dimanche 27 mars 2016

Did I mention I love you ? de Estelle Maskame

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket jeunesse
Nombre de pages : 412
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Eden, 16 ans, va passer l'été dans la famille recomposée de son père, à Santa Monica, en Californie. Ce dernier a refait sa vie... Ce qui veut dire trois nouveaux demi-frères pour Eden. Le plus âgé, Tyler, est un vrai bad-boy : séducteur, égocentrique, violent...

Fascinée, elle ne peut s'empêcher de succomber au charme de la seule personne qui lui est défendue : son demi-frère.







Eden, seize ans, va passer l'été chez son père qu'elle n'a pas vu depuis trois ans. Son père ayant refait sa vie, Eden rencontrera donc sa nouvelle femme mais également ses trois demi-frères. Alors que deux d'entre eux ont l'air sympas, Tyler, le plus âgé, est un bad boy qu'elle ne supporte pas. Mais petit à petit, ils sont attirés l'un par l'autre. Ils devront alors faire face à plusieurs obstacles...

J'ai passé un très bon moment de lecture avec cet opus. J'avais besoin de me détendre et ce livre est parfait pour ça ! La plume de l'auteur et l'histoire sont addictives. Certes, on sent venir à des kilomètres les différents événements et le dénouement final, mais franchement ça ne m'a pas dérangée. L'alcool, le sexe, les soirées, les filles, la drogue... sont les ingrédients de ce livre qui nous font penser à Gossip Girl.

Certes la drogue, l'alcool, le sexe, les filles sont au rendez-vous. Certes, ça ne donne pas une bonne image de ces adolescents quand on les voit tous en train de boire et de se droguer. Ayant lu quelques avis de lectrices qui étaient choquées par ce comportement dégradant pour les adolescents, je pense que ces lectrices devraient se détendre. On n'est pas en train de lire un livre parfait avec des adolescents parfaits dont tout adolescent devrait suivre la conduite. Ça serait d'ailleurs bien ennuyeux ! On retrouve régulièrement ce genre de conduite dans les films américains et je vous rappelle que c'est de la fiction !

Concernant les personnages, j'ai apprécié Eden et je me suis attachée à elle. Elle a dû faire face au départ de son père, à ses retrouvailles avec lui. On lui colle comme ça trois demi-frères et une belle mère, ce n'est pas évident. Heureusement, sa belle famille est gentille, mais ce n'est pas évident pour une adolescente de gérer tout ça. Je comprends également qu'elle ait craqué pour Tyler, ce bad boy séduisant et attachant. Quant à Tyler, il se drogue, boit de l'alcool, n'obéit pas à sa mère, fait le mur.. Bref, c'est le mauvais garçon de l'histoire, au passé très sombre et douloureux, qu'Eden réussira à dompter. Il est néanmoins attachant.

Pour conclure, j'ai passé un très bon moment de lecture avec cet opus. Je n'attendais rien de spécial de ce livre, et je ressors ravie de ma lecture qui a su me détendre sans prise de tête. J'ai hâte de lire le deuxième tome.

Chronique de Titisse

La Patience du Diable de Maxime Chattam

Année d'édition : 2015
Edition : Pocket
Nombre de pages : 570
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue… Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse… Des gens ordinaires découverts morts… de terreur. Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.






Ludivine Vancker est lieutenant à la section de recherches de Paris. Femme solitaire et très courageuse, elle est appelé en renfort avec son équipe pour un go fast. Lorsqu'ils finissent par arrêter les délinquants, ils découvrent avec horreur que ce n'est pas de la drogue qui est transporté, mais de la peau humaine soigneusement conservé. Pour eux, nul doute qu'ils ont affaire à un dépeceur minutieux. En même temps, deux jeunes adolescents abattent froidement les passagers d'un train, avant de se suicider tous les deux. Et lorsque Ludivine et son coéquipier tombe sur un autre cadavre, ils comprennent que les gens perdent peu à peu les pédales et commentent des attentats un peu partout dans Paris.

J'avais déjà eu l'occasion de lire un roman de Maxime Chattam, mais dans un tout autre registre avec l'autre monde. (beaucoup plus jeunesse donc). Du coup, le découvrir dans un registre plus adulte et plus sombre m'a beaucoup plu, parce que c'est certain qu'après une telle lecture, je me pencherais sur ses autres écrits sans hésiter. La patience du diable c'est un thriller comme je les aime. C'est violent, les descriptions sont très détaillées et l'héroïne est une écorchée vive. Le tout servi avec une bonne plume très accrocheuse, et on ne voit pas le temps passer !

Dès le prologue, on est mis face à une violence extrême. Deux adolescents tuent sans pitié les passagers d'un train sans aucune émotion et avec une coordination effrayante. Un attentat qui n'est pas sans rappeler les événements de ces derniers mois/jours et qui donne une toute autre dimension à notre lecture. Et soudain, tandis qu'on aimerait se reposer de cet événement, notre héroïne va appréhender des dealeurs lors d'un sacré go fast. Mais ce n'est pas de la drogue qu'ils s'apprêtent à marchander, mais bien de la peau humaine et là on se dit qu'il ne peut pas y avoir pire. Et bien c'est là où on se trompe. Le mal est mis au centre du roman et poussé à son paroxysme avec des séquences qui font froid dans le dos. Les attentats et meurtres se multiplient et jusqu'au bout on se demande si le diable est bien derrière tout ça ou si ce n'est pas finalement un homme qui se prend pour un être supérieur et donc n'a aucune pitié et compassion à l'égard de ses victimes.

Ludivine n'en fera qu'à sa tête et jusqu'à la dernière page, on sent qu'elle est impliquée dans son enquête, trop peut-être au point de parfois foncer tête baissée dans des pièges pourtant grossier puisque j'ai très vite deviné l'identité du coupable. Pourtant les fausses pistes sont présentes, nos héros se perdent et doutent et lorsqu'ils pensent avoir trouvé le responsable, ils se rendent compte que non, ils se sont fait berner. Les tueurs sont multiples, des hommes fragiles psychologiquement, qu'il est facile de manipuler pour leur faire faire ce qu'on souhaite et certains attentats sont ultra violent (je pense au cinéma ou au centre commercial, mais rien ne vaudra le kidnapping des enfants !).

J'ai donc été vraiment surprise par ce roman et je ne comprend pas pourquoi je n'ai pas découvert l'auteur plus tôt surtout que plusieurs romans trainent dans ma pal depuis des mois ! La patience du diable est donc un très bon thriller, bien mené, mais réservé aux âmes non sensibles surtout à notre époque où le terrorisme n'a jamais été aussi effrayant. J'ai aussi apprécié l'héroïne qui suit ses convictions, mais parfois elle m'a beaucoup agacée, j'aurais aimé qu'elle réfléchisse davantage surtout vers la fin où elle n'en fera qu'à sa tête sans se douter un seul instant qu'un piège se referme sur elle et que pendant ce temps-là son coéquipier a plus que jamais besoin d'elle.

Un bon thriller que j'ai dévoré et qui m'a plu du début à la fin, même si quelques petits détails m'auront un peu chagriné.

A lire si :
- vous aimez les thrillers sombres et violents où les tueurs commentent de véritables carnages.
- vous voulez une héroïne sombre, têtue et qui ne vit que pour son boulot

A évitez si :
- vous êtes sensibles
- vous cherchez un peu de romance ou une lueur d'espoir.  

Chronique de Louve

Tous mes amis sont des superhéros de Andrew Kaufman

Année d'édition : 2016
Edition : pocket
Nombre de pages : 167
Public visé :  Adulte
Quatrième de couverture :
Ils sont 249 sur Toronto et proche banlieue. 249 superhéros, sans cape ni identité secrète. On y trouve Super-Je-danse-trop-bien comme Super-Je-tape-l’incruste, Super-Gros-Feignant comme Super-Je-change-d’humeur-à-la-vitesse-du-son : des super-pouvoirs qui les isolent du commun des mortels.

Aussi quand Super-Perfectionniste a rencontré Tom, un garçon ordinaire, l’a-t-elle trouvé… différent. Quant à Tom, il l’a trouvée… parfaite.

Mais pourquoi, depuis qu’ils se sont mariés, est-il devenu invisible à ses yeux ?

Sa mission : réussir à se faire voir par celle qu’il aime et qui prend l’avion pour refaire sa vie, loin de lui.



Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre en lisant ce roman, mais son titre plutôt intrigant et rigolo ont eu le contrôle rapidement de ma curiosité. Même encore aujourd'hui, je ne sais toujours pas quoi vous dire si ce n'est que ce roman est ancré dans le surréalisme. Imaginez-vous une société où certains d'entre nous aurions des super-pouvoirs. Étrange, non? C'est donc dans cet univers rocambolesque que l'auteur canadien nous transporte.

Nous faisons donc la connaissance de Tom, jeune homme, un sans super-pouvoirs. Nouvellement marié à Super-Perfectionniste, ce dernier devient invisible à sa douce moitié lors de la soirée après la cérémonie de mariage. Même si son entourage lui confirme qu'ils voient Tom, ce dernier reste toujours invisible à Super-perfectionniste. Plongée dans un chagrin sans fin, elle décide de partir de Toronto et de refaire sa vie dans une autre ville canadienne. Tom doit coûte que coûte essayer de redevenir visible afin qu'elle ne le quitte pas définitivement. Comment lui faire savoir qu'il est toujours là, si à chaque fois qu'il tente de la toucher, de drôles de réactions arrivent à sa douce moitié?

J'ai adoré ce roman étrange et à la fois original. Fallait y penser tout de même d'inclure autant de superhéros dans une même histoire. Mon seul regret, même si l'histoire se boucle dans un certain sens, c'est le peu de pages de ce dernier. Je me serais volontiers plongée plus longtemps dans cet univers.

J'ai trouvé que la plume de l'auteur est parfaite pour ce roman. Elle est douce, emplie d'une belle folie et d'un romantisme. C'est agréable de voir un personnage masculin dans ce rôle. Un homme qui est prêt à se battre et à remuer vent et marée pour que son couple fonctionne à nouveau. Ici, ce n'est pas l'amour qui est en danger, mais le fait que l'homme de Super-perfectionniste a "disparu" de sa vie le jour de leur mariage.

Une plume magnifique, drôle, tendre et romantique qui donne envie de se battre pour l'amour de notre vie. Inspirant, ce roman m'a juste transporté dans un monde de douceur, de douleur et d'empathie envers ce jeune Tom. Je ne peux que vous le conseiller. Je suis certaine qu'il saura vous séduire, vous aussi!

Chronique de Froggy80

Viscères de Mo Hayder

Année d'édition : 2016
Edition : pocket
Nombre de pages : 440
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Il y a quinze ans, deux amoureux ont été retrouvés sauvagement éviscérés dans le bois attenant à la maison de campagne des Anchor-Ferrers. Le principal suspect, qui a avoué les crimes, est depuis sous les verrous. Mais aujourd'hui, alors que Oliver, Matilda et leur fille, Lucia, n'ont pas oublié cette découverte macabre, l'histoire se répète, plongeant la famille dans la terreur.








Après des lectures dérangeantes avec Tokyo et Pig island, je retrouvais Mo Hayder avec plaisir dans Viscères.

Les Anchors-Ferrers retournent dans leur maison de campagne suite à l'opération du cœur d'Oliver. Sa femme, Mathilda, au détour de sa séance de jardinage découvre des viscères pendus à un arbre comme il y a quinze ans lors du meurtre de l'ex-petit ami de Lucia, leur fille, et de sa copine.
Ces meurtres ont meurtri la jeune fille et la famille et pèsent comme une chape de plomb sur les Anchors-Ferrers. Affolés, ils se trouvent confronter à deux soi-disant policiers qui les ont pris au piège.

En parallèle de ce huis clos, nous suivons Jack Caffery, commissaire en quête de vérité. Il se ne remet pas de la disparition de son frère dans son enfance et cherche des réponses auprès d'un "SDF". Ce dernier lui confit une petite chienne qu'il a trouvé et qui portait un message d'appel à l'aide.
Les deux intrigues s'entremêlent tout au long du roman alternant différents points de vue montrant le ressenti de chaque personnage et leur façon de réagir.

Dans la maison se déroule un jeu sadique dont se délecte les deux hommes. Séparés dans des pièces différentes, Oliver, Mathilda et Lucia font face à leur manière à ce qu'il leur arrive. Oliver défaitiste pense tout de même à résoudre le mystère qui entoure leurs ravisseurs. Mathilda, elle, cherche la meilleure façon de se battre et de se libérer. Quant à Lucia, elle est plutôt amorphe, on ne sait pas trop ce qu'elle pense. Malgré les différents points de vue, je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. On reste en surface vis à vis de leur sentiment et même leur sort ne m'a pas touché.

J'attendais beaucoup de ce roman, peut-être trop, j'y voyais déjà un malaise lors de ma lecture, des scènes pénibles et des personnages profonds. A la place, j'ai trouvé un thriller un peu long qui reste en surface, bien que les deux intrigues entremêlées restent prenantes. Les péripéties s'enchaînent lentement et les révélations arrivent au compte goutte. L'auteur opère un retournement de situation proche du dénouement sans surprendre le lecteur qui peut trouver le temps long.

Dès la lecture du synopsis, j'ai été attirée par ce roman, en plus d'avoir déjà lu cet auteur qui m'avait conquise. Si l'idée était bonne, je l'ai trouvé assez mal exploitée et pas assez rythmée pour garder le lecteur en haleine. Malgré tout, ça ne m'empêchera de lire d'autres aventures de Jack Caffery car le fil rouge qui se dévoile au cours du roman a attisé ma curiosité.

Chronique de Chtitepuce

lundi 14 mars 2016

Most Wanted, tome 1 : Te désirer de Julie Kenner

Année d'édition : 2016
Edition : pocket
Nombre de pages : 405
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Evan Black a ce pouvoir d’allumer des brasiers dans le cœur des femmes.

Et Angie ne fait pas exception à la règle. Depuis qu’elle est adolescente, le bad boy ténébreux nourrit ses plus secrets fantasmes.

L’homme persiste pourtant à la snober. Il faut dire qu’un monde les sépare : elle, fille de sénateur, lui, jeune loup sulfureux lié à des affaires louches…

Mais quand l’alchimie des corps est si évidente, qui peut résister à cet ouragan qu’on appelle le désir ?


Je remercie le forum Mort Sûre et les éditions Pocket pour ce partenariat.

Angelina Raine est fille de sénateur et nièce d'un puissant homme d'affaire. Depuis toujours, elle a apprit à paraître "comme il faut" en public. Mais au fond d'elle, elle n'a rien d'une petite fille sage. Elle a besoin d'adrénaline, elle a besoin de se lâcher. Et quand les regards de la haute société ne sont pas tournés vers elle, elle le fait. Que ce soit en faisant le mur adolescente, ou en volant des bijoux dans les magasins, "juste pour l'adrénaline". Mais ça ne l'a pas empêchée de faire des études de politique pour suivre la voie de son père, puis de trouver son premier emploi au service de relations publiques de la société de son oncle, car elle sait juguler son côté rebelle lorsqu'il le faut.
Evan Black a su se créer un empire très jeune et à partir de peu de choses. Avec deux de ses amis, ils sont considérés comme des petits génies du monde des affaires, et l'oncle d'Angelina les avait pris sous son aile. En plus de ça, il est beau à se pâmer. Seule ombre au tableau, le FBI surveille de prêt ses affaires, dont certaines sont suspectées de ne pas être très légales.

Angelina et Evan se connaissent depuis longtemps, mais l'oncle d'Angelina a toujours tenu à ce qu'Evan et ses amis soient seulement des "grands frères protecteurs" pour la jeune fille. Malgré la très forte attirance qu'elle ressent pour Evan, son oncle lui a bien fait comprendre qu'elle ne devait pas envisager de sortir avec lui, qu'il n'était pas fait pour elle. Et il a bien sûr interdit à Evan de sortir avec sa nièce.

Mais voilà, l'histoire débute lors de l'enterrement de cet oncle, emporté jeune par un anévrisme. Et même si les deux jeunes gens se sentent encore liés par la promesse qu'ils lui ont fait chacun de leur côté, l'attirance est très forte. Lorsque Angelina se voit offrir un poste auprès d'un sénateur à Washington et décide de l'accepter pour faire plaisir à son père, elle décide aussi de profiter des trois semaines qui lui restent à Chicago. Elle demande alors à Evan de sortir avec elle pendant ces trois semaines. Elle le convainc qu'en faisant ça il ne brisera pas la promesse faite à son oncle, puisque ce sera purement physique entre eux, et que c'est "à durée limitée", donc sans engagement. Incapable de lutter plus longtemps contre son attirance pour la jeune femme, il accepte.

"Te désirer" est le premier roman de "romance érotique sulfureuse" que je lis, en tout cas parmi ceux qui sont présentés tels quels (je n'ai jamais lu ou vu 50 shades of Grey et affiliés). J'ai été attirée par le côté bad boy du héros, et le fait que l'héroïne soit d'une classe sociale considérée comme supérieure à la sienne. Au moins, elle n'allait avoir aucun besoin du héros d'un point de vue financier, et ça me plaisait.
Au final, ce roman m'a beaucoup plu, mais peut-être parce qu'il n'a pas vraiment correspondu à ce à quoi je m'attendais.

Commençons par le côté "sulfureux" (c'est quand même écrit aussi bien sur la couverture que dans la quatrième de couverture). Il faut croire que je n'ai pas la même définition de ce terme que les éditeurs de ce roman, parce que je ne l'ai pas du tout trouvé. Oui, il s'agit bien d'une romance érotique, où les scènes de sexe sont présentes. Mais, franchement, elle n'a rien de sulfureuse. Nos deux héros restent plutôt sages, et les quelques incursions de SM sont vraiment très light (à ce niveau-là, ça relève du jeu érotique et pas du tout du SM). Par ailleurs, même au niveau de l'érotisme, ça reste modéré. L'auteur n'élude pas les scènes de sexe, mais elles ne sont pas non plus omniprésentes dans tout le roman. J'ai lu des titres bien plus érotiques par exemple dans la collection J'ai Lu Pour Elle - Passion Intense. En bref, de l'érotisme oui, mais comme je l'aime : bien dosé, plutôt bien décrit, avec de la sensualité mais pas choquant.

Ensuite, le côté "bad boy" du héros. Là aussi, je suis mitigée. Pour moi, un bad boy, ça évoque plutôt un gars rebelle, qui a sa propre bande, du genre tatoué, et qui peut (doit ?) avoir quelques infractions à la loi sur son casier judiciaire. Alors, certes, on découvre peu à peu que le passé d'Evan n'est pas tout blanc. Mais bon, ça reste un homme d'affaire. Séduisant, jeune, musclé, oui, mais il fréquente tout de même le même monde qu'Angelina. On ne peut pas franchement dire qu'elle s'encanaille en sortant avec lui, bien qu'il soit certain qu'Evan est bien moins "sage" que le petit ami d'Angelina au début du roman (un agent du FBI, présenté par le père d'Angelina). Toutefois, là aussi j'ai bien aimé que le héros ne soit pas un vrai bad boy. C'est vrai, c'est ce qui m'avait attiré dans la quatrième de couverture. Mais je trouvais bien plus intéressant que les deux héros fréquentent le même monde. Ca évite de tomber dans le cliché.

Le vrai point fort de ce roman, c'est l'UST (Unresolved Sexual Tension) qui le parcourt. Très forte au début, elle reste présente même lorsque les deux héros couchent ensemble. Parce qu'il y a toujours le poids des promesses faites à l'oncle qui pèsent sur eux, et on sent qu'il y a un sentiment d'insatisfaction qui perdure chez les deux à cause du compromis trouvé. Comme s'ils ne pouvaient s'empêcher de se dire "On n'a que trois semaines, ensuite ce sera définitivement perdu". Vu que j'adore les UST, ça m'a vraiment accroché pendant tout le roman.

L'auteur n'a par ailleurs pas négligé d'ajouter une petite intrigue de fond, et il est très plaisant de découvrir peu à peu le passé caché de plusieurs personnages (les deux héros, bien sûr, mais aussi celui de l'oncle décédé par ex.). Elle a su bien doser entre érotisme et intrigue de fond.

Le roman est écrit à la première personne, du point de vue d'Angelina. Ce n'est pas courant en (vraie) romance, mais ça fonctionne bien. Pour une fois, je n'ai pas eu l'impression que ça créait un déséquilibre entre le héros et l'héroïne sur l'intérêt que je pouvais porter à chacun. Ca permet aussi de profiter du langage très "fleuri" de l'héroïne. ^^ Je ne suis franchement pas une fan de l'emploi des gros mots à la pelle, mais là c'est dosé comme il faut. Ca appuie bien le caractère marqué de l'héroïne.

En conclusion, pour moi qui était réticente à découvrir ce genre de littérature (trop de foin autour de 50 shades...), j'ai passé un très bon moment avec "Te désirer". Il est tout à fait possible que je me laisse tenter par sa suite (mais j'ai comme l'impression que cette série fonctionnera selon les codes de la vraie romance, avec une suite qui concernera un autre duo de personnages, sans doute avec pour héros l'un des deux acolytes d'Evan).
Reste cependant à savoir si "Te désirer" est vraiment représentatif de la littérature à la "50 shades-like" ? Pour moi, c'est plutôt de la (bonne) romance érotique assez classique.

Chronique de Sytra

Echéance mortelle de Sandra Brown

Année d'édition : 2015
Edition : J'ai lu
Nombre de pages :
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Le journaliste Dawson Scott enquête sur un meurtre vieux de 40 ans, d'un soldat de la marine américaine. Il rencontre sa veuve Amélia et ses deux enfants, et développe des sentiments pour cette petite famille. Mais un jour, la nourrice de ces derniers est assassinée et tous les soupçons se portent sur Dawson...










Dawson Scott est un journaliste qui revient d'Afghanistan où il a fait un article sur les soldats qui étaient au front et ce qu'il y a vécu l'a traumatisé et c'est avec un syndrome de stress post traumatique qu'il revient. Son parrain, un flic bientôt à la retraite, lui demande d'aller voir le procès d'un homme soupçonné d'un crime particulièrement odieux. Sur les lieux du crime on aurait relevé l'ADN d'un homme qui serait le fils d'un criminel jamais retrouvé. Pour les besoins de son enquête, qu'il fait de manière tout à fait officieuse, il va se rapprocher de la veuve de la victime et les rapports entre eux deux vont très mal débuter. Amélia refuse de se laisser interviewer et fait tout pour protéger ses deux enfants de l'intérêt médiatique. Malgré tout, on sent une attirance entre eux deux, bien qu'ils la nient.

Le récit est entrecoupé de parties du journal intime de la femme du criminel, ce qui nous ramène à chaque fois quelques dizaines d'années en arrière. Dès le début on assiste à une fusillade qui va faire des morts des deux côtés mais aussi la naissance d'un enfant dans ces terribles conditions. On va apprendre petit à petit l'univers très sordide du criminel.
Amélia se sent surveillée et a peur, car des choses mystérieuses se produisent autour d'elle, elle ne sais pas si elle doit faire confiance à ce journaliste, bien esquinté et quelque peu troublant ou si ses craintes sont fondées!

Le récit est très bien construit, on apprend tout du long la vie de chacun, tout est dévoilé tout doucement sans précipitation, ce qui fait qu'on a beaucoup de mal à lâcher le livre! Les personnages ont chacun une personnalité bien trempée mais aussi avec des failles, ce qui les rend particulièrement attachants. Même si on devine certains dénouements, d'autres nous laissent bouche bée.

Dawson est un homme marqué par la guerre et qui essaie de le cacher et de s'en sortir seul. Ses parrains veulent l'aider mais il refuse de montrer ses faiblesses. Amélia est une jeune femme de bonne famille et on se demande dès le début comment elle a pu en arriver là! C'est tout l'intérêt de cette histoire, l'auteure nous dévoile les choses petit à petit; les personnages ont des failles et des faiblesses mais aussi des forces et elle les distille avec parcimonie.

Je ne connaissais pas cette collection Romantic Suspens de chez J'ai Lu et c'est d'une très bonne qualité!

Chronique de Distact

Elvis Cadillac de Nadine Monfils

Année d'édition : mars 2016
Edition : fleuve edition
Nombre de pages : 235
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Avec sa chienne Priscilla affublée d'une banane rose, Elvis sillonne les route au volant de sa Cadillac ornée de cornes de vache pour donner des concerts. Abandonné  l'âge de 5 ans près des toilettes d'un restoroute, il a été recueilli par un couple d'épiciers fans de Georgette Plana, et st devenu Ze sosie officiel du King! Invité à chanter pour l'anniversaire d'une vieille châtelaine, sur l'air de Blue Moon, il va se retrouver au coeur d'un crime bien étrange, avec en prime une panoplie de pétés du couvercle, dont le chat Houellebecq qui a des mycoses aux pattes; yeah !







Elvis sillonne les rues avec sa chienne Priscilla. Fier d'être un sosie du grand King, Elvis profite de la vie sans jamais se prendre la tête. Sa passion pour le chanteur est omniprésente et il le vit bien ! Mais lorsque sa chère mère qu'il pense qu'elle a été kidnappé, refait surface et cherche à lui changer son train de vie, Elvis n'est pas rassuré ! Aussi lorsqu'il a l'opportunité d'aller faire une représentation à l'anniversaire d'une vieille femme riche, il saute dessus et le voilà en route pour assister à un drame familial en direct.

Je n'avais encore jamais pu découvrir Nadine Monfils, mais les rares avis que j'ai été lire de ses précédents romans m'ont de suite fait penser à une littérature qui fait rire et qui marche ! J'ai donc eu l'envie de me plonger dans une enquête d'un personnage culte : Elvis ! ou du moins, l'un de ses très nombreux sosies. Mais Elvis sait qu'il n'est pas aussi talentueux et il s'en fiche ! Tant qu'il peut vivre sa passion et se produire lors d'anniversaire ou d'événements, il est satisfait et heureux. Il ne cherche même pas l'amour ou à fonder une famille, sa chienne Priscilla est la seule qui compte à ses yeux. Alors d'emblée, avec un tel personnage, j'étais certaine de m'éclater et j'ai eu raison !

Ce court roman de 230 pages est drôle dès l'instant où vous l'ouvrez, jusqu'à ce que vous le refermez. L'humour est trash et cinglant, l'auteur n'y allant pas avec le dos de la cuillère et on en redemande ! Ca m'a percuté, ça m'a plu et je sais d'emblée, que je relirais sans aucune hésitation un roman de Nadine Monfils ! L'auteur nous propose en plus une multitude de note en fin de page pour comprendre certaines choses et cela m'a fait penser aux écrit de Pratchett qui apporte une seconde touche d'humour via ses petites annotations. Un style efficace et vraiment drôle, un héros atypique et hilarant, que demander de plus ? Une petite enquête policière peut-être ?

Et bien oui, ce roman c'est aussi une enquête lors de l'anniversaire où Elvis vient en représentation. Dès le début, on sent l'ambiance pourrie qui règne. Les uns souhaitent que la vieille femme casse sa pipe pour enfin se partager l'héritage, les autres ne pensent qu'à leur maîtresse, aux bijoux ou encore à se faire leur cousine. Bref, la famille qu'on découvre dans ce roman est grotesque à souhait, pleine de défauts et pourtant tellement réaliste ! J'ai ri de voir les couples se chamailler, lâcher de grosses informations susceptibles d'être utiliser pour se moquer de leurs propres conjoints. Les plus jeunes sont tout à fait différents. La jeune femme adore sa grand-mère et son chat. Son cousin quant à lui est un obsédé qui a programmé de faire chanter sa cousine pour mieux disposer d'elle. Ils sont dix fois plus tordu que le sosie d'Elvis ou que le travesti qui n'attend qu'une chose tout au long du roman, c'est de voir le grand méchant loup !

On se retrouve dans leur tête à tous, entre l'alcool, la drogue, la colère, la folie, aucun ne rattrape les erreurs des autres. Ils sont tous à mettre dans le même sac et c'esy qui devraient être les plus atypiques et étonnant qui se révèlent être les plus normaux ! En dehors de cette enquête complètement loufoques, on assiste à la fin de vie d'une vieille femme riche qui se rend bien vite compte qu'elle ne représente rien pour ses proches si ce n'est un gros héritage. Pourtant, même elle n'est pas blanche comme neige ! Oh non !

La palme pourtant revient à la mère d'Elvis qui revient des dizaines d'années après l'avoir abandonné enfant dans un restau-route. Vénale et cupide comme pas deux, elle ne pense qu'à l'argent et au butin que son fils pourrait apporter s'il accepter de se médiatiser davantage. Leurs échanges sont drôles surtout qu'on se rend compte de la grande naïveté d'Elvis.

En bref, je me suis régalée ! On a frôlé le coup de coeur et c'est en fait à cause de la rapidité de ma lecture que je n'ai pas été complètement sous le charme. 230 pages c'est bien trop peu et du coup on aurait sûrement adoré de découvrir beaucoup d'autres choses encore. Gros coup de coeur en tout cas pour les personnages ! Géniaux ! Des romans comme ça, j'en lirais bien tous les jours !

Chronique de Louve