vendredi 14 décembre 2012

Chasseuses d'aliens tome 1 : Fatal rendez-vous de Gena Showalter

Année d'édition : 2012
Edition: j'ai lu
Nombre de pages : 314
Public visé : adulte
Quatrième de couverture :
Traqueuse d'aliens aux méthodes musclées, Mia Snow fait partie d'une brigade d'élite qui a pour vocation d'imposer la loi humaine aux hordes d'extraterrestres de tous poils débarqués à New Chicago. Pro du close-combat, Mia sait se faire respecter dans cet univers masculin où le sordide le dispute au macabre. Suite à un meurtre à l'étrange mise en scène, les soupçons se portent sur une Arcadienne, peut-être la pire des races aliens. Mia se met en chasse et croise bientôt la mute d'un immense guerrier arcadien à la chevelure de neige et aux pouvoirs déconcertants. Kiryn se joue d'elle mais cherche pourtant à l'aiguiller dans son enquête. Pourquoi ? Et surtout pourquoi éprouve-t-elle une attirance irrésistible pour cet ennemi ? Elle qu'on dit froide, voire insensible, aurait-elle finalement un cœur ?



Mia Snow fait partie de l'unité de l'AIR, une unité d'élite spécialisée dans la neutralisation des aliens dangereux. Car la Terre n'est plus seulement peuplée d'Humains, mais aussi d'aliens qui cohabitent non sans mal. Mais quelques Aliens n'acceptent pas les lois humaines et n'hésitent pas à blesser les Hommes, voire les tuer. C'est là que Mia et son équipe interviennent afin de les localiser, neutraliser et si nécessaire de les tuer à l'aide d'armes spécialement conçues pour agir efficacement contre les extra-terrestres. Lorsqu'elle est convoquée sur une scène de crime, elle s'aperçoit très vite que la victime a été tuée par un arcadien, suite aux étranges cheveux retrouvés sur place. Et lorsque l'un de ces Arcadiens ne cesse de se faire remarquer d'elle, elle est loin de se douter qu'il lui faudra travailler main dans la main avec l'espèce qu'elle s'est juré d'anéantir. Mais de nombreuses réponses à ses questions vont lui être données et la vie de l'un de ses coéquipiers ne pourra être sauvée qu'en agissant contre ses principes. 
Chasseuse d'alien est un roman que je ne connaissais que de nom, mais la première édition de 2007 possédait une couverture qui ne m'attirait pas du tout. Et c'est dommage parce que je suis passée depuis tout ce temps à côté d'un petit bijou.
Le style de Gena Showalter m'a beaucoup plu. C'est fluide, vif et on se retrouve très vite immergé dans cet univers futuriste, dans la tête d'une héroïne qui a du caractère et qui ne cède pas facilement aux sentiments. 
L'univers nous est décrit avec douceur et comme au fond il ne change pas réellement du nôtre, à part l'amélioration de certaines sciences, le lecteur ne se sentira à aucun moment perdu. 
L'histoire m'a beaucoup plu. On est davantage dans un roman d'action et donc assez loin de la bit-lit puisque notre héroïne est assez froide avec les hommes, elle n'a aucune relation intime avec eux et cela ne lui manque pas. Certes peu à peu on aura le droit à une scène ou deux plutôt croustillante, mais toutefois extrêmement soft, loin de la passion torride d'un roman comme la confrérie de la dague noire. Parce que Mia ne se donne que par amour et non par désir, même si là, les deux seront bien présents avec son heureux élu. On suit davantage une enquête dans le but de stopper une vague de kidnapping et de meurtre qui ont tous un but inconnu et c'est cette recherche de Mia sur l'identité du coupable et la raison de ses agissements qui va lui permettre d'en apprendre davantage sur elle-même. 
C'est donc un roman en deux-temps qui mélange habilement enquête et recherche de soi pour notre héroïne que nous offre Gena Showalter. Une lecture agréable et distrayante qui, je n'en doute pas, vous fera passer un très bon moment.
J'ai apprécié certaines scènes d'actions qui sont décrites avec beaucoup de vivacité pour nous donner l'impression d'y être, mais aussi les scènes avec utilisation de pouvoirs étonnants dont se servent les Arcadiens. C'est très bien dosé et suffisamment pour ne pas nous sembler de trop. Il est vrai que Mia va très vite se retrouver au coeur de cette magie d'ailleurs, mais sans pour autant en faire une super héroïne indestructible. Et on ne peut qu'apprécier cela.
Dans un deuxième temps, j'ai également apprécié les découvertes de Mia sur la raison de l'horreur et de la haine qu'elle inspire à son père. On les sent très peu proche et pourtant tout de même attachés l'un à l'autre, même si une coupure va les séparer pour toujours, je pense. Je n'en dirais pas plus, mais j'ai aimé sentir une héroïne perdue et qui recherche l'affection de son père.
Ensuite la relation de Mia et de Kyrin évolue avec lenteur pour mon plus grand plaisir, puisque je n'avais qu'une hâte, qu'enfin ils se lâchent tous les deux et l'auteur a souhaité leur faire prendre son temps et ce n'est pas plus mal puisqu'au départ aucune confiance n'est possible entre eux. Ils font partie chacun de leur propre camp et pourtant vont travailler ensemble pour une même cause.
Ajoutons à cela des personnages complets et crédibles, comme Mia une femme enfoncée dans sa solitude sentimentale, qui ne cherche pas d'affection masculine, mais celle de son père. Kyrin, un Arcadien qui lutte pour faire changer les mentalités humaines et se racheter une conduite, peu fier de son passé et des coéquipiers très drôles et protecteurs et vous avez un savoureux cocktail d'actions, de surprises, de sentiments et de magies.
Un premier tome réussi, accrocheur et qui ne donne qu'une envie, se jeter sur la suite !
 
Chronique de Louve

lundi 10 décembre 2012

Des amies de toujours de Jennifer Weiner

Année d'édition : 2012
Edition : Pocket
Nombre de pages : 455
Public visé : Adulte / Young Adult

Quatrième de couverture :
Dans une banlieue tranquille de Chicago, de nos jours. A trente-trois ans, Addie Downs prend une grande décision: dire adieu aux rencontres par Internet, aux rêves de prince charmant et aux régimes. Puisqu'il ne sert à rien de contrarier son destin, Addie s'est résignée à attendre qu'un inévitable cancer la ronge, entourée de bons romans et de cookies. Un joli programme qui ne tarde pas à voler en éclats lorsque Valérie Adler débarque chez elle en pleine nuit. Le destin jouerait-il un tour à Addie ? Son ex-meilleure amie serait-elle venue mettre un terme à une dispute qui court depuis quinze ans ? En réalité, Valérie n'est pas venue recoller les morceaux ; elle a besoin d'aide : après une soirée des anciens élèves arrosée, elle a renversé Dan, l'homme qui leur a brisé le coeur quand elles étaient ado. Problème : quand les deux femmes reviennent sur le lieu du « crime », la victime a disparu ! Au diable le destin, les cookies et les princes charmants ! Addie fait désormais le choix de l'amitié et suit Valérie dans une course folle à travers les Etats-Unis…



Ce livre figure dans la chick-lit  : une première pour moi ! Mon œil très sélectif aurait ignoré la couverture, dans d'autres circonstances. Mais , encouragée par l'avis de Belle de nuit , je me suis proposée pour ce partenariat comme on part à l'aventure.
La perspective de lire un road-movie à la Thelma et Louise m'a motivé , je dois tout de même l'avouer. Mais il a fallu que je passe outre cette couverture très...rose...Et il y a des étoiles sur les « i », je n'ai pas rêvé , hein ? Bon, cette fameuse couverture, une fois la lecture achevée, je dois dire qu'elle ne colle pas au roman : pas représentative des héroïnes et un peu trop légère à mon goût. Car, si le prétexte de l'histoire est léger, amatrices de romans à l'eau de rose sur l'amitié et l'amour s'abstenir: derrière ce titre et cet emballage adolescents, c'est un roman plus profond qui nous attend.

Enfants,Valérie et Adélaïde étaient voisines, et « meilleures amies pour toujours ».
Val avait une mère super cool, permissive, aventurière, et Addie grandissait dans un foyer uni et aimant.
Autre façon de voir : 

Spoiler:
Val vivait seule avec sa mère baba-cool, défoncée et feignante, usant de ses charmes pour obtenir des hommes ce qu'elle voulait. Le père d'Addie est revenu traumatisé de la guerre du Vietnam, sa mère est obèse, et son frère ne s'est jamais remis d'un accident de voiture arrivé pendant ses années de lycée. Question de point de vue...

Chacune envie secrètement ce qu'a l'autre : soit la stabilité , soit l'inattendu.
Les fillettes sont inséparables. Jusqu'au lycée, où la personnalité de Valérie en fait quelqu'un de « populaire ». Et Addie, complexée, se noiera dans de trop grands pulls et tombera dans l'hyperphagie. 

Spoiler:
Leur amitié résistera jusqu'au jour où Addie voudra dénoncer un viol dont Val a été victime. Val nie tout en bloc , et ridiculise publiquement Addie.
 
La dernière année de fac de celle-ci ressemblera à une suite interminable d'humiliations , d'injures, et elle grossira de plus en plus.
Les deux jeunes femmes se perdront définitivement de vue à la fin de cette année là .
Le roman débute quinze ans plus tard. Valérie est devenue présentatrice météo , une « people » . Addie vit seule dans la maison où elle a grandi, et gagne sa vie grâce à ses peintures pour cartes de vœux.Elle a beaucoup maigri, et a aussi transformé la vieille maison en nid douillet. Elle dit vivre « sans amis (et sans ennuis ? ) ».

C'est dans ce cocon sécurisant qu'elle s'est construit que son « amie de toujours » fait irruption pour lui avouer qu'elle vient de renverser en voiture un garçon de leur ancienne promo, et lui demander son aide : elle n'a qu'elle vers qui se tourner.

Dès le début du roman, l'humour sans concession m'a plu : Addie nous parle d'elle, de sa vie qu'elle passe au crible sans pitié.
Bien entendu, elle n'a pas une très haute opinion d'elle même, comme la plupart des femmes, mais elle est aussi fière de ce qu'elle a construit. Elle s'occupe de Jon, son frère, qui vit en foyer médicalisé. On suit aussi Jordan : policier, qui a divorcé après un long et pénible parcours d'infertilité avec sa femme : elle l'a quitté pour leur dentiste. Et Dan, ancien petit ami de Val : on a son point de vue de temps en temps aussi, et s'il apparaît rarement c'est peut-être le protagoniste qui change le plus.

On sent venir la catastrophe. "L 'amie de toujours" qui débarque, ça sent mauvais... J'avais envie de lui dire : "Addie, n'ouvre pas, Addie, fiche là dehors!Elle va mettre le désordre dans ta petite vie pleine de jolies choses tranquilles, elle va tout bousiller !" Bon, mon coté « chaque chose à sa place » sentait le danger sans doute, parce que je me sentais plus près d'être Addie que Val, niveau identification du personnage Wink
Mais Addie décide qu'elle n'a rien à perdre, elle ne veut plus être seule, être ans Val.
Elle sait que Val va l'entraîner dans une aventure pas claire, dans elle sera autant l'otage que la complice. Mais elle fait son sac et enfile son manteau.

Les passages sur le calvaire qu'a vécu Addie au lycée a trouvé un écho tout frais dans une de mes dernières lectures, Carrie. Et le refuge trompeur , l'étouffant réconfort de l'hyperphagie , est parfaitement raconté.
Ce roman m'a touché, mais pas dans le sens « fleur bleue » d'une romance. Il y a bien une histoire de coup de foudre, mai ce n'est pas le centre de l'histoire . Ce serait plutôt ce que l'on fait de nos vies, les chemins que l'on prend parfois sans s'en rendre compte, et les années qui passent comme un souffle. L'adolescente se retrouve dans un corps de femme, avec des responsabilités de femme, mais ne change pas au fond. Les souffrances affleurent malgré les couches de graisse ou de maquillage, malgré un confort matériel sécurisant. Le sujet de la solitude, traité avec délicatesse et presque avec pudeur je dirai, et bien traité. Car autant Addie, que Val, que Dan et Jon, sont seuls. Coincés dans leurs vies. Et tout cela va exploser, les destins se mêleront et ils nous conduisent vers un joli dénouement , humain et réparateur.

Ce livre m'a plu. Inattendu, comme une boîte pleine de surprises, je me suis constamment étonnée de ce que je découvrais. Peut-être parce que, pleine de préjuger, je m'attendais à lire un « roman de fille », sucré et peut-être mièvre par moments. Il n'en est rien. Je l'ai lu d'une traite, parce que l'intrigue me tenait.
Merci à la maison d'édition et à Mort-Sûre pour ce partenariat qui m'a réjouit.

Chronique de Hellza

La Quête d'Ewilan, tome 3 : L'île du Destin de Pierre Bottero

Année d'édition: 2012
Editions : Le livre de poche
Nombre de pages : 290 pages

Quatrième de couverture:
Il s'agissait d'un loup assez jeune, au torse puissant et aux crocs impressionnants. Assis sur ses pattes arrière, il les observait avec curiosité, sans une once de crainte. Camille marcha dans sa direction. Il ne lui prêta pas une attention particulière, mais, quand elle ne fut plus qu'à deux mètres de lui, il montra les dents et se mit à grogner. Elle s'immobilisa. Recule, lui ordonna Edwin à mi-voix. Sans tenir compte de ses paroles, Camille s'accroupit lentement, regardant le loup dans les yeux.




Ewilan a enfin réveillé les sentinelles. Désormais, elle n'a plus qu'un seul but : retrouver ses parents. Accompagnée de ses amis et de son frère, elle se rend là où elle espère qu'ils sont. Camille aura enfin les réponses à ses questions.
Ce troisième tome clôture assez bien la trilogie. De lecture facile et très fluide, Pierre Bottero nous fait plonger à nouveau dans un univers magique et je peux comprendre que cette trilogie soit autant apprécié. Cela dit, je pense que je n'ai pas su l'apprécier à sa juste valeur, puisque je m'y suis par moment un peu ennuyée. 
Ce n'est pas la plume de l'auteur qui dérange, puisque Pierre Bottero est un véritable conteur. J'aurais lu ce livre des années plus tôt, il m'aurait captivée, mais aujourd'hui, mon vécu et mes goûts font que j'ai trouvé ça trop jeunesse et surtout trop « facile » une fois de plus.
Par exemple, j'ai trouvé que Matthieu étonnait trop facilement avec ses pouvoirs et les utilisait trop vite et avec trop de facilité, comme s'il avait fait ça toute sa vie. J'aurais aimé y voir davantage de difficulté. J'ai également trouvé que son personnage était trop lisse. Il s'habitue trop vite à ce Nouveau Monde et tombe rapidement sous le charme d'une jeune femme. C'est d'ailleurs le plus gros reproche que j'aurais à faire à la saga : tout va trop vite et avec trop de facilité. Même l'attaque des pirates s'est rapidement terminée... alors que je pensais voir enfin nos héros en difficulté. 
J'ai par contre beaucoup apprécié d'en apprendre plus sur les conditions de l'adoption de Camille et pourquoi ses parents adoptifs ne l'apprécient guère davantage.
Par contre, j'ai adoré le pouvoir de Salim! Ça apporte un peu de piment à ce troisième tome et le rend plus important que dans les tomes précédents où justement son rôle était minime ^^
Dans l'ensemble donc, c'est une belle histoire c'est vrai, mais on ressent trop le côté jeunesse devant l'absence de difficultés que vont rencontrer nos héros et devant l'absence de véritables scènes romantiques entre certains de nos personnages. C'est une trilogie que je lirais à ma fille sans souci lorsqu'elle sera plus grande !
 
Chronique de Louve

La Quête d'Ewilan, tome 2 : Les Frontières de Glace de Pierre Bottero

Année d'édition: 2012
Editions : Le livre de poche
Nombre de pages : 272 pages
Quatrième de couverture :
Revenus dans l’Empire de Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, alliés des Ts’liches résolus à tuer Ewilan, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lie d’amitié avec une marchombre, dont les pouvoirs le fascinent ; tandis que face au maître d’armes, Ewilan assoit son autorité et affermit son Don. Malgré les attaques d’une goule, la petite troupe parvient à destination. Là Ewilan découvre le secret du Dragon et libère les Sentinelles. Désormais, elle peut se consacrer à sa quête : la recherche de ses parents.




Ewilan et Salim ont tout abandonné derrière eux pour rejoindre l'autre monde et sauver ce peuple qui a tant besoin des pouvoirs de la jeune fille. Ravis de retrouver leurs compagnons, ils vont se lancer dans une longue et périlleuse quête pour libérer les sentinelles et vaincre le peuple Ts'liches des créatures maléfiques dont leur armée est composée de Raïs, une autre race de monstre horrible. Mais Camille sera-t-elle à la hauteur de ce qu'on attend d'elle ? Son groupe survivra-t-il à autant de dangers? 
Les frontières de glace est un roman qui se lit vite. Comprenez qu'il est court, mais aussi addictif. La plume de Pierre Bottero est vraiment fluide et facile d'accès, même si j'ai regretté qu'elle soit autant jeunesse, chose que je savais en débutant la saga. Ce monde, l'autre monde se révèle enchanteur, mais aussi dangereux et peuplé de créatures étranges et qu'il vaut mieux ne pas croiser. Le bestiaire de cette saga est intéressant et m'a beaucoup plu. 
Le plus gros regret que j'ai, c'est que l'histoire avance trop vite puisqu'il est court. J'aurais adoré me plonger un peu plus longtemps dans cet univers, l'auteur m'ouvre l'appétit, mais ne me le comble pas puisque c'est trop court.Camille et ses alliées seront confrontés à de nombreuses créatures comme une goule ou un félin, mais chaque fois, j'ai trouvé qu'ils s'en sortaient trop facilement. Même la rencontre avec le gardien et les sentinelles se déroule trop vite et les actes de Camille semblent presque trop faciles.
Certes, c'est un roman jeunesse, mais je suis frustrée de ne pas pouvoir profiter davantage de cet univers plutôt riche et sympathique. Le voyage sur le bateau m'a semblé trop rapide et je n'en garde que peu de souvenirs, déjà ! La bataille de la fin m'a plu, mais une fois de plus j'ai trouvé que l'auteur choisissait la facilité en épargnant tous les personnages, comme s'ils étaient devenus immortels ou intouchables. 
Au niveau des personnages, ils sont tous différents et à peine stéréotypés, mais je n'ai eu de coup de coeur pour l'un d'entre eux. Les évolutions de relation sont hélas trop prévisibles et m'a enlevée un peu de la surprise que j'attendais
En bref, les frontières de Glace est un bon second tome, mais trop court, trop rapide dans son traitement qui fait que je n'ai pas réussi à réellement m'attacher aux personnages, même s'ils m'ont tous semblé très sympathiques. Je serais au rendez-vous pour le troisième tome sans souci pour une lecture rafraîchissante !


Chronique de Louve

lundi 3 décembre 2012

Les chroniques de Siwès tome 1 : la guerrière fantôme de Syven

Année d'édition : 2012
Edition : du Riez
Nombre de pages : 464
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Dans notre monde, elle est une étudiante parmi tant d’autres. Dans le monde d’Ès qu’elle visite nuit après nuit, elle est un esprit guerrier. Elle y affronte une armée, des sorciers et des dragons, par amour pour Tadjal, un tigre fabuleux qui l’aide à comprendre sa véritable nature.
Elle s’est attachée à lui, aux humains qu’il protège, à la cité d’Ispare que l’empire s’apprête à assiéger. Pour les sauver, elle doit changer le cours de la guerre et empêcher les dragons-défunts de ravager les cités libres. Quitte à se perdre si le lien entre son corps et son esprit se rompt.
Siwès est la guerrière fantôme, et l’empire du Lluhan tremblera à l’annonce de son nom.

J’ai eu un peu de mal pour la première partie de ce livre, car j’ai trouvé que beaucoup de choses manquaient d’explications. Je pense surtout à l’idée de l’Ahr et de l’Herrès, avec lesquels j’ai eu beaucoup de mal. Peut être justement, parce que je n’ai pas l’habitude de la fantasy et donc que ces « forces » sont une habitude du genre, mais pour moi ce manque d’explication a beaucoup alourdi ma lecture. Je n’arrivais tout simplement pas à me représenter ce que ces deux choses pouvaient bien représenter. Évidemment maintenant que j’ai lu les 454 pages de ce livre j’ai réussi à saisir, mais hélas j’ai bien moins apprécié le début de ce livre à cause de ça.
J’aurais bien plus apprécié cette lecture si j’avais eu une sorte de lexique pour mieux comprendre ce qu’était les Marjaks, l’Ahr, L’Herres et les puissants, car ça m’aurait permis de moins me focaliser sur les mots et de comprendre directement ce qu’ils représentaient et donc ne pas perdre de temps à essayer de grappiller des informations pendant ma lecture, de mieux comprendre donc l’intrigue et non pas les mots et l’environnement. Ensuite c’est une question de points de vue évidement, moi j’apprécie quand les livres de fantasy sont accompagnés de cartes par exemple, car ça permet de mieux visualiser les choses …

Par contre dans cette première partie du livre ce qui m’a vraiment fait accrocher, c’est Tadjal. J’ai adoré ce personnage, enfin ce tigre, ce « fabuleux ». J’ai trouvé ça sympa que l’auteur choisisse de donner la forme d’un tigre, à l’un des personnages principaux. J’ai aimé les descriptions qui sont faites de lui, la façon dont Siwes le voie. L’auteur a réussi à donner au tigre une façon de ce comporter qui fait que l’on ne peut pas se dire que c’est un homme. J’avoue que quand j’ai lu que certains personnages étaient des animaux je me demandais si l’auteur réussirait à donner suffisamment de distance entre les comportements humains et ceux des merveilleux. Et oui, c’est bien beau de dire que ce ne sont pas des humains, si le comportement des personnages n’est pas différent il n’y a pas d’intérêt. Mais heureusement, Syven a réussi à donner une forme de caractère, de détachement à Tadjal et aux autres fabuleux qui fait que même s'ils peuvent communiquer avec les Hommes on ne peut pas les confondre dans la lecture. J’ai d’ailleurs adoré l’image que Tadjal se fait des humains Wink

En ce qui concerne Siwès, c’est autre chose, j’ai moins accroché à ce personnage. Elle est censée avoir dans la vingtaine, mais je pense qu’au final si l’auteur avait écrit qu’elle avait quinze ans ça ne m’aurait pas choquée. Je ne saurais pas dire exactement ce qui m’a donné cette impression pour ce personnage, mais j’ai parfois presque eu la sensation d’être dans un roman jeunesse en ce qui la concerne. L’autre chose qui m’a déçue, c’est le manque d’interaction avec son monde « réel », le livre est rythmé par ses réveils, mais on ne voit pas ce qui s'y passe, juste quelques lignes pour dire qu’elle s’est réveillée, qu'elle est été en cours et voila on repart pour le monde d’ES. J’ai surtout été déçue, car en lisant la quatrième de couverture, cette double réalité est mise en avant, mais dans le livre elle est presque inexistante…

Cette histoire est captivante aussi par l’histoire, j’ai adoré suivre Siwès qui évolue et réussit à mieux se servir de ses capacités au fur et à mesure du livre, mais aussi dans ses combats pour sauver la cité d’Ispare. Elle ne recule devant rien pour obtenir de l’aide et a le caractère nécessaire pour défier ceux qui ceux mettent sur son chemin, ce qui est parfois assez drôle. Les combats sont bien décrits et ne sont pas interminables de même que la partie « stratégie », et tant mieux, car la lecture de ce genre de passage est parfois ennuyeuse… enfin pour moi lire des pages et des pages de stratégie ou de combat ça me lasse vite ^^


Pour conclure, j’ai eu beaucoup de mal à entrer véritablement dans cette histoire à cause de pas grand-chose au final. Car mon seul souci a été la compréhension des choses que l’auteur a créées pour modeler son univers, mais une fois que j’ai réussi à comprendre tout ça, cette lecture s’est révélée très agréable. Avec de l’action, un peu d’humour, des personnages originaux, des combats de dragon et encore d’autres choses … une lecture pour ceux qui aiment l’imaginaire.

Chronique de Zebuline

Un père Idéal de Paul Cleave

Année d'édition : Octobre 2012
Edition : Le livre de poche
Nombre de pages : 432
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour y arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande. Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines. Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il se tourne pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ? Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.


J’avais dévoré le premier livre de l’auteur alors lorsque Louve a proposé ce livre en partenariat sur son forum, je ne pouvais que tenter ma chance. Elle m’a souri et une seconde fois, je crie haut et fort que Cleave est un auteur de thrillers à part, avec lequel il faudra compter et qui noircit agréablement le paysage du suspense musclé.

Edward est le rescapé d’une enfance, on ne peut plus difficile et hors norme. Il est le fils de Jack Hunter, le serial killer qui porte si bien son nom. A 9 ans, lorsque Edward, alors encore appelé Jack junior, apprend la trahison de son père, il ressent surtout de l’incompréhension et voit sa famille se déliter petit à petit, son monde s’écrouler. Qui plus est Jack/Edward a lui aussi parfois des pulsions meurtrières qu’il camoufle du mieux qu’il peut mais qui laisseront un chien mort chez le voisin. Première victime. Vingt ans plus tard, malgré ses deuils successifs, Edward est marié, papa d’une petite fille adorable, mène une vie stable et épanouie. Ses beaux-parents l’ont accepté finalement, constatant qu’il rend leur fille heureuse et est un bon père. Mais un père qui a peut-être des choses à se prouver aussi lorsqu’il se propose de prendre la place de l’otage lors du braquage, il est loin de s’imaginer qu’il descend en Enfer en prononçant ces quelques mots de bravoure. Non seulement ce ne sera pas lui l’otage mais sa femme et elle sera tuée sous ses yeux.

Edward se retrouve totalement démuni, encore une personne aimée qui disparait et cette fois c’est totalement de sa faute. Si seulement il n’avait pas ouvert la bouche, sa petite-fille ne serait pas orpheline et son existence aurait pu continuer à lui plaire. Mais la culpabilité et bientôt la haine vont devenir ses meilleures amies. Plus son géniteur qui veut l’aider dans sa vendetta pour venger sa femme, réveiller le « monstre » qui vit en Edward dans lequel il voit un salut et une aide précieuse. S’en suit une succession d’évènements sanglants, de meurtres froids, de victimes collatérales…

Paul Cleave, pour la seconde fois, affirme ici un talent monstrueux – le terme est bien choisi – pour décrire le côté obscure de l’Humanité, la perversion des Hommes. Il sait choisir les mots qui percutent, qui peignent le portrait d’une scène de crime de façon presque gore, toujours violente, de courses poursuite hautement réalistes, de combats que l’on croirait photographiés. La gratuité des actes semble l’attirer particulièrement et il n’a pas son pareil pour en faire un compte-rendu atroce, parfois insoutenable car il choisit des faits presque divers pour rendre l’horreur palpable. Aucune place à ‘l’imagination ou du moins, le réalisme peut être sublimé par l’imagination, c’est-à-dire décuplé.

La narration est parfaite, les personnages étudiés, le scenario impeccable. Oui on pourrait parler de scenario car c’est bien un film qui se tourne sous nos yeux grand ouverts et on ne peut échapper à ces images implacables. J’ai peine à trouver les mots pour rendre justice à cet auteur et à ce livre également. Le lecteur est impliqué, jamais épargné, malmené et pourtant, tous les sentiments, actions décrits sont profondément humains même si déviants. Quant à la fin…je vous laisserai la savourer !

Edward reste donc le personnage central, il raconte l’histoire de cette déchéance qu’il vit depuis vingt ans et plus mais surtout il nous narre l’impensable, cet Nième deuil qui le fera basculer, lui qui jusque-là avait réussi à garder la tête hors de l’eau. Entre maladie et besoin naturel – même si non excusable – de se venger, Edward n’en reste pas moins une victime/bourreau très attachante. Il ressemble à vous et moi et peut être nommé le stéréotype de l’anti-héros qui n’agit qu’avec ses moyens, sa haine pour seul moteur et sa culpabilité. Le fait qu’il soit susceptible d’être schizophrène ne l’excuse pas, explique juste les voix qu’il entend.

Schroder, le flic optimiste, qui veut aider pour racheter également son sentiment de culpabilité et d’impuissance est le personnage secondaire tout choisi. Entre la loi et ses propres réactions d’homme et de père, il campe un flic ordinaire, lui aussi, tiraillé entre sauver des vies et sauver un homme dont il a suivi toute la funeste histoire.

Et troisième personnage si je puis dire, que j’ai trouvé important de nommer c’est cette ville de Christchurch qui porte bien mal son nom ou peut-être très bien, tout dépendra des croyances de chacun. Elle est sans cesse décrite comme un four, ça n’est pas sans rappeler l’enfer dont je parlais plus haut, comme un lieu de dépravation et elle était déjà le théâtre des événements non moins morbides de Un employé modèle. Le climat chaud est insupportable en ces périodes de fêtes et on sent le mal dans cette ville ou peut-être tout du moins, quelque chose de malsain qui plane sur elle.

En conclusion, c’est un énorme coup de cœur que je ne peux que vivement vous conseiller de vous procurer.
 
Chronique d'Ayma

Pure de Julianna Baggott

Année d'édition : 2012
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 535
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Nous savons que vous êtes là, vous, nos frères et soeurs...

Pressia se souvient à peine des Détonations ou de la vie pendant l’Avant. Dans son armoire-lit derrière les décombres d’un salon de coiffure pour hommes où elle vit avec son grand-père, elle pense à ce qui est perdu : comment le monde est passé de parcs d’attraction, cinémas, fêtes d’anniversaire, pères et mères à cendres et poussière, cicatrices, brûlures indélébiles et corps accidentés. Et maintenant, à l’âge où tous sont contraints de se livrer à la milice pour être entraîné à devenir soldats ou, s’ils sont trop accidentés ou trop faibles, pour être utilisés comme cibles vivantes, Pressia ne peut plus prétendre être petite. Pressia est en fuite.
Nés Purs, ils Respirent les Cendres…
Il y a ceux qui ont échappé à l’apocalypse sans aucune marque. Les Purs. Ils sont gardés en sécurité dans le Dôme qui protège leurs corps sains et supérieurs. Mais Partridge, dont le père est l’un des hommes les plus influents du Dôme se sent seul et isolé. Différent. Il pense aux pertes – peut-être simplement parce que sa famille est brisée. Son père s’est détaché des émotions, son frère s’est suicidé et sa mère n’est jamais parvenue jusqu’à leur abri. Ou peut-être est-ce sa claustrophobie : cette sensation que le Dôme est devenu un lieu à la discipline extrêmement rigide. Alors quand il entend que sa mère pourrait être
encore en vie, Partridge risque sa vie pour quitter le Dôme et la retrouver.

Quand Pressia rencontre Partridge, leurs mondes volent en éclats une fois de plus.


Je vous le dis de suite ce livre est un gros coup de coeur. J'ai adoré ce monde post-apocalyptique créé par l'auteur. Le plus gros de l'histoire se passe en dehors du dôme, d'ailleurs j'aurais aimé en savoir un peu plus sur ce dernier. On apprend que les personnes qui n'ont pas pu entré dans le dôme sont soit décédées, soit ils ont fusionné avec ce qui se trouvait à côté d'eux, donc aussi bien avec des objets, qu'avec des personnes. L'auteur nous décrit un monde terrible. A chaque nouveau personnage, l'auteur nous décrit en détail ses transformations, ses mutations, les difformités sont vraiment dérangeantes. C'est un livre vraiment très dur pour un livre jeunesse, je ne le conseillerais pas à un jeune lecteur.

Du côté des personnages, nous avons Pressia, c'est une jeune fille de 16 ans, qui n'a pas eu la chance de rentrer dans le dôme avant les explosions. Lors de la catastrophe, Pressia a fusionné avec sa poupée. Au départ elle accepte plus ou moins sa condition même si elle a beaucoup de mal d'avoir cette tête de poupée au lieu de sa main. Elle espère toujours le moment ou les pures viendront les rejoindre, c'est sa rencontre avec Bradwell qui va lui faire ouvrir les yeux. Tout doucement nous la voyons évolué, découvrir la vérité par rapport au dôme. Je l'ai trouvé très attachante, plein d'espoir, pleine de vie malgré les conditions dans lesquels elle évolue.
Partridge est une jeune homme qui a vécu dans la dôme, au départ je l'ai trouvé "effacé" et tout doucement on découvre son caractère et on s'aperçoit que c'est un jeune homme avec un fort tempérament.
Bradwell est un jeune homme qui comme Pressia n'a pas eu la chance de rentrer dans le dôme. Il a fusionné avec des oiseaux. Il sait beaucoup de chose à propos du dôme grâce à ces parents. Pressia et Partridge se reposent beaucoup sur lui, on a l'impression qu'il a toujours réponse à tout.
El Capitan et Helmud, se sont deux frères qui ont fusionné dans de l'explosion. Au départ je me méfiais d'El Capitan et puis on se rend compte, qu'il est comme les autres, il est devenu froid juste pour arriver à survivre dans ce monde post-apocalyptique.
Tout doucement on s'aperçoit que se sont les personnes difformes, donc considéré comme des monstres par les pures, qui sont les plus humains.
La plume de l'auteur est très fluide et très agréable. Le changement de narrateur est vraiment très bien, cela nous permet de voir la situation de façon différente par contre j'aurais aimé avoir le point de vue de Bradwell.

Pour conclure un très gros coup de coeur, j'ai beaucoup aimé cette dystopie, l'univers créé par l'auteur. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite.

Chronique d'Alexia