lundi 14 mars 2016

Sombre est mon coeur de Antti Tuomainen

Année d'édition : 2015
Edition : Fleuve edition
Nombre de pages : 395
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
À une heure de route d'Helsinki, entre l'immense forêt et la côte battue par les vents, Aleksi prend ses fonctions au manoir de Kalmela – un monde d'ombres et de silences...
Étrange nouveau gardien que ce jeune homme ténébreux, solitaire, traversé de désirs contradictoires.
Étrange également la ronde qu'il mène avec la cuisinière, mutique, et la fille de la maison, aussi hautaine que cajoleuse. Étrange enfin la complicité menaçante que lui impose son sulfureux patron, le millionnaire Henrik Saarinen...
Car Aleksi n'est pas là par hasard.
Vingt ans auparavant, sa mère succombait sauvagement sous un poignard anonyme – affaire classée pour tous sauf pour lui qui ne vivrait plus, désormais, que pour trouver des réponses.
Pour y arriver, il a tout sacrifié : son métier, ses désirs, jusqu'à l'amour d'une fille.
Cette obsession le dévore encore, aujourd'hui qu'il croit toucher au but.



Un thriller dépaysant, à l’atmosphère lourde et intimiste qui promet un dénouement inattendu. On passe un agréable moment !

Aleksi Kivi est un jeune trentenaire. Cet ancien charpentier voue une obsession à la mort inexpliquée de sa mère. Le corps de celle- ci n’a jamais été retrouvé et le mystère reste entier. En acceptant cet emploi de gardien, Aleksi espère s’approcher d’Henrik Saarinen, celui qu’il considère comme responsable de la mort de sa mère. Son arrivée au manoir est troublante et il plonge rapidement dans les méandres familiaux du site : entre la fille du maître des lieux, Amanda, obsédante ; la cuisinère Enni, silencieuse ; Markus, le chauffeur menaçant et ;  Henrik, oppressant.

Ce thriller a le mérite d’être percutant, le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin, passant par différents états, cela même par lesquels passent le protagoniste principal, Aleksi. Difficile de ne pas s’identifier et s’attacher à ce personnage fort, impassible, relativement maître de lui-même, traînant une image erronée pour s’approcher davantage de sa cible. Quand on plonge le nez dans ce roman, on est imprégné de cette atmosphère si particulière, c’est dense, froid, humide, très intense et lourd. Lourd de sens, lourd en suspens, lourd de tout. L’auteur propose là un thriller captivant au sein d’une culture finnoise assez peu connue, de cette culture se dégage une ambiance vraiment particulière. La Mer Baltique en bruit de fond, un manoir gigantesque et ancien en lieu majeur, du vent et de la pluie froide qui vous frappent et vous happent dans une espèce de langueur, on est étourdi par les révélations, perdu face à ce personnage de prime abord menaçant, Henrik. Les faux semblants s’accumulent et les désillusions d’Aleksi avec.

Aleksi Kivi, ce jeune homme prêt à tous les sacrifices pour obtenir la vérité afin d’être enfin en paix, délaissant jusqu’à l’amour de sa vie, a cette espèce de charme magnétique, le personnage n’est pas un don juan, c’est un homme simple, sensible, à l’écoute, observateur, pourtant il attire et on est vite pris avec lui dans cette quête de vérité. Malgré les recommandations de Ketomaa, ancien policier ayant travaillé sur la disparition de sa mère, Aleksi décide de s’engouffrer dans la vie de celui qu’il considère comme le meurtrier de sa mère. Henrik, ce millionnaire au regard froid et au sourire machiavélique, une expression de psychopathe ou bien un homme imbu de son statut ? Ce dernier souhaite se rapprocher d’Aleksi, on sent que le danger rôde autour de ce personnage et pourtant, des doutes persistants sont aussi présents. Amanda, la fille ne semble pas étrangère à cette attitude. Cette dernière est écorchée, fausse, difficile à cerner. Les menaces viennent aussi du chauffeur, Markus, à l’attitude étrange et enfin, un manque probant de chaleur se dégage d’Enni, personnage très peu loquace et entièrement dévouée à son rôle de cuisinière.

Du côté du style de l’auteur, le texte est dynamique, les chapitres concis, on suit Aleksi dans son enquête actuelle et ses flash back passés, construits de manière à ne pas perdre le lecteur mais au contraire à lui divulguer ici et là des souvenirs, des réminiscences souvent intenses et chères au personnage principal, une manière encore de faire ressentir les choses finement à son lectorat. C’est intelligent et rondement mené, l’auteur joue la carte de la simplicité, il n’y a point de révélations spectaculaires mais tout est subtilité et intimité. Le tout se lit très bien, on ne butte pas mais on s’emmêle toutefois dans l’élucidation de ce(s) meurtre(s), l’écriture est claire, limpide et addictive. On ne se presse pas, on prend le temps de déguster ce texte, on est tout simplement immergé en compagnie d’Aleksi dans cette Finlande oppressante, jusqu’à la fin on tente de comprendre.

En bref, un bon thriller qui sait parfaitement mettre son lectorat en appétit et l’assoiffer de vérités !

Je remercie Louve du forum mort sure et les éditions Fleuves pour ce partenariat.
 
Chronique de Walkyrie

mardi 1 mars 2016

Forget Tomorrow, tome 1 de Pintip Dunn

Année d'édition : 2016
Edition : lumen
Nombre de pages : 430
Public visé :  Young Adult
Quatrième de couverture :
Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé… par votre futur moi !

Callie vient d’avoir dix-sept ans et, comme tous ses camarades de classe, attend avec impatience le précieux « souvenir », envoyé par son moi futur, qui l’aidera à se glisser dans la peau de la femme qu’elle est destinée à devenir. Athlète de haut niveau… Scientifique de renom… Politique de premier plan… Ou, dans le cas de Callie, tueuse.

Car dans son rêve, elle se voit assassiner Jessa, sa jeune sœur adorée… qu’elle passe pourtant ses journées à protéger des autorités, car l’enfant a le pouvoir caché de prédire l’avenir proche ! Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Callie est arrêtée et internée dans les Limbes – une prison réservée à tous ceux qui sont destinés à enfreindre la loi. Avec l’aide inattendue de Logan, un vieil ami qui a cessé, cinq ans auparavant, de lui parler du jour au lendemain, elle va tenter de déclencher une série d’événements capables d’altérer son destin.

Lorsque l’avenir semble tout tracé, le combat est-il perdu d’avance ? Dans la veine de Minority Report, Forget Tomorrow est le premier tome d’une dystopie haletante, dont l’héroïne va devoir trouver un moyen infaillible de protéger sa sœur de la plus grande des menaces : elle-même…





Callie va bientôt avoir dix-sept ans. Dans son monde, a cet âge-là, on reçoit un souvenir de son futur qui permet de savoir quelle direction prendre dans la vie. Mais voilà, Callie a peur de ce qu'elle va voir, surtout qu'elle s'imagine déjà des dizaines de scénarios possibles. Le pire pour elle, c'est de protéger sa petite sœur Jessa qui possède des capacités psychiques qui font peur au gouvernement en place et qui risquent fort de l'amener en prison pour que les scientifiques puissent étudier ses capacités.

Lorsqu'enfin le jour J approche, Callie reprend contact par hasard avec Logan, son ancien meilleur amie et premier amour qui du jour au lendemain a cessé de lui adresser la parole. Elle ignore pourquoi ce dernier se décide enfin à lui adresser la parole et c'est sans cessé de penser à lui qu'elle se rend au rendez-vous qui lui offrira un aperçu de son futur. Seulement, les images qu'elle reçoit ne lui plaisent absolument pas et c'est effrayée qu'elle se voit assassiner sa petite sœur...

Je ne lis que peu de dystopie ce qui me permet d'éviter la sensation de déjà-vu. Ainsi j'ai pu débuter Forget Tomorrow sans craindre de voir une histoire trop prévisible et vu et revu. Il ne m'aura fallu que deux soirées pour en venir à bout, le dévorant avidement parce qu'il propose vraiment une histoire palpitante qu'on savoure avec plaisir pour enfin découvrir comment Callie va pouvoir échapper à son futur.

La plume de l'auteur est entraînante et ne pose aucun souci particulier. On parvient très bien à visualiser les lieux et certains personnages mis en avant, même si d'autres sont assez effacés dans ce premier tome alors qu'ils auraient pu apporter énormément à l'héroïne qui finalement tente de lutter contre un futur qui ne lui convient pas et surtout qu'elle ne peut pas admettre. C'est un véritable page-turner, de ceux qui, une fois ouvert, vont nous hanter et nous forcer à les continuer jusqu'à la dernière page. Et c'est toujours positif de se sentir aussi accaparé par un roman, c'est que l'intérêt est éveillé et que l'avis sera globalement positif.

L'intrigue de base est originale et m'aura plu. On fait la connaissance d'un univers régit par le futur et le souvenir qu'on reçoit de son futur moi. Du coup, on prévient les meurtres, on permet aux gens de se surpasser pour réussir à atteindre leur but. Enfin, tout ça, c'est en surface. Comme dans toute dystopie on finit par découvrir très vite que l'envers du décor et tout autre et qu'une vaste fumisterie couvre en fait les délires d'un gouvernement prêt à tout pour n'avoir que le meilleur et le positif, quitte à utiliser des méthodes violentes et sans pitié.

Comme toute bonne dystopie, l'héroïne n'accepte pas son destin et va tout mettre en œuvre pour le modifier à ses risques et périls entraînant d'autres personnes avec elle. J'ai toutefois aimé le fait qu'elle ne cherche pas volontairement à faire parler d'elle, elle n'agit que dans le but de protéger sa jeune sœur et le garçon qui fait battre son cœur depuis tant d'années. J'ai cependant trouvé leur histoire un petit peu maladroite dans le sens où elle oublie vite les cinq années de silence, même si finalement, elle laisse parler son cœur.

Forget Tomorrow m'aura vraiment bien plu. Je n'aurais pas eu le coup de cœur tant attendu, mais je recommanderais néanmoins ce roman qui trouvera aisément son public.

Chronique de Louve

Le Visage de Satan de Florent Marott

Année d'édition : 2015
Edition : Taurnada Éditions
Nombre de pages : 384
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Un hurlement. Là, quelque part, qui se répercutait sur les murs poisseux et humides de la pièce. L'endroit ressemblait davantage à une cave avec ses murs bruts et ses parois voûtées. Puis un râle d'agonie s'étouffa, comme si même la mort prenait plaisir à attendre. L'homme pendait comme une vulgaire carcasse de viande accrochée à une esse de boucher. Son visage n'était que souffrance, rictus d'agonie et d'abomination. « Faites que je meure », implora-t-il en silence.





Décembre 2012

Des meurtres sanglants sont perpétrés dans la région parisienne. Une vidéo, filmé par le tueur lui-même, circule en boucle à la télévision, provoquant l'effroi. Quelques jours avant la supposée fin du monde, cette affaire relance avec véhémence les conflits liées aux religions.
Gino Paradio, ancien flic déchu devenu détective, est contacté dans le même temps par une superbe femme, désireuse d'élucider la mort de son mari, naturelle selon le légiste. Elle n'en croit pas un mot et demande à Gino de coopérer, en échange d'un juteux contrat, additionné de ce qu'il désire par dessus tout : la vengeance.

L'auteur emmène directement le lecteur dans le contexte : noir, sanglant, peuplé de satanistes avides de meurtres. Les premières pages sont un électrochoc et c'est assez désorienté que l'on entame la lecture.
Gino, détective aux méthodes impulsives, tente d'oublier certaines déchirures du passé quand la belle Sybille Pech pénètre dans son cabinet.
Il va petit à petit découvrir un lien entre les mises à mort violentes qui furent filmées et le décès de Walter Pech, un homme pour le moins controversé.
Florent Marotta s'est renseigné sur le satanisme, c'est clair. Placer son intrigue dans un Paris englué dans cette propagande de fin du monde est une excellente idée, les idéologies de tout bords se croisant au fil du récit.
Le détective devra jongler entre les faux-semblants et le voile obscur du satanisme, ce qui l'entraînera dans de curieux dédales. Pour cela, il sera épaulé par une femme, férue de magie et de sorcellerie.

L'idée de départ est bonne et les personnages sont bien travaillés. Gino est un bon flic, tombé de son piédestal à cause d'événements tragiques, antérieurs au récit. Quelques allusions y sont faites, sans toutefois pénaliser le lecteur s'il n'a pas lu le précédent roman de Marotta.
Mais l'histoire fait très vite du surplace. Gino tourne en rond et se casse les dents dans des recherches qui restent vaines et sans intérêts. C'est frustrant, car malgré un départ canon, le reste s'enlise dans des explications confuses et parfois ennuyeuses.
Les transitions sonnent bizarrement et les réponses arrivent sans crier gare, mais hélas sans surprendre non plus.
Dommage, le manque de liant entre les scènes plombe énormément la vivacité du scénario, ce qui pourtant est crucial dans un thriller.

Chronique de Chroniques-de-papiers

In Vitro de Paul Mannering

Année d'édition : 2015
Edition : Panini book
Nombre de pages : 400
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Il y a 10 ans, l'humanité a perdu la bataille de la survie. Désormais, des zombies intelligents règnent sur le monde. Pour les nourrir et ainsi assurer leur survie, les derniers humains ont créés des clones. Un homme erre à travers le désert Australien, dans une ultime tentative de sauver les derniers survivants et d'éradiquer la menace zombie. Il a pour unique compagne une jeune fille nommée Else et c'est un clone...











Il est encore vivant et humain, mais pour survivre, il travaille pour l'évol le plus évolué de la région. Lorsque ce dernier lui confie une nouvelle mission périlleuse qui pourrait causer sa mort, il accepte, sachant que la récompense lui permettra de tenir le coup pendant quelques jours. Mais dans un univers où les zombies sont partout et dirigent presque tout, comment parvenir à survivre ?

Fan de zombies, il était normal que je me penche sur ce roman. J'espérais y voir une certaine nouveauté ou au moins un roman addictif et bourré d'action. Si l'action et l'innovation sont bien présentes, je trouve par contre que la quatrième de couverture n'est pas exacte. Notre héros n'a pas du tout pour but de sauver les derniers survivants, il doit surtout sauver Elle, une clône qui pourrait aider à détruire les Evols (les zombies). On sent dès le départ qu'il n'a rien du héros, il pense avant tout à se sauver lui et il vit de ce fait au jour le jour, sans s'attacher à personne, sauf à cette clone qui finalement est comme un enfant qui découvre le monde.

La plume de l'auteur est bonne et rend le roman accrocheur. L'action est omniprésente, on ne s'ennuie pas et on suit avec intérêt la dernière lueur d'espoir pour l'humanité. Les zombies sont voraces mais classés ici en deux catégories : ceux qui réfléchissent encore un peu une fois qu'ils ont l'estomac bien rempli et qui dont peuvent encore parler et communiquer, se retenant ainsi de sauter sur les derniers vivants et ceux qui n'ont rien mangé depuis des semaines ou mois et donc n'ont qu'une envie : se jeter sur les vivants pour les dévorer. Une fois qu'on a assimilé ce constat, on découvre que les vivants ont cloné des humains qu'ils appellent Becqutailles et qui servent à nourrir les zombies les plus "civilisé" pour ainsi mieux se protéger. C'est original et plutôt culotté et finalement cela fonctionne. Je voulais un roman de zombies assez sombres et violents et j'ai été servi. Pourtant, ya des choses qui à mon sens n'auront pas su me satisfaire complètement, et où j'attendais autre chose.

Déjà la première chose qui frappe le lecteur c'est l'absence de nom du héros. On ne saura jamais son prénom ni son nom. Cela restera le héros du roman et c'est tout. Celle qui va l'accompagner un bout de temps c'est Elle. Elle et lui face au reste du monde, un peu comme Adam et Eve et du coup, c'est dommage parce que cela donne un peu des indices sur le dénouement du roman. Après, ce n'est pas comme si on s'attachait au héros, loin de là. Il ne pense qu'à manger, coucher avec les nanas qu'ils rencontrent, même les plus jeunes et peu importe le reste. Un vrai Dom Juan sur patte ! Ce trait de caractère m'a franchement vite agacé, parce que du coup il en devient un peu celui qui parviendra à repeupler la Terre de bons petits enfants vivants, c'est en tout cas l'idée que donne même les scientifiques qu'il rencontrera.

Notre héros donc est connu comme le loup blanc parce qu'il fait beaucoup de mission pour un zombie très connu et très dangereux du fait qu'il est l'un des rare à avoir encore toute sa tête, ou presque. Du coup, il est envoyé un peu partout pour récupérer à l'Opéra un colis, sans qu'il ne sache quoi exactement et une fois sur place, la base des scientifiques qui fabriquent des clones pour se protéger finit par être envahie par les zombies les plus affamés. Et là, notre héros assiste impuissant à un véritable carnage jusqu'à ce qu'il tombe sur une fille clonée qu'il va appeler Elle. Et là, notre héros comprend qu'elle est peut-être le dernier espoir des humains, mais voilà c'est une clone et donc elle a une durée de vie très limitée.

Le roman en lui-même est bourré d'actions, on s'éclate, les zombies sont défoncés du début à la faim, on rencontre des gens qui meurent bien trop vite ou qui au contraire nous montre qu'ils sont tenaces et j'ai franchement passé un très bon moment, mais la fin, honnêtement, non. Elle ne m'a pas plu. Certes, c'est une question de goût, mais là non, c'est trop manichéen, trop stéréotypé et du coup, j'étais carrément blasée par le final !

En bref, cela reste un chouette roman de zombies tout de même, bourré d'action, les pages défilent rapidement, on s'attache beaucoup à Elle qui n'est pas sans rappeler l'héroïne du cinquième élément puisqu'elle découvre la vie aux côtés de notre héros. C'est donc une bonne lecture qui aurait pu être meilleure, c'est certain. Mais en vrai fan de zombies, j'apprécie toujours de voir des crânes se fendre, du sang gicler et de la cervelle éparpillée !

Chronique de Louve

Fond d'écran de Terry Pratchett

Année d'édition : 2015
Edition : L'atalante
Nombre de pages : 352
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Les nouvelles me coûtent sang et eau. J'envie ceux qui les écrivent avec facilité, du moins ce qui ressemble à de la facilité. Je serais étonné d'en avoir écrit plus de quinze dans ma vie.

Voilà ce qu'écrivait Pratchett en 2011 lors de la parution du recueil de six nouvelles appartenant au corpus du Disque-Monde...

Ce recueil-ci en rassemble une trentaine (dont une petite moitié dans l'univers du Disque-Monde, comprenant les six de l'édition précédente) qui illustrent sa longue carrière d'écrivain : depuis ses années de scolarité jusqu'à sa série à succès du Disque-Monde, en passant par son premier emploi d'auteur pour la Buck Free Press et par les textes à l'origine de son premier roman, Le Peuple du tapis, mais aussi de La Longue Terre.

Ces nouvelles mettent donc en scène des personnages que les romans à venir rendront familiers, des mondes abandonnés et d'autres en expansion, mais aussi de l'aventure, des poulets, la Mort, du disco et quelques idées dérangeantes sur Noël.



Terry Pratchett est un auteur que je vénère depuis l'adolescence lorsque j'ai découvert la trilogie le grand livre des gnomes. J'avais été de suite séduite par la plume de l'auteur, mais surtout par son imagination. Vers seize ans, j'ai ensuite découvert les annales du disque-monde, saga de fantasy humoristique qui reste la plus drôle, la plus abouti et la plus divertissante jamais lu. Je n'ai à ce jour pas terminé cette saga, mais quand je me plonge dans un Pratchett, je suis toujours séduite et complètement sous le charme de ses satires de notre monde. Une valeur sûre donc.

Je ne sais pas par quoi commencer pour vous expliquer mon ressenti face à ce recueil. Dans l'ensemble, j'ai pris du plaisir à redécouvrir l'auteur via des nouvelles écrites dès son plus jeune âge. A chacune d'entre elles, il nous propose un court paragraphe sur le comment du pourquoi et l'époque où le texte a été écrit. Ce qui en ressort, c'est que Terry Pratchett a du talent depuis qu'il est jeune. Il a cette façon de voir la vie et de la critiquer via des univers totalement différent qui font qu'on se sent chaque fois concerné par la thématique des nouvelles.

Les recueils de nouvelles, ce n'est clairement pas ma tasse de thé. Le format fait qu'on ne peut pas réellement s'attacher aux personnages ou ressentir de la tension et c'est pourquoi en général, je les évite au maximum. Pour Fond d'écran, j'ai fais une exception, parce que c'est du Pratchett et que je ne peux m'empêcher d'en découvrir un maximum sur lui, surtout depuis qu'il nous a quitté. Dans ce recueil donc, on découvre divers textes qu'il a écrit pour un tas de raison. Des textes qui n'ont pas forcément de lien avec la fabuleuse saga du disque-monde, saga que je recommande vraiment de tout coeur. C'est drôle et intelligent, c'est vivant et mouvementé et les personnages sont succulents. Bref, je m'égare. Fond d'écran donc propose plusieurs nouvelles sur des thèmes bien particuliers ou différents : l'Enfer, la Mort, la célébrité, l'écriture, la conquête, la mythologie... bref des thèmes qui lui sont chères et qu'il sait écrire.

On remarquera certaines nouvelles qui en vu de la date d'écriture sont peut-être l'origine de certaines saga : le grand livre des gnomes, la Mort dans le disque-monde et d'autres encore sûrement mais qui ne m'auront pas interpellé. Cependant, même si j'ai pris plaisir à tenter de retrouver et reconnaitre les histoires et personnages par rapport à mes connaissances sur l'univers de Pratchett, je sais que ce recueil n'est pas pour tout le monde. Ici, on sent que l'auteur se cherche et tâte le terrain pour améliorer son humour grinçant et si fantastique. Entre exercices et nouvelles pour réellement raconter quelque chose, toutes ne m'auront pas séduites et c'est toujours le risque à prendre avec les nouvelles.

Je ne regrette pas cette lecture, que j'ai honnêtement savouré, essayant de ne lire que quelques pages par soir, un peu comme une bible, parce que Pratchett est pour moi un auteur compétent, efficace, doué et qui possède une sagesse incroyable. Voilà un auteur qui va vraiment nous manquer !

Chronique de Louve

Le gardien de la source de Vanessa Terral

Année d'édition : 2016
Édition : Pygmalion
Nombre de pages : 394
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : "Puis elle le vit L'individu qui l'observait se tenait en retrait, à l'opposé de la pièce. Il ne cherchait pas à se fondre dans l'assemblée des gens bien nés. D'ailleurs, ceux-ci l'évitaient. C'était presque imperceptible, mais le flot des civilités s'écartait de lui dans une valse consommée." En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d'Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d'un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n'est plus tout à fait la même... Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d'Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ?

Je tiens tout d'abord à remercier le forum mort-sûre, ainsi que les éditions Pygmalion, pour ce partenariat incroyable. Moi qui ne suis généralement pas adepte de romans historiques, j'ai été subjuguée par cette romance qui se déroule quelques années après la Révolution. J'en suis ressortie changée et envoûtée par la plume de l'auteur. J'ai d'ailleurs dévoré le livre d'une traite.

Il faut dire que Vanessa Terral sublime avec talent la noblesse de cette époque. On a vraiment l'impression d'y être. Le lecteur est immergé dans ce monde. Le fantastique n'y est pas tant présent que je le pensais et c'est tout aussi bien. Mais, au final, la quatrième de couverture reflète parfaitement ce côté mystérieux qui en ressort.

Mention spéciale aux personnages qui sont excellemment bien travaillés. Leur psychologie est plutôt poussée, ce qui nous permet de mieux les cerner et apprécier. J'ai autant aimé Anne-Hélène que Lazare, chacun à sa manière. J'ai été agréablement surprise de constater leurs caractères bien trempés. En bref, ils sont géniaux.

L'histoire elle-même est fascinante et c'est avec un réel plaisir que j'ai retrouvé cette adaptation de l'un des mythes les plus populaires de la mythologie grecque (dont j'étais une grande fan durant l'adolescence). Je ne veux pas en dire trop car c'est très agréable de la découvrir par soi-même et je ne veux pas spoiler, même si on ne note cette adaptation que sur le tard.

Pour conclure, je conseille fortement ce roman qui est un vrai petit bijou, selon moi. Je ne pense pas qu'il puisse laisser de marbre. En tout cas, ce fut un coup de coeur en ce qui me concerne.

Chronique de ML

Prendre Gloria de Marie Neuser

Année d'édition : 2016
Edition : Fleuve edition
Nombre de pages : 400
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Le 12 septembre 1993, dans la petite commune italienne de P., Gloria Prats quitte son amie Elena pour un rendez-vous furtif. Elle franchit le perron de l'église de la Miséricorde. Mais les minutes deviennent des heures, et Gloria ne ressort pas. Une fugue ? Un enlèvement ? Pire encore ?
Tous les regards se tournent vers Damiano, étrange jeune homme aux déviances notoires, connu pour collectionner les mèches de cheveux des jeunes filles...
Une enquête s'ouvre, sans corps, sans explication. Dans la petite communauté municipale, la colère et l'indignation grondent. L'ombre des magistrats menace. Chaque pierre se met bientôt à vibrer du silence de la disparue.
L'histoire retiendra que ce 12 septembre à P., les minutes sont devenues des heures. Et le temps, un bourreau.



Encore une fois, Marie Neuser a su nous maintenir "scotchés" à son roman! On en apprend un peu plus enfin sur l'histoire de Damiano... Sur la manière dont il est devenu l'homme narcissique, prédateur et manipulateur qu'il est et qui a su déjouer tout le système judiciaire et carcéral.

Dès le départ, nous sommes plongés dans l'histoire. Celle d'avant la disparition de Lily. Celle de la première victime, Gloria. Nous faisons un retour dans le temps. Quelques minutes avant la disparition de cette jeune femme en devenir qui avait la vie devant elle. Nous nous retrouvons à la fin de l'été 1993 dans une commune d'Italie. C'est à la Miséricorde que Gloria fut aperçue pour la dernière fois.

J'ai adoré en apprendre plus sur les personnages de cette duologie, qu'est "Prendre femme". On nous montre l'avant Lily et ce, grâce à une journaliste et animatrice TV qui décide de reprendre l'enquête sur la disparition de Gloria Prats pour les besoins de son émission. Une enquête approfondie sera faite par cette dernière et elle soulèvera enfin certaines incohérences dans l'enquête qui a eu lieu, il y a bien des années.

Le suspense est encore au rendez-vous, et il est effrayant de voir comment cet homme (n'oublions pas que cette série est basée sur un fait vécu) a manipulé à merveille les gens et la justice autour de lui pour s'en tirer à bon compte. Chose certaine, Neuser sait jouer avec les émotions de ses lecteurs en nous maintenant en état de chair de poule tout au long du roman. Les personnages qui reviennent sont fidèles à eux-mêmes et c'est un plaisir de les retrouver, même si certains font peur.

Il est évident que Marie a fait un travail de recherche remarquable! Le tout est bien documenté. C'est tellement bien écrit que je m'imaginais sans problème dans un scénario de film ou d'une série TV. D'ailleurs Marie, si ce n'est pas dans tes projets à venir, je te conseille fortement d'y songer, car je suis certaine que ce serait un succès. Une plume toujours aussi prenante et captivante, ce roman ne peut être autre chose qu'un page-turner. Le seul bémol, c'est au sujet des retours en arrière... Nous voyons le tout sous différents angles, différents personnages ainsi qu'à des moments particuliers. Il peut devenir difficile de s'y retrouver au départ. Cela dit, une fois qu'on a trouvé notre rythme, tout coule comme sur un fleuve tranquille.

Des personnages tordus, manipulateurs et psychopathes sont quelques qualités que nous retrouvons pour avoir un bon thriller d'horreur! Je me suis simplement laissé prendre au jeu, car je savais que ce dernier serait à la hauteur de son prédécesseur. Et je n'ai aucunement été déçu ! Dommage que cette saga soit terminée, car j'aurais bien pris d'autres histoires... Cela dit, ce deuxième opus est à la hauteur de mes attentes. Une auteure que je suivrai avec beaucoup d'intérêts!

Chronique de Froggy