vendredi 20 mai 2016

Tombquest, tome 1 : Le livre des morts de Michael Northrop

Année d'édition : 2016
Edition : Bayard
Nombre de pages : 310
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Au musée métropolitain d'art de New York s'ouvrira demain la plus grande exposition d'égyptologie jamais montée. Alex Sennefer, 11 ans, la découvre avant tout le monde, sans savoir que, demain, il mourra pour la première fois..











Alex est un jeune garçon de onze ans souffrant d'une maladie qui lui donne de violentes crises. Sa maman, spécialiste de la mythologie égyptienne, travaille dans une grand musée de New York. Alex connait le musée comme sa maison et passe énormément de temps sur les lieux en compagnie de Ren, la fille d'un autre spécialiste du musée. Mais une grande exposition d'égyptologie semble rendre nerveux les parents des deux enfants, surtout lorsqu'un artefact très ancien est trouvé par le musée et exposé pour la première fois : les sortilèges perdus. Seulement, un groupe ancien et étrange est bien décidé de s'emparer des sortilèges.

Lire des romans jeunesse cela m'arrive peu souvent. Mais lorsqu'il s'agit de roman comme Tombquest, j'avoue que je pourrais davantage me laisser tenter ! Le roman est bien mené, les héros sont sympathiques et on passe un chouette moment en compagnie d'Alex et Ren, deux jeunes héros qui vont mettre leur courage à l'épreuve face à une magie ancienne et dangereuse.

Dès le départ, on fait la connaissance du héros, Alex, un jeune garçon qui souffre de violentes crises depuis qu'il est très jeune. Il ne souhaite pas inquiéter sa mère lorsqu'une crise pointe le bout de son nez et préfère se débrouiller pour la faire passer très vite, quitte à se mettre en danger sans le vouloir. Alex fait parti d'un binôme avec Ren, une adolescente très intelligente et réfléchie qui va l'épauler dès le début et toujours rester à ses côtés en amie fidèle qu'elle est.

Le début du roman pose donc les bases concernant nos héros et leur quotidien empli de musées, de mythologie égyptienne, et de crise pour Alex qui donc prend énormément de médicaments. Les deux enfants sont très attachants et ne tentent pas d'être plus forts qu'ils ne le sont. Ils ont certes des réactions un peu plus mâtures que leur âge, mais au vue du travail de leur parent, ils s'y connaissent un minimum en égyptologie. Ils vont donc affronter des momies, scorpions et un groupe très dangereux mais avec leurs armes d'enfants jusqu'à ce qu'ils doivent obligatoirement se surpasser puisque la magie va entrer en ligne de compte.

Le roman se lit très vite, les pages défilent rapidement sans que l'on s'en rende compte, l'avantage de la lecture jeunesse. L'action et les rebondissements sont présents, parfois couru d'avance concernant certains personnages et le rôle qu'ils ont à jouer, mais en littérature jeunesse, on peut facilement mettre de côté le fait que l'auteur en rajoute un peu pour faire rêver ses lecteurs.

Un mot également sur la couverture qui est très belle, dorée de partout et qui va forcément attirer l'oeil des jeunes lecteurs qui passeront vraiment un bon moment de lecture. J'ai moi-même hâte de lire le prochain opus puisque ce premier tome nous laisse sur notre faim concernant plusieurs événements.

En bref, un roman jeunesse bien mené et très sympathique à lire. L'égypte et sa mythologie sont mis en avant pour notre plus grand plaisir et les héros sont attachants.

A lire si :
- vous aimez l'égypte et sa mythologie.
- Les momies ne vous font pas peur, tout comme les scorpions ! Ca serait dommage de reposer le roman parce que vous êtes Arachnophobe ^^

A eviter si :
- vous cherchez un roman précis et fouillé, rempli de multiples descriptions.
- La jeunesse ça vous ennuie.

Chronique de Louve

mardi 17 mai 2016

Alice au pays des morts-vivants de Mainak Dhar

Année d'édition : 2016
Edition : Fleuve edition
Nombre de pages : 400
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Deadland, Inde. Un virus a réduit la quasi totalité de l’humanité à l’état de zombies. Du monde d’hier, il ne reste rien, ni gouvernements, ni technologies, juste les armes, nécessaires à la survie. Le Comité Central règne sur cette partie du monde. L’instrument de son pouvoir : son armée, Zeus. Les groupes qui les rejoignent sont alors sous leur protection, en échange, les jeunes combattent dans leur rang, les autres travaillent pour eux.
Alice, 15 ans, est la fille d’un ancien diplomate américain, qui est aujourd’hui le leader d’une communauté restée indépendante et libre. Alice n’a pas connu d’autre école que celle de la survie. Mais elle y excelle. Lors d’une patrouille, elle voit un zombie sortir subitement de terre, portant des oreilles de lapin roses. Des rumeurs parlent d’un réseau souterrain où les zombies se réfugient. Elle s’engouffre à sa suite. Et chute...
Elle découvre alors un réseau de galeries, et se trouve rapidement acculée par les zombies. Alors que le combat semble perdu, Bunny stoppe ses congénères. Alice se trouve près d’une affiche d’Alice in Wonderland. Et les zombies croient reconnaître en elle la jeune fille de l’affiche. Ils la conduisent alors à la Reine des zombies...






Un virus a détruit l'humanité. Les Mordeurs vivent désormais dans de grandes galeries souterraines, ne sortant que pour tenter de manger de l'humain. C'est dans cette univers et ambiance si particulière qu'Alice a grandi. A quinze ans, la jeune fille est une très bonne tireuse et ne loupe que rarement ses cibles. Dégommer du mordeur c'est sa passion et son boulot, qu'elle fait soigneusement. Lorsqu'un jour elle découvre un Mordeur avec d'étranges oreilles de lapin en guise de déguisement, Alice ne peut s'empêcher de le prendre pour cible et de le suivre lorsque celui-ci disparaît subitement de sa ligne de mire. La curiosité est un bien vilain défaut, surtout qu'il va entraîner la jeune femme dans les galeries de Mordeurs où elle va en apprendre énormément sur la situation réelle du monde qui l'entoure.

Moi et les zombies, c'est une très grande histoire, aussi quand j'ai découvert la sortie de ce roman, j'étais hyper intriguée et impatiente de le lire. Un conte et du zombie, voilà un mélange atypique et loufoque qui à mon sens marche plutôt bien, même si en fin de compte j'attendais plus de folies de la part de l'auteur. Si au départ j'ai apprécié la folie que l'auteur distille a petite dose, j'attendais une explosion de délire et de n'importe quoi qui n'arriva jamais. Pourtant, j'ai passé un chouette moment en compagnie d'Alice et de ses mordeurs qui font souvent allusions au célèbre conte d'Alice aux pays des merveilles et c'était bien vu surtout que finalement, l'histoire est bien plus sombre et prend une direction inattendue.

Très vite, on fait la connaissance de notre héroïne, Alice, une adolescente qui ne se laisse pas faire et qui a très jeune appris à affronter les mordeurs, des zombies qui pullulent en dehors de leur base. Il faut donc régulièrement faire le ménage pour protéger la population. Alice est donc habile avec une arme et n'hésite pas à protéger les humains des mordeurs. Mais voilà que pendant une mission, un mordeur avec des oreilles de lapins la captive et disparait subitement. Curieuse comme elle est, Alice va le suivre et atterrir dans des galeries souterraines appartenant justement aux Mordeurs. Là, tandis qu'elle essaye de s'échapper, elle devient prisonnière d'eux surtout que le Mordeurs aux oreilles semble être très intrigué par la jeune femme, éloignant les autres zombies d'elle. Suite à cela, Alice va faire la connaissance de la Reine qui semble beaucoup aimer couper la tête de leurs prisonniers, sauf d'Alice qui semble faire partie d'une étrange prophétie bénéfique aux Mordeurs. Une humaine pour sauver les zombies alors que son rôle était justement de les envoyer six pieds sous terre définitivement ? L'idée m'a beaucoup plu, surtout lorsque l'auteur prend le risque de changer la donne niveau survie face aux zombies en intégrant l'histoire d'Alice. La reine, le Chapelier, le lapin, les potions, bref on a énormément de symboles concernant Alice aux pays des merveilles. Et j'aurais vraiment apprécié que l'auteur pousse davantage la ressemblance, sauf que forcément, la crédibilité et la cohérence en aurait pris un sacré coup !

Alors oui, un roman de zombie ne peut absolument pas être crédible. Certes. Mais l'histoire fonctionne très bien ici ! On est dans un univers post-apocalyptique où les derniers humains tentent de survivre face aux zombies, mais aussi face à une unité, le groupe Zeus, qui tente d'enrôler les hommes des camps dit libres dont Alice fait partie. C'est donc trois camps totalement différents qui s'opposent tout au long du roman jusqu'à ce qu'Alice rencontre la Reine, une femme qui travaillait pour le gouvernement quand tout a commencé. Une fois encore, on se rend compte que c'est l'Homme qui est toujours derrière une catastrophe et Alice avec la complicité de la Reine est bien décidé à sauver tout le monde.

La plume m'a séduite même si parfois je l'ai trouvé assez expéditive dans le sens où l'auteur va très vite à l'essentiel et ne s'encombre pas d'assez de détails. Ce n'était, pour un roman zombie, pas assez gore à mon sens et je m'attendais à ce que ce soit parfois plus tragique ou sombre via des événements qui auraient dû l'être. Du coup, je n'ai pas eu la sensation d'être prise aux tripes par les péripéties d'Alice comme je m'y attendais. Un bon roman zombies se doit de vous prendre en tenaille dès le début, de vous faire quasi suffoquer tant vous avez peur pour les héros. Ce ne fut pas le cas et c'est mon plus grand regret, j'aurais adoré que l'auteur se lâche davantage.

Heureusement, l'histoire surprend et très vite cela devient bien plus divertissant et assez original puisqu'on ne s'attend pas à un tel choix scénaristique. Cela innove des autres romans qui gardent toujours à l'esprit qu'un zombie est une créature à anéantir un point c'est tout. Les personnages apportent aussi une touche d'humour et de légèreté et j'ai beaucoup aimé faire connaissance avec Alice qui n'a peur de rien, même pas des Mordeurs et des humains plus forts qu'elle.

En bref, c'était une lecture détente et assez loufoque. J'aurais sincèrement apprécié plus de folies et de liberté de la part de l'auteur, mais je serais au rendez-vous pour la suite !

A lire si :

- les Zombies ? Vous adorez ça ! Vous en mangez tous les jours au ptit déj !
- Les réécritures de contes cela vous plaît.

A éviter si :
- vous n'aimez pas les mangeurs de cervelle.
- Vous aimez les romans descriptifs où l'auteur dit tout sur tout, même la longueur exact des cheveux de nos héros !  

Chronique de Louve

Partials Sequence, Tome 2 : Fragments de Dan Wells

Année d'édition : 2015
Edition : Le livre de poche

Nombre de pages : 648 pages
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Kira a trouvé un remède au virus du RM. Il coule dans le sang des Partials. Les nouveau-nés survivent, enfin. Si l’espèce humaine n’est plus directement menacée, les Partials le sont : ils meurent à l’âge de 20 ans. Kira doit cette fois sauver l’ennemi d’autrefois. Quête d’autant plus déchirante qu’elle est elle-même une Partial, qui doit trouver sa place dans ce monde fragmenté…








Kira est certaine d'avoir enfin le remède pour sauver les humains. Le remède pour lutter contre le virus du RM serait dans le sang des partials, c'est du moins ce dont elle est persuadée. Mais voilà, à ses yeux, il lui faut aussi sauver les Partials dont la date d'échéance approche à grand pas, quitte à se mettre en danger, mais elle y tient...

Le premier tome de Partials avait été un gros coup de coeur. Ne lisant que très peu de dystopie, j'évite ainsi de tomber dans le piège des romans qui se ressemblent tous. Mais lire le tome 2 autant de temps après le tome 1 fut un challenge au départ. Cette série est assez complexe et je ne me souvenais plus beaucoup de comment le premier opus se terminait. C'est souvent le problème lorsqu'on lit un tome X des mois après, il faut du temps pour se remettre dans le bain, et ce fut mon cas !

D'emblée on se retrouve avec les Partials et Samm, ce partial qui est un fugitif, recherché pour trahison parce qu'il a aidé Kira. Il m'a fallu un moment tout de même pour me souvenir des événements du tome précédent, mais au bout d'une cinquantaine de pages, tout m'est revenue en mémoire et là, j'ai pu pleinement savourer ce second opus dont maintenant j'attends la conclusion de pieds fermes. Si j'avais eu un coup de coeur pour le précédent, ce ne fut pas le cas ici, même si j'ai passé un super moment, j'ai trouvé que parfois c'était long et qu'on tournait en rond.

Kira est toujours à la recherche d'un remède pour sauver et les humains et les Partials. Elle cherche aussi à comprendre sa véritable nature et ses origines car trop de zones d'ombres demeurent encore à ce jour la concernant. Bon, en toute honnêteté, on se doute forcément que Kira n'est pas totalement humaine. C'est couru d'avance dès le premier tome et finalement, on se rend compte qu'on n'a pas tort et qu'on voyait les choses arriver. Cela ne m'a pas déçue, au contraire, ça évite de devoir encore attendre le tome 3 pour avoir certaines réponses qu'on attendait beaucoup. Comme dans le tome précédent, on a pas mal d'action de quoi éviter trop de temps morts, même si honnêtement j'avais hâte que Kira rencontre quelqu'un parce que les passages où elle est seule dans Manhattan sont un peu mou jusqu'à ce qu'elle rencontre Afa, un scientifique qui a perdu un peu la tête puisque cela fait plus de dix ans qu'il vit seul se pendant être le dernier humain sur Terre. Ce personnage est touchant et apporte une note de tristesse à l'univers. Un peu fou à lier, et pourtant rudement intelligent, il craint vite les autres et ne demande qu'à rester dans sa solitude entouré des documents qu'il est parvenu à amasser au fil des années.

Dès l'instant où Kira rencontre Afa, j'ai trouvé que le roman devenait beaucoup plus intéressant à lire et là j'ai eu du mal à le lâcher. Samm fait son grand retour avec Heron et tous décident de suivre Kira à l'autre bout des Etats-Unis, espérant trouver une solution définitive pour empêcher la destruction de l'humanité et des Partials. L'espoir est ce qui motivera l'héroïne jusqu'au bout même si elle ne fait pas spécialement confiance à Heron et Afa, tous deux imprévisibles. Et ce qu'elle découvrira va complètement changer la donne pour la suite de ses aventures !

D'un autre côté, on continue de suivre Marcus qui lui aussi découvre pas mal de choses sur Kira et Nandita. Notamment sur la véritable nature de la jeune femme. Sa quête sera d'autant plus périlleuse que Marcus n'est pas un combattant, mais un médecin et il tentera aussi d'utiliser ses connaissances pour s'allier à ceux qui vise la même chose que lui : un remède pour tous.

Voilà donc un second tome qui n'est pas toujours parfaits, parfois long et ennuyeux, parfois bourré d'actions et de rebondissements, mais l'attrait est là et on a vraiment envie de savoir comment tout va se terminer ! Hâte donc de lire le tome 3 de cette dystopie tout de même passionnante et dont j'apprécie énormément les personnages même si pour une fois, la romance n'est pas ce qui est mis en avant !

A lire si :
- vous avez appréciez le tome 1
- Si vous cherchez une dystopie plutôt mâture et qui ne met pas en avant une romance sortie de nulle part.

A évitez si :
- Vous n'aimez pas les dystopies.
- Les héroïnes balèzes c'est pas votre truc. 

Chronique de Louve
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Inner City de Jean-Marc Ligny

Année d'édition : 2016
Edition : Actu SF
Nombre de pages : 324
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
En quelques années, Paris est devenue une ville fantôme. Ses derniers habitants sont plongés en permanence dans les réalités virtuelles, bien protégés par une enceinte qui garde à l’extérieur, en banlieue, les pauvres et les miséreux. Mais leur vie dorée est menacée par un tueur agissant dans la Haute Réalité tandis que de l’autre côté du périf, la révolte gronde.
Dans ce climat explosif, Hang traque les scoops les plus sanglants pour mieux les injecter (et les vendre) dans ces mondes virtuels pendant que Kriss enquête pour neutraliser ce serial killer...

Roman cyberpunk clef dans la science fiction française et dans la bibliographie de Jean-Marc Ligny (AquaTM, La Saga d’Oap Täo...), Inner City est une nouvelle preuve de l’engagement de son auteur. Il a été couronné à sa sortie par le Grand Prix de l’Imaginaire.


Je remercie le forum Mort Sûre et les éditions Actu SF pour la découverte de ce roman.

Kris est une agent de Mens Sana, une société spécialisée dans la récupération des utilisateurs en perdition dans les confins de la réalité virtuelle. Parmi la population de Paris intra-muros, elle fait partie des rares à être encore capable de se déconnecter de la Haute Réalité pour agir de manière efficace en Basse Réalité. Mais lorsqu'elle doit sauver les victimes d'un fantôme tueur en Haute Réalité, puis traquer ce fantôme, toute sa maîtrise des espaces virtuels pourrait ne pas suffire à sauver son esprit.
Hang est l'un des derniers traqueurs d'images à mettre les pieds sur le terrain. Pour mettre plus de réalisme dans leurs cybergames, ses employeurs veulent de vraies images trash. Alors Hang va les filmer dans Slum City, la banlieue parisienne où règnent désormais la pauvreté et la loi du plus fort. Il y est tout juste toléré, pourtant la véritable menace qui pèse sur sa vie ne viendra pas de Paris, mais de son passé russe.
Quand les destins de Kris et Hang se croisent, c'est l'avenir de la Haute Réalité et de Paris qui se joue.

Inner City est un roman de cyberpunk pur jus : sombre, sale, critique sur notre société, et fascinant.
La plongée dans l'univers que nous propose l'auteur est brutale. Entre le vocabulaire spécifique pour parler de la Haute Réalité (la réalité virtuelle), et l'argot corsé des habitants de Slum City, il faut le temps de s'habituer. Il est aussi difficile pendant une bonne partie du roman d'entrer en empathie avec les deux personnages principaux tant on sait peu de choses d'eux (et la narration plutôt froide et détachée n'aide pas non plus). Pourtant, ça n'empêche pas de se faire happer par ce roman. D'abord parce qu'on souhaite comprendre l'univers que nous propose l'auteur. Comment fonctionne la Haute Réalité, quelles en sont les règles ? Et en Basse Réalité, qu'est devenu le monde ? Est-ce que tout est délabré, ou bien y a-t-il des endroits qui ne sont pas encore devenus fous ?

En réponse à cette dernière question, j'ai d'ailleurs énormément apprécié les passages qui se déroulent en Bretagne, du point de vue de la grand-mère de Kris. Là aussi, le monde semble devenu à moitié fou, mais ils constituent une véritable bouffée d'air après la noirceur de Paris (intra ou extra-muros). Le dernier espoir (mais n'est-il pas sur le point de s'éteindre ?) que l'humanité a encore des endroits où elle pourrait retrouver ce qu'est la vraie vie. Et le personnage de la grand-mère est juste adorable.

Au fur et à mesure qu'on s'enfonce dans le roman (c'est vraiment l'impression que ça donne), on finit par s'attacher à Kris puis à Hang. A espérer pour eux qu'ils trouvent un endroit sûr dans ce monde délabré, et qu'ils prennent conscience de ce qui importe vraiment. C'est là que le roman nous amène le plus à réfléchir. Pas sur ce que pourrait devenir notre société (j'ai accepté le monde que nous proposait l'auteur, mais comme de la fiction, pas comme un avenir réaliste). C'est sur ce qui importe vraiment que le roman nous fait réfléchir. Sur ce qu'est la vie, ce qui lui donne sa saveur, sa valeur aussi. Le passé violent et douloureux de Hang est diamétralement opposé à celui plutôt heureux de Kris. Pourtant, tous les deux ont le même chemin à parcourir pour se "désintoxiquer" de la Haute Réalité. Mais en ont-ils vraiment la volonté ?

La fin est plutôt cynique, puisque l'auteur a choisi de nous montrer qu'alors même que les deux héros semblent avoir trouver enfin une sorte de paradis en ce monde devenu fou, l'un d'eux choisit volontairement de replonger en enfer. La "drogue" de la Haute Réalité est trop puissante.
Notre monde actuel n'en est pas encore là, et pourtant les questions que posent l'auteur ne sont pas de pure fiction.

Au final, je dirais qu'Inner City est un roman sombre, puissant, superbement écrit et mené. Et surtout, très humain.

Chronique de Sytra

Parfaite de Caroline Kepnes

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 460 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Est-ce de l’amour ? De l’obsession ? Glissez-vous dans la peau d’un psychopathe pour qui la différence entre les deux est si infime… Lorsque Beck pousse la porte de sa librairie, Joe est immédiatement sous le charme. Ravissante, effrontée, sexy, elle est tout simplement tout ce qu’il cherche chez une femme. Et quand Joe aime, c’est d’un amour total, inconditionnel. Obsessionnel. Dangereux ? Il commence par infiltrer la vie de Beck par tous les moyens. Il se procure accès à ses mails, la suit virtuellement sur les réseaux sociaux et physiquement dans les rues de New York. Comme il sait tout d’elle, il devance ses moindres désirs. Il est sensible, romantique, toujours au bon moment au bon endroit. Mais si Beck ignore l’ampleur de l’obsession de son nouveau petit ami, Joe ne connaît pas non plus toutes les facettes de sa proie…




Tout d'abord merci à Louve pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir ce livre.

Pour résumer l'histoire sans trop en dire c'est Jo un libraire qui tombe amoureux d'une de ses clientes, Beck. Au début c'est un amour à sens unique et obsessionnel et Jo va suivre Beck. Je ne préfère pas en dire sur plus sur l'histoire de peur de vous spoiler.

Bien que atypique et parfois dérangeant le personnage de Jo est attachant, on peut même comprendre ses réactions et ses actes. Son amour pour Beck le ronge et le rend obsessionnel.
Le personnage de Beck m'a moins touché du fait de sa personnalité naïve et assez superficielle.
Quant aux autres personnages, ceux qui font partis de la vie de Beck, ils sont bien construits. L'auteure a su créer une personnalité, une vie réelle autour de ses personnages ce qui permet aux lecteurs de s'attacher, s'énerver voire s'indigner du comportement des personnages.
C'est pareil je ne veux pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise et le suspens offert par le roman.

Même si l'on peut se douter de l'avenir de certains personnages c'est tellement bien écrit que l'on arrive à être surpris et le suspens est au rendez-vous ! Lorsque l'on lit on se dit ça va se passer comme ci comme ça... Et en fait il y a toujours un événement qui fait que ce que nous avions imaginé n'arrive pas ou autrement.
Ce suspens est d'autant plus présent que la narration se fait à la deuxième personne. En effet Jo s'adresse directement à Beck et les événements sont décrits selon sa vision et son ressenti.

Une chose qui m'a aussi fait beaucoup aimer le roman est l'amour que porte les personnages principaux aux livres. Cela m'a permit d'avoir une connexion avec les personnages et de me retrouver dans cette passion qui sont les livres et la lecture.

C'est un des rares thriller que j'ai lu et il a su me tenir en haleine du début à la fin. C'est le genre de livre que l'on commence à lire et que l'on peut difficilement lâcher.

En conclusion c'est une super découverte qui m'a donné envie de lire les autres livres de Caroline Kepnes et je vous le conseille même si vous n'aimez pas la violence car les scènes ne sont pas décrites de façon "trash". Si vous hésitiez à le lire foncez vous ne serez pas déçus !  

Chronique de TicaYuna

dimanche 15 mai 2016

The scorpion Rules de Erin Bow

Année d'édition : 2016
Edition : Lumen
Nombre de pages : 384
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
La première règle, pour éviter la guerre ? En faire une affaire personnelle… Très personnelle.

Duchesse de Halifax, princesse de la Confédération panpolaire, mais surtout… otage. Je m’appelle Greta Stuart, et ma vie ne tient qu’à un fil. Il y a quatre cents ans, une série de terribles conflits liés au changement climatique a ravagé la planète : guerres, famines, inondations, exodes… Débordées, les autorités ont fait appel à une intelligence artificielle omnisciente pour tenter de mettre un terme au massacre. Mais Talis – c’est son nom – a vite pris son indépendance et le contrôle du monde. Désormais, il garde en otages les fils et filles des grands dirigeants de la planète. À la première déclaration de guerre, les héritiers des deux camps concernés sont froidement exécutés.

Il me reste seize mois à tenir, seize mois avant d’avoir dix-huit ans et de pouvoir quitter le Préceptorat où je suis prisonnière depuis l’âge de cinq ans. Mais l’arrivée d’un nouveau pensionnaire, venu du pays voisin du mien, va tout changer. Elián, qui ne cesse de défier Talis, de mépriser les règles qui régissent notre existence, met nos vies à tous en danger. Malgré tout, son esprit de révolte est contagieux. La résistance serait-elle possible ? Car nous le savons tous : le pays natal d’Elián va forcément finir par déclarer la guerre au mien…



En grande dévoreuse de dystopies, cette nouvelle parution Lumen me faisait forcément de l’œil ! D’autant plus que je n’ai pour le moment eu que des bonnes surprises concernant les ouvrages de cette maison d’édition.

En cela, The Scorpion Rules n’a pas fait exception même si la fin m’a rendue perplexe.

Je m’explique Razz

J’ai trouvé la mise en place du roman particulièrement intéressante et on entre directement dans le vif du sujet. Les premières pages nous permettent de nous attacher rapidement aux personnages et de comprendre la peur tout autant que la résignation dans laquelle ils vivent. Ou, tout au moins, dans laquelle Greta vit. Ce premier moment permet, grâce à Sydney, de mettre une faille chez Greta et donc de la faire évoluer par la suite. Car c’est là l’une des choses que j’apprécie : Greta évolue et sa manière de voir les choses changent doucement au fil des pages. Ce qui permet à l’intrigue d’avancer mais ne montrent pas aux lecteurs les causes de la confiance que les autres placent en Greta. Car elle ne semble ici pas bien savoir ce qu’elle fait, ce qui est en contradiction avec ce que le roman nous dit d’elle tout au long de l’histoire.

Ce décalage entre qui elle est censée être et qui elle est m’a quelque peu perturbée durant ma lecture mais a sûrement permis de complexifier l’intrigue. Celle-ci, par contre, m’a totalement emportée ! J’ai dévoré les pages pour tenter de grappiller des informations et certains passages m’ont carrément fait grimacer, preuve que j’étais totalement prise dans ma lecture (et sûrement aussi que je suis une petite nature, certes Razz ).

Deux ambiances ressortent de ce livre, une première partie très psychologique où les personnages parlent surtout à demi-mots, de façon détournée et une autre un peu plus rentre dedans (oui, c’est au côté rentre dedans que j’ai grimacé. Mais c’était vachement bien !). C’est d’ailleurs finalement l’ambiance qui fait la grande force du roman car les personnages, s’ils sont sympathiques, n’ont pas réussit à m’accrocher totalement. J’ai, par contre, vraiment apprécié que l’auteur nous permette d’avoir un aperçu sur Thalis. Car lui aussi, même si on peut considérer qu’il s’agit du « Grand Méchant » de l’histoire, est sympathique. Assez neutre au final et œuvrant pour ce qui lui parait juste. La complexité des Intelligences Artificielles m’a vraiment beaucoup plu et permet une belle comparaison entre ce qui est humain de ce qui ne l’est pas, démontrant que la monstruosité ne se cache pas forcément là où on l’attend (et là, je pense à Toliver Burr).

Concernant la fin…. Je ne m’attendais pas à ça ! Et on peut finalement terminer le roman sur cette note ouverte -même s’il me semble qu’il y aura un second tome.

En résumé, un roman prenant et très bien amené dont les personnages sont cependant un poil en dessous de l’ambiance qui, elle, est carrément addictive.

Merci à Louve du forum Mort-Sûre et aux éditions Lumen pour ce roman ~

Chronique de Rinne

Mortality Doctrine, tome 1 : Le Jeu du maître de James Dashner

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket Jeunesse
Nombre de pages : 286 pages
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Quand le quotidien est sans intérêt, que les rêves n'existent plus, il reste la réalité virtuelle : comme la plupart des jeunes de son âge, Michael passe son temps sur le VirtNet, une plateforme tentaculaire à mi-chemin entre un jeu vidéo et un réseau social. Relié au serveur par des fils sensoriels, son cerveau baigne dans cet univers parallèle. Mais quand une série de suicides - bien réels, ceux-là - intervient dans le cadre du jeu, Michael et ses amis hackers doivent se rendre à l'évidence, effrayante. L'intelligence artificielle aurait-elle pris le pas sur la réalité ?






J'attendais de lire ce livre avec grande impatience parce que j'avais adoré la plume de James Dashner dans Le labyrinthe ainsi que l'univers qu'il avait créé. Ici, j'espérais surtout retrouver cette plume si captivante et addictive, et comme l'univers se situe dans mes goûts, je ne pouvais qu'en saliver d'avance. Je n'ai pas été déçue mais ça n'a pas été tout à fait ça non plus...

Désormais, tout le monde passe la majeur partie de son temps sur le VirtNet où l'on peut aussi bien jouer à différents jeux vidéo, que discuter dans un bar ou sortir en boîte de nuit, entre autres. Toutes les émotions sont retranscrites dans cette réalité virtuelle : la faim, le froid, la fatigue, la peur, la douleur, etc.
Michael et ses deux amis proches virtuels, Bryson et Sarah, n'échappe pas à ce mode de vie et passent donc leur temps sur le VirtNet. Si on ressent la douleur dans cette réalité virtuelle, on ne peut toutefois pas mourir. Pourtant, beaucoup de suicides s'enchaînent, sans que personne n'en comprenne la raison. Michael et ses deux amis sont alors chargés de remonter jusqu'à l'origine de tout ça et d'y mettre fin, au risque de leur propre vie...

J'adore les jeux vidéo donc les romans traitant ce sujet se classent forcément dans mes lectures prioritaires. J'aime en lire quand on se sent complètement immergé dans l'univers, quand on se retrouve en plein cœur de l'intrigue à souffrir ou à poursuivre une quête avec les protagonistes. Toutefois, dans cet univers-là, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans et ce, dès le début... Il n'y a pas vraiment de termes complexes mais l'univers en lui-même l'est et on est tout de suite lâché au milieu de tout ça, à tenter de comprendre vraiment ce qu'il en est. Bien sûr, il y a des explications, on finit par comprendre dans quel genre d'univers on se trouve mais ce n'est pas forcément limpide et, d'entrée de jeu, c'est difficile à digérer... Il y a tout de même beaucoup de passages qui m'ont captivée, où je n'avais plus envie d'arrêter de lire, seulement envie de poursuivre pour savoir ce qu'il allait advenir des trois héros. Malheureusement, les longueurs reviennent vite entre deux quêtes palpitantes et ça casse un peu le rythme... C'est aussi là où je me suis un peu heurtée à un mur, il s'agit de quêtes globalement et, même si elles sont intéressantes, l'univers reflète plus une grande aventure qu'un roman de science-fiction, et je n'accroche pas spécialement avec l'aventure. J'aime bien, mais à petite dose... C'est donc dans ces quêtes que l'on retrouve le plus de longueur car, lorsque Michael et ses amis échouent, ils sont bien forcés de recommencer jusqu'à ce qu'ils y arrivent et, plus ça va de l'avant, moins ils y arrivent du premier coup...
Par contre, la révélation finale m'a complètement scotchée ! Je ne m'attendais pas du tout à ça et maintenant j'ai quand même envie de découvrir la suite ! Il peut se passer tellement de choses désormais. Et on va un peu repartir à zéro, je pense, dans le second tome, parce qu'on ne sait plus tellement où est le bien et le mal dans tout ça... Bref, ça attise encore ma curiosité malgré les longueurs et le fait que je n'ai pas retrouver la plume que j'ai connue de James Dashner, donc on peut toujours espérer que ce soit mieux à mesure que l'histoire évolue ! En tout cas, je serai au rendez-vous pour la suite malgré tout.

Les personnages ne sont pas très développés... À part Michael, parce que c'est celui que l'on suit principalement mais même encore, je ne sais toujours pas quoi penser de lui après ma lecture... Ils sont sympas, certaines choses les différencient des autres, mais il y a pas de quoi s'attacher véritablement à eux, c'est dommage...

Je regrette de ne pas avoir retrouvé cette fluidité que j'aimais dans la plume de James Dashner, et son imagination qui avait été si efficace auparavant. Toutefois, la fin m'a donnée envie de poursuivre l'aventure malgré les longueurs et les personnages restés plutôt en surface. À voir...

Chronique de Grenouille