tout cas, il me tarde de lire la suite, vraiment parce que ce premier tome et bien c'est de la balle ! Même si je n'ai pas eu de coup de coeur, j'ai passé un très bon moment de lecture.

Le bibliomancien c'est un cocktail de dingue : fantastique, fantasy et science-fiction. De l'action, de la magie, des morts, un peu d'amour et de sensualité et on obtient un bouquin qui se dévore et propose quelque chose d'original tout en usant de créatures déjà vu et revu. Le mélange surprend et fonctionne à merveille. J'ai failli relever énormément de passages du roman parce qu'il y a tellement de séquences qui marquent par cet humour décalé ou ces clins d'oeils à la culture pop.


Citation :
"Les vampires deviennent plus forts d'années en années", a commenté Lena en examinant le mur d'où Casquette s'était arraché, mettant à nu les montants de la cloison. Des morceaux de plâtre jonchaient la moquette.
"Pour moi, c'est la faute d'Anne Rice. Elle a contribué à toute cette résurgence de la littérature vampirique à la fin des années 1970. Et puis Huff, Hamilton, quelques autres l'ont encouragées..." Et bien sûr, plus proche de nous, il y avait Stéphanie Meyer." page 27


Dans l'univers du Bibliomancien il existe deux sortes de vampires. Certains qui le sont devenus naturellement, par évolution et d'autres qui le sont parce qu'on les a crée par magie bibliomantique. Cela semble compliqué, mais il n'en est rien, on saisit très vite la différence et les subtilités. L'auteur innove un peu et change un peu les vampires pour en créer des complètement différents qui sont un peu plus proches de nous tout en étant super dangereux.

En dehors des clins d'oeils et de l'humour d'Isaac que j'ai beaucoup aimé, ce premier tome en plus de nous dresser un peu l'univers et les explications concernant la magie, on va suivre une enquête bien menée sur des meurtres de gardiens. Isaac va se retrouver malgré lui en plein centre d'une affaire qui le dépasse et il sait qu'il n'a pas le choix d'agir s'il veut garder sa tête sur son cou. Il va devoir se montrer malin et habile avec la magie pour éviter de se faire embrocher et pour découvrir l'identité de celui qui cherche à provoquer une guerre entre gardiens et vampires. Dit comme ça, c'est vrai que c'est pas très innovant, mais c'est la façon dont l'auteur permet à Isaac de mener à bien sa quête qui en fait un roman particulier.

Pour mener à bien sa mission, Isaac est toujours accompagné de Titache sa plus fidèle compagne : une araignée-flamme capable de produire des incendies, de brûler tous ceux qui veulent faire du mal à son détenteur. Titache est adorable. Vraiment. Moi qui déteste ces petites bêtes bien dégoûtantes, j'ai trouvé que pour une fois l'auteur donnait une véritable personnalité à l'insecte. Alors oui, Titache est une araignée magique, capable de produire du feu, de prévenir d'un danger selon son comportement, mais elle est fidèle et toujours prête à agir pour protéger son maître. Et Isaac semble très attaché lui aussi à sa petite bête.

De l'action, vous en aurez. Isaac met sa vie en jeu bien trop souvent à son goût le tout en compagnie d'une charmante dryade Léna. Une jeune femme qui s'offre totalement à celui qui devient son maître. Alors cela donne quelques scènes et dialogues bien coquins et amusant puisque Isaac n'est pas le genre d'homme à profiter d'une femme sans sentiments. Quel homme cet Isaac !

Citation :
" Cela remonte à la parution des Chroniques de Gor. Comme à chaque fois qu'une mode prend, des auteurs se sont précipités pour attraper le train en marche." Elle parlait d'un ton monocorde, récitant son histoire plus qu'elle ne la racontait.
Je connaissais Gor, une série de John Norman réputée pour mettre en scène l'esclavage sexuel. Vers la fin des années 1960, Le Tarnier de Gor avait constitué le premier opus d'une trentaine de titres. La série avait rencontré assez de succès puor engendrer toute une sous-culture.
" Le roman s'appelait Les Nymphes de Neptune."
J'ai gémi " Oh, sérieusement ?"
(...)
"Mes doigts ont étreint le volant. " Et quelqu'un a publié cette merde?
- Oh, le roman a eu un certain succès à l'époque." Elle a soupiré. "La nature fondamentale d'une nymphe l'empêche de refuser quoi que ce soit à son compagnon." Page 87


Gor est une série que j'ai lu en parti. J'avais même bien aimé malgré le côté très sexuel mis en avant par l'auteur où les femmes sont toujours des esclaves à moitié nues. L'auteur ici dresse un clin d'oeil à un genre qui a depuis bien évolué (l'érotisme de nos jours avec Grey qui finalement est un Gor en costard cravate.). De plus, pour continuer sur sa lancée, l'auteur introduit également une romance homosexuelle entre Lena et un autre protagoniste féminin. J'étais plutôt étonnée surtout devant l'explication de Léna sur sa condition de femme soumise malgré elle, et finalement c'est un choix intéressant et judicieux de l'auteur. Léna se révèle être un personnage plein de ressource et avec un caractère très appréciable. Sorte de guerrière très sexy et allumeuse qui n'aime pourtant pas l'image qu'elle renvoie malgré elle.

Je ne pense pas faire le tour honnêtement de tout ce qu'il y a à dire sur ce premier tome qui m'a vraiment beaucoup plu. Ce premier tome introduit une idée nouvelle concernant les bibliomanciens et utilisent la littérature pour n'en faire qu'à sa tête. C'est fun, c'est drôle, on s'éclate et c'est l'essentiel. Un premier tome réussi, avec une panoplie de personnages bien sympa, de créatures et artefacts magiques connus. Hâte de lire le second opus !

Les plus :
- l'univers innovant
- le trio : Isaac, Lena et Titache (surtout Titache !)
- les nombreux clins d'oeils à la culture littéraire

Les moins :
- Cela peut sembler un peu complexe à saisir à première vue.

Chronique de Louve
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L'épée Brisée de Poul Anderson

Année d'édition : 2016
Edition : Le livre de poche
Nombre de pages : 320 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Voici l'histoire d'une épée qu'on dit capable de trancher jusqu'aux racines mêmes d'Yggdrasil, l'Arbre du Monde. Une épée dont on dit qu'elle fut brisée par Thor en personne. Maléfique. Forgée dans le Jotunheim par le géant Bölverk, et appelée à l'être à nouveau. Une épée qui, une fois dégainée, ne peut regagner son fourreau sans avoir tué. Voici l'histoire d'une vengeance porteuse de guerre par-delà le territoire des hommes. Un récit d'amours incestueuses. De haine. De mort. Une histoire de destinées inscrites dans les runes sanglantes martelées par les dieux, chuchotées par les Nornes. Une histoire de passions. Une histoire de vie...
Un scénario tortueux et passionnant. N’hésitez pas à plonger dans le monde de Skafloc et Valgard où les dieux côtoient sans pudeur les trolls, les elfes, les humains et d’autres créatures mystérieuses et marquantes… 
 

L'épée brisée est un livre qui prend le parti de mélanger croyances et fantasy : les dieux nordiques côtoient les elfes et d'autres créatures imaginaires alors que le christianisme nous rappel au réel. C'est un récit de vengeance (et non pas centré sur la fameuse épée comme le suggère le résumé), une aventure cruelle dont les enjeux sont connus des dieux seuls.

J'ai adoré le début de ce livre où l'on apprend à connaître cette duplicité entre le monde des humains et celui des créatures fantastiques, Faërie. Poul Anderson a réussi à me fasciner avec sa vision des elfes, des êtres froids et égoïstes dont l'immortalité est clairement un fardeau. La sorcière et sa vengeance rendent le début vraiment intéressant, forgeant les intrigues et la complexité du récit.

Pourtant, mon intérêt s'est petit à petit essoufflé à mesure que l'histoire changeait de point de vue. La sorcière disparaît précipitamment et Skafloc, l'humain qui a le plus subit sa vengeance, prend le centre de l'histoire. Au fil des campagnes contre les trolls, le récit tire en longueur et perd de son intérêt. La romance qu'introduit l'auteur n'a pas su non plus regagner mon attention, je l'ai trouvé naïve et sa conclusion prévisible.

C'est un livre très sombre, pessimiste. Les personnages sont mauvais et belliqueux ou finissent par le devenir, de sorte qu'il est difficile pour le lecteur de s'y attacher. Ils sont cependant tous intéressants, l'auteur nous dévoilant petit à petit leurs motivations et certaines sensibilités.

J'ai ainsi beaucoup aimé l'univers que nous offre Poul Anderson, cette association vraiment originale de croyances populaires et de figures fantastiques. Dommage que le récit finit par prendre des directions que je n'ai pas apprécié et pas forcément compris. L'épée brisée reste un roman vraiment original et ceux qui aiment la fantasy s'y retrouveront.
 
Chronique de May

22/11/63 de Stephen King

Année d'édition : Mars 2013
Edition : Albin michel
Nombre de pages : 1200
Public visé : Adulte 
Quatrième de couverture :
22 novembre 1963 : 3 coups de feu à Dallas.
Le président Kennedy s écroule et le monde bascule.
Et vous, que feriez-vous
si vous pouviez changer le cours de l Histoire ?

2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d empêcher l assassinat de Kennedy. Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d une jolie bibliothécaire qui va devenir l amour de sa vie. Il va aussi découvrir qu altérer l Histoire peut avoir de lourdes conséquences...
Une formidable reconstitution des années 60, qui s appuie sur un travail de documentation phénoménal. Comme toujours, mais sans doute ici plus que jamais, King embrasse la totalité de la culture populaire américaine.


Jake est un professeur qui aime son métier et un de ses élèves va servir, sans qu'il en ait conscience, de catalyseur pour une expérience proposé par son ami Al. Celui-ci a découvert au fond de son restaurant un passage qui lui permet de se retrouver en 1958. D'abord par curiosité, puis par altruisme il va accéder à la demande de Al: attendre 1963 et sauver John F.Kennedy.

Il va se retrouver propulsé fin des années 50. Et il va d'abord tenter une expérience pour voir si changer le passé est significatif. Il ne va pas réussir du premier coup. J'aime bien quand les personnages principaux ne sont pas infaillibles et Jake est un être humain avec des craintes, des failles, des doutes.

on va découvrir, en même temps que lui, la manière d'être des gens à cette époque d'une manière très réaliste. On a presque l'impression de sentir les odeurs, bonnes et mauvaises, les façons de se conduire envers les autres etc...
Il va faire connaissance de personnes à qui il va s'attacher et cela va bien lui compliquer la tâche!

C'était mon premier Stephen King et j'ai vraiment beaucoup aimé. Il a un talent certain pour nous entraîner dans son univers, il s'attache à nous décrire les moindres détails et cela nous plonge dans ces années passées avec tellement de réalisme! Peut-être que ça peut paraître long à certains mais pour ma part je me suis retrouvée prise dans ses filets et j'ai moi aussi fait durer le plaisir, en prenant mon temps pour le lire ( en même temps c'est un sacré pavé!)
 
Et ce qui est surprenant c'est que tout au long de ma lecture j'oscillais sans arrêt entre: il faut le faire et non il ne faut pas le faire. On est pris dans les mêmes questionnements que le héros. Et j'ai adoré la fin! je la trouve juste! Un auteur que je relirai avec plaisir!

Chronique de Distact

Sombre, divin et secret tome 4 : Au delà des secrets de Lisa-Renée Jones

Année d'édition : 2016
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 320 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Ancien agent pour le compte de l’État, Blake Walker a démissionné lorsque son enquête sur un dangereux cartel de drogue a coûté la vie à son coéquipier, ainsi qu’à sa fiancée. Depuis ce drame, il travaille en collaboration avec ses frères à la Walker Security. Seule sa soif de vengeance l’aide à survivre, et il est sur le point de l’obtenir. Afin de porter le coup fatal à son ennemi juré, il entre en contact avec une certaine Tiffany Snow. Et si cette femme divinement sensuelle pouvait lui redonner goût à la vie ?









"N'ayant pas lu les précédents tomes de cette série, j'avais peur d'être un peu perdue. Ça n'a pas été le cas car chaque tome est axé sur un des frères Walker. Ici, nous suivons Blake Walker qui est un ancien agent de l'Etat. Il a démissionné lorsque, lors de sa dernière mission, sa femme a été tuée. Il travaille maintenant avec ses frères dans leur entreprise de sécurité. Il décrochera un contrat qui lui permettra de rentrer en contact avec le chef d'un réseau de drogue qui est l'assassin de sa femme. Il n'aspire maintenant qu'à une seule chose : le retrouver et le tuer.

Mais ses plans risquent d'être un peu perturbés à cause de l'intermédiaire de ce chef de réseau : Kara, une très belle femme. Blake ne lui fait pas du tout confiance, mais ils sont irrésistiblement attirés l'un par l'autre et passeront la nuit ensemble. Et si Kara avait également un objectif à atteindre ?

J'ai passé un bon moment de lecture avec cet opus. L'histoire n'a rien d'originale, mais elle est agréable à lire. Elle est divisée en quatre chapitres.  La plume de l'auteur est également agréable et fluide.

Concernant les personnages, Blake est prêt à tout pour venger sa femme. Il est même prêt à mourir s'il le faut. Mais sa rencontre avec Kara va le changer. Kara est une jeune femme belle, sexy, séduisante et intelligente ! De son côté, elle n'aidera pas Blake à avoir confiance en elle, mais ce n'est pas son objectif. Elle veut surtout retrouver un être qui lui est cher. Ces deux personnages vont apprendre petit à petit à se faire confiance et à combattre ensemble afin d'atteindre leurs objectifs.

Pour conclure, j'ai passé un bon moment de lecture avec cet opus qui peut se lire indépendamment des autres tomes. Le dénouement final m'a donné envie de lire la suite.

Je  remercie Louve, Mort-Sûre ainsi que les éditions J'ai Lu pour Elle pour cette découverte dans le cadre d’un partenariat."


Chronique de Titisse

dimanche 30 octobre 2016

Le Sang des Morts de Gilles Vidal

Année d'édition : 2016
Edition : Actu SF (Helios Noir)
Nombre de pages : 384
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Bienvenue à Vernais, une station balnéaire sans histoire. Sauf que les macchabées ont une fâcheuse tendance à s’y accumuler. Est-ce à cause de ce corps découvert noyé dans la piscine d’un homme d’affaires local ? De ces tueurs russes venus d’on ne sait où ? De l’enlèvement de Félicien Faderne,
un humble informaticien qui se retrouve captif d’une tueuse impitoyable ? De cette demeure abandonnée, vite surnommée « la maison de l’horreur », où s’empilent les cadavres mutilés d’hommes, de femmes et d’enfants ? Lorsque la folie s’empare des hommes, personne n’en ressort intact…





Tandis que Felicien se fait enlever, Margot Farges découvre un corps sans vie dans sa piscine. La police au courant, c'est ensuite une maison pleine de cadavre qui est fouillée de fond en comble. Que se passe-t-il ? Qui sont tous ces morts dont certains semblent être là depuis des mois ?
Là tout de suite, je me demande par où commencer... Parce que ce thriller me pose un gros problème. Vraiment. Je n'ai pas aimé, mais je n'ai pas détesté non plus. Oui, je sais. Ca ne vous aide pas du tout. En fait, j'ai rencontré plusieurs phases pendant ma lecture. Des moments où j'étais captivé, ravie des événements. Des moments où je baillais, ennuyée par ce que je lisais. D'autres où j'étais carrément perplexe parce que la connexion entre les différents événements et personnages est très longue à se faire. Oui, très longue... à la fin quoi.

Ce n'est pas vraiment le style de l'auteur qui m'aura posé problème, même si honnêtement j'ai trouvé qu'il comblait certains vides de son roman avec des passages sans aucun intérêt. Un héros qui sort son chien, une autre qui s'épile dans son bain. Un gros clin d'oeil au 101 dalmatiens. Un peu comme si l'auteur avait besoin de nous promener un maximum pour que les révélations fonctionnent. Et bien même sans nous offrir des séquences ennuyeuses et sans intérêt et saura surprendre le lecteur. Seulement, c'est la méthode qu'utilise Gilles Vidal qui ne me va pas.

Citation :
"Quand elle découvrir le corps qui flottait sur le ventre, les bras en croix, dans le bleu indigo de l'eau chlorée, elle porta sa main droite à la bouche, ses yeux s'écarquillèrent et ses cheveux se dressèrent sur sa tête.
Puis elle hurla.
C'était sans doute la première fois de sa vie que sa gorge émettait un hurlement de ce type." Page 23

Voilà le premier corps découvert et Margot qui est intensément troublée. On peut la comprendre, déjà qu'avec son mari ce n'est pas folichon, mais trouver en prime un cadavre dans leur piscine, moi aussi ça me ficherait la trouille. Enfin, j'espère.

L'auteur offre des détails assez sordides sur l'état des corps sans vie. C'est assez gore et franchement glauque. Pas de souci à ce niveaux-là, on est dans un thriller pas très joyeux, avec des macchabées à la pelle. Le but étant de trouver qui est le meurtrier et surtout pourquoi il agit comme ça. La révélation est surprenante, mais en même temps ce n'est pas un personnage clef donc cela amoindri la surprise. Vraiment. Et honnêtement, le schéma narratif fait qu'on n'est pas spécialement pressé de trouver l'identité du tueur en série. Pourquoi ?

Tout d'abord parce qu'il y a une profusion de personnage dans ce roman. Beaucoup trop à mon goût. Je ne suis pas gênée en général lorsqu'un roman propose de découvrir le périple de plusieurs héros. Seulement dans le sang des morts, on n'a le temps de s'attacher sur aucun. Les passages sont trop courts et on n'a pas la sensation que l'accent est mis sur l'enquête. Sur les scènes de sexe ok, sur des séquences banales du quotidien, là aussi oui, mais sur l'enquête, on a trop peu d'éléments.

J'avais envie de suspense et de tension avec ce roman et malheureusement je n'ai eu aucun des deux. J'ai trouvé le roman dans l'ensemble sympathique, mais pas exceptionnel. En fait, entre Félicien, enfermé avec une tueuse à gage et dont on se demande ce qu'il fait là. Stan, le flic qui préfère de loin rejouer des séquences de Disney avec Lucky, sa chienne, que de se concentrer sur l'enquête. Ces deux frères qui ne s'entendent pas spécialement et qui vont devoir faire leur deuil, ensemble. Cette femme de policier isolée, déprimée et qui s'enfonce dans une noirceur de plus en plus destructrice à cause du secret de son mari... tant de personnages qui seront liés par un fil presque invisible.

Non vraiment, j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose à ce roman qui nous laisse grandement sur notre faim. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages dont certain ne pense qu'au sexe (comme cette femme délaissée, Margot) ou Walter dès lors qu'Irène repointe le bout de son nez.

Citation :
" Elle ferma les yeux et revécut en détail la scène torride et son apothéose, ce qui l'excita à l'extrême et la poussa à se caresse dans l'eau tiède parfumée. Ca faisait des lustres et des lustres qu'elle n'avait pas joui pareillement...." page 91-92


Voilà où en sont rendus quelques personnages alors qu'on trouve des cadavres dans leur jardin. Margot et son époux Franck m'ont semblé n'être qu'une crème chantilly sur un gâteau. Ils apportent une certaine décoration, mais ne sont pas utiles dans la durée pour l'intrigue.

Alors oui, certains tableaux dressés par l'auteur sont beaux. Comme cet homme qui depuis des années se rend dans le même café, à la même place, espérant que la femme de sa vie revienne auprès de lui. Touchant surtout lorsqu'on a le fin mot de l'histoire. Vignes et sa femme Viviane sont émouvant également. On sent le secret qui les sépare de plus en plus jusqu'à ce que la fatalité les rattrape.

En bref, le sang des morts c'est un mélange de bonnes idées, de trop de personnages et d'un lecteur qui ne sait pas du tout où on l'amène et qui du coup ne se sent pas concerné par la découverte du coupable. Non franchement, je m'en fichais royalement de l'identité du criminel préférant lire les portraits de nos différents personnages. Mais pour un thriller, ce n'est pas bon signe que de mettre l'enquête de côté.

Les plus :
- Certains personnages touchants.
- Le petit clin d'oeil à disney (oui j'ai trouvé ça amusant et fun !)
- Les descriptions de scènes de crime.

Les moins :
- Trop de personnages
- Trop de fils qui se croisent et se décroisent selon la trame principale.
- Trop de passages sans lien direct avec la résolution des meurtres.
 
Chronique de Louve

Au bout du tunnel de Carlos Garcia Miranda

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket jeunesse
Nombre de pages : 352
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Eva, Noël, Sabrina, Gabi, Anna et Sam sont les seuls survivants. Mais en sortant du tunnel, stupeur : le train a disparu. Plus étrange encore, alors qu'ils parviennent enfin à rentrer chez eux, ils découvrent qu'un an s'est écoulé et qu'ils ont été remplacés par des clones... Auraient-ils basculé dans un monde parallèle ? Que s'est-il réellement passé ?









La citation avant le début du roman est tirée du film " The Breakfast Club", un de mes films favoris. Donc dès le départ je savais que cela ne pouvait que bien se passer entre ce livre et moi.
Je dois même dire, que j'ai eu un coup de coeur, ça faisait un moment que cela ne m'était pas arrivé dans un roman de ce genre. Et en plus, c'est un one-shot. Une très bonne chose car il y a de moins en moins et c'est dommage. On se lasse parfois des sagas à multiples tomes, un peu redondants ...


Difficile de parler du résumé de l'histoire, sans vous spoiler et risquer de dévoiler l'intrigue. D'ailleurs, moi je l'ai lu en ne sachant pratiquement rien de l'histoire, donc j'ai pu pleinement savourer ce roman, car je ne savais pas du tout à quoi m'attendre et quelle direction allait pouvoir prendre la trame de l'histoire et des personnages.

En bref, c'est l'histoire de 6 jeunes : Eva, Sam, Anna, Sabrina, Noël et Gabi qui partent en voyage avec l'école. Et là, leur train déraille... Seulement l'une d'elle a vu la vidéo de l'accident sur son téléphone avant que cela n'arrive vraiment... Le spitch ne vous rappelle rien ? Si... Destination finale. Du coup, il est vrai que je m'attendais à ce que cela reprenne un peu l'intrigue du film, mais il n'en est rien. Le roman prend un tournant un peu plus tourné vers la science-fiction.


Une des choses que j'ai adoré dans ce livre, ce sont les personnages. Ils sont tous excellents, ont chacun leurs qualités et leurs défauts. Un peu comme des stéréotypes d'ailleurs mais version améliorés. Un peu comme dans The Breakfast Club, en fait. L'athlète, le geek, la détraquée, le délinquant, la fille à papa et la peste de service. Il y a ceux qu'on aiment, ceux qu'on détestent ( à qui on mettrait bien quelques claques au passage ... ) Certes, l'un des défauts de ce livre c'est les romances, car trop prévisible. Mais bon, personnellement j'ai adoré, du coup ce n'était pas vraiment un défaut pour moi.


Concernant l'intrigue, j'ai été assez surprise, car l'auteur nous emmène dans des directions surprenantes, mélangeant le fantastique et la science-fiction sans problème. Apparemment, il parle également de cet intrigue dans son premier roman "Enlazados", mais il n'a pas été traduit en Français pour le moment. Dommage car j'aurais aimé en savoir davantage.

La plume de l'auteur est aussi agréable à lire. Les chapitres sont courts et se finissent pratiqu
ment tous sur une nouvelle révélation. Du coup, il est difficile de stopper sa lecture. Pour ma part, je l'ai lu en une journée; tellement j'avais hâte de découvrir la suite.
Les clins d’œils aux films des années 80 - 90 durant le roman était aussi sympathique.

Au final, un vrai coup de cœur que je ne peux que conseiller.



Je finirais donc par la citation du film "The Breakfast Club" de John Hughes.

" Monsieur Vernon,
Nous acceptons d'avoir sacrifié un samedi entier en retenue puisque vous pensez que nous avons fait quelque chose de mal. Mais nous trouvons absurde le sujet de dissertation que vous nous avez donné : " Qui pensez-vous être ? " Vous nous voyez comme vous voulez bien nous voir. Nous, nous avons trouvé une définition très simple : chacun de nous est à la fois un surdoué, un athléte, une détraquée, une fille à papa et un délinquant.
Ca vous va ?

Signé : The Breakfast Club."

Je remercie Mort Sûre et Pocket Jeunesse pour ce partenariat.

Chronique de Noisette